Nique la France….insoumise

u-7Niquer la France n’est pas rédhibitoire

La députée de la France insoumise Danièle Obono appartient à une école de pensée qui met la colonisation et ce qu’elle a généré au cœur de la crise.

Danièle Obono avec Jean-Luc Mélenchon, le 20 juin 2017 à l'Assemblée nationale à Paris | Martin BUREAU / AFP
Danièle Obono avec Jean-Luc Mélenchon, le 20 juin 2017 à l’Assemblée nationale à Paris | Martin BUREAU / AFP

Ceints de tricolore, les vigilants ont lancé la chasse à Danièle Obono, député insoumise de Paris, coupable de n’avoir pas crié «Vive la France» dans un studio de radio. C’est la nouvelle marotte de la France dolente, ce marais qui stagne des débats du Figaro aux terres spongieuses du frontisme, et bien au-delà. Fervent de la gauche «républicaine», socialistes agités du drapeau, effrayés du Grand Remplacement, tous font chorus contre ceux qui nous détruisent, nous, notre peau blanche, notre foi laïque, notre chrétienté hexagonale, notre histoire sanctifiée. L’ennemie identitaire, ces jours-ci, s’appelle donc Obono.

«Voici une nouvelle députée “France Insoumise”, qui semble plus à l’aise pour dire « Nique la France » que “Vive la France”. Effrayant!», s’effraie un jeune homme bien mis sur twitter, dont on apprend qu’il fut proche de Jean-François Copé et fait de la communication. Le reste à l’avenant, dans le bruit du pays. Le site Fdesouche, l’arme absolue du tricolore assiégé, invite ses adeptes à explorer le passé internet de Danièle Obono, pour trouver de quoi nourrir le procès. C’est ingénieux. La pêche sera fructueuse. Je n’en doute pas un instant.

Ce qui est intéressant est ici: les effrayés ont raison de l’être. La fachosphère a raison, et le marais patriotard avec, et les droitiers et les socialos-garde-à-vous. Danièle Obono est vraiment «l’ennemi», pas comme ils le disent, en incultes brouillons, mais tout de même l’ennemi. Pas dangereuse pour la Nation. Mais irréductible au drapeau et aux consensus du pays. Elle est non-patriote, cela existe. Elle appartient à une école de pensée qui met la colonisation et ce qu’elle a généré, au cœur de la crise. Ses références ne piochent pas dans l’histoire de France, telle que pieusement on la rapporte, mais dans les combats des noirs américains, celui de Mohamed Ali ou de Barbara Lee, cette élue noire qui, seule contre tous, en septembre 2001, s’opposa à la guerre voulue par George Bush, au lendemain de l’attaque des tours jumelles.

On peut penser en dehors du village

Danièle Obono, française, diplômée de l’université, bibliothécaire, députée, est aussi non-patriote. Oratrice de La France insoumise, soutien de Mélenchon, elle s’est opposée à lui publiquement, nettement, quand il a suggéré que des soldats français pourraient protéger la population gabonaise dans des troubles post-électoraux, en septembre 2016. Elle n’est pas patriote. C’est pour cela qu’il faut la défendre; précisément pour ce qu’on lui reproche. Cela va nous faire énormément de bien, pour peu qu’elle tienne la distance, d’avoir au parlement une femme que le salut au drapeau inspire aussi peu, pour nous rappeler qu’on peut penser en dehors du village.

Il faut revenir au début de l’histoire. En 2012, l’Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne (AGRIF), un groupe catho-tradi, xénophobe et maurrassien, porte plainte contre un groupe musical lillois, ZEP (Zone d’expression populaire), pour une chanson rappante sur fonds de musette sobrement intitulée «Nique la France». Une pétition se monte pour défendre les artistes, signée par des noms reconnus de la radicalité, Besancenot ou Noël Mamère, mais aussi par Obono, alors inconnue au bataillon, qui a milité dans des combats minoritaires, culturels et trotskisants. Cinq ans passent et Obono, ancienne de la LCR et du NPA, désormais France insoumise, devient députée, et comme telle invitée au jury populaire des «Grandes Gueules», l’émission de parole brute de RMC, et là voilà confrontée à cette vieille affaire. Nous vivons dans un temps postérieur à Charlie, et l’amour de la Patrie n’est pas un détail. Ainsi donc, s’étonnent les animateurs, elle défend le droit à niquer la France? Elle parle de liberté d’expression, ce genre de chose. On lui demande si elle dit «Vive la France», puisque ce pays l’a éduquée. Elle s’amuse et biaise, se demande si on est le 14-Juillet, et elle ne se lève pas tous les matins en chantant «vive la France». Un chroniqueur mécontent l’exécute de bon sens. «Vous êtes plus facile à soutenir “Nique la France” qu’à dire “Vive la France”», dit-il, et ajoute une ode au pays qui emporte le morceau. La suite est la polémique que l’on sait.

Ici, plein de choses.

«Les Grandes gueules» sont une émission formidable, en prise avec ses auditeurs, qui n’est pas immune de l’idéologie dominante. Le show a produit deux députés, Gilbert Collard, qui est frontiste et Catherine O’Petit, qui est macronienne, mais aurait pu partir au FN avec son ami Gilbert, star comme elle de l’émission. On y entend aussi des voix de gauche. Mais la réalité droitière et patriote du pays imprègne les évidences de l’émission. Collard fait partie du consensus politique et médiatique, et de la maison Grandes Gueules. Pas une réfractaire à la narration nationale. Les Grandes Gueules ne piègent pas Danièle Obono. Ils l’étalonnent à ce qu’ils représentent, et la révèlent, différente dans son embarras. Elle n’assume pas, alors, tout ce qu’elle est. Elle tient le coup, mais en défense. C’est dommage.

La liberté d’expression n’est pas la fin de l’histoire

D’apparence, le chant de ZEP, pour lequel Danièle Obono perd sa tranquillité n’est qu’une nouvelle version d’autres beuglantes réfractaires. «Adieu la vie, adieu l’amour», des mutinés de 17, «La Butte rouge», Le Déserteur de Vian, on a chanté contre l’horrible patriotisme et les morts qu’il charrie. «Car les bandits qui sont cause des guerres n’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents», écrit après la Grande guerre, ça avait de la gueule! Sous Giscard, Renaud, alerte, démontait gaiment ses compatriotes, en un temps de rance étouffement. «La France est un pays de flics, à tous les coins d’rue y’en a 100, pour faire régner, ils assassinent impunément» et puis: «Etre né sous l’signe de l’hexagone, c’est vraiment pas une sinécure, et le roi des cons, sur son trône, il est français, ça j’en suis sûr.»

Sous Sarkozy, les ZEP chargent, d’apparence à l’identique, rappant sur fonds de musette, mais dans une veine idéologique qui change tout:

«Petits bourgeois, Démocrate républicain, Ton pays est puant raciste et assassin, Les lumières des droits de l’homme,

Soit disant universels, Un mythe, un mirage, un mensonge officiel. 

Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes

Nique la France et son histoire impérialiste…»

C’est la même chose mais tout est différent. Il ne s’agit plus des poilus que l’on défend contre ses généraux, ou d’une gueulante contre la beauferie.

«Ca y est c’est confirmé

Par voie ministérielle

Les nazillons sont lâchés

Les bidochons décomplexés

Carte Blanche pour les gros beauf

Qui ont la haine de l’étranger.»

Le beauf est un nazi. La France, essentiellement, est un mythe. Le colonialisme est sa vérité, et non pas sa dérive. La République des droits-de-l’homme est une illusion. Tout ceci est, idéologiquement, d’une violence extrême. On est dans la veine d’Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme, révélant «au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’un Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon»

Au bout de sa vérité

Ce discours s’entend. On peut le contextualiser. En 2010, quand sort «Nique la France»,  on sort d’un débat poisseux voulu par le pouvoir sarkozyste sur l’Identité nationale. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a déjà vaticiné sur les arabes, «c’est quand il y en a plusieurs que cela pose des problèmes», mais va faire interdire le voile intégral. La laïcité peut excuser le racisme. Un jeune sous-ministre du nom de Wauquiez, l’année suivante, suggèrera que Dominique Strauss-Kahn est étranger aux racines de la France et de la Haute-Loire… Mais ces vilenies ne sont pas au niveau de ce rejet absolu que la chanson proclame. Il faut l’assumer. Défendant ZEP, les pétitionnaires de 2012 ne protégeaient pas simplement la liberté des chansonnettes pamphlétaires, mais validaient un refus absolu de nos mythes fondateurs. Danièle Obono n’est pas allée au bout de sa vérité, surprise par les Grandes Gueules. Elle n’a pas dit, retenue par les convenances de sa nouvelle charge? C’est un paradoxe. Elle aurait pu aller au bout, et en aurait été d’autant plus estimable. Le lieu n’était pas forcément adéquat? Être sommé de dire «Vive la France» dans un studio de radio est une parodie, et il faut un instant pour comprendre que c’est sérieux. Il faudrait avoir l’esprit d’a-propos.

Vive la France de Monsieur Thiers ou Vive la France de Mme Louise Michel. Vive la France de l’auberge des Migrants, ou vive la France qui envoie ses troupes pourrir l’existence des épuisés de la planète et de ceux qui les défendent, à Calais notamment?

Vive la France de la divine surprise maurrassienne et du pétainisme revanchard, ou Vive la France des maquisards et des justes? Vive la France de Schoelcher l’émancipateur ou Vive la France de Rochambeau, tortionnaire des caraïbes révoltées?

Danièle Obono avait l’embarras du choix des réponses. Elle aurait pu titiller l’histoire, et rappeler que ce vicomte Donatien de Rochambeau, combattant de l’indépendance américaine, officier de la République puis de l’Empire, avait maté les esclaves révoltés de nos îles en lâchant sur eux des bouledogues, et écrivait ceci à ses subordonnés:

«Je vous envoie, mon cher commandant, un détachement de la garde nationale, suivi de 28 chiens bouledogues. Il ne vous sera passé en compte aucune ration, ni dépense pour la nourriture de ces chiens. Vous devez leur donner des nègres à manger.»

Ce fut nous, dans nos gloires.

Bref. Danièle Obono a raté l’occasion de digresser sur la patrie. Ce n’est que partie remise. Elle saura faire. Et nous saurons l’apprendre, pour ne pas être naïfs quand nous l’estimeront.

La nier est une hérésie

Dans Libération, un texte en défense de Danièle Obono affirme qu’elle a été attaquée parce que noire? C’est insuffisant. Obono, née au Gabon, a été attaquée parce que l’idéologie qu’elle avance, et que souligne son origine, est insoutenable pour ceux qui fabriquent une France étouffée d’illusion, un pays apeuré de lui-même, qui ne veut entendre que du réconfort. Le tollé suscité par les déclarations d’Emmanuel Macron sur la colonisation en témoignent. Danièle Obono, au surplus, ne prétend pas comme Macron présider à la réconciliation des mémoires. Elle est dans des luttes. Elle ne plaisante pas. Elle peut saluer le Parti des Indigènes de la Républiques, groupuscule souvent odieux de titiller aussi bien la colère que les haines, que des afro-féministes, qui juxtaposent les oppressions nées de la peau et celles que le genre vous impose. Elle s’intéresse à la jonction de la Palestine et des luttes homosexuelles. Elle voit la violence dans la police républicaine. Elle nie l’universalité de la bonne volonté comme une tromperie. Elle n’est pas que cela, et ne serait pas avec Mélenchon autrement: elle adhère et porte le «dégagisme» du mouvement et sa revendication populaire; si elle n’est pas patriote, elle aime les enfants de la Patrie. Mais elle illustre le tournant du ci-devant «Méluche», un homme de la gauche ancienne devenu son alternative; qui s’en remet aux colères les plus nettes: elles ne sont pas seulement sociales.

On peut être en désaccord avec Madame Obono, la récuser politiquement, la disputer, en détail ou globalement, la soutenir en conscience. Mais la nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite. Ce qui la justifie existe, et sans elle, qui en parle? Cela fait partie du pays. «Je suis l’Amérique, disait Mohamed Ali, la part que vous ne voulez pas voir. Habituez-vous à moi, noir, plein de confiance, sur de moi.» Danièle Obono a revendiqué cette phrase, reprise par Barack Obama à la mort du Greatest. C’est infiniment plus intéressant que le «Vive la France» que l’on chantonne ou pas. On ne prendra pas Madame Obono comme l’expression de la vérité ultime des noirs en France. Mais comme une parole politique, d’opposition fondamentale, fondamentale comme le nègre de l’immense Césaire, qui pouvait aussi bien mettre à nu la France que l’aimer et lui donner des mots. Au mieux de son assouplissement, Danièle Obono pourra être une Taubira plus immédiate. Ou elle ne s’assouplira pas, et ce sera aussi bien.

Se prendre à aimer la France

Accepter que s’entende au parlement une parole qui récuse les évidences majoritaires, voire les hégémonies fondatrices, n’est pas choses aisée. C’est pourtant la condition de la démocratie. Siégeaient au Parlement de l’Empire allemand des députés d’Alsace qui conspuaient le Reich et le pangermanisme et gardaient fidélité à la France. Siègent au Parlement israélien des députés palestiniens qui revendiquent leur antisionisme et récusent l’État dont ils participent, pourtant, à la démocratie. Siégeaient au Parlement français, dans les années 1920 des élus communistes qui ne votaient pas les crédits militaires, détestaient l’armée et l’idéologie de la victoire, au lendemain de la Grande guerre, et niaient la France blessée et victorieuse autant qu’il était possible. «Seule, la Révolution a le pouvoir d’exalter les morts tombés pour sa cause», écrivait un grand journaliste et parlementaire communiste, Paul Vaillant-Couturier, quand la République avait panthéonisé Jean Jaurès.

«Elle respire une atmosphère héroïque, la mort est pour elle une visiteuse de toutes les heures. Elle porte les victimes sur une épaule et sur l’autre un fusil chargé. Ce qui donne son vrai pris à l’amour qu’elle offre à ses martyrs, c’est sa haine de leur ennemi.»

La haine donc.

À sa manière, le communiste niquait la France, comme un rappeur, mais en l’aimant et pour une raison qui le dépassait. Niquer la France n’est pas rédhibitoire. J’ai connu un homme qui a plus fait pour notre pays que tous les braillards identitaires et patriotards qui me polluent l’ambiance, plantent des épingles dans une poupée noire qui doit ressembler à la jeune députée Obono. Georges Guingouin était instituteur et communiste avant la Seconde Guerre mondiale. Il termina celle-ci «colonel», «Préfet du Maquis», libérateur du Limousin à la tête d’une armée de maquisards. Je l’avais rencontré, jeune homme. Il m’avait raconté comment, avant même la défaite de 1940, il avait dissimulé des armes, pour préparer une suite. «Mais vous cachiez des armes contre la République?» Et oui. C’est contre la République, qui avait interdit le Parti communiste après le pacte germano-soviétique, que le fier Guingouin s’était préparé. Il en avait été, très vite, et sans attendre, le meilleur de ses soldats, quand les professionnels du nationalisme viraient collabos. Ceci pour dire que la communautariste noire qui ne dit pas «Vive la France» Danièle Obono m’inspire infiniment de bonnes promesses, et c’est en dérangeant la patrie qu’on se prend à l’aimer.

Après les « nique ta mère », voici les « nique la France ». Et vive la mixité !

« Nique la France », une chanson haineuse, qui prépare la guerre civile…

Dans la rhétorique anti-française, un grand pas supplémentaire vient d’être franchi par le clip rap de trois individus ayant pris pour nom : « Zone d’expression populaire ». Les premières notes révèlent un mélange de musette et de rap : mixité des musiques ; sur la scène commencent à s’activer les trois chanteurs, le dénommé Saïdou Dias du groupe « Ministère des affaires populaires » et deux seniors qui se font appeler Busta Robert et MC Jean-Pierre : mixité des cultures et mixité des générations.

Tout cela semble sympathiquement de bon augure. On déchante vite avec le refrain, entonné d’emblée : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents, et ses réflexes paternalistes. Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts, et ses délires capitalistes ». « Nique la France », c’est le titre de cette charmante bluette, accessible sur Dailymotion depuis fin janvier.

http://www.dailymotion.com/video/xbz3sp_nique-la-france-le-clip_music

Après le refrain, avec le rythme des mélopées propres au rap, les couplets vont se succéder, dans la même veine, par exemple : « tu découvres que tu vis chez les gros cons, les rastos (racistes), qui n’ont jamais enlevé leur costume de colon » ou bien, avec tout autant de délicatesse : « c’que j’en pense de leur identité nationale, de leur Marianne, de leur drapeau, et de leur hymne à deux balles, j’vais pas t’faire un dessin, ça risque d’être indécent, de voir comment j’me torche avec leurs symboles écœurants ».

La France en prend pour son grade. Sont visés « les nazillons » et les « bidochons décomplexés », mais aussi le Français moyen, ce « petit bourgeois, démocrate, républicain, [dont le] pays est puant et raciste et assassin » : rien que ça… Les assauts anti-français vont de pair avec un anti-intellectualisme digne de l’extrême droite la plus rétrograde. Cela donne : « et y’a des intellos, des p’tits fachos à lunettes, des têtes à claques », le couplet se poursuivant par une très élégante attaque ad hominem : « comme la connasse de Fourest, qui propage et alimente la haine du musulman et du banlieusard avec leurs discours stigmatisants ».

Je n’ai donné là que quelques morceaux choisis. Le reste est du même tonneau. L’ensemble est abject et l’on est sidéré qu’une telle abjection ait pu être mise en chanson et largement diffusée, sans jusqu’à présent susciter grande réaction. Evidemment, en visionnant cette chose, on commence par jouer au jeu de la transposition et on se demande s’il serait possible d’entendre l’équivalent avec un autre pays : « Nique l’Algérie… » ou une religion : « Nique l’islam, et son histoire expansionniste, ses odeurs, ses relents, et ses réflexes terroristes ».

Mais rapidement l’on se rassure. La crainte d’une condamnation, par fatwa et par l’action de nos vigilants MRAP, Ligue des Droits de l’Homme et tutti quanti, dissuaderait vite le plus téméraire des contempteurs ; étant entendu que la vigilance de nos associations s’avère bien sélective, celles-ci se complaisant dans un silence radio lorsqu’il s’agit de niquer la France…

Mais n’en restons pas à la réaction scandalisée. Les auteurs du brûlot n’en seraient que plus ravis. L’analyse du contenu et de la mise en scène est bien plus intéressante.

Arrêtons-nous d’abord sur l’intention première qui a donné le titre du morceau : « Nique la France ». Dans le travail de légitimation des comportements anti-français de plus en plus fréquents (Marseillaise sifflée, drapeaux tricolores incendiés, jeunes agressés parce que Français « blancs »…), cette chanson arrive à point nommé. Mais non, semble nous dire le truculent ZEP, les anti-français ne sont pas racistes, ils ne font que réagir au racisme de la France ; laquelle est durablement, ontologiquement pourrait-on dire, marquée par son passé colonial. Il nous faudrait comprendre que, à jamais, il y a des victimes – les anti-français de l’intérieur – et des racistes – les dits Français –, et quoi que puissent perpétrer les premiers, en incivisme, en violence, en destruction…, ils sont de toute façon les victimes, et quoi que puissent subir les autres, ils sont de toute façon les responsables.

Il y a là un bel exemple de cet essentialisme qui conduit au racisme le plus pur, mais ZEP n’en a cure. Pour le trio, il convient de montrer que « Nique la France » n’est pas une insulte regrettable de quelques jeunes déboussolés ; « Nique la France » est plus que cela, mieux que cela : c’est un vrai mot d’ordre, parfaitement légitime, et même à promouvoir. La mise en scène ensuite : un « beur » plutôt jeune ; deux « blancs » plutôt vieux (au moins sexagénaires en tout cas). La ficelle est grosse. Mais il est utile de la bien mettre en évidence. Le « Nique la France » ne serait pas l’apanage des jeunes issus de l’immigration africaine. Il s’est trouvé des Français « de souche », de l’ancienne génération qui plus est, pour partager ce même slogan.

Le « Nique la France » voudrait alors se faire passer pour une revendication politique et non la marque d’une hostilité inter-éthnique. On veut nous dire : qui est antiraciste, qui s’oppose à l’impérialisme et aux « délires capitalistes » ne peut qu’être contre la France. Comme si justement le racisme, l’impérialisme, et le capitalisme s’incarnaient totalement, ontologiquement ai-je encore envie de dire, dans ce pays qu’est la France. Que l’argument soit énoncé par des Français « de souche » n’en renforce pas la valeur. S’il est stupide dans la bouche d’un beur, il l’est tout autant exprimé par quiconque.

Quand on les voit se trémousser nos deux retraités gauchistes, MC Jean-Pierre avec son survêtement vert couleur Algérie, eux au premier plan, le jeune Saïd à l’arrière, ricanant, manipulateur ( ?), on ne peut s’empêcher de se demander – avec une certaine compassion, je dois dire – comment deux hommes de cet âge, formés, on l’imagine, à l’école de la République, peuvent en arriver à éructer de pareilles vilénies. D’autant que – mais s’en sont-ils vraiment rendu compte ? –, le parolier leur fait parfois employer un « nous » auto-culpabilisateur. L’un des deux dit ainsi : « le racisme est dans nos souvenirs (…) il est dans nos mémoires ; impossible de s’en défaire ». Tel le pécheur s’auto-flagellant, le vieux papy qui s’est persuadé de son racisme, tente misérablement de se racheter en maltraitant la souche d’où il provient.

Mais un autre registre est également mobilisé pour les besoins de la cause anti-française. Face aux diverses forfaitures de notre pays, la principale étant bien sûr un racisme congénital, le devoir s’impose. La chanson nous en précise les termes : « c’est mon devoir d’insolence, mon devoir d’irrévérence, mon devoir d’impolitesse, mon devoir de résistance ». Le mot est lâché : résistance. Dans une France glauque, nauséabonde, livrée… aux Français, heureusement s’est constituée une résistance. Tels les résistants qui firent face à la barbarie nazie, de nouveaux résistants, anti-racistes cette fois, se sont levés. ZEP aime jouer avec les paradoxes : quand l’ancien résistant résistait à l’occupant, le nouveau s’oppose au national. L’inversion est scélérate, mais l’on n’a que trop compris le but de la manœuvre : conforter les niqueurs de France et troubler un peu plus leurs victimes.

Autre ficelle utilisée : des cibles à géométrie variable. Comme le parolier, on restera volontiers sur ses gardes quand « les nazillons sont lâchés ». Le combat contre le racisme est un noble combat et l’on veut y prendre part. Mais bientôt ce ne sont plus les seuls racistes français qui sont visés, ce sont les Français tout court, quasiment dans leur ensemble – sauf bien sûr les fameux « résistants » – : peu à peu, en effet, sont mis sur la sellette : le « petit socialiste hypocrite » et « manipulateur », les « démocrates, républicains », et évidemment l’ensemble des « beaufs » et « bidochons » que semblent être majoritairement les Français.

Pour amplifier cet effet déstabilisant, la chanson fait varier les pronoms personnels : la 3e personne du pluriel d’abord, par exemple sous-jacente aux« bidochons décomplexés », puis un « tu » pris à partie : « ton pays est puant et raciste et assassin », sachant que ce « tu » est lui-même mis dans la peau d’un « petit-bourgeois démocrate ». Mais subrepticement c’est le « nous » qui finit par arriver : « le racisme est dans nos mémoires » : la parole est prononcé par l’un des deux seniors, je l’ai dit, et nous invite ainsi à un exercice collectif d’expiation. Les articles sont aussi importants : il n’est pas dit qu’autour de nous, il y a « des » gros cons, mais que l’on vit chez « les » gros cons. Le « des » permettrait de différencier selon la réalité des conduites ; le « l es » amalgame et accuse définitivement. Les individus malfaisants ne servent que d’appât : c’est bien l’ensemble de la population nationale que ZEP veut prendre dans sa nasse.

Et c’est bien cela qui est recherché : le bloc contre bloc. Les bons fils de l’immigration et leurs alliés antiracistes – des antiracistes qui en l’occurrence ont troqué l’universalisme de la valeur pour la défense inconditionnelle d’un camp – contre « la France » ; une France nécessairement mauvaise, pervertie par un passé puant, qui lui tient à la peau. Il y a de la déclaration de guerre dans cette chanson : une guerre avec ses combattants (ces brûleurs d’écoles et de drapeaux tricolores), ses idéologues bellicistes, ses héros et ses hérauts ; une guerre qu’ils diront peut-être aller dans le sens de l’Histoire, à moins qu’ils n’en fassent une « guerre sainte »…

« Vive la France » : une députée de La France insoumise attaquée

Danièle Obono, députée élue à Paris, s’est vu reprocher d’avoir refusé de clamer « vive la France » sur RMC, provoquant un tollé sur les réseaux sociaux.

  6Medias | Le Point.fr

La députée de Paris est pointée du doigt pour avoir refusé de dire "vive la France" sur RMC.
La députée de Paris est pointée du doigt pour avoir refusé de dire « vive la France » sur RMC. © AFP/ MARTIN BUREAU

“Nique la France” : Mélenchon soutient la députée proche des Indigènes de la République

Danièle Obono et Jean-Luc Mélenchon. Photo © Martin BUREAU / AFP

Polémique. Le leader de la France insoumise et député des Bouches-du-Rhône a apporté sur Facebook son soutien à sa collègue Danièle Obono, élue de Paris et militante radicale.

Jean-Luc Mélenchon a apporté son soutien à la militante antiraciste radicale Danièle Obono, nouvelle députée de la 17e circonscription de Paris et compagnon de route du parti racialiste des Indigènes de la République (PIR). “Amitié, affection et respect pour le sang-froid de Danièle Obono, députée de Paris, agressée sur les plateaux de télé par des chiens de garde médiatiques qui ne se rendent même plus compte que leur machisme est teinté d’une forme de racisme insupportable. Solidarité avec elle face au déchaînement de haine venant de l’extrême-droite ainsi déclenché par les employés des neuf milliardaires qui contrôlent 90 % de la presse”, a écrit le désormais député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône.

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Comme l’a déjà écrit Valeurs actuelles, Danièle Obono est une activiste radicale d’origine gabonaise, qui se revendique “bolcho-trotsko-marxiste” et raille “les siècles et les siècles d’idéologie néocoloniale, esclavagiste, raciste, systémique de la France”. Elle est surtout proche du PIR, parti accusé d’antisémitisme, de sexisme et d’homophobie qui, notamment, “s’oppose à une Europe impériale blanche”. La députée d’extrême gauche admire aussi le combat de sa fondatrice franco-algérienne Houria Bouteldja, qui a multiplié les dérapages haineux, qualifié les Français de souche de “souchiens” et défendu les terroristes palestiniens du Hamas.

Ancienne militante à la LCR et au NPA, Danièle Obono a notamment, par le passé, participé à un débat organisé au “QG Décolonial » de Paroles d’honneur, signé un appel “contre l’islamophobie et le racisme d’État” aux côtés du PIR, peu après l’attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, signé toujours avec Houria Bouteldja et les Indigènes de la République une tribune dénigrant le “racisme anti-blanc” qualifié de “concept dangereux”, ou encore signé une pétition en solidarité avec un rappeur, auteur d’une chanson intitulée “Nique la France“, assumant cette dernière prise de position controversée au cours d’une interview sur RMC, ce mercredi.

Hallucinant ! La députée France Insoumise défend ceux qui chantent « nique la France » mais hésite à dire « vive la France »”, a critiqué sur Twitter le député LR sortant, Thierry Mariani. De son côté, David Rachline, sénateur et maire FN, a remis en cause la légitimité de la députée FI, soutenue par l’Humanité et Libération, à siéger à l’Assemblée nationale : “Cette Mme Obono semble ne pas avoir pris la mesure des siècles d’Histoire de France qui la contemplent et l’obligent. Elle veut pouvoir « niquer la France » tranquillement ? Alors qu’elle quitte les dorures de la République et renonce à tous les avantages liés !”

Dans une interview au site Jeune Afrique, Danièle Obono a quant à elle dénoncé jeudi des “attaques” venues de l’extrême droite. “Pendant un an, lors de la campagne présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon et ensuite pendant la campagne des législatives, j’ai été témoin d’effets d’emballements médiatiques et d’instrumentalisation politique. C’est souvent le cas avec la « fachosphère ». Ces gens sont nos ennemis irréductibles”, déclare-t-elle. “Nous sommes le contraire de cette extrême-droite repliée sur elle-même, qui a une vision ethniciste et communautariste de la nation française. Ce combat, je vais le mener à l’Assemblée nationale, avec tous ceux et toutes celles qui voudront se battre pour défendre cette vision de notre pays”, prévient-elle.

« Nique la France » vs « vive la France » : comprendre la polémique Obono en trois actes

"Nique la France" vs "vive la France" : comprendre la polémique Obono en trois actes
Danièle Obono et Jean-Luc Mélenchon@ Martin BUREAU / AFP

La députée de la France insoumise est au cœur d’un débat enflammé après avoir refusé de dire « Vive la France » sur RMC, tout en réitérant son soutien à une pétition controversée.

« De quel droit somme-t-on Danièle Obono de crier ‘Vive la France’ ? », s’interroge Libération, dans une tribune publiée vendredi. « Il se passe une chose surréaliste, autour de Danièle Obono, porte-parole nationale de La France insoumise élue députée de la 17e circonscription de Paris », rapporte le quotidien, venant à la rescousse de la nouvelle élue de 36 ans. Par « chose surréaliste », il faut entendre la polémique dans laquelle est empêtrée malgré elle cette bibliothécaire de métier, depuis son passage dans l’émission les Grandes gueules, mercredi sur RMC.

L’origine : une pétition de 2012 et une chanson intitulée « Nique la France »

Pour comprendre la polémique, il faut remonter à 2012. Danièle Obono, ancienne membre de la direction du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) qui a rejoint le Front de gauche, signe à l’époque une pétition de soutien au rappeur Saïdou, du groupe ZEP (Zone d’Expression Populaire) et au sociologue Saïd Bouamama, lancée par Les Inrock. « Les deux hommes sont à l’époque mis en examen (puis relaxés) pour ‘injure publique’ et ‘incitation à la haine raciale’ après la diffusion du clip ‘Nique la France’ », qu’ils ont co-écrit, rappelle 20 Minutes, avant de citer un extrait de la chanson : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes/Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes ».

Vous signez plus facilement ‘nique la France’ que vous ne dites ‘vive la France’

La pétition –  signée par la députée mais aussi par Noël Mamère, Clémentine Autain, Eric Coquerel, Eva Joly ou encore Olivier Besancenot – est alors accompagnée d’un texte de soutien « à la liberté d’expression » qui rappelle la « tradition pamphlétaire » française, citant pêle-mêle Léo Ferré, Renaud ou Aragon. « Lorsque des Noirs ou des Arabes font le choix de sortir de l’invisibilité et du mutisme afin de décrire la réalité telle qu’elle est – violente, inégale et destructrice –, la droite extrême, l’extrême droite ou encore l’Etat s’emploient à tenter de convaincre l’opinion publique de l’illégitimité de ces discours », pouvait-on lire sur le texte.

La polémique : la députée assume et refuse de dire « Vive la France »

Mercredi lors des Grandes gueules, Danièle Obono est interrogée sur cette pétition. « En tant que députée, êtes-vous fière d’avoir signé ? », lui demande-t-on. Ce à quoi elle répond : « Pour défendre la liberté d’expression de ces artistes, oui. Parce que ça fait partie des libertés fondamentales ». « Vous pouvez dire « vive la France » ? » lui demande alors un journaliste de l’émission. Réponse de l’intéressée : « Je peux dire ‘vive la France’, mais pourquoi, en soi ? Je ne me lève pas le matin en disant ‘Vive la France’ […] « Vous voulez que je me mette au garde-à-vous et que je chante la Marseillaise ? ». « Vous signez plus facilement ‘nique la France’ que vous ne dites ‘vive la France’ », commente alors un chroniqueur.

Il n’en fallait pas moins pour susciter une pluie de réactions indignées. De la part de groupes classés à l’extrême droite, d’abord, à l’instar du site Fdesouche. Mais l’indignation dépasse rapidement la « fachosphère ». « Hallucinant ! La députée France Insoumise défend ceux qui chantent ‘nique la France’ mais hésite à dire ‘vive la France’ », s’indigne ainsi sur Twitter le député LR sortant, Thierry Mariani. « Cette Mme Obono (sic) semble ne pas avoir pris la mesure des siècles d’Histoire de France qui la contemplent et l’obligent. Elle veut pouvoir ’niquer la France’ tranquillement ? Alors qu’elle quitte les dorures de la République », renchérit David Rachline, sénateur et maire FN, toujours sur Twitter. « Entendre Nique la France la gêne moins que dire Vive la France. Elle est pas mal l’Insoumise… », ironise, également, le journaliste Jean-Michel Aphatie sur le réseau social.

Si Ferré pouvait ‘baiser la Marseillaise’ et Renaud ‘tringler la République’, le chanteur de ZEP (même arabe) peut bien ‘niquer la France’

La députée reçoit toutefois de nombreux soutiens, de son propre camp, d’abord. « Amitié, affection et respect pour le sang-froid de Danièle Obono, agressée sur les plateaux de télé par des chiens de garde médiatiques qui ne se rendent même plus compte que leur machisme est teinté d’une forme de racisme insupportable », réagit ainsi Jean-Luc Mélenchon sur son compte Facebook. « Je trouve honteux que Danièle Obono soit mise sur le grill sur ce sujet. J’estime que la pétition de 2012 défendait non pas les paroles de cette chanson, mais la liberté d’expression de ses auteurs […] Je comprends totalement que Danièle réagisse comme ça. Vous aimeriez qu’on vous force à dire ‘Vive la France’, vous ? », argumente également le député de la France insoumise Alexis Corbière, dans L’Express.

Mais le soutien, aussi, s’étend rapidement au-delà du champ politique. « Si Ferré pouvait ‘baiser la Marseillaise’ et Renaud ‘tringler la République’, le chanteur de ZEP (même arabe) peut bien ‘niquer la France’. Si Coquerel, Besancenot ou Eva Joly peuvent (doivent ?) rappeler cette saine évidence, Danièle Obono (même noire) le peut aussi », peut-on ainsi lire dans la tribune de Libération, qui s’interroge sur le fait que les autres signataires (blancs) de la pétition n’aient jamais été interrogés. « Georges Brassens non plus n’aimait pas marcher au pas. Juste mise au point face au déferlement haineux contre Danièle Obono », réagit encore le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, sur Twitter.

« Comprendre ce qu’il y a derrière ».Invitée sur RFI vendredi, la députée de Paris Danielle Bono s’est elle même expliquée : « Regretter, ce n’est pas ma démarche, je suis militante politique depuis des années, je veux convaincre avec mes idées. C’est important de défendre les libertés démocratiques, la liberté d’expression, c’est dans ce cadre que j’ai participé avec d’autres à cette pétition. Il faut aller au-delà et essayer de comprendre ce qu’il y a derrière ».

Le débat derrière le débat : député, un statut à part ?

Au-delà de la question liée à la pétition de 2012, c’est celle du statut de député que pose la polémique « Danièle Obono » : un député peut-il rechigner à dire « vive la France » ? Etienne Liebig, chroniqueur des Grandes Gueules, résume en ces termes sur le site de RMC : « Il n’y a pas plus Français que moi, il n’y a pas plus amoureux de la France que moi. Mais si tu me demandes de crier ‘vive la France’, je refuse […] Ce qui fait le choquant, c’est qu’elle n’a pas pris conscience qu’elle n’est plus la citoyenne qu’elle était, et qu’elle est devenue une femme politique ». « Là où le bât blesse, c’est que la dame en question vient de se faire élire députée. Elle incarne cette France qu’elle rejette, représente ces Français racistes que nous serions », renchérit dans Le Figaro l’essayiste Céline Pina, fondatrice du mouvement Viv(r)e la République.

La nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite

Mais sur ce point-là également, la réponse est loin d’être unanime. Dans une longue tribune intitulée « Nique la France n’est pas rédhibitoire », le journaliste de Slate Claude Askolovitch appelle à « soutenir » la députée, même si on n’est pas d’accord avec elle. « La députée de la France insoumise Danièle Obono appartient à une école de pensée qui met la colonisation et ce qu’elle a généré au cœur de la crise. On peut être en désaccord avec Madame Obono, la disputer, en détail ou globalement, la soutenir en conscience. Mais la nier est une hérésie, et souhaiter qu’elle disparaisse, une infamie hypocrite. Ce qui la justifie existe, et sans elle, qui en parle ? », écrit-il.

Et de conclure : « Accepter que s’entende au parlement une parole qui récuse les évidences majoritaires, voire les hégémonies fondatrices, n’est pas choses aisée. C’est pourtant la condition de la démocratie. Siégeaient au Parlement de l’Empire allemand des députés d’Alsace qui conspuaient le Reich et le pangermanisme et gardaient fidélité à la France. Siègent au Parlement israélien des députés palestiniens qui revendiquent leur antisionisme et récusent l’État dont ils participent, pourtant, à la démocratie. Siégeaient au Parlement français, dans les années 1920 des élus communistes qui ne votaient pas les crédits militaires, détestaient l’armée et l’idéologie de la victoire, au lendemain de la Grande guerre, et niaient la France blessée et victorieuse autant qu’il était possible ».

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commentaires

Chris du mont                                                    Donc pour le chroniqueur, il faudrait chanter vive la france, son passé colonialiste, ses réflexes paternalistes, son histoire impérialiste, ses murs et ses remparts, ses délires capitalistes. Bel avenir de fraternité et d’ouverture aux autres. Un avenir radieux pour nos enfants.

Khanittha                                                           Cette polémique aux relents racistes est pitoyable. On lui ordonne de dire « Vive la France » alors elle devrait se soumettre à la sommation de ces grandes gueules qui tentent implicitement de lui attribuer les mots « Nique la France » ? Elle ne fait que défendre la liberté d’expression sans pour autant être en accord avec ces mots comme elle le dit d’ailleurs. On peut ne pas être d’accord avec les mots « Nique la France » mais il faut se battre pour la liberté d’expression des artistes comme en son temps Renaud pouvait bien chanter « votre République, moi, j’la tringle ». Si Renaud avait été attaqué pour ces paroles en son temps il serait normal de le défendre pour cette liberté d’expression fondamentale, que l’on aime ou pas l’artiste, ses mots, etc… Vive la démocratie et vive la France. PS : le groupe ZEP a été attaqué en justice pour ses paroles par l’AGRIF, une association d’extrême droite. Et c’est à ce moment que la pétition signée par Eva Joly, Noel Mamere, Daniele Obono et d’autres a circulé. Le groupe ZEP a été relaxé par la justice en 2015.

    • AvatarAnonymous                               Une député qui a la haine de notre pays chevillée au corps… Merci le bolivarien et surtout les électeurs qui envoient ça à l’assemblée nationale. Et que dire du reste de cette clique de dangereux castristes
    • AvatarMorpho                                     On va nous parler pendant combien de temps des « méfaits » de la colonisation ? Sans elle, peut-être que cette dame ne serait pas en France actuellement et dans une situation certainement moins enviable !
    • Avatarthor.donar                               Mais si elle est pas jouace de vivre en France, il reste plein de pays sympa ou elle pourrait aller vivre: Irak, Afghanistan, Libye, Arabie Saoudite etc…
    • AvatarTappert                                  Khonnard de journuliste gauchiasse. Ce sont des gens avec des mentalités de marde comme lui qui font le jeu de l’extrémisme
    • AvatarDan                                         La France tu l’aimes ou tu la quittes, p-tass
    • AvatarLucien                                    Qu’est ce qu’elle fait en France si elle contre la colonisation puisque c’est ce que font les neigres et les arabes en ce moment ici !

    • Sylvain                                           Dans un monde de bisounours, la réaction d’Obono serait salutaire. Mais dans notre monde empli de haines recuites, elle est juste une incitation

    • AvatarSuper Méchant                   Félicitation pour la débilité de cet article ! Félicitation à toutes les personnes qui soutiennent se genre de personne.
    • Avatarchristophe                          député?? non députain!!

Emm17                                                             Il m’étonnerait beaucoup que cette dame mette un drapeau français à sa fenêtre comme le font beaucoup d’américains avec la bannière étoilée !

Emile DOMSKI                                               Anti-républicains . Derrière tout celà, il n’y a ni racisme, ni propagande de la finance internationale, ni toute autre sornette… Il y a le fait que les représentants de la « France insoumise », leur chef en tête, secondé par Garrido, Corbière, Coquerel, Obono, … Sont (comme le FN) des populistes anti-républicains. Leur première déclaration en tant que députés, consiste à anoner que le régime en place n’est pas légitime (il a pourtant été élu par les citoyens !). Nous avons donc à l’Assemblée Nationale de la République Française des députés anti-républicains. Pour se défendre, la République devrait sanctionner toute dérive « trotskiste » par une interdiction de prise de parole. Comme le suggérait Tzvetan Todorov, humaniste insoumis, pas de liberté de parole pour les ennemis de la démocratie !

 petrus6524 

@liberane                                                           Ce n’est pas « la France » qui a collaboré. La France était alors à Londres et dans en Afrique ou elle combattait… Le gouvernement de Vichy a condamné DE GAULLE à mort… Ce n’était pas « La France » qui l’avait condamné puisqu’il incarnait notre pays et rejetait Vichy, Pétain et ses sbires… Alors pas d’amalgames s’il vous plait !                                                                                                         rondelette                                                        Quand va t on pouvoir enfin aimer son pays et le dire sans être diffames par l’extrême gauche !

Jerry lee lewis                                               Constat édifiant

Cette dame à de qui tenir en la personne de son mentor. Nonobstant, il n’en demeure pas moins que des millions d’électeurs les ont plébiscités Constat édifiant.                                Mahgusalm                                                      Beaucoup de bruit pour rien

Il n’y a rien de répréhensible à refuser de revenir sur une prise de position ancienne en faveur de la liberté d’expression. En revanche il appartient aux tribunaux de décider si une oeuvre est diffamatoire ou si le groupe qui l’a écrite profère des injures et des contre-vérités dans une chanson qui met en scène une réécriture outrancière de l’histoire d’un pays souverain. Pour moi le débat est là. Le populisme de Monsieur Mélenchon se nourrit du manque absolu de culture de celles et ceux qu’il a choisis. A part certains leaders tels qu’Alexis Corbière et Clémentine Autain, le groupe France insoumise contient comme le FN de nombreux jeunes députés qui n’ont pas la plus petite idée des responsabilités qui sont désormais les leurs. Le populisme qui anime ces personnes ressemble fort à s’y méprendre à l’anarchisme de la fin du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème. Il était normal de répandre la violence pour justifier des actes qui relèvent du droit commun. Monsieur Macron a répété à plusieurs reprises « Tolérance zéro ». J’attends de voir à la première manifestation de rues avec violences et destructions de biens publics et privés, ce que sera la réaction du ministre de l’intérieur et plus encore de la chancellerie. Je crois que le temps est venu pour les médias d’accorder un temps d’antenne à la France insoumise en considérant sa représentation hors partie communiste et ainsi la France sera une démocratie où les déclarations haineuses ne sont plus tolérées. Il en va de même pour le FN qui en ce moment fait plutôt profil bas, ce que Monsieur Mélenchon tel Maurice Thores ne saura jamais faire. N’est pas De Gaulle, Gambetta, Jaures ou Clémenceau qui veut !

LIBERANE

@Mafa                                                      … Effectivement je plains également les enfants qui ont subit son enseignement d’autant plus qu’il est partisan comme tous ceux de son genre, à niveler par le bas les élèves de façon à supprimer toutes les têtes qui dépassent pour ne pas « pénaliser » les élèves moins bons en les « traumatisant » s’ils se rendent compte de leur médiocrité… Et il a atteint sont objectif car le QI moyen a baissé de 3 points en France… En gros pour vivre heureux, créons des imbéciles !                         AVENIR PROTECTION                             Quand on approuve « nique la France »…… On n’a pas sa place à l’Assemblée Nationale.  C’est une honte pour le pays !

RAIPONCE                                                La bonne 2ème question aurait été…  » et Vive Maduro » le diriez vous… Comment il n’existe pas une règle de destitution pour sanctionner ces graves manquements d’un (e) représentant(e) de la république française que nous allons grassement nourrir avec nos impôts… C’est grave du genre… « traitre à la nation… « 
JDECLEF                                                      La liberté d’expresssion entièrement d’accord mais il ne faut pas en abuser en se c
achant derrière pour dire n’importe quoi et dénigrer notre pays !

Surtout quand on est député de notre assemblée nationale ce qui est tout de même un honneur d’avoir été élue par des citoyens français pour les représenter !

Cela nous rappelle une ex ministre de la justice (pour ne pas la nommer) sous le gouvernement de F. HOLLANDE qui ne voulait pas chanter notre hymne national la Marseillaise !

Quand on a des fonctions d’élus de la république à tous niveaux, on se doit d’aimer la France et ses valeurs et la respecter ou alors on ne fait pas campagne pour être élue !?

Ou on reste dans le privé en ce servant de cette liberté d’expression comme le font certains humoristes ou polémistes connus trublions tolérés dans notre pays libre !

On ne se sert pas de cette assemblée nationale comme d’une tribune ou de sa fonction d’élue pour dévaloriser notre pays de libertés !

Cette jeune députée devrait-être recadrée en terme de déontologie du à sa fonction !

Pierrick Louin–                                               La jugeote fait de plus en plus défaut dans ce pays qui s’appelle accessoirement la France. Je n’y mets pas de majuscule obligatoire, et pis quoi encore : elle comprend aussi bien des lumières, qui méritent une capitale eux, que tous ces trolls fachos, lâches, racistes et minuscules qui occupent les réseaux sociaux. Ce qui est plus grave c’est que ce sont des média de grande audience qui orchestrent cet odieux lynchage. Alors, un(e) député(e) devenu un morceau d’institution devrait automatiquement ânonner cette formule fétichiste, pour le moins : « Vive la France » ? c’est ridicule ; quel sophisme ! Danièle Obono fait preuve, dans cette affaire, d’un esprit critique salvateur et d’une grande dignité ; bravo et merci à elle ! C’est honteux de demander à quiconque, fut-ce un(e) député(e) de faire allégeance à une « France » éternelle, pure, blanche, chrétienne, capitaliste, marchande d’armes, néo-colonialiste… Au « Vive la République & Vive la France » du politicien standard j’ai préféré la formule que reprenait Jean-Luc Mélenchon pendant sa campagne : « viennent les jours heureux et le goût du bonheur » (se référant au programme du Conseil National de la Résistance). Je fus étonné qu’on ne le lui reprochât pas alors… Enfin, on lui reprocha pire : qu’il n’appelle pas à voter pour le roi Macron.

  • MENELIK85–                                          Quel baratin pour justifier l’injustifiable et l’insulte faite aux Français !                                                                                                                    alaindemorlaix–                                   Soutenir la liberté de parole, y compris la parole pamphlétaire est indispensable. Que la colonisation soit une abomination est exact. Mais en tant que député elle représente la France et les Français qui lui ont fait confiance, elle a désormais une responsabilité et des devoirs. Son engagement, même sincère, ne doit pas lui faire oublier le sens des valeurs. Souhaitons qu’elle fasse l’apprentissage des valeurs qui devraient tous nous unir.

 

  • gggggg                                                 je n’apprécie pas spécialement Mélenchon, mais les commentaires ci-dessous sont débiles est inquiétants. Le FN, ses suppôts avec leurs insinuations racistes sont bien vivants. Je les combattrai.
  • Pivoine13–                                          Mais pourquoi cette femme très peu intéressante, a-t-elle été élue député ?
  • streettriple77–                                  Les premiers responsables sont les électeurs qui ont voté pour elle !
  • boxus1                                               5 ans avec les populismes de Mélenchon et ses amis.. relayés par les médias en plus.. Pfff Le Canard, Mélenchon est en politique depuis 40 ans, n’allez pas me dire que vous n’avez rien sur lui!
  • stockholmer                                       Encore une preuve du danger de ce parti extrême que beaucoup trouvent gentillet. Leur rêve est le chaos, les violences urbaines, les blocages routiers, la haine ce ceux qui les dérangent. Alors que pour les démocrates, leur rêve est un cauchemar…

 

  • severin29–                                           je partage complètement votre avis.

 

  • Ouiouiundeplus                               « Si Ferré pouvait ‘baiser la Marseillaise’ et Renaud ‘tringler la République’, le chanteur de ZEP (même arabe) peut bien ‘niquer la France » est une comparaison débile ce qui est grave de la part d’un journal : ils ne sont pas élus et payés par la République ! Si ça la gêne profondément de dire ‘vive la France’ en effet, qu’elle change de travail et laisse tomber les nombreux avantages du statut d’élu !
  • Boby Looping–                                    LES INSOUMIS SUIVENT LE CHEF SUPRÊME …?

 

  • tiguiditlecheyenne–                           les insoumis une bande soumise pas prêt de voter pour ceux qui chient sur la France
  • boxus1                                                  ? moi pas comprendre..

 

  • Guillaume Doyen                                D’accord avec elle

 

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