On s’en tamponne..??

3Les tampons peuvent-ils être dangereux ?

Ecrit par: Dr Brigitte Blond

Les tampons hygiéniques peuvent favoriser la survenue d’une maladie rare mais grave : le syndrome du choc toxique. Elle est liée à une propagation de staphylocoques dorés et a des conséquences lourdes pour la santé.

tampon hygiénique

Le syndrome du choc toxique est une maladie qui touche essentiellement, mais non exclusivement, les jeunes femmes qui utilisent des tampons hygiéniques pendant leurs règles. On ne sait pas exactement pourquoi elles sont victimes de ce syndrome, mais on a retrouvé, dans le vagin et sur le col de l’utérus de ces femmes réglées, des souches d’une bactérie, le Staphylococcus aureus (ou staphylocoque doré) productrice de la toxine TSST-1. Dans certaines cas, les tampons pourraient faciliter l’entrée de ce germe qui colonise le vagin dans la circulation par la muqueuse de l’utérus. Des médecins s’alarment d’ailleurs d’une recrudescence et ce syndrome.

Syndrome du choc toxique : une maladie rare mais inquiétante

En juin 2015, une jeune parisienne de 19 ans, émue par l’histoire du mannequin Lauren Wasser, qui a été victime du choc toxique et a perdu une jambe à cause de la maladie, lance une pétition pour interpeller la marque Tampax sur l’absence de composition des tampons hygiéniques sur les emballages. Cependant, les choses restent à prouver car comme on l’a dit, le germe, en théorie au moins, colonise le vagin sans provoquer de symptômes tant qu’il reste localisé à ce niveau.

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Aujourd’hui, malgré des engagements, les compositions des tampons hygiéniques des principales marques restent pour la plupart mystérieuse. Toujours pas de liste détaillée des ingrédients disponibles sur les emballages…

Symptômes du syndrome du choc toxique

Les symptômes sont pour certains similaires à ceux d’une forte grippe. Ils ne se présentent pas de la même façon pour toutes les femmes, mais certains signes sont capitaux pour le diagnostic :

  • une fièvre élevée, de 39 ° à 40°5 ;
  • une tension artérielle faible ;
  • une éruption cutanée (érythrodermie) comme un coup de soleil et une desquamation ;
  • une atteinte des organes dits cibles : du tube digestif par exemple, avec des vomissements, une diarrhée aqueuse et profuse ; ou des muqueuses (du pharynx, de l’œil, etc.) qui sont très enflammées ; ou encore du système nerveux central (confusion, obnubilation, etc.).

Le début est brutal et le syndrome peut évoluer rapidement, en 48 heures, vers le choc septique, voire le décès, ce qui est le cas une fois sur 10 environ.

Syndrome du choc toxique : prévention et traitement

Une suspicion de choc toxique est une urgence et l’hospitalisation doit être immédiate, pour un traitement intensif. Le tampon doit être bien sûr retiré et la malade perfusée, pour contrer les effets du choc (de très grandes quantités de liquide et d’électrolytes de remplacement sont parfois nécessaires pour remplir les vaisseaux vidés de leur contenu par le choc). La patiente est ensuite traitée par des antibiotiques de la famille des pénicillines. Les tampons sont alors interdits, au moins dans les 4 mois qui suivent l’infection aiguë, pour éviter les récidives.

De façon générale, il est plus prudent d’éviter de se servir de tampons en continu pendant toute la durée des règles. Mieux vaut alterner avec des serviettes périodiques. Il est conseillé aussi de ne pas porter un tampon plus de 8 heures d’affilée et de le changer régulièrement, idéalement toutes les 4 heures.

Chocs toxiques liés aux tampons : une augmentation inquiétante et non expliquée

Dans un communiqué daté du 19 octobre 2016, les Hospices Civils de Lyon faisaient savoir que son centre national de référence des Staphylocoques alerte sur une augmentation du syndrome du choc toxique. En effet, de 5 cas en 2004, le nombre de chocs toxiques chez des jeunes filles durant les règles est passé à plus de 20 cas en 2014. Bien qu’ils ne trouvent pas d’explication claire pour l’instant, les experts précisent que ces chocs  « peuvent survenir au cours des règles lors de l’utilisation de dispositifs vaginaux (tampons, coupes menstruelles) chez des patientes souvent jeunes, en bonne santé et porteuses de la bactérie S. aureus productrice de la toxine TSST-1 au niveau vaginal« . Pour voir plus clair, une collecte de tampons a été lancée en octobre en dernier afin de disposer de suffisamment d’échantillons bactériens, pour permettre de mieux comprendre la maladie et les mécanismes de sa survenue. Le quota fixé pour l’étude était de 1 000 échantillons. Or, près de 6 000 demandes de kits ont été enregistrées par les Hospices Civils de Lyon. Les résultats des analyses n’ont toujours pas été communiquées à ce jour.

« Tampon, notre ennemi intime »: une enquête glaçante sur le danger des tampons hygiéniques

À LA TÉLÉ CE SOIR – Manque d’information et de communication, absence d’études satisfaisantes, omerta: dans son documentaire diffusé ce mardi soir sur France 5 la journaliste Audrey Gloaguen enquête sur un sujet quotidien mais encore trop souvent considéré comme tabou.

Il est présent dans de nombreux foyers et pourtant on sait peu de choses à son sujet. Le documentaire Tampon, notre ennemi intime se penche sur cet objet du quotidien, utilisé par de nombreuses femmes: le tampon hygiénique.

« Tout est à faire »

La journaliste Audrey Gloaguen a arpenté le monde en quête de réponses aux interrogations grandissantes des femmes au sujet de l’objet tampon. « J’ai découvert que c’était un territoire où tout était à faire », confie-t-elle au micro de RMC. « C’est incroyable parce que les femmes utilisent ce produit depuis les années 1960 et personne ne s’est intéressé à cette question ».

Et selon elle, si l’opinion publique ne s’est jusqu’ici pas davantage interrogée sur ce que contiennent nos tampons, c’est que le sujet, associé aux règles, reste tabou.

« Quand on demande un tampon entre filles, c’est comme si on s’échangeait un gramme de coke, alors que c’est quelque chose de naturel. Mais c’est un problème d’image, les femmes doivent être propres sur elles, si on a une tâche c’est horrible… C’est pour cela que les scientifiques ou les journalistes ne se sont pas questionnés pendant tout ce temps, pour le grand bonheur des industriels. »

En l’absence de données concluantes, elle a donc dû, pour mener l’enquête, réaliser ses propres analyses, avec l’aide d’un laboratoire indépendant. Les résultats se sont avérés explosifs. « Je n’ai pas pu intégrer dans le film tout ce qu’elles ont révélé, il a fallu faire des choix. Mais on a trouvé, notamment, un génotoxique. En terme de toxicité, c’est ce qu’il y a de plus grave: ça brise votre ADN… », confie-t-elle au site de Télérama.

La composition des tampons, la grande inconnue

La question est tout de même entrée dans le débat public en 2015, avec la médiatisation du calvaire de l’Américaine Lauren Wasser. Cette jeune mannequin avait dû subir trois ans plus tôt une amputation de la jambe des suites d’un syndrome de choc toxique (SCT) engendré par l’utilisation de tampons.

Parfois mortel, le SCT est provoqué par des toxines produites par des bactéries. Le port d’un tampon hygiénique, généralement composé de fibres synthétiques, peut favoriser le développement de cette bactérie chez la femme. La jeune femme avait à l’époque souhaité pointer du doigt le manque d’information autour de cette pathologie dans les notices des tampons ainsi que l’absence de composition sur les emballages

À la suite de son combat, une pétition postée sur le site Change.org et réclamant l’affichage sur l’emballage de la composition des tampons hygiéniques avait réuni plus de 245.000 signatures.

Pesticides et glyphosate dans près de la moitié des protections

En mars 2016, le magazine 60 millions de consommateurs avait publié une enquête intitulée « Alerte sur les tampons ». Elle y révélait notamment la présence de traces de dioxides et de pesticides comme le glyphosate – le principe actif du RoundUp – dans 5 des 11 protections périodiques de grandes marques étudiées: tampons, mais aussi serviettes hygiéniques et protège-slips. Ces révélations avaient conduit les pouvoirs publics à saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Leur rapport est attendu pour la fin 2017.

Les tampons, une vraie poubelle chimique

Tampon, notre ennemi intime, documentaire de Audrey Gloaguen.
Qui prévient les femmes que l’utilisation de tampons peut s’avérer gravement toxique ? Pourquoi les marques s’exonèrent-elles de toute communication sur leur composition chimique ? L’enquête vertigineuse et glaçante d’Audrey Gloaguen lève le voile.

Avec Tampon, notre ennemi intime, diffusé sur France 5 mardi 25 avril à 20h50, Audrey Gloaguen livre une glaçante enquête. En s’intéressant à la composition des tampons, qui s’avèrent « une vraie poubelle chimique », elle signe le premier film documentaire sur le sujet, et exhume un véritable scandale sanitaire : risque de syndrome de choc toxique, incidences sur la fertilité… les conséquences peuvent être gravissimes. Comment se fait-il alors qu’un produit intravaginal puisse regorger d’éléments toxiques, sans que ses fabricants ne soient, légalement, obligés de communiquer sur sa composition ? Entretien avec la réalisatrice.

Qu’est-ce qui vous a poussée à aborder un tel sujet ?

J’avais vu se profiler pas mal d’interrogations sur les réseaux sociaux, quand Lauren Wasser, une mannequin américaine, a médiatisé, en 2015, son amputation d’une jambe suite à un syndrome de choc toxique (SCT), déclenché par l’utilisation de tampons. Depuis, une pétition sur Change.org a recueilli près de 260 000 signatures (une jeune Française, Mélanie Doerflinger, y demande qu’une marque de la multinationale Procter et Gamble rende visible la composition de ses tampons, ndlr). Je me suis demandé comment il était possible que les fabricants commercialisent un produit aussi sensible dans une telle opacité : aucune marque ne communique sur la composition des tampons, contrairement à des produits tels que les gels douche. C’est quand même ahurissant…

Au départ, je doutais pourtant de l’intérêt d’un tel sujet. Vous parlez, vous, de vos règles avec vos copines ? Et a-t-on le droit d’interroger la nature de ce produit qui a servi le féminisme, en libérant la femme des contraintes de la serviette hygiénique ? Ma réaction, je ne l’ai comprise que lorsque, aux Etats-Unis, j’ai rencontré Chris Bobel, une prof de genre qui étudie les menstruations. Elle explique que le tampon revêt une fonction particulièrement forte en ce sens qu’il cache nos règles, cette chose qui nous salit, qu’on ne maîtrise pas. On n’a pas envie de questionner ce qui touche à ces règles, et donc on s’accommode de l’absence de communication autour des tampons. Ce n’est d’ailleurs pas innocent que l’alerte soit lancée par des jeunes femmes : peut-être leur génération est-elle moins dans ce tabou.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au fil de cette enquête ?

Je me suis vite aperçue qu’il n’y avait jamais eu d’étude d’impact de grande ampleur sur les tampons. Il n’existe que de petites études isolées, et débusquer des pistes, des interlocuteurs, a été un travail de fourmi. En France, je n’ai trouvé personne qui puisse me parler de ce sujet ! J’ai donc été obligée de me rendre aux quatre coins du monde. Les spécialistes étaient gênés par mes questions, comme si c’était mal de parler de règles, de vagin. J’ai chaque fois mesuré le poids du tabou.

Il était, en outre, assez incroyable de rencontrer des chercheurs qui travaillent sur les phtalates, les dioxines, l’endométriose, et qui n’avaient jamais songé à faire le lien avec le tampon : au début, la plupart me disaient que mon sujet n’avait rien à voir avec leur travail…

Vous jouez, avec cette enquête, un rôle de lanceur d’alerte…

J’essaie juste d’alarmer les gens. Ce qui était palpitant était de voir qu’à chaque fois, j’amenais un élément nouveau. Quand, par exemple, j’ai informé le Dr Carmen Messerlian (qui a mené au Canada, une étude sur l’impact des phtalates sur la fertilité) que les tampons contenaient des phtalates, elle a décidé de revoir son enquête, afin de mettre en relation le port de tampon avec le taux de phtalates mesuré chez chaque femme. Elle n’avait pas pensé à ce cas de figure. Pourtant, vous vous rendez compte, les phtalates sont en contact direct avec l’endroit où l’on fait des enfants !

A Los Angeles, le Dr Paulsen a prouvé qu’un cachet d’œstrogène est dix fois plus actif quand il est absorbé par voie vaginale plutôt que par voie orale. Quand je le rencontre pour lui demander si la dioxine (qui est un perturbateur endocrinien, et dont on retrouve la présence dans les tampons), peut être absorbée par le vagin, il vérifie sous mes yeux et me dit : « la réponse est oui ». Or, il n’y a encore aucune étude sur la dioxine et la perméabilité du vagin : avec le recul cela me semble dingue !

Pour la fiabilité de mon enquête, j’ai ressenti le besoin de disposer de mes propres analyses, émanant d’un laboratoire indépendant. Je n’ai pas pu intégrer dans le film tout ce qu’elles ont révélé, il a fallu faire des choix. Mais on a trouvé, notamment, un génotoxique. En terme de toxicité, c’est ce qu’il y a de plus grave : ça brise votre ADN… Le champ d’investigation reste énorme, il y aurait matière à un autre documentaire !

À quel point les tampons sont-ils dangereux pour les femmes ?

En moyenne, une femme utilise 11 000 tampons dans sa vie. Illustration Julio Pelaez
En moyenne, une femme utilise 11 000 tampons dans sa vie. Illustration Julio Pelaez

France 5 diffuse ce mardi soir à 20h30 une grande enquête sur le tampon et ses dangers pour la santé des femmes. Intitulé « Tampon, notre ennemi intime », le documentaire est signé de la journaliste Audrey Gloaguen.

La bande-annonce du documentaire

Les femmes utilisent en moyenne 11 000 tampons dans leur vie, mais la composition de ce type de protection périodique reste opaque, et il n’existe à ce jour aucune étude d’impact sur la santé des femmes.

Cinq mois d’enquête et des résultats alarmants

Alors, l’équipe d’Audrey Gloaguen a contacté des victimes, des scientifiques, et lancé des analyses en laboratoires. Cinq mois d’enquête au total, sur plusieurs continents. Pour des résultats alarmants : plusieurs composants nocifs ont été retrouvés dans les tampons analysés, des produits cancérigènes, des perturbateurs endocriniens.

La diffusion du documentaire sera suivie d’un débat, animé par Marina Carrère d’Encausse, et auquel 60 Millions de consommateurs participera. L’association avait déjà alerté en 2016 sur les secrets de fabrication des protections périodiques.

Le syndrome du choc toxique

Le tampon est notamment associé au syndrome du choc toxique. Des victimes témoignent dans le documentaire diffusé sur France 5. Margaux, 23 ans et Justine, 26 ans, ont failli en mourir.

En France, une vingtaine de cas sont enregistrés chaque année. Concrètement, le syndrome du choc toxique est une réaction rare, provoquée par une bactérie, le staphylocoque doré, dont sont porteuses certaines femmes.

Avec un tampon, « le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud. C’est donc un milieu de culture formidable et s’il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang », explique le professeur Gérard Lina, qui témoigne dans le documentaire.

 

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