Manger…en couleurs

4Expérimentation des logos nutritionnels : une mascarade orchestrée par les lobbies

Au lieu d’introduire un étiquetage nutritionnel clair et compréhensible par tous, le Ministère a cédé à la pression des lobbies en leur confiant une « expérimentation » dont ils sont juges et parties. foodwatch demande l’arrêt de cette mascarade orchestrée par la grande distribution et l’industrie alimentaire. A l’instar de nombreux professionnels de santé, nous dénonçons ce processus entaché de conflits d’intérêts et dépourvu de crédibilité scientifique.

La loi de Santé 2016 devait être l’occasion d’introduire un logo à l’avant des emballages, permettant d’identifier grâce à des couleurs les qualités nutritionnelles des aliments, les comparer en un clin d’œil, et opérer des choix éclairés pour manger plus sainement.

En voyant le résultat, on ne peut que déchanter. Au lieu de s’appuyer sur des avis scientifiques pour choisir un système d’étiquetage clair, la Ministre de la Santé a lancé une expérimentation pour évaluer en conditions réelles quatre de ces logos nutritionnels. Sauf que… cette expérimentation est mise en oeuvre par le Fonds français pour l’alimentation et la santé. Or le FFAS représente les intérêts de l’industrie agroalimentaire.

C’est cette même industrie qui s’oppose à tout système d’étiquetage qu’elle n’aurait pas elle-même conçu. Les déclarations du Président de l’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), tout comme l’intense  lobbying mené auprès des députés et du gouvernement le prouvent. Comment croire dès lors à l’impartialité du FFAS qui fait aujourd’hui mine de jouer le jeu ?

Il y a urgence à agir  : l’Organisation mondiale de la Santé alerte sur l’épidémie des maladies chroniques, première cause de mortalité dans le monde. L’alimentation est un facteur de progression de ces maladies chroniques (ou affections de longue durée, ALD) telles que l’obésité ou le diabète. En France, les ALD touchent déjà 15 % de la population – 10 millions de personnes – et ce taux devrait grimper à 20 % en 2025, selon la Direction générale du Trésor.

Six experts renommés, dont les spécialistes en nutrition, ont claqué la porte du Comité scientifique de l’expérimentation et le directeur de l’Inserm en a fait de même. Le Monde, Openfoodfacts, le magazine Linéaires, l’Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13, ont relevé de nombreux problèmes dans la mise en œuvre de l’expérimentation qui illustrent son manque de fiabilité : erreurs, absence de pictogramme sur les produits pourtant concernés, grandes marques non-étiquetées, etc. De plus, une pétition citoyenne demande depuis plusieurs mois à la Ministre d’écarter les logos « poudre aux yeux » de l’industrie.

La ministre de la Santé doit mettre un terme à cette mascarade. Pour signer la pétition : petition-etiquetage.foodwatch.fr

Alimentation : les logos nutritionnels, c’est parti

>Christine Mateus
LP/Infographie – C. Têche.

La ministre de la Santé nous l’annonce. Le gouvernement va bien tester, à la rentrée, différents étiquetages pour aider les consommateurs à savoir si tel produit alimentaire est bon pour sa santé.

Un match inédit va se jouer dans les étals des supermarchés avec, comme arbitre, le panier de la ménagère. La loi Santé l’a promis, les logos nutritionnels vont bel et bien débarquer en septembre dans 50 grandes surfaces de cinq régions de France, nous annonce Marisol Touraine, ministre de la Santé. Objectif ? Tester, pendant trois mois, quatre signalétiques présentant le score nutritionnel de produits alimentaires transformés. Autrement dit, est-ce que ce yaourt, ce plat préparé ou ces madeleines sont bons pour ma santé ? D’un simple regard, le consommateur doit avoir une réponse claire à cette question. A l’issue de cette expérimentation, le meilleur des quatre logos sera élu pour étiqueter les produits en vente dans toute la France dès 2017. Et c’est vous, notamment en fonction de vos achats, qui ferez office de juré.

Qui remportera l’adhésion des acheteurs ? Un logo qui détaille la teneur en sucre, en sel ou en gras, comme chez nos voisins anglo-saxons ? Ou une signalétique qui donne un score global avec l’aide d’une couleur comme celle que l’on retrouve déjà sur les machines à laver désignant la consommation énergétique ? Suspense.

Pour l’association de consommateurs UFC-Que choisir, il était temps que cette démarche soit entreprise car « il y a vraiment le feu au lac », n’hésite pas à dire Olivier Andrault, chargé de mission alimentation. « 18 % des enfants sont actuellement en surpoids ou en obésité. Ils sont annonciateurs d’adultes encore plus nombreux dans cette situation, de davantage de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires… Or, aujourd’hui, l’étiquetage chargé d’évaluer la qualité nutritionnelle est incompréhensible. Il faut avoir bac + 10 pour le décrypter. » L’UFC a déjà ses préférences, soit un logo couleur avec une seule info. Pour eux, la compétition se déroule donc entre le Nutri-Score, inspiré des travaux du professeur Serge Hercberg, médecin chercheur en épidémiologie et nutrition, et le SENS (Système d’étiquetage nutritionnel simplifié) proposé par le distributeur Carrefour, dont le projet initial a été revu.

« Stigmatiser les biscuits ou les chips ne réglera pas les problèmes de santé, tranche le docteur Laurence Plumey, nutritionniste et diététicienne, auteur du « Grand Livre de l’alimentation » (Ed. Eyrolles, 23,90 €). Pourquoi y a-t-il plus d’obèses aujourd’hui ? Cela ne relève pas que de la malbouffe mais de l’absence d’activité physique. Nous sommes devenus un peuple de sédentaires. C’est le principal problème. Autrefois, les gens mangeaient encore plus gras, mais ils se dépensaient aussi davantage. Vous pouvez manger équilibré, mais si vous restez vissé à votre chaise… » Et le médecin d’appeler l’Etat à investir dans l’accès aux activités sportives et pour une pédagogie active, à travers des ateliers, dès l’école, « pour apprendre à manger de tout, sans faire culpabiliser et avec des portions raisonnables ».

« Informer, c’est bien, mais j’estime qu’un logo n’est pas suffisant et ne va pas révolutionner les choses, juge Laurence Plumey. Faire bouger les gens et proposer d’autres repas que des sandwichs dans les cafétérias des facs ou dans les entreprises qui sont des fabriques à obèses, si. »

Focus sur le logo nutritionnel à 5 couleurs

Suite à la diffusion du Cash investigation intitulé Industrie agro-alimentaire : business contre santé, nous vous proposons de retrouver au sein de cet article toutes nos publications au sujet de l’étiquetage nutritionnel à 5 couleurs. Ce logo 5 Couleurs (5C) a été élaboré par l’EREN, Équipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (Inserm / Inra / Cnam / UFR SMBH – Université Paris 13). Cette équipe est dirigée par le Professeur Serge Hercberg, praticien hospitalier et enseignant à l’Université Paris 13.

Rappel du principe, en vidéo

https://www.youtube-nocookie.com/embed/GAwTyEEHnOs?rel=0&showinfo=0

Nos publications

• Après 13 ans de suivi, les personnes consommant des aliments de moins bonne qualité nutritionnelle (évaluée par le score FSA qui sert de base au calcul du logo à 5 couleurs, 5C) ont nettement plus de risque de développer une maladie cardiovasculaire … Lire l’article

• L’EREN invitée par l’association médicale franco-mexicaine dans le but de mettre en place la plate-forme NutriNet-Salud Mexico, le versant mexicain de l’étude NutriNet-Santé … Lire l’article

• Une pétition citoyenne en faveur de l’étiquetage nutritionnel alimentaire … Lire l’article

• Communiqué de presse du 31/08/15 > Le système d’information nutritionnelle à 5 couleurs est le plus efficace pour les consommateurs

• Communiqué de presse du 29/03/16 > Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle – Résultats d’une étude de cohorte sur 13 ans

• Communiqué de presse du 21/06/16 > Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle – Le logo 5-C améliorerait la situation nutritionnelle

 Communiqué de presse du 20/09/16 > L’Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (EREN) Inserm / Inra / Cnam / Université Paris 13)

Dans la presse …

• Alimentation équilibrée : le logo 5 couleurs efficace (topsante.com – 21/09/16)
• Quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel testés sur fond de polémique (leparisien.fr – 15/09/16)
• Étiquetage nutritionnel : le test sur les logos nutritionnels va enfin débuter (quechoisir.org – 16/09/16)

Une pétition citoyenne

Malgré les multiples travaux de recherche soutenant ce système d’information, il est fortement combattu par les lobbys agro-alimentaires qui s’y opposent. Des citoyens ont lancé une pétition afin de soutenir le logo 5C et une meilleure transparence quant à la qualité des aliments consommés quotidiennement.

> Signer la pétition sur le site change.org

Logos nutritionnels: Les enjeux de la guerre des étiquettes

ALIMENTATION A compter de ce lundi, quatre systèmes d’étiquetage nutritionnels différents vont être testés…

Illustration d'une femme faisant ses courses dans un supermarché.
Illustration d’une femme faisant ses courses dans un supermarché. – A. Gelebart/20 Minutes/SIPA

Anissa Boumediene

Pizzas, yaourts, pains de mie et autres plats préparés : une partie des produits qui finissent dans votre caddie vont se parer d’une nouvelle étiquette. Dès ce lundi, quatre logos détaillant le score nutritionnel des aliments vont être testés dans 60 grandes surfaces françaises tirées au sort. L’objectif de cette expérimentation annoncée par la ministre de la Santé Marisol Touraine : « lutter contre le fléau majeur de l’obésité » en fournissant une information claire aux consommateurs sur ce qu’ils mangent. Cette expérimentation est-elle fiable ? L’étiquetage nutritionnel peut-il enrayer le problème du surpoids et au final, mangera-t-on mieux et plus sainement ? 20 Minutes vous répond.

Identifier les produits les plus sains

Au premier coup d’œil, ces logos nutritionnels doivent permettre d’identifier les produits les meilleurs pour la santé. Il ne s’agit pas de faire opter le consommateur pour un bocal d’épinards à la place de la pizza dont il avait envie mais, entre deux pizzas, de l’aider à choisir celle qui sera la meilleure pour sa santé.

Parmiles quatre signalétiques testées, deux reposent sur un code couleur. Le logo Nutri-score, proposé par l’Inserm et le Pr Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS), utilise un système de notations en cinq couleurs, le vert désignant les produits les plus sains et le rouge ceux qui sont les plus gras, salés ou sucrés. Le second, le logo SENS (système d’étiquetage nutritionnel simplifié), mis au point par Carrefour, s’appuie sur un code de quatre couleurs, allant du vert au violet (le rouge étant considéré comme trop stigmatisant), et désigne la fréquence de consommation recommandée du produit, de « souvent » à « occasionnellement ». Les deux autres logos sont, eux, plus analytiques et indiquent les quantités de gras, de sucres et de sel des produits. « Mais une mère qui fait ses courses n’aura pas le temps de comparer tous les produits avant de les mettre dans son caddie, le code 5 couleurs est encore ce qu’il y a de plus simple », craint Angélique Houlbert, nutritionniste et coauteure du livre Le bon choix au supermarché (éd. Thierry Souccar)

Une étude sous pression

En pratique, les quatre logos vont être testés dans 40 supermarchés d’Ile-de-France, de Normandie, des Hauts-de-France et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Plus de 2 millions d’étiquettes vont être collées sur 1.300 produits, aux rayons traiteur, conserves, pains et viennoiseries industrielles. Et 20 supermarchés serviront de magasins témoins.

Pourtant, au départ, le logo Nutri-score semblait sur les rails. Préconisé par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), il avait été jugé le plus efficace, selon une étude comparative publiée en 2015. «  C’est le système le plus clair, le plus lisible par tous », estime le Dr Laurent Chevallier, médecin nutritionniste en maternité et coauteur d’Alors, on mange quoi ? (éd. Fayard). « Mais les industriels de l’agroalimentaire, le jugeant stigmatisant, ont réclamé d’autres systèmes plus analytiques, moins clairs », déplore Angélique Houlbert. Une requête finalement acceptée par Marisol Touraine et qui fait grincer des dents. « Cette expérimentation est un moyen de reculer la prise de décision politique, sous la pression des industriels, condamne Serge Hercberg. On perd beaucoup de temps dans l’application d’une mesure qui devrait déjà être en œuvre », poursuit-il, craignant que le télescopage de l’étude avec le calendrier électoral ne repousse l’entrée en vigueur de l’étiquetage nutritionnel « aux calendes grecques ».

Les substances chimiques oubliées

Autre bémol de cette expérimentaton : aucun des quatre logos testés ne prend en compte les substances chimiques présentes dans les aliments. « Pour juger de la bonne qualité nutritionnel d’un aliment, il faudrait que la présence d’additifs chimiques soit prise en compte », estime Angélique Houlbert. « On sait qu’ils ont des conséquences sur la santé, ils sont impliqués dans les troubles digestifs, l’hyperactivité, l’asthme et même les cancers, renchérit le Dr Laurent Chevallier. Et il n’y a rien non plus sur la présence de résidus de pesticides. La France est très en retard sur le terrain des toxiques et des perturbateurs endocriniens ».

« L’étiquetage nutritionnel part d’un bon sentiment, mais c’est un combat d’arrière-garde, juge le Dr Chevallier. On laisse en rayons des produits dont on sait qu’ils sont bourrés d’additifs chimliques, de sucres et de mauvais gras. Pour une lutte efficace contre l’obésité, il faut actionner d’autres leviers ». Serge Hercberg, lui, espère que son logo poussera les industriels à revoir leur copie : « S’ils ont des produits mal notés en raison de leur mauvaise qualité nutritionnelle, ils n’auront pas d’autre choix que de revoir leurs recettes, pour qu’elles soient plus saines ».

Retrouver le bon sens nutritionnel

Pour que les consommateurs mangent plus sainement, les nutritionnistes aimeraient que l’accent soit mis sur la pédagogie. « il faut les aider à retrouver le bon sens nutritionnel, suggère Angélique Houlbert. Plutôt que de se fier uniquement à un logo peut-être trop simpliste, ils doivent se dire que si la liste d’ingrédients d’un produit est longue comme le bras et bourrée d’additifs, alors il faut son chemin. Et ça passe par l’éducation au mieux manger dès le plus jeune âge : parents, enfants et enseignants doivent y être sensibilisés ».

« Plutôt que de donner aux enfants dupoisson pané dont on sait que la composition est mauvaise, mieux vaut leur donner du poisson frais », conseille le Dr Laurent Chevallier, qui milite pour « une alimentation bio et brute ». Mais si l’étiquetage nutritionnel est « incomplet, relève le médecin, cette expérimentation a au moins le mérite de placer l’alimentation au coeur du débat ».

Coup d’envoi pour le logo nutritionnel

Le ministère de la santé veut mettre en place un code couleur. L’objectif de ce dispositif est de « réduire les inégalités » dans l’accès à une alimentation équilibrée.

Le Monde.fr Audrey Tonnelier et Pascale Santi

L'étiquetage nutritionnel des aliments, à l'instar de ce qui se fait déjà pour l'habitat ou l'électroménager, est l'une des dispositions phares du projet de la loi de santé.

L’étiquetage nutritionnel des aliments est l’un des points du projet de loi santé présenté, mercredi 15 octobre, par la ministre de la Santé Marisol Touraine. Ce sera un code couleur, identique pour tous mais facultatif, a-t-elle indiqué.

L’idée est de rénover le système actuel, qui fait état de la teneur en calories, lipides, protéines… jugé peu lisible par le consommateur. Les modalités pratiques de ce système seront élaborées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et fixées par décret, a précisé le ministère.

Le but ? « Réduire les inégalités sociales en matière d’accès à une alimentation équilibrée ». Et par conséquent réduire ces inégalités en matière d’obésité. « Aujourd’hui en classe de CM2, les enfants d’ouvriers sont dix fois plus victimes d’obésité que les enfants de cadres », indique le ministère.

UNE ÉCHELLE DE COULEURS CONTESTÉE

Le système d’une échelle de cinq couleurs, du vert pour les aliments qui présentent la meilleure qualité nutritionnelle, au rouge pour les moins bons (dit « trafic lights », feux tricolores), avait été préconisé par le professeur Serge Hercberg (Inserm, université Paris-XIII) dans un rapport remis, fin novembre 2013, à la ministre de la santé, Marisol Touraine (Le Monde du 25 septembre).

« Je me réjouis de l’annonce de la ministre de la Santé de maintenir le système d’étiquetage nutritionnel, unique et coloriel, malgré les prises de position récentes d’industriels et de certains ministres », a indiqué le professeur Hercberg.

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, s’était dit « modéré sur l’idée du score ». De même, l’industrie agroalimentaire ne voit pas ce système d’un bon œil.

Le groupe Carrefour avait, lui, annoncé en septembre son intention de mettre en place un système d’étiquetage spécifique sur les emballages de ses produits de marques propres entre fin 2014 et le printemps 2015. Mais cette annonce avait suscité de vives critiques, notamment de certains scientifiques et sociétés savantes, dont la Société française de santé publique qui a lancé une pétition (25 000 signatures à ce jour).

Lire aussi   Remous autour de l’étiquetage nutritionnel de Carrefour

La Société Française de Nutrition (SFN) a de son côté indiqué dans un communiqué, mercredi 15 octobre, qu’elle souhaitait nécessaire qu’un étiquetage standardisé soit défini, en regrettant l’initiative de Carrefour.

« ON EST DANS LE DÉBAT »

Le distributeur s’estime cependant satisfait des propos tenus mercredi par Mme Touraine. « On est dans le débat, la ministre a laissé la question ouverte, il faut désormais attendre les décisions de l’Anses » indique une porte-parole de Carrefour.

Le groupe persiste et signe sur son système de fréquence de consommation, jugé trop peu scientifique par certains experts. Celui-ci prévoit d’associer aux couleurs des indications de fréquence de consommation : « trois fois par jour » (vert), « deux fois par jour » (bleu), « une fois par jour » (orange) ou « de temps en temps » (violet) et ne prévoit pas de pictogramme rouge, jugée trop dissuasif.

« Nous pensons que le système des fréquences est la seule solution pour rallier le maximum d’acteurs, y compris les groupes agroalimentaires » souligne le groupe, qui indique que Bruxelles vient d’attaquer la Grande-Bretagne sur son propre système de trafic lights. « Nous devons trouver un système qui prenne en compte les habitudes alimentaires du consommateur, sans être culpabilisant ni désigner certains produits à la vindicte populaire », martèle le groupe.

Un nouveau logo nutritionnel arrive sur les aliments dès avril

avec AFP
Un nouveau logo nutritionnel arrive sur les aliments dès avril

Pour votre santé, vous pourrez bientôt surveiller le Nutri-Score de vos

aliments. Ce nouveau logo nutritionnel, adoptant un code couleur, va entrer en application en avril, a annoncé la ministre de la Santé, Marisol Touraine, mercredi 15 mars, dans Le Parisien. La vignette retenue « va du vert à l’orange foncé en fonction de la qualité du produit », précise-t-elle.

Cet étiquetage nutritionnel est destiné à inciter les Français à acheter moins de produits riches en gras, en sel et en sucre. Toutefois, le dispositif sera facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire. La ministre précise qu’elle prendra, « en avril, un arrêté pour que les industriels puissent apposer ce logo sur les paquets dans les rayons des supermarchés ».

Pression des consommateurs sur les industriels

Initialement, le système retenu devait être choisi par décret. Mais les industriels s’étaient élevés contre ce logo avec cinq couleurs. Le jugeant stigmatisant, ils avaient réclamé une étude en conditions réelles d’achat. « Les résultats des études viennent de montrer que le plus pertinent des logos pour aider à manger sainement est le Nutri-Score », répond la ministre.

« Je compte sur la pression des consommateurs, qui demandent à être informés, pour que les industriels s’engagent dans cette voie », insiste Marisol Touraine.

Étiquetage nutritionnel : le gouvernement va tester quatre logos

Au total, plus de 800 produits alimentaires se verront attribuer un nouveau logo nutritionnel.
  • – À partir de septembre prochain, les consommateurs vont pouvoir tester dans les grandes surfaces quatre étiquettes destinées à les renseigner sur l’apport nutritionnel des produits alimentaires.

De deux yaourts présentés sur un linéaire de grande surface, quel est le meilleur pour la santé? Afin d’aider les consommateurs à résoudre les nombreux dilemmes qui se posent lorsqu’ils font leurs courses, le gouvernement va tester quatre nouveaux logos nutritionnels à partir de septembre prochain, indique Le Parisien. L’expérimentation devrait concerner plus de 800 produits. Elle sera menée dans cinquante grandes surfaces en France (chaque magasin testant l’un des quatre logos), dans cinq régions, durant trois mois. Au terme de celle-ci, le logo préféré des consommateurs sera apposé sur l’ensemble des produits alimentaires vendus dans l’Hexagone.

«Nous avons décidé de mettre un logo qui permettra d’un coup d’œil de savoir quelle est la qualité nutritionnelle d’un produit», a expliqué la ministre de la Santé, au micro de RTL, ce mardi matin. «L’objectif est de déclencher un réflexe: avant d’acheter, je regarde le logo». Si ce nouvel étiquetage doit permettre une plus grande lisibilité de l’apport nutritionnel de chaque produit alimentaire, l’enjeu semble surtout sanitaire. «Un tiers des Français est en surpoids, le nombre de diabétiques augmente, et là aussi il y a des inégalités puisqu’un fils d’ouvrier a cinq fois plus de risque d’être obèse qu’un fils de cadre», soutient Marisol Touraine, dans les colonnes du Parisien. Sur les quinze dernières années, le nombre de personnes obèses dans l’Hexagone a doublé, selon la dernière enquête OBEpi-Roche, réalisée en 2012. En moyenne, les Français ont grossi de 3,5 kilos dans ce même intervalle. Pour répondre à cette situation, les quatre logos vont être soumis au verdict du consommateur.

 Le logo Nutri-score

Inspiré des travaux du professeur Serge Hercberg, cet étiquetage consiste en un système de notes de A à E associées à des couleurs, qui sont apposées sur la face avant des produits alimentaires pour permettre de comparer simplement leur qualité nutritionnelle. L’échelle de graduation va de A, la meilleure note en vert foncé, à E, la moins bonne note en rouge.

● Le logo SENS

Le logo SENS 4 couleurs (Système d’étiquetage nutritionnel simplifié) a, quant à lui, été inventé par le leader de la grande distribution, Carrefour. Si vous achetez une pizza, ce logo va désigner la fréquence de consommation souhaitable, à partir de la teneur en nutriments du produit. On retrouvera ainsi sur la boite de pizza l’un des quatre visuels: «très souvent», «souvent», «régulièrement en petite quantité», ou «occasionnellement en petite quantité».

● Les logos RNJ et Nutri-repère

Les deux derniers logos, nutri-repère et RNJ (repères nutritionnels journaliers) existent déjà l’un en France et l’autre au Royaume-Uni. Dans les deux cas, ils permettent de visualiser l’apport de chaque aliment par rapport aux besoins en matières grasses, énergie et sel, à la fois en pourcentage et en valeur. Seule différence, le logo RNJ dispose d’un code de couleurs.

Quel que soit le logo choisi au final par les Français, la ministre de la Santé estime que ce nouveau dispositif d’étiquetage nutritionnel devrait être un système «gagnant-gagnant». «Le consommateur pourra améliorer sa manière de manger, car bien manger, c’est bon pour la santé», soutient Marisol Touraine. «C’est également bénéfique pour l’industriel, qui pourra connaître les réflexes et les souhaits de ses consommateurs». Le nouvel étiquetage sera mis en oeuvre dès 2017.

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  • Bravo pour le Nutri-code!

    J’ai vu le reportage d’Elise Lucet sur le lobbying des industriels et leur opposition à cet étiquetage. Donc c’est super d’y etre arrivé.
    Où peut-on voir le résultat du test des différentes étiquettes? Merci.

    Ce n’est qu’une première et petite victoire … l’étiquetage doit être obligatoire !!
  • Pour le code couleur, je crois que ce type de orange fonce se dit « Rouge ».
  • Avatar Ça me fait bien rire quand M Touraine parle de pression des consommateurs sur les industriels, car si cet affichage nutrition reste facultatif c’est bien parce que les industriels ont mis la pression sur le ministère de la santé… 
  • Preuve que nos politiques servent essentiellement les lobbys et pas les consommateurs.
  • d’après l’article, c’est à cause de la réglementation européenne
  • Elle aime ça le packaging Mme Touraine.

    Elle aurait sans doute été plus efficace en tant que publicitaire.

  • Ça fait travailler les services marketing, et tout ce qui suit derrière : la création de bon à tirer, de films, de bon à graver, et aussi les fabriquants d’encre, ben oui, si sur un emballage, on a qu’une couleur, il faut prévoir d’en mettre plusieurs, donc des coûts supplémentaires que le clients final va payer.

Silvia Araos                                                         Et si pour réduire les inégalités on enseignait les principes de base d’une bonne alimentation, à l’école, en sciences nats, au lieu de rendre tout le monde chèvre avec ces inventions d’école maternelle?

Albert                                                                  Pourriez-vous vous abstenir d’utiliser l’expression anglophone « traffic lights » ? De plus trafic, en anglais, s’écrit avec deux f. « trafic lights » ne veut strictement rien dire. A la première lecture de cette expression dans votre article, j’ai cru que « lights » faisait référence à des produits allégés.

  • @NicoleFou:                                          le latin est utilisé depuis toujours par les scientifique pour décrire la composition chimique de certains produits comme le savon. Traduire Sodium en français, cela donnerait quoi? Sodie? Soda? Sans compter qu’il faudrait traduire dans toute les langues européennes: pas faisable!

  • Guizmo1986                                      Le nutri-score seul n’aura aucun intérêt pour beaucoup d’aliments ; le chocolat sera rouge dans tous les cas par exemple, le seul message qu’on aura c’est que « le chocolat est un aliment mauvais pour la santé » (alors que non, tout dépend de la quantité).

    Ce qui pourrait être intéressant, c’est un code couleur par type d’aliment + le 1er code testé (repère alimentaire).
    Ainsi, on pourrait voir que le chocolat doit être consommé occasionnellement, et on pourrait choisir parmi les chocolats celui qui est le meilleur (ou le moins mauvais) pour la santé.

  • lala43                                                Le nutri-score est hyper efficace pour choisir entre deux produits, c’est forcément un problème car les fabricants vont devoir sur battre sur la qualité nutritionnelle et ils n’en ont pas l’habitude, leur politique actuelle est d’utiliser les ingrédient les moins chers et de nous flouer avec de jolis emballages.

    • Dexter57                               Surtout beaucoup de sucres et beaucoup de gras …
      Sinon moi je privilège en viande par exemple le label rouge , peut être pas de repère nutritionnel mais la qualité est bonne.
      Ensuite éviter les plats préparés , c’est la plus grosse des merdes que vous puissiez avaler …
      Pour finir il y a encore 1 an je savais meme pas cuir une omelette , mais avec tous ces reportages, je m’y suis mis en cuisine et c’est franchement pas compliqué! Au moins je sais un peut prêt ce que j’avale .

      Sinon ces repères nutritionnels ne serviront à rien ….il y a juste à regarder macdo , les boites, les repères nutritionnels sont effrayante mais les gens mangent quand même ….

  • Nailo                                               « Plutôt que de donner aux enfants du poisson pané dont on sait que la composition est mauvaise, mieux vaut leur donner du poisson frais »
    Oui sauf que les prix ne sont pas les mêmes. Le poisson frais est hors de prix. Je n’en achète qu’une fois par moi à cause des prix alors que j’adore ça… et j’aimerai en manger plus souvent pourtant…. Idem si on veut un bon morceau de viande de qualité.

    « Pour juger de la bonne qualité nutritionnel d’un aliment, il faudrait que la présence d’additifs chimiques soit prise en compte »
    S’ils font des étiquettes qui prennent en compte que la moitié des choses c’est inutile effectivement. Si on oubli tous les trucs chimique certaines étiquettes avec un A pourrait se retrouver avec un bon C peut être….
    « La France est très en retard sur le terrain des toxiques et des perturbateurs endocriniens »
    Ça on sait… et malheureusement pas que dans ce domaine.

  • guy31                                              Il n’y avait qu’a regarder Cash Investigation pour comprendre simplement l’enfumage et surtout le pouvoir des lobbys sur nôtre piètre état (pots de vin, invitation dans un resto 3 étoiles… preuves vidéos à l’appui)

    • Plumettina2                     Malheureusement…. Ces lobbys sont prêt à tout pourvu qu’ils se fassent un max de €€€… Triste monde

  • lapinlapin                                      encore une usine a gaz socialos qui incitera les industriels à aller voir ailleurs cela tombe bien car les FRANÇAIS sont devenus allergique au travail.
  • IsaParis75                            Grâce à la réglementation européenne, cela ne servira à rien. Cette Europe qui nous impose des produits médiocres alors qu’elle tue le commerce local…

  • jeanlouisjeanlouis                              il est plus facile de créer un logo inutile que de redresser la france , faire baisser le chomage et donner une vie décente aux 9 millions de gens qui vivent sous le seuil de pauvreté !!!! vivement mai 2017 que l’on vire ces dangereux débiles socialosbobos !!!!!!

    mams6509                         un poulet grillé farci d’hormones c’est quelle couleur et le brocoli sulfaté ???

    un gensun gens                               Parfait ! les cassos fn sauront pourquoi il coûte à la sécu
    • Bonapartiste                    bientôt on ne verra plus le produit caché par un emballage remplie d’indication qu’il faudra lire avec une loupe X15 .
    • christian146204248        Faites bien attention à ce nouveau truc, du ministère de la santé ! Avec cet étiquetage , nous allons nous retrouver avec des produits classés A, dit « bon pour votre santé » et d’autres classés E « très dangereux pour votre santé ». Avec cette classification par exemple un fromage bio à 70% de matières grasses va être classé E (très dangereux) , par contre un fromage contenant des antibiotiques, pesticides, conservateurs, et autres produits chimiques, mais avec 0% de matière grasse va lui être classé A (très bon pour votre santé !!). Cherchez l’erreur !! Bien sur sous la pression, pour ne pas dire « corruption », des grandes multinationales de l’agroalimentaire, jamais un étiquetage sur les dangers des produits qui nous empoisonnent réellement, ne verra le jour …… Merci à Mme Marisol Touraine de tromper les consommateurs sur les réels dangers de ces produits. C’est un truc pour avoir moins de retraites à payer dans l’avenir, Non ? Et dire que des gens sont payés pour nous pondre ce genre d’âneries…
    • Parigot75012                            Ils se sont inspirés de l’électroménager ??? So impressed …. .-)
    • phil195                                        bien sur il est conseillé d’utiliser un microscope et non pas une loupe pour les lire ??? j’aurais préféré le code bar nutritionnel ,vous scannez avec un smart et vous avez toutes les infos lisibles sur votre écran …déjà que la composition nutritionnelle est illisible ( ingrédients ) …..

 

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