Menez des batailles épiques

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Europe : environ 15% des porteurs du VIH ignorent leur état

Dans l’Union européenne, un porteur du VIH sur sept ignore son état, selon une étude publiée ce 29 novembre par l’UE, tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’inquiète du record de contaminations sur le continent européen – notamment lié à la forte propagation du virus en Russie.

La rédaction d’Allodocteurs.frFrance Télévisions avec AFP

« Le VIH et le sida restent un problème grave en Europe […] », a déclaré le commissaire européen à la santé Vytenis Andriukaitis. « Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estime que le fait qu’une personne sur sept est atteinte par le VIH sans le savoir [1] est particulièrement inquiétant. »

« Ceux qui ne savent pas qu’ils sont contaminés ne peuvent bénéficier d’un traitement qui leur sauvera la vie et peuvent continuer à transmettre à d’autres le virus », a souligné M. Andriukaitis.

Près de la moitié (47%) des cas dans ces pays sont diagnostiqués à un stade tardif de la contamination, a précisé l’ECDC. Selon lui, en moyenne, le virus est détecté environ quatre ans après.

Dans ces 31 pays, les rapports sexuels entre hommes est le premier mode de transmission (42% des diagnostics), et le seul qui progresse encore régulièrement. Les relations hétérosexuelles concernent 32% des diagnostics et la toxicomanie 4%.

Un record de contaminations dans la région Europe

Sur l’ensemble du contient européen (53 pays dans le périmètre retenu par l’OMS), l’année 2015 a vu un nouveau record de contaminations, 153.407, contre 142.000 l’année précédente.

La Russie, où le sida reste un sujet largement tabou, en concentre à elle seule près des deux tiers (64%). Près de 80% des cas se sont déclarés en Europe de l’Est, 3% en Europe centrale et 18% en Europe de l’Ouest.

En Russie, les relations hétérosexuelles sont le premier mode de contamination.

L’est de l’Europe particulièrement touché

L’OMS s’alarme aussi de taux de contamination élevés dans d’autres anciennes républiques soviétiques : Ukraine, Belarus, Estonie, Moldavie, Lettonie et Géorgie.

« Malgré des efforts importants, le VIH reste parmi les principaux sujets d’inquiétude pour la santé publique dans la région Europe de l’OMS, en particulier dans l’Est », a souligné la directrice régionale de l’Organisation, Zsuzsanna Jakab.

Elle a appelé les pays membres à mettre en oeuvre le plan d’action qu’ils ont adopté en septembre, pour améliorer l’accès aux tests et aux moyens de prévention.

[1] Le chiffre concerne les 28 pays de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.


Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) sont les plus touchés par le VIH et les autres IST en France.

Sur 10 personnes qui découvrent leur séropositivité chaque année, 4 à 5 sont des HSH. Soit 40 à 50% alors que la population des HSH sexuellement actifs est estimée à 1,5 % de la population générale. C’est également la population la plus touchée par les autres IST (syphilis, gonorrhées, condylomes…).

Le risque de VIH et d’IST reste donc très présent pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, malgré les efforts qu’ils ont mis en place depuis le début de l’épidémie pour se protéger eux et leurs partenaires.

Aujourd’hui, le préservatif n’est plus le seul moyen de prévention pour le VIH (mais le seul qui protège contre les autres IST). Grâce à l’arrivée de nouveaux outils de prévention du VIH, plusieurs solutions existent pour se protéger et protéger ses partenaires d’un soir, de quelques jours, de plusieurs mois ou de la vie.

Les dépistages sont importants car la plupart des IST se soignent. Et il est primordial de connaitre son statut sérologique VIH par un dépistage régulier car, si on ne guérit toujours pas du VIH, grâce aux traitements le risque pour une personne séropositive de transmettre le VIH est très fortement diminué. Une prise en charge précoce et adaptée est par ailleurs la garantie d’une bonne qualité de vie et d’une espérance de vie normale.

Se protéger contre le VIH et les autres IST est utile, rassurant et efficace, autant pour soi-même que pour ses partenaires.

Homosexuels: toujours trop d’infections VIH et de plus en plus de MST

  AFP

L’infection par le virus du sida (VIH) se maintient à un niveau élevé en France chez les homosexuels qui sont aussi la population la plus touchée par l’explosion des infections sexuellement transmissibles en raison d’une baisse de l’utilisation du préservatif, selon des chiffres rendus publics mardi.

En 2015, sur les quelque 6.000 découvertes de séropositivité, 2.600 concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, soit 43% de l’ensemble des nouveaux cas contre 54% chez les hétérosexuels, principalement nés en Afrique subsaharienne et dont bon nombre ont été infectés en France, selon l’agence Santé publique France.

Pour désigner les hommes qui ont des relations sexuelles uniquement avec des hommes ou qui ont des relations avec des hommes et des femmes, sans tenir compte de la définition qu’ils font de leur orientation sexuelle, l’OMS (organisation mondiale de la santé) a retenu le sigle HSH (homme ayant des rapports sexuels avec des hommes).

«Le nombre de découvertes de séropositivité ne diminue toujours pas chez les HSH contrairement à ce que l’on observe chez les hétérosexuels, hommes ou femmes, qu’ils soient nés en France ou à l’étranger» relève l’agence sanitaire qui souligne que les HSH sont aussi la population la plus touchée par les MST, désormais désignées par le terme IST (infection sexuellement transmissible).

Selon une étude parue dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), une publication de l’agence, la progression des IST a été particulièrement nette chez les HSH : hausse de 100% des infections par le gonocoque, de 56% des syphilis précoces et de 47% des infections bactériennes rectales dites «LGV» (dues à une Chlamydia) entre 2013 et 2015.

Plus de 80% des syphilis et près de 70% des gonococcies diagnostiquées en 2015 dans les structures spécialisées ainsi que la quasi-totalité des LGV rectales touchaient les HSH, indique encore l’agence.

-augmentation des comportements à risque-

Selon les chercheurs, cette explosion des MST chez les HSH est liée à «une augmentation des comportements sexuels à risque» et à la perte de vitesse du préservatif.

Même s’il reste très fortement recommandé, il n’est plus «le seul outil de prévention» relèvent-ils.

Le traitement préventif du sida, également appelé prophylaxie pré-exposition (PrEP) peut ainsi être prescrit à l’hôpital depuis fin 2015 aux HSH à risque élevé d’être infectés.

Mais ce traitement, contrairement au préservatif, ne protège pas contre des IST comme la syphilis par exemple.

L’agence sanitaire note elle aussi «une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs observée dans les études comportementales depuis plusieurs années».

Et elle préconise «de mobiliser l’ensemble des outils de prévention», à savoir : le préservatif, le dépistage régulier du VIH, des IST de l’hépatite C ainsi que la PrEP.

Elle déplore l’hésitation des médecins à prescrire des tests de dépistage du VIH en population générale, mais reconnaît des progrès en matière de précocité des diagnostics (39% de tous les cas de séropositivité sont désormais détectés à un stade précoce, chiffre qui atteint 49% chez les HSH).

Comme les années précédentes les trois quarts des 5 millions de sérologies VIH réalisées en France en 2015 l’ont été par des laboratoires de ville, tandis que les tests rapides (ou TROD) proposés par les associations à des populations qui échappent au dépistage (comme les migrants ou certains HSH) se sont stabilisés aux environs de 62.000 l’an dernier, comme en 2014.

Quelque 90.000 autotests de dépistage ont par ailleurs été vendus entre septembre 2015 – date de leur lancement en pharmacie – et septembre 2016.

Sur un plan plus général, le nombre de nouveaux cas d’infections par le VIH est de 89 par million d’habitants, mais avec de très fortes disparités régionales : rapportée au nombre d’habitants, la Guyane est de loin la plus touchée par l’épidémie devant la Guadeloupe et la Martinique.

En 4e position arrive l’Ile-de-France où quelque 2.500 nouveaux cas sont découverts chaque année, soit 42% des découvertes de séropositivité en France alors que la région ne rassemble que 18% de la population française. Les Départements d’Outremer (DOM) représentent pour leur part 3% de la population française.

Forte hausse des infections sexuellement transmissibles

Mascret, Damien / LeFigaro.fr
Forte hausse des infections sexuellement transmissibles
Les bactéries, sensibles au traitement antibiotique, apportent elles aussi leurs contributions aux infections génitales à côté des virus, type VIH (virus responsable du sida), HPV (papillomavirus) ou HSV (virus de l’herpès). / Medicimage Limited /MEDICIMAGE / BSIP

Alors que des progrès ont été faits pour le VIH, le dépistage des infections d’origine bactérienne est insuffisant en France.

Les infections bactériennes sexuellement transmissibles (IST) augmentent en France depuis la fin des années 1990, mais on observe une accélération sensible ces dernières années. C’est ce qu’indiquent les données publiées ce 29 novembre dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH n° 41-42) de Santé publique France.

Les bactéries, sensibles au traitement antibiotique, apportent elles aussi leurs contributions aux infections génitales à côté des virus, type VIH (virus responsable du sida), HPV (papillomavirus) ou HSV (virus de l’herpès), sur lesquels les antibiotiques sont en revanche sans effet,

Les chiffres d’infections à gonocoques (la «chaude-pisse») sont éloquents: «Entre 2013 et 2015, le nombre de gonococcies, a augmenté d’environ 100 % chez les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes, NDLR), de 32 % chez les femmes hétérosexuelles et de 8 % chez les hommes hétérosexuels», soulignent les auteurs du BEH.

Le doublement des cas répertoriés concernant les HSH est particulièrement inquiétant, d’autant qu’ils constituent les deux tiers des infections recensés et qu’ils ne concernent pas que les gonocoques. On observe en effet la même tendance pour d’autres maladies bactériennes, notamment la syphilis, dont la résurgence en France date de 2000, ou les infections rectales à Chlamydia.

Contamination invisible

«Le niveau élevé de co-infections par le VIH chez les HSH présentant une infection rectale à Chlamydia, une syphilis ou une gonococcie reflète une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs, observée dans les études comportementales depuis plusieurs années», lit-on dans le BEH.

Le dépistage n’est pas facile, car l’infection n’est pas toujours détectée par de simples analyses urinaires ou génitales. Dans bien des cas, particulièrement chez les hommes, l’infection est surtout anorectale (anus ou rectum). Même si c’est plus rare, les femmes sont aussi concernées. C’est pourquoi, un dépistage précoce et surtout complet, est nécessaire, à la fois chez les patients et leurs partenaires pour enrayer la chaîne de contamination invisible.

En France, l’augmentation des infections à Chlamydia est également notable. «Entre 2013 et 2015, le nombre d’infections à Chlamydia déclarées a augmenté de 10 %. Cette augmentation est plus importante chez les hommes (progression de 19 % versus 8 % chez les femmes) et plus marquée dans les autres régions métropolitaines (augmentation de 15 %) comparativement à l’Île-de-France, où le nombre de cas diagnostiqués a diminué de 1,5 % au cours de la même période», explique le BEH.

Selon une étude publiée en 2015, le nombre d’infections à gonocoques était, pour l’année 2012, d’environ 15.000 cas en France. La même année, l’estimation des cas d’infections à Chlamydia était de 76.000.

Sexualité: Le nombre de découvertes de séropositivité stagne… mais les autres IST augmentent

SIDA Selon le dernier point épidémiologique de Santé Publique France, les comportements à risque sont courants et expliquent une hausse des infections sexuellement transmissibles…

Illustration de préservatifs qui protègent à la fois contre le VIH et contre toutes les autres maladies sexuellement transmissibles, qui augmentent en France depuis 2000.
Illustration de préservatifs qui protègent à la fois contre le VIH et contre toutes les autres maladies sexuellement transmissibles, qui augmentent en France depuis 2000. – Pixabay
* Oihana Gabriel

Quand on parle de syphilis, des images tirées de films et série d’époque comme Out of Africa ou The Knick viennent à l’esprit. Mais cette maladie vénérienne n’a pas disparu de la surface de la Terre au début du XXe siècle. En 2015, en France, un peu moins de 2.000 Français ont découvert qu’ils avaient attrapé cette maladie, selon le dernier point épidémiologique publié ce mardi par Santé Publique France.

Syphilis, gonocoque et chlamidia se diffusent

Et elle gagne du terrain en France. Si les chiffres restent tout de même faibles, le rapport pointe en 2015 une hausse de 59 % par rapport à 2013. Touchant aussi bien les hommes homosexuels (+56 %) que les hétérosexuels (+85 % chez les femmes et +75 % chez les hommes). Et ce n’est pas la seule infection sexuellement transmissible (IST) bactérienne qui s’étend.

Plus de 19.000 Français se sont vus diagnostiquer une infection à gonocoque (l’infection prend la forme de deux petits grains de café accolés et bombés) en 2015, dont 68 % concernaient des hommes homosexuels. Quant à la plus courante, l’infection à chlamydia, qui peut rendre stérile, le nombre de cas diagnostiqués en 2015 a été estimé à environ 81.000, soit 10 % de plus qu’en 2013.

Mais ce n’est pas nouveau. « Le nombre d’infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes augmente depuis le début des années 2000 », précise Florence Lot, médecin épidémiologiste à Santé Publique France.

Le nombre de VIH dépistés stagne

En revanche, après une augmentation inquiétante du nombre de patients qui se découvraient séropositifs, depuis 2011, le chiffre reste à peu près stable. Même si la baisse se fait toujours attendre…

Graphique tiré du Point épidémiologique de Santé Publique France sur le nombre de diagnostic du VIH entre 2003 et 2015.
Graphique tiré du Point épidémiologique de Santé Publique France sur le nombre de diagnostic du VIH entre 2003 et 2015. – Snaté Publique France

 

Il y a eu environ 6.000 diagnostics du VIH en 2015. Avec une différence selon les patients : on a du mal à enrayer l’épidémie chez les hommes homosexuels, où le taux reste stable.

En revanche, pour les hétérosexuels nés à l’étranger (dont les ¾ sont nés dans un pays d’Afrique subsaharienne), deuxième groupe concerné, le nombre baisse. Une légère diminution due aux nouveaux outils de prévention ?

Le dépistage a en tout cas évolué, ce qui laisse espérer qu’il sera plus performant à l’avenir : depuis septembre 2015, 90.000 autotests ont été utilisés. Autre outil : les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) réalisés par les associations de santé communautaire et non des médecins. « Il est important que le dépistage se diversifie, aussi bien au niveau des outils que des lieux », souligne Florence Lot, la responsable de l’unité en charge de la surveillance du VIH/sida et des IST. Car un séropositif qui s’ignore risque davantage de contaminer ses partenaires.

Le public connaît mal les MST

Comment expliquer que le nombre de personnes qui découvrent leur séropositivité stagne alors que les autres IST continuent d’augmenter ? « D’abord, elles se transmettent plus facilement que le VIH : par exemple, vous avez bien plus de risque d’être contaminé par une IST lors d’une fellation que par le VIH, reprend l’épidémiologiste. Or, ce rapport oral n’est pas toujours considéré comme dangereux. De même, le risque de contracter une IST bactérienne lors d’un rapport anal ou vaginal est plus élevé que le risque d’être contaminé par le VIH.»

Si le sida fait peur, «le public connaît mal ces autres infections sexuellement transmissibles. Or, un rapport non protégé expose au sida, mais également aux autres IST », martèle l’épidémiologiste.

Des maladies qui ne se voient pas

Autre explication : « Certaines infections sexuellement transmissibles sont asymptomatiques, on peut donc complètement ignorer qu’on est infecté et contaminer tous ses partenaires, souligne Florence Lot. Par exemple, la syphilis se manifeste par une lésion qui, selon son emplacement, n’est pas toujours visible (par exemple : intérieur de la bouche, anus). C’est pourquoi il faut se faire dépister tous les trois mois. »

L’utilisation du préservatif n’est donc pas automatique, notamment pour les hommes homosexuels, les plus touchés à la fois par les contaminations du VIH et des autres IST. « Il faut que les messages sur la santé sexuelle, VIH comme IST, soient relayés par les professionnels de santé, les parents, l’école, préconise l’épidémiologiste de Santé Publique France. Car changer les comportements à risque prend du temps. »

VIH : 70 % des nouvelles infections touchent les hommes

En 2015 encore, 6 000 personnes ont découvert leur séropositivité en France. Les hommes sont les plus touchés, en particulier ceux qui ont des rapports homosexuels.

VIH : 70 % des nouvelles infections touchent les hommes AndreyPopov/epictura

L’épidémie de VIH ne ralentit pas en France. Chaque année, plus de 6 000 personnes découvrent qu’elles sont séropositives. 2015 ne fait pas exception. Derrière ces découvertes se dissimule une foule silencieuse. 20 % des patients infectés par le VIH ignorent leur statut sérologique. Le véhicule de la propagation est tout trouvé. Et pourtant, les moyens préventifs et thérapeutiques existent. Au cœur du système qui permettrait d’y accéder : le dépistage. Santé Publique France le rappelle ce 29 novembre, dans un Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) thématique. Publié à l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida – le 1er décembre – il fait le point sur le recours au dispositif de diagnostic.

Quels dépistages pour qui ?

L’année 2015 se démarque par un recours élevé aux sérologies en laboratoire de biologie médicale. Plus de 5 millions d’examens diagnostiques ont été réalisés. 10 600 ont donné lieu à un verdict de séropositivité. La majorité des tests sont réalisés en ville (76 %) plutôt qu’à l’hôpital. Certaines régions s’y réfèrent plus. C’est le cas des départements d’outre-mer, de l’Ile-de-France et de Provence-Alpes-Côte-D’azur (PACA). Ce sont aussi les zones où l’épidémie est la plus virulente.

Les tests rapides à orientation diagnostique (TROD) s’ajoutent à ces tests en laboratoire. Déployés depuis 2012, ils ont pour but de toucher des populations qui, autrement, ne se feraient pas dépister. Objectif atteint : ils ont 62 000 ont été réalisés en 2015. Parmi les utilisateurs, 27 % n’avaient jamais fait de dépistage. Ces tests donnent d’ailleurs lieu à une part légèrement supérieure de séropositivité.

Progressivement, les TROD atteignent une population de plus en plus variée. Après avoir massivement attiré l’intérêt des hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes (HSH), un léger recul s’amorce. Ils représentent désormais 30 % des testés. La part de migrants et de personnes en situation de prostitution a en revanche progressé. Une nouvelle à saluer car « seul un diagnostic précoce des personnes infectées, le plus tôt possible après leur contamination, permet la mise en route rapide d’un traitement antirétroviral », rappelle le BEH.

Enfin, les autotests, plus récemment mis à disposition, connaissent eux aussi un succès croissant. 1 500 à 2 000 sont vendus chaque semaine « soit un total ramené sur une année de l’ordre de 75 000 à 100 000 autotests. »

Les hommes, premières victimes

6 000 personnes résidant en France ont appris leur séropositivité en 2015. Parmi elles, les hommes dominent nettement. Ils représentent 70 % des découvertes. Sans surprise, ceux qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) continuent d’être surreprésentés (43 %). C’est d’ailleurs la seule population où le rythme des nouvelles infections ne recule pas. Chez les hétérosexuels, hommes ou femmes, étrangers ou non, une baisse s’observe. Les personnes nées à l’étranger continuent toutefois d’être la deuxième population la plus infectée.

Un constat inquiète particulièrement, celui des contaminations chez les jeunes. 12 % des découvertes de séropositivité concernent des moins de 25 ans. Parmi les HSH de cette tranche d’âge, le nombre de diagnostics positifs a triplé depuis 2003. Une autre catégorie se démarque par un pic d’infections, les plus de 50 ans. Les cas sont en revanche détectés toujours plus tôt, quatre sur dix se révèlent à un stade précoce, particulièrement chez les HSH et les femmes hétérosexuelles.

A quoi ressemble leur fin de vie ?

Les patients sont traités dès qu’ils sont diagnostiqués. Les molécules prescrites sont très efficaces pour maîtriser l’infection. Conséquence : l’espérance de vie des séropositifs s’allonge. « Toutefois, le retard diagnostic de l’infection VIH, inégalement distribué, continue de peser sur la mortalité directement liée à l’infection », déplorent les auteurs du BEH. L’enquête menée en 2010 dans 81 centres confirme malheureusement cela. Le sida continue de tuer en France. Dans la population HSH, il est impliqué dans un décès sur trois.

De fait, le sida est la première cause de décès au sein de deux groupes : les HSH et les hétérosexuels nés à l’étranger. Les usagers de drogues injectables succombent avant tout aux atteintes hépatiques tandis que les hétérosexuels nés en France meurent principalement de cancers qui ne sont pas liés à leur infection.


Ces patients se démarquent aussi par un grand nombre de pathologies associées, des atteintes cardiovasculaires aux hépatites. Emerge alors un paradoxe : les traitements efficaces relâchent le suivi spécialisé. Les facteurs de risque, cardiovasculaires notamment, ne sont donc pas évalués comme ils le devraient.

Sida : les contaminations en hausse chez les homosexuels en France

Cette explosion est notamment due à la baisse de l’utilisation du préservatif.

Mobilisation lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida (illustration)
Crédit : FLORIAN SCHUH / DPA / AFP

Mobilisation lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida (illustration)

L’étude révèle qu’en 2015, sur les quelque 6.000 découvertes de séropositivité, près de 2.600 concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes, soit 43 % de la totalité des nouveaux cas. Cela concernerait des individus principalement nés en Afrique subsaharienne et dont beaucoup ont été infectés en France. « Le nombre de découvertes de séropositivité ne diminue toujours pas chez les HSH [hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, appellation déterminée par l’Organisation mondiale de la santé, ndlr] contrairement à ce que l’on observe chez les hétérosexuels, hommes ou femmes, qu’ils soient nés en France ou à l’étranger », explique l’agence.

Augmentation massive des infections sexuellement transmissibles

En parallèle, ces HSH sont également la population la plus touchée par les infections sexuellement transmissibles (IST), avec une hausse de 100 % des infections par le gonocoque, de 56 % des cas de syphilis précoces et 47 % des infections bactériennes rectales (dites LGV). La période étudiée étant comprise entre 2013 et 2015. L’agence indique également que plus de 80 % des syphilis et près de 70 % des gonococcies diagnostiquées en 2015 ainsi que la quasi-totalité des LGV rectales touchaient les HSH.

Hausse des comportements à risque, recul de l’utilisation du préservatif

Selon les résultats de l’étude, cette augmentation massive des IST chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes est liée à « une hausse des comportements à risque« , et au recul de l’utilisation du préservatif. Les chercheurs relèvent que, bien que très largement recommandé, il n’est plus « le seul outil de prévention ». Un traitement préventif du sida, appelé prophylaxie pré-exposition (PrEP), existe et peut, depuis la fin de l’année 2015, être prescrit à l’hôpital aux HSH à risque d’infection élevé. Cependant, ce type de traitement n’est efficace que contre le virus VIH, et ne permet pas d’échapper aux infections telles que la syphilis.

L’agence note également « une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs observée dans les études comportementales depuis plusieurs années ». À ce titre, elle encourage la mobilisation de « l’ensemble des outils de prévention« , afin d’enrayer l’explosion des infections. Du préservatif au PrEp en passant par le dépistage régulier du VIH, IST et hépatite C, proposé dans de nombreux établissements hospitaliers.

Des progrès notables en matière de dépistage précoce

Si l’agence sanitaire souhaite que les médecins prescrivent davantage de tests de dépistage du VIH à leurs patients, elle reconnaît qu’il y a du mieux en termes de précocité des diagnostics : 39 % de tous les cas de séropositivité sont désormais détectés à un stade précoce, un chiffre qui monte à 49 % chez les HSH.

En parallèle, les trois-quarts des cinq millions de sérologies VIH réalisées en France en 2015 l’ont été par des laboratoires de villes. Les tests rapides, appelés TROD, proposés par les associations à certaines populations échappant au dépistage, tels les migrants par exemple, se sont stabilisés aux alentours de 62.000, comme en 2014. Près de 90.000 auto-tests de dépistage ont également été vendus en pharmacie entre septembre 2015 et septembre 2016.

Disparités régionales

Le nombre de nouveaux cas d’infection par le VIH est de 89 par million d’habitants. Cependant, certaines régions sont plus affectées que d’autres. La Guyane étant la plus touchée. L’Île-de-France arrive tout de même en quatrième position avec quelque 2.500 nouveaux cas dépistés chaque année. Cela représente 42 % des découvertes de séropositivité en France, alors que la région ne rassemble que 18 % de la population française.

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    Selon les chercheurs, ce phénomène est lié à « une augmentation des comportements sexuels à risque » et à un moindre recours au préservatif.

    Le Monde.fr avec AFP

    Usine de préservatifs au Brésil en 2014.

    L’infection par le virus du sida (VIH) se maintient à un niveau élevé en France chez les homosexuels, qui sont aussi la population la plus touchée par l’explosion des infections sexuellement transmissibles (IST), selon des chiffres de l’Agence nationale de santé publique rendus publics mardi 28 novembre.

    En 2015, sur les quelque 6 000 découvertes de séropositivité, 2 600 concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, soit 43 % de l’ensemble des nouveaux cas, contre 54 % chez les hétérosexuels, principalement nés en Afrique subsaharienne et dont bon nombre avaient été infectés en France.

    Lire aussi :   En France, viol et VIH vont souvent de pair pour les migrantes africaines

    Pour désigner les hommes qui ont des relations sexuelles uniquement avec des hommes ou avec des hommes et des femmes, sans tenir compte de la définition qu’ils font de leur orientation sexuelle, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a retenu le sigle HSH – pour homme ayant des rapports sexuels avec des hommes. L’agence sanitaire relève :

    « Le nombre de découvertes de séropositivité ne diminue toujours pas chez les HSH, contrairement à ce que l’on observe chez les hétérosexuels, hommes ou femmes, qu’ils soient nés en France ou à l’étranger. »

    En outre, la progression des IST a été particulièrement nette chez les HSH : hausse de 100 % des infections par le gonocoque, de 56 % des syphilis précoces et de 47 % des infections bactériennes rectales dites « LGV » (pour lymphogranulomatoses vénériennes, dues à une chlamydia) entre 2013 et 2015. Plus de 80 % des syphilis et près de 70 % des gonococcies diagnostiquées en 2015 dans les structures spécialisées ainsi que la quasi-totalité des LGV touchaient les HSH, précise encore l’agence.

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    Progrès sur la précocité des diagnostics

    Selon les chercheurs, cette explosion des infections est liée à « une augmentation des comportements sexuels à risque » et à une moindre utilisation du préservatif. Même s’il reste très fortement recommandé, il n’est plus « le seul outil de prévention », relèvent-ils. Le traitement préventif du sida, également appelé prophylaxie préexposition (PrEP) peut ainsi être prescrit à l’hôpital depuis la fin de 2015 aux HSH à risque élevé d’être infectés. Mais ce traitement, contrairement au préservatif, ne protège pas contre des IST comme la syphilis par exemple.

    L’agence sanitaire préconise « de mobiliser l’ensemble des outils de prévention », à savoir le préservatif, le dépistage régulier du VIH, des IST, de l’hépatite C ainsi que la PrEP. Elle déplore l’hésitation des médecins à prescrire des tests de dépistage du VIH en population générale, mais reconnaît des progrès en matière de précocité des diagnostics (39 % de tous les cas de séropositivité sont désormais détectés à un stade précoce, chiffre qui atteint 49 % chez les HSH).

    Lire aussi :   Des succès en demi-teinte contre la pandémie de VIH

    Comme les années précédentes, les trois quarts des 5 millions de sérologies VIH réalisées en France en 2015 l’ont été par des laboratoires de ville, tandis que les tests rapides d’orientation diagnostique (ou TROD) proposés par les associations à des populations qui échappent au dépistage se sont stabilisés aux environs de 62 000 l’an dernier, comme en 2014. Quelque 90 000 autotests de dépistage ont par ailleurs été vendus entre septembre 2015 – date de leur lancement en pharmacie – et septembre 2016.

    Sur un plan plus général, le nombre de nouveaux cas d’infections par le VIH est de 89 par million d’habitants, mais avec de très fortes disparités régionales : rapportée au nombre d’habitants, la Guyane est de loin la plus touchée par l’épidémie, devant la Guadeloupe et la Martinique. En quatrième position arrive l’Ile-de-France, où quelque 2 500 nouveaux cas sont découverts chaque année, soit 42 % des découvertes de séropositivité en France, alors que la région ne rassemble que 18 % de la population

    Homosexualité France: toujours trop d’infections VIH et de MST

    La population homosexuelle reste très touchée, notamment à cause de la baisse de l’usage du préservatif.

    Usine de préservatifs au Brésil.

    Usine de préservatifs au Brésil. Image: AFP

    L’infection par le virus du sida (VIH) se maintient à un niveau élevé en France chez les homosexuels qui sont aussi la population la plus touchée par l’explosion des infections sexuellement transmissibles en raison d’une baisse de l’utilisation du préservatif, selon des chiffres rendus publics mardi.

    En 2015, sur les quelque 6000 découvertes de séropositivité, 2600 concernaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, soit 43% de l’ensemble des nouveaux cas contre 54% chez les hétérosexuels, principalement nés en Afrique subsaharienne et dont bon nombre ont été infectés en France, selon l’agence Santé publique France.

    Hausse de 100% des infections par le gonocoque

    Pour désigner les hommes qui ont des relations sexuelles uniquement avec des hommes ou qui ont des relations avec des hommes et des femmes, sans tenir compte de la définition qu’ils font de leur orientation sexuelle, l’OMS (organisation mondiale de la santé) a retenu le sigle HSH (homme ayant des rapports sexuels avec des hommes).

    «Le nombre de découvertes de séropositivité ne diminue toujours pas chez les HSH contrairement à ce que l’on observe chez les hétérosexuels, hommes ou femmes, qu’ils soient nés en France ou à l’étranger» relève l’agence sanitaire qui souligne que les HSH sont aussi la population la plus touchée par les MST, désormais désignées par le terme IST (infection sexuellement transmissible).

    Selon une étude parue dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), une publication de l’agence, la progression des IST a été particulièrement nette chez les HSH : hausse de 100% des infections par le gonocoque, de 56% des syphilis précoces et de 47% des infections bactériennes rectales dites «LGV» (dues à une Chlamydia) entre 2013 et 2015.

    Comportements à risque

    Plus de 80% des syphilis et près de 70% des gonococcies diagnostiquées en 2015 dans les structures spécialisées ainsi que la quasi-totalité des LGV rectales touchaient les HSH, indique encore l’agence.

    Selon les chercheurs, cette explosion des MST chez les HSH est liée à «une augmentation des comportements sexuels à risque» et à la perte de vitesse du préservatif.

    Même s’il reste très fortement recommandé, il n’est plus «le seul outil de prévention» relèvent-ils.

    Le traitement préventif du sida, également appelé prophylaxie pré-exposition (PrEP) peut ainsi être prescrit à l’hôpital depuis fin 2015 aux HSH à risque élevé d’être infectés.

    Mais ce traitement, contrairement au préservatif, ne protège pas contre des IST comme la syphilis par exemple.

    Dépistage régulier

    L’agence sanitaire note elle aussi «une utilisation insuffisante du préservatif chez les HSH séropositifs observée dans les études comportementales depuis plusieurs années».

    Et elle préconise «de mobiliser l’ensemble des outils de prévention», à savoir : le préservatif, le dépistage régulier du VIH, des IST de l’hépatite C ainsi que la PrEP.

    Elle déplore l’hésitation des médecins à prescrire des tests de dépistage du VIH en population générale, mais reconnaît des progrès en matière de précocité des diagnostics (39% de tous les cas de séropositivité sont désormais détectés à un stade précoce, chiffre qui atteint 49% chez les HSH).

    Comme les années précédentes les trois quarts des 5 millions de sérologies VIH réalisées en France en 2015 l’ont été par des laboratoires de ville, tandis que les tests rapides (ou TROD) proposés par les associations à des populations qui échappent au dépistage (comme les migrants ou certains HSH) se sont stabilisés aux environs de 62.000 l’an dernier, comme en 2014.

    Disparités régionales

    Quelque 90.000 autotests de dépistage ont par ailleurs été vendus entre septembre 2015 – date de leur lancement en pharmacie – et septembre 2016.

    Sur un plan plus général, le nombre de nouveaux cas d’infections par le VIH est de 89 par million d’habitants, mais avec de très fortes disparités régionales : rapportée au nombre d’habitants, la Guyane est de loin la plus touchée par l’épidémie devant la Guadeloupe et la Martinique.

    En 4e position arrive l’Ile-de-France où quelque 2.500 nouveaux cas sont découverts chaque année, soit 42% des découvertes de séropositivité en France alors que la région ne rassemble que 18% de la population française. Les Départements d’Outremer (DOM) représentent pour leur part 3% de la population française. (afp/nxp)

Le sida reste une source de discrimination sur le marché du travail

Le sida reste une source de discrimination sur le marché du travail
Quelques jours avant la Journée mondiale de lutte contre le sida, une étude menée au sein de la population française rappelle que les personnes infectées par le VIH ont de plus en plus de mal à s’insérer sur le marché du travail, malgré l’amélioration des traitements et de leur prise en charge.

Si du côté des avancées médicales, l’amélioration des traitements permet à la grande majorité des personnes infectées par le VIH d’exercer une vie professionnelle sans grandes difficultés, les idées reçues constituent encore un obstacle de taille.

Ce phénomène tend à s’amplifier depuis plusieurs années, selon l’Inserm* qui reprend les données d’une étude financée par l’ANRS**, dans le cadre de laquelle les auteurs ont comparé le taux de chômage de ces personnes à celui de la population générale entre 2003 et 2011. Sur cette période, celui-ci est passé de 12,6% en 2003 à 15,8% en 2011.

Mais cette étude ayant été menée au moment de l’importante crise de 2008, « une bonne partie de la population française a souffert de ses conséquences, il n’était pas illogique d’assister à une hausse du chômage chez les personnes séropositives », notent les chercheurs. Pour savoir si cette augmentation était effectivement liée à la crise, les scientifiques ont donc comparé les taux de chômage de ces deux types de population, en utilisant les données de l’Insee.

Un manque de pertinence pour le dispositif de maintien à l’emploi

Ils ont constaté que le taux de chômage des personnes séropositives avait augmenté beaucoup plus vite que celui de la population générale. En détail, la différence entre les deux groupes était de 7% en 2003 et est passée à 10% en 2011. Alors que, paradoxalement, la prise en charge des malades s’est améliorée: 95,5% d’entre eux montraient une charge virale contrôlée en 2011, contre 77,7% en 2003.

« En somme, les progrès médicaux ne se sont pas traduits par une amélioration de la situation d’emploi pour ces personnes », clarifie Margot Annequin, responsable de ces travaux.

Et c’est justement le fait que la maladie soit mieux soignée au fil des années qui constituerait la principale raison de ce phénomène. L’auteur précise en effet que les malades sont en meilleure santé, de sorte qu’ils bénéficient plus difficilement du dispositif de maintien dans l’emploi qui octroie un taux de handicap. Pourtant, comme toute personne atteinte de pathologie chronique, « ils ont parfois besoin de faire une pause dans leur activité professionnelle pour leurs soins. Le retour à l’emploi est alors difficile dans un marché très compétitif, et avec la peur que l’infection se sache ».

Des métiers toujours interdits?

Les personnes d’origine subsaharienne seraient particulièrement touchées, car victimes d’une double discrimination. Néanmoins, l’étude précise qu’après ajustement des résultats selon le sexe, la nationalité, le niveau d’études, l’âge ou la situation familiale, « un écart persiste entre la situation la population générale et celle des personnes vivant avec le virus, vis-à-vis du chômage ».

Ses conclusions vont dans le sens d’un rapport de l’association Aides publié en 2015, qui souligne que des métiers leur sont toujours juridiquement interdits, alors qu’il n’y a aucune contre-indication officielle, une « contradiction directe avec les principes du droit français »: magistrature, armée, police, pompiers. « L’enquête VIH, Hépatites et vous (2011) souligne un risque d’être sans emploi cinq fois plus élevé pour les PVVIH*** que pour la population générale », indique le rapport.

Les maladies chroniques restent source de discrimination

Cet aspect de la vie d’un malade représente l’une des mesures phares du Plan national du lutte contre le VIH-Sida et les IST 2010 – 2014 présenté par le gouvernement. « Si le monde professionnel s’est largement ouvert à la question du handicap physique, en termes d’adaptations de poste par exemple, c’est moins le cas concernant le handicap lié à une maladie chronique, dont le VIH », précise ce plan national.

Ce dernier souligne par ailleurs que les divers dispositifs pour le maintien et l’accès à l’emploi ne sont pas toujours bien connus: temps partiel thérapeutique, contrat de rééducation, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé… Dans tous les cas, il appartient au médecin du travail, et à lui seul, de vérifier qu’un candidat à l’embauche ou qu’un salarié séropositif est apte à occuper un poste.

*Institut national de la santé et de la recherche médicale
**Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales
**Personnes vivant avec le VIH/sida

Cher François Fillon, le sida pourrait vous sauver la vie

Par Arthur Dreyfus, écrivain

Le favori de la primaire de droite n’a pas réagi au retrait de la dernière campagne de prévention contre le virus du sida dans certaines villes. L’écrivain Arthur Dreyfus souligne qu’au-delà des enjeux d’acceptation de l’homosexualité, il s’agit d’une question de santé publique.

Cher François Fillon,

Vous avez décidé de ne pas condamner les maires interdisant, à de pures fins politiciennes, une campagne de prévention contre les maladies sexuellement transmissibles. J’aimerais comprendre ce qui, chez un républicain comme vous (c’est d’ailleurs le nom de votre parti) peut motiver un tel choix.

Il me semble qu’un homme politique, plus encore un candidat à la présidence de la République, avant de s’inquiéter de la bonne morale, ou de réhabiliter une police des vertus, se doit de veiller à la santé de ses concitoyens, comme à la santé de son économie nationale. Votre comportement, au regard de ces deux critères, est non seulement contre-productif mais aussi criminel.

Savez-vous que le taux de suicides chez les jeunes gays et lesbiennes demeure quatre fois supérieur à celui du reste de la population ? Et que le suicide se révèle l’une des premières causes de mortalité chez les adolescents ? A votre avis, pourquoi un jeune gay se suicide-t-il ? Parce que l’homosexualité lui semble bien acceptée autour de lui, parce que le monde qu’on lui propose, pour vivre ce désir qu’il n’a pas choisi, lui paraît accueillant et dénué de jugement ? Non : parce que ses parents, ses proches, le rejettent. Parce qu’il a le sentiment que la société ne veut pas de lui.

Parce qu’il pense qu’il ne pourra jamais vivre, être heureux comme ça. Et la seule chance de faire bouger les choses, c’est de rendre l’homosexualité normale, de la faire exister dans le paysage, de rappeler qu’elle fait partie du quotidien de centaines de milliers de jeunes femmes, de jeunes hommes qui sont également vos chers concitoyens, et qui méritent de vivre autant que vous, aussi longtemps que vous. Exactement, en somme, ce à quoi contribuent des affiches comme celles que vous dénoncez, des campagnes comme celles que vous souhaitez faire disparaître.

À lire aussi :Vandalisme, menace de plainte : une campagne de prévention du VIH excite la droite dure

Sur Twitter, un père de famille a interpellé la ministre de la Santé en ces termes : «Je dis quoi à ma fille de 8 ans ? Vous êtes des monstres.» Moi j’ai envie de vous demander : vous dites quoi au jeune gay qui se suicide parce qu’il se sent seul au monde ? Tant d’autres ajoutent à juste titre : «Vous réagissez comment face aux millions de publicités représentant un homme et une femme, chargées d’un érotisme 1 000 fois plus explicite que cette campagne-là ?» Mais c’est connu : toute campagne gay est prosélyte, quand toute campagne non gay se contente d’être.

Au-delà des enjeux d’acceptation réside une autre question : celle de la santé publique. Je ne vous apprendrai pas que la menace du VIH plane au-dessus de tout jeune gay comme une épée de Damoclès, dès le premier jour de sa sexualité, au point de transformer en cauchemar nombre de relations d’amour.

Je ne vous apprendrai pas que 6 000 nouveaux cas de séropositivité sont constatés chaque année en France, ni que le sida demeure une des premières causes de mortalité dans le monde. L’autre jour, après une remise de médaille à un grand médecin, je me suis trouvé à discuter avec l’un de ses collègues, chirurgien spécialiste de la main. Après quelques minutes, ce monsieur a prononcé une phrase étrange : «La réalité, c’est qu’on a dépensé beaucoup trop d’argent pour certaines maladies et pas assez pour d’autres.»

Ma curiosité était piquée, je lui ai demandé de préciser son propos : «Eh bien par exemple, on a investi beaucoup trop dans la recherche sur le sida, quand on pense que cette maladie est due aux comportements déviants d’homosexuels et de prostituées.» J’ai avalé ma salive, sidéré par ce que je venais d’entendre. Sur le moment, peu enclin à batailler, je lui ai simplement demandé s’il avait bien prêté le serment d’Hippocrate en devenant médecin. Serment qui, supposais-je, enjoignait au soignant de ne pas juger les mœurs de son patient, et de se contenter, avec son art et sa science, de lui porter secours.

Cancer

Sur le chemin du retour, je m’en suis voulu de n’avoir pas riposté avec davantage de verve : j’aurais pu répondre à ce grand chirurgien de la main, par exemple, que si la communauté gay fut, c’est vrai, particulièrement touchée par l’épidémie du VIH, l’accuser de la responsabilité de cette maladie était pour le coup, véritablement monstrueux après le carnage des années 80 ; à moins de croire à la punition divine.

J’aurais pu surtout lui répondre que le VIH nous concernait tous, parce qu’il pouvait tous nous atteindre, mais également – et ce point risque de vous intéresser – que le sida lui sauverait peut-être la vie, à lui. Oui, monsieur Fillon, permettez-moi de séduire votre part la plus égoïste. Le sida pourrait vous sauver la vie, à vous. Comment ? Pourquoi ? Parce que la recherche sur le VIH a permis de progresser dans le traitement des cancers. Vous l’ignoriez sans doute : la réplication virale a beaucoup de choses à nous apprendre sur la multiplication des cellules cancéreuses. Oui, contre toute attente, les oncologues et les infectiologues n’ont jamais autant travaillé ensemble.

Savez-vous en outre que les trithérapies font avancer la recherche sur le traitement des hépatites, et même de la sclérose en plaques ? Autrement dit, il y a de fortes chances pour que la maladie hétérosexuelle qui pourrait vous condamner un jour, vous en guérissiez grâce à cette maladie homosexuelle que vous refusez de voir. Et même, écoutez bien, que le trou de la sécurité sociale se réduise drastiquement le jour où des traitements définitifs contre le VIH et le cancer seront accessibles – argument pragmatique qui devrait vous plaire, malgré cette maladie homosexuelle que décidément vous ne voulez pas voir.

«Pas voir» : ces mots ne vous disent-ils rien ? La droite dont vous faites partie dénonce depuis des années l’angélisme de la gauche, le déni de réalité socialiste, l’incapacité de vos adversaires à voir la réalité en face. Un peu de bon sens ! Repeindre en blanc (ou selon les termes des militants : nettoyer) des affiches sous prétexte qu’elles montrent deux hommes côte à côte, qu’est-ce donc, sinon un monumental déni de réalité ?

Hypocrisie

Vous souhaitez interdire le burkini afin que la France ne se transforme pas en «république islamiste», mais en soutenant les maires qui interdisent cette campagne, vous ne vous comportez pas mieux qu’en république islamiste, estimant qu’il suffit d’effacer une chose pour qu’elle n’existe plus. Vous ne faites pas mieux que l’ancien président iranien qui déclarait en 2008 : «Il n’y a pas d’homosexuels en Iran.» (Celui qui confirmerait par exception la règle se voyant immédiatement et heureusement pendu.) Autre confidence : j’ai vu la semaine dernière le film russe Le Disciple, actuellement en salles, qui raconte le soudain intégrisme chrétien d’un lycéen qui, tout à coup, sèche les leçons de natation sous prétexte que les filles se baignent en maillot deux-pièces, qui ne veut plus entendre parler de darwinisme en cours de biologie, et qui refuse de participer à un enseignement d’éducation sexuelle, où il s’agit d’enfiler des préservatifs sur des carottes pour « savoir faire le jour J ». Le lycéen en question, par son charisme toxique, parvient à retourner l’établissement contre une professeure éclairée, et à faire interdire ce cours d’éducation sexuelle. En sortant du cinéma j’étais franchement sceptique, en me disant : comment peut-on croire, en 2016, à un film pareil ? Comment peut-on chercher à démontrer, à notre époque, que l’apprentissage des moyens de contraception et de protection contre les MST serait plus valable que le fondamentalisme ? La Russie en est-elle encore là ? Vos agissements me donnent aujourd’hui une réponse.

Mais je vous vois venir : ce qui vous choque, ce qui justifie votre soutien à la censure, ce n’est guère la dimension homosexuelle de la campagne – particulièrement chaste je vous l’accorde – ; non ce sont ses slogans qui mettraient en danger la jeunesse et, comble de l’hypocrisie, donneraient «une mauvaise image de la communauté gay», selon le militant réactionnaire François-Xavier Bellamy. Bien. Attardons-nous sur le danger… Serait-ce le slogan numéro 1 ? «S’aimer / S’éclater / S’oublier». Je ne pense pas : celui-là est mignonnet, et l’on trouve «bien pire» sur la moitié des affiches de cinéma.

Le deuxième peut-être. «Pour la vie / Pour un week-end / Pour une fois» ? Celui-là non plus, vraiment très modéré. Les publicités pour les sites de rencontre font elles aussi «bien pire». «Coup de foudre / Coup d’essai / Coup d’un soir» peut-être ? Il est vrai que ces mots sont violents, barbares, inédits. Mais je veux croire que c’est surtout le dernier slogan qui vous empêche de dormir : «Avec un amant / Avec un ami / Avec un inconnu». Et ce mot en particulier : «inconnu».

Il est vrai que vous n’avez jamais rencontré, dans votre vie, d’homme ou de femme ayant couché avec un ou une inconnu(e), et il va sans dire que cela ne vous est jamais arrivé. Pour cela, au nom de la «communauté gay», acceptez mes excuses. Mais vous êtes-vous interrogé une seconde sur l’utilité, sur le fondement de cette campagne ? Avez-vous lu son sous-titre «préservatifs, PREP, TPE, TASP, dépistages» ? Savez-vous ce que chacun de ces termes signifie ? Assurément non, car si vous le saviez, vous comprendriez la fonction de ces affiches : faire comprendre à ceux qu’elle vise, parce qu’elle n’a pas d’autre choix, qu’il existe des manières différentes de se protéger, adaptées à chaque situation. On ne finance pas des campagnes pour se faire plaisir, mais parce qu’on en a besoin !

Désinformation

Oui, monsieur le candidat, si ces «mots» ne correspondent pas à votre vision jésuite, moralisatrice et rêvée de la vie sociale, elles recouvrent une réalité qui se traduit par la maladie et par la mort. Et si la sexualité hors mariage vous choque, votre rôle n’est pas de vous substituer au réel en plaquant sur les faits une image d’Epinal digne du siècle passé, en faisant courir un risque de désinformation à des milliers de vos concitoyens pour contenter quelques militants de la Manif pour tous (dont certains deviendront parents, eux aussi, d’enfants homosexuels).

La comédienne Noémie de Lattre publiait récemment ce texte sur sa page Facebook : «Je ne sais plus comment faire comprendre aux vendeuses de fringues pour enfants que si mon fils devient gay, ça n’est PAS GRAVE, et que s’il le devient, ça ne sera certainement pas parce que le 14 octobre 2016 je lui aurai acheté des moufles roses pour les filles au lieu des bleues pour les garçons !»

Je sais que vos soutiens aiment beaucoup le rose et le bleu, mais prenez le temps d’y réfléchir. Et puisque vous tenez «à titre personnel» au droit à la vie, faites en sorte qu’il ne concerne pas uniquement celui des fœtus. Enfin, si vous ne parvenez pas à réfléchir, soyez au moins responsable

================

bobobobo                           Avec ou sans sida pas de boulot alors il vaut mieux baiser tout en étant BAISE

François The First    oui, il faut faire une loi pour discriminer les blancs hétérosexuels sains !

jacote57ans                       Assez grand pour passer à l’acte sans aucune protection, donc aucune prise en charge des soins en cas de maladie. Suffit l’assistanat en tout genre et dans tous les domaines.
1PourAvis                         Et oui comme dit la pub soit disant éducative, le coup d’un soir a son prix……
mmemime                        « ENJY14 » t’as raison l’intelligent, avant hollande le sida n’existait pas, pas plus que les homo ! par contre les millions de cancers dûs aux industries chimiques, la malbouffe… ça ne te dérange pas pourtant cela coute 1000 fois + cher à la sécu… le moyen-âge est de retour en force et avec fillion on va y replonger les 2 pieds dedans !

Pour la LIBERTEPour la LIBERTE            «  » »L’exemple vient d’en haut «  » » »serait une phrase que prononçait volontiers nos parents….

Ne pourrait-on simplifier l’organisation de la France pour mieux sélectionner le ‘haut’ ?

  • COCO POPSCOCO POPS         évidemment car 90% de ces ignorants sont des africano muzz polygames qui ne veulent pas se protéger et qui contaminent leurs multiples partenaires et leur progéniture.

    chronik451                      Surtout pas de campagne d’affichage orientée vers ces publics inconscients, n’est-ce pas? Le déni de réalité conduit tjs a des catastrophes, ici sanitaire.

    JJDR                       Ça serait pas plutôt l’alcool et le tabac ?

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