Chic planète!

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La moitié des animaux sauvages ont disparu en 40 ans à cause de l’Homme

 LEXPRESS.fr avec AFP

lions-especes-menacees_865753Le WWF lance une nouvelle alerte sur le déclin des espèces animales dans le monde.    REUTERS/Radu Sigheti

La population de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons a chuté de 52% en 40 ans, selon un rapport du WWF publié ce mardi. Les humains en sont les premiers responsables.

Plus de la moitié des animaux sauvages ont disparu de la surface de la Terre en 40 ans. Tout ça par la faute de l’espèce humaine. Ce constat brutal est au coeur du rapport Planète Vivante 2014 de l’ONG WWF, dernier état des lieux d’une Terre surexploitée. L’édition précédente de cette étude, publiée en 2012, était déjà alarmante. Le constat est cette fois encore plus sombre.

« Les différentes formes du vivant sont à la fois la matrice des écosystèmes permettant la vie sur terre, et le baromètre de ce que nous faisons vivre à notre planète », écrit le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF International), Marco Lambertini. « Et en nous désintéressant de leur sort, nous courons à notre perte », alerte-t-il.

Entre 1970 et 2010, l’Indice Planète Vivante -qui mesure l’évolution de 10.380 populations de 3.038 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons -a chuté de 52 %. « Cette tendance lourde ne donne aucun signe de ralentissement », selon la 10e édition du rapport, pour qui il est encore possible d’agir pour renverser ce déclin et combiner développement et sauvegarde de l’environnement.

Les raisons du déclin

Les zones les plus touchées sont l’Amérique Latine (-83%), suivie de près par la région Asie-Pacifique, et ce sont les espèces d’eau douce qui ont payé le prix fort (-76%) quand les espèces terrestres et marines ont diminué de 39%.

Les principales causes de ce déclin sont:

  • la perte et dégradation des habitats (en raison de l’agriculture),
  • l’urbanisation,
  • déforestation,
  • l’irrigation,
  • les barrages hydroélectriques…),
  • la chasse et la surpêche (y compris les prises accidentelles comme pour les tortues marines),
  • le changement climatique.

>> Lire aussi: en 240 jours, nous avons consommé ce que la Terre peut produire en 2014

Les pays riches, premiers coupables

A qui la faute? Les pays les plus riches sont globalement ceux dont l’empreinte écologique par habitant est la plus élevée. En 2010, le Koweit arrivait en tête, suivi du Qatar, Emirats arabes unis, Danemark, Belgique, Trinidad et Tobago, Singapour, Etats-Unis, Barheïn et Suède.

La France arrivait en 23e position, et en avant-dernière position figurait la Chine, qui détient néanmoins la première place pour son empreinte totale, devant les Etats-Unis et l’Inde.

« L’utilisation des ressources et des services écologiques des pays à hauts revenus est cinq fois plus élevée par tête que dans les pays à bas revenus » et donc, pour maintenir leur niveau de vie, les pays riches ont largement recours à la biocapacité des autres, explique le WWF.

Si nous vivions tous comme les Qataris, il faudrait 4,8 planètes, 3,9 si nous étions tous Américains, et 1,4 si nous étions tous Sud-Africains, estime l’ONG. Glaçant.

SELON WWF En 40 ans, la moitié du vivant a disparu

Pollution, dégradation des habitats naturels et surexploitation fragilisent la planète. Amphibiens et poissons d’eau douce sont les vertébrés dont la population diminue le plus à l’échelle du globe.

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. En 40 ans, plus la moitié du vivant a disparu de la surface de la terre.

Selon le rapport Planète vivante 2016 du WWF, entre 1970 et 2012, l’effectif des populations vertébrées a diminué de 58 %. L’abondance des mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons chute en moyenne de 2 % par an. À ce rythme, les deux-tiers des populations d’espèces pourraient avoir disparu d’ici 2020 (*).

«Ces chiffres matérialisent ce que les scientifiques appellent la « sixième extinction de masse » des espèces. Et nous sommes responsables de cette régression de la vie sur la planète », alerte Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

Surpêche et braconnage

Les animaux des milieux d’eau douce – lacs, fleuves et zones humides – sont les plus touchés : leurs effectifs ont baissé de 81 % entre 1970 et 2012. En cause : « La perte et la dégradation de leurs habitats. On a l’impression que les zones humides, comme celle de Notre-Dame-des-Landes par exemple, sont des espaces vides et que l’on peut les raser pour y construire des infrastructures mais il s’agit d’espaces riches et pleins de vie », observe Pascal Canfin.

La disparition rapide de la biodiversité s’explique également par d’autres facteurs comme la surexploitation, qu’il s’agisse de la pêche qui ponctionne les réserves marines ou le braconnage qui met en péril l’éléphant d’Afrique (son effectif a fondu de 111 000 spécimens depuis 2006 pour tomber aujourd’hui à environ 415 000 individus). La pollution et les espèces invasives mettent également en danger l’équilibre de certains vertébrés. Sans compter la menace du changement climatique : « Pour l’instant son impact est limité car le réchauffement n’est que de 1° mais à l’avenir de nombreuses espèces pourraient être en difficulté », pointe Pascal Canfin. La situation de l’ours polaire, dont le territoire se réduit, illustre les drames à venir pour d’autres espèces quand le thermomètre affichera 3 degrés de plus à l’échelle de la planète.

L’impact de l’activité humaine sur la planète présente un facteur de risque majeur pour la nature, mais aussi pour l’homme, alerte le WWF. « Si on ne change pas de modèle, en 2050, il n’y aura plus de forêts tropicales autres que celles protégées par des parcs naturels, et 80 % des stocks de poissons auront disparu », prévient le DG du WWF France qui appelle à changer de mode de développement pour arrêter de dilapider notre capital naturel.

Seule bonne nouvelle du rapport : les changements de mode de vie, de consommation et les nouvelles technologies au service de l’écologie permettent d’inverser la tendance. « Tout ce qu’on a commencé à engager dans les pays développés a fait diminuer l’empreinte écologique par habitant », souligne Pascal Canfin. Mais il reste encore du chemin à parcourir dans la réduction de nos besoins : pour subvenir à la consommation actuelle de l’humanité, il faut les ressources d’1,6 planète Terre !

(*) La société zoologique de Londres qui calcule l’indice Planète vivante, indice de l’état écologique de la planète a utilisé les données scientifiques collectées sur 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

Plus de la moitié de la population des vertébrés a disparu depuis 1970

Les animaux sont particulièrement menacés par la surpêche. (photo d'illustration)

Un rapport alarmiste du WWF révèle que la population d’espèces vertébrées s’est effondrée de près de 60% en l’espace de 42 ans, en raison des activités humaines. Une « régression de la vie sur la planète », alerte l’ONG.

Diminution du nombre d’animaux : l’humanité est-elle également en danger ?

D’après un rapport du WWF, la moitié de la population des animaux a disparu en un peu plus de 40 ans. Un signe du danger que court l’humanité.

L’ENQUÊTE DU 8H »Le nombre d’animaux a diminué de moitié sur la planète en l’espace de 40 ans » : voilà le constat alarmant dressé par un nouveau rapport du WWF publié jeudi. En cause, la déforestation, l’urbanisation, la pollution, le changement climatique. Et cela va encore s’aggraver à partir de 2020. Les populations d’espèces pourraient avoir diminué de 67 % en seulement un demi-siècle. Le constat est sans appel : la planète se porte mal. Mais l’humanité est-elle elle aussi en danger ?

Notre survie est en jeu. Plusieurs experts n’hésitent plus à le dire : notre survie est en jeu puisqu’elle dépend de la bonne santé des écosystèmes. C’est-à-dire que plus l’humanité détruit le capital naturel de la Terre, moins elle aura de chances de survivre sur la durée.

D’ailleurs, les espèces animales disparaissent 100 fois plus rapidement que par le passé. Les scientifiques parlent de « la sixième extinction de masse ». Jamais la planète n’a perdu ses espèces à un rythme aussi effréné depuis l’extinction des dinosaures, il y a 66 millions d’années.

Pour établir ce rapport, 3.700 espèces ont été analysées aux quatre coins de la planète : des mammifères, des oiseaux, des insectes, des reptiles… Et certains spécimens sont plus affectés que d’autres. C’est le cas notamment des poissons d’eau douce à cause de la disparition des lacs et des rivières.

Quelles sont les causes de ces disparitions ? L’homme, et tout particulièrement son alimentation. Il consomme une planète et demie par an, soit beaucoup plus que ce que la Terre est capable de régénérer. Avec la surpêche ou encore la chasse, certaines espèces disparaissent de manière irréversible. L’agriculture est également responsable de 80% de la déforestation mondiale. Dans ces conditions, si l’humanité veut survivre, elle doit apprendre à consommer autrement.

« Il ne peut pas y avoir de prospérité de demain si on détruit le capital naturel », explique Pascal Canfin, directeur général du WWF France. « Si on est dans un monde avec zéro forêt tropicale, avec un dérèglement climatique à cinq degrés, la prospérité est inimaginable parce que ce sera un monde beaucoup plus chaotique, beaucoup plus tendu et dans lequel les modèles économiques vont progressivement s’effriter et disparaître (…) C’est donc notre intérêt, même si c’est aussi une question de valeurs sur le mode : ‘Quel monde je lègue à mes enfants ?’. Il y a toujours une bonne raison de détruire une prairie ou une zone humide, de faire une unité touristique en montagne plutôt qu’une prairie dans les Alpes. Mais la question fondamentale est : ‘Est-ce qu’à un moment donné, on pose une limite ?’ Peut-on se dire : ‘Là ce n’est pas une zone vide à aménager, mais une zone pleine à protéger ‘? »

Une prise de conscience tardive. Malgré des efforts – le recours aux énergies renouvelables n’a jamais été aussi important, 175 pays ont signé l’Accord de Paris -, la prise de conscience reste récente. Il y a aujourd’hui énormément de gaz à effet de serre accumulés dans l’atmosphère et il faudra plusieurs dizaines d’années pour qu’ils disparaissent, affirment les spécialistes. Les effets de l’accord issu de la COP21 ne seront visibles qu’au milieu du 21ème siècle et quoi qu’il en soit, les engagements de la plupart des pays pour limiter le réchauffement de la planète sont encore loin du compte.

L’objectif de la COP21 était de prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés entre l’ère pré-industrielle et la fin du siècle. Or, la planète a déjà atteint une augmentation d’un degré. C’est pourquoi l’accord prévoit une révision à la hausse des objectifs des pays tous les cinq ans. Un sujet capital pour la prochaine conférence mondiale sur l’environnement, la COP22, qui s’ouvrira à Marrakech du 7 au 18 novembre prochain.

Plus de la moitié du vivant sur Terre a disparu ces 40 dernières années

PLANETE Le rapport « Planète vivante » du WWF alerte sur la rapidité de disparition des populations d’animaux sur Terre…

Cette photo, prise en 2009, montre la déforestation de la forêt Amazonienne au Brésil.
Cette photo, prise en 2009, montre la déforestation de la forêt Amazonienne au Brésil. – A.Penner/AP/SIPA
* Audrey Chauvet

Le constat fait peur : d’après le rapport « Planète vivante » du WWF, publié ce jeudi, plus de la moitié des populations de vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, amphibiens et reptiles) dans le monde a disparu ces 40 dernières années. Entre 1970 et 2012, leur effectif a diminué de 58 %, chiffre l’ONG, soit un déclin de 2 % en moyenne par an. A ce rythme, en 2020 les populations animales auront diminué de 67 % par rapport à 1970. « Ce seraient alors les deux tiers du vivant qui auront disparu, cela matérialise la 6e extinction des espèces », alerte Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

>> A lire aussi : La sixième crise d’extinction d’espèces a bel et bien commencé

Les zones humides asséchées

Les espèces les plus touchées sont celles qui vivent en eau douce, lacs, fleuves et rivières. Elles ont perdu 81 % de leurs effectifs depuis 1970 et pourraient bientôt disparaître à cause de la dégradation de leurs milieux naturels. « Ce sont principalement les zones humides, les marais, marécages ou prairies humides qui disparaissent, explique Arnaud Gauffier, responsable agriculture et alimentation au WWF France. Ces zones assez improductives du point de vue agricole, souvent encore associées à des maladies comme le paludisme, sont très souvent artificialisées dans les pays développés ou drainées et déboisées pour planter des cultures agricoles dans les pays en développement. » Exemple d’actualité : à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens, ce sont des zones humides qui sont menacées de disparaître pour laisser la place au béton, alerte le WWF.

>> A lire aussi : Plus d’un quart des crustacés d’eau douce sont menacés en France

Braconnage et surpêche

Les animaux terrestres ne se portent pas beaucoup mieux : ils ont vu leur nombre diminuer de 38 % depuis 1970, principalement à cause de la perte d’habitats et de la surexploitation de certaines espèces. Ainsi, les éléphants d’Afrique ont vu leurs zones d’habitation diminuer sous la pression urbaine et sont victimes du braconnage, qui tue environ 30.000 éléphants chaque année. Mais la menace pèse aussi sur les rhinocéros, les tigres, les ours blancs, les pangolins qui sont les animaux les braconnés au monde. « Le koala est menacé par la disparition de l’espèce d’eucalyptus de laquelle il se nourrit, ajoute Arnaud Gauffier. La destruction des milieux naturels dans lesquels vivent les animaux est due soit directement à l’homme soit indirectement au changement climatique qui commence à avoir des effets dévastateurs sur toutes les espèces et pas seulement celles des pôles, qui ont été les premières touchées. »

>> A lire aussi : Les éléphants d’Afrique vont-ils disparaître d’ici 10 à 20 ans?

Obligés de migrer rapidement pour trouver un climat qui leur convient, les animaux doivent déménager de 100km par an en moyenne, note le WWF. « A cette vitesse, et avec toutes les barrières qu’on leur a mises en rompant les connexions entre les milieux naturels par des villes ou des routes, on met en péril la capacité des espèces à s’adapter », alerte Arnaud Gauffier.

Enfin, les espèces marines ne sont pas à l’abri de la prédation humaine. 36 % des populations vivant dans les mers et océans ont disparu ces 40 dernières années, principalement à cause de la surexploitation des stocks de poissons. « Il suffirait que chacun fasse attention à n’acheter que du poisson pêché de manière soutenable pour que la situation s’améliore », note Pascal Canfin.

>> A lire aussi : Biodiversité menacée: «Si on ne fait rien, il sera difficile de vivre après 2040»

Urgence à agir

Pour le directeur du WWF France, cette situation alarmante n’est pas irréversible. « Il faut travailler sur les schémas mentaux et sur notre représentation du monde : l’espèce humaine se sent à part des autres espèces mais la réalité c’est que nous faisons partie de cet écosystème global. Si ce socle disparaît, cela nous impactera », avertit Pascal Canfin. Que se passera-t-il pour l’homme s’il dépense tout le capital naturel de la planète, comme on viderait un compte en banque sans se soucier de ce qui nous nourrira après ? Nul ne le sait, puisque lors de la dernière grande extinction, il y a 66 millions d’années, les dinosaures condamnés ne côtoyaient aucun être humain.

Une bonne nouvelle néanmoins : le rapport du WWF souligne que l’empreinte écologique des pays de l’OCDE a baissé de 5 % entre 1985 et 2012 en raison de la crise économique, qui a contraint à moins consommer, mais aussi grâce des améliorations structurelles : efficacité énergétique, développement des énergies renouvelables, tri des déchets, baisse de la consommation de viande… « Cela prouve que si des millions de personnes additionnent leurs petits gestes, nous avons ensemble une capacité de transformation immense, commente Pascal Canfin. L’alimentation est vraiment la porte d’entrée pour agir : réfléchir à ce que l’on consomme, ce que cela a impliqué en termes de déforestation ou de disparition d’espèces de poissons, c’est un levier puissant. »

Disparition des animaux sauvages : « Là où il y en avait 100 en 1970, il n’y en a plus que 42 aujourd’hui »

EXTINCTION – Selon un rapport de WWF, les populations d’animaux vertébrés se sont effondrées en près d’un demi-siècle. Et l’espèce humaine est la première responsable de ce déclin.

Les vertébrés sont plus que jamais en danger. Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58% en 42 ans, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016. Et ce déclin devrait se poursuivre si l’Homme ne fait rien : il pourrait atteindre en moyenne 67% d’ici à 2020, si rien n’est fait pour enrayer la tendance. « Là où il y avait 100 animaux en 1970, il n’y en a plus que 42 aujourd’hui. Et les deux-tiers de la vie sauvage auront disparus d’ici 2020 », martèle Pascal Canfin, directeur général de WWF, sur LCI jeudi.

« Le déclin subi par les populations d’espèces sauvages est de plus en plus préoccupant », souligne WWF dans son rapport. Pour mesurer leur évolution, le WWF a étudié 14.152 populations appartenant à 3.706 espèces vertébrées. Dans le détail, les animaux d’eau douce sont les plus touchés par cette régression (-81%), suivis par les espèces terrestres (-38%) et enfin les populations des milieux marins (-36%).

Une perte de l’habitat due à l’Homme

« Il y a une responsabilité particulière qui est celle de l’activité humaine. La destruction de l’habitat est la première cause de la destruction de ces espèces », explique Pascal Canfin.  La menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est en effet la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les transports ou encore la production d’énergie.

Mais sont également pointés du doigt la surexploitation (chasse, pêche, braconnage…), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies. « L’humanité se met (…) elle-même en danger », résume le WWF. Car « quand le vivant disparaît, c’est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée ».

En 40 ans, la Terre a perdu plus de la moitié de ses animaux vertébrés

Agir est d’autant plus urgent que, depuis le début des années 1970, l’action de l’homme détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution. Cette année, l’humanité vit « à crédit » depuis le 8 août, c’est-à-dire qu’elle avait déjà consommé à cette date la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon l’ONG Global Footprint Network. Actuellement, l’humanité a besoin de l’équivalent de 1,6 planète.

Plus de la moitié des vertébrés a disparu en 42 ans

  • En 42 ans, la moitié de la population de vertébrés a disparu dans le monde.
    En 42 ans, la moitié de la population de vertébrés a disparu dans le monde. | DR

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) a alerté mercredi dans son rapport Planète vivante 2016 sur l’effondrement de la population de vertébrés. En 42 ans, 58% d’entre eux ont disparu.

Les populations de mammifères, poissons, oiseaux, amphibiens et reptiles dans le monde se sont effondrées de 58 % en quarante-deux ans (entre 1970 et 2012) et ce déclin va se poursuivre si nous ne faisons rien, alerte le WWF dans son rapport Planète vivante 2016.

« Que la biodiversité poursuive sa chute, et le monde naturel que nous connaissons aujourd’hui s’effondrera d’un seul tenant », avertit le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, dans cet état des lieux de la planète.

« Une régression de la vie »

« Le déclin subi par les populations d’espèces sauvages est de plus en plus préoccupant », souligne-t-il: « Il devrait atteindre en moyenne 67 % » d’ici à 2020, si rien n’est fait pour enrayer la tendance.

« On est en train d’assister à une régression de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables (…) c’est un facteur de risque majeur pour nous », relève Pascal Canfin, directeur général du WWF France.

Car « quand le vivant disparaît, c’est le capital naturel qui disparaît. Et si on détruit ce capital naturel, on détruit notre capacité à vivre sur la planète dans la durée ».

« L’humanité se met (…) elle-même en danger », résume le WWF.

Les animaux d’eau douce fortement touchés

Le précédent rapport, paru en 2014, faisait état d’une chute de 52 % des populations de vertébrés dans le monde entre 1970 et 2010.

Pour mesurer leur évolution, le WWF, en collaboration notamment avec la Société zoologique de Londres, a étudié 14 152 populations appartenant à 3 706 espèces vertébrées.

Particulièrement touchés, les animaux d’eau douce, dont les effectifs sont en chute libre: moins 81 % en moyenne entre 1970 et 2012. Ils sont victimes de la surexploitation, parfois involontaire (quand ils sont pris accidentellement dans des filets) comme les dauphins de rivière, ainsi que de la perte et de la dégradation de leur habitat.

Les effectifs des espèces terrestres ont dégringolé de 38 %. À cause du braconnage, le nombre d’éléphants d’Afrique, par exemple, a diminué de 111 000 individus depuis 2006, pour plafonner à 415 000, selon les dernières données. Les populations des milieux marins ont chuté de 36 %. Un tiers des espèces de requins et de raies sont désormais menacées d’extinction, essentiellement en raison de la surpêche.

La menace du réchauffement climatique

De manière générale, la menace la plus fréquemment subie par les populations en déclin est la perte ou la dégradation de leur habitat par les activités agricoles, l’exploitation forestière, l’extraction minière, les transports, la production d’énergie…

Autres causes: la surexploitation (chasse, pêche, braconnage…), la pollution (industries, urbanisation..), les espèces invasives, les maladies.

Le changement climatique n’a pour l’instant qu’un impact « relativement marginal (…) parce qu’on n’en est qu’à un degré de réchauffement » planétaire par rapport à l’ère préindustrielle, précise Pascal Canfin.

Mais si les températures s’emballent du fait des émissions de gaz à effet de serre, liées aux activités humaines, les scientifiques promettent des impacts dévastateurs pour l’homme et les écosystèmes, en raison d’inondations, sécheresses, tempêtes…

COP22, l’espoir du changement

Dans quelques jours, la communauté internationale réunie pour une nouvelle conférence climat à Marrakech tentera de commencer à concrétiser l’engagement pris à la COP21, en décembre à Paris, de contenir le réchauffement « bien en deçà de 2 degrés ».

Agir est d’autant plus urgent que depuis le début des années 1970, l’action de l’homme détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution.

« On puise dans notre capital naturel de plus en plus tôt », note M. Canfin.

Cette année, l’humanité vit « à crédit » depuis le 8 août, c’est-à-dire qu’elle avait déjà consommé à cette date la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an, selon l’ONG Global Footprint Network. En 2015, ce jour était survenu le 13 août, et en 1970, le 23 décembre.

Une planète sous pression

Actuellement, l’humanité a besoin de l’équivalent de 1,6 planète.

Mais la population mondiale, de 7,4 milliards de personnes aujourd’hui, devrait atteindre 9,7 milliards en 2050. À cette date, à scénario constant, elle aura besoin de deux planètes.

« Les conséquences de la pression humaine sur l’environnement sont de mieux en mieux connues et observées », pourtant « il n’y a eu aucune réaction économique rationnelle », déplore le WWF, appelant à « un développement économique soutenable ».

Les populations de vertébrés ont chuté de près de 60 % en 42 ans

La population d'éléphants d'Afrique a chuté de 111 000 individus depuis 2006 et stagne autour de 415 000 têtes, selon les données les plus récentes.
La population d’éléphants d’Afrique a chuté de 111 000 individus depuis 2006 et stagne autour de 415 000 têtes, selon les données les plus récentes.   Photo : Reuters/Thomas Mukoya

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commentaires

nicoconuts                                la population étudiée n’est « que » de 10 000 individus de 3 000 espèces différentes. Les insectes ne sont même pas prit en compte alors que c’est eux qui souffrent le plus de l’anthropisation de l’environnement avec la déforestation, artificialisation, les changements de l’occupation du sol, le changement climatique etc… On estime qu’il y a 1,8 millions d’espèces sur la Terre et presque 5 fois plus à découvrir (source : http://www.planetoscope.com/biodiversite/126-disparition-d-especes-dans-le-monde.html). C’est donc difficile de tirer un constat global avec un échantillon si petit. Alors après, en tant que ferveur amoureux et défenseur de nos amis les bêtes, ces résultats sont bien tristes surtout si le chiffre de 52% n’est pas loin de la réalité.

Antimondial                                 Nul menace pour cette planète que les hommes

golfleon                                         Pas de panique, on a des clandestins en stock dans tous les villages de France dorénavant … 🙂 Ahh humour, esprit Canal…

Bajul                                                    Et alors ça surprend qui ???? En attendant on part en vacances dans les bouchons et on rigole ……Nos petits enfants iront sur mars …..

 

  • Pouilllot                            plus aucun doute : il faut une croissance durable capitalistique, sinon on s’en sortira (enfin… nos enfants, les petits enfants… il n’y en aura plus) les pieds devant. Je vous le dis depuis une éternité : le travail tue, et tout.

  • Terrater                            Là où l’homme passe, la flore et la faune trépassent.
    En accord avec les commentateurs ici, le nombre d’humains est beaucoup trop élevé. Un espoir quand même, au rythme ou nous nous massacrons et au vu de la technologie de destruction ultra sophistiquée que nous utilisons, nous disparaîtrons à brève échéance.

  • Ragnar                               C’est triste dit l’homme en mangeant sa tartine de Nutella.

  • Pouilllot                            C’est terrible ! Et on fait des plans sur la comète ? On va chercher de nouveaux puits de pétrole… au cas où il viendrait à en manquer pour en rajouter une dose…

  • moocan                              Constat triste et implacable. Sans doute un des Dieu (économique ou spirituel) pour lesquels les gens se prosternent viendra les sauver. Nous sommes un cancer, une nuée de sauterelles pour cette planète.

 

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