Cancer, maladie de luxe

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Médicaments anti-cancer. Les spécialistes crient au scandale

Les prix des médicaments anti-cancer sont jugés exorbitants et pourraient, à terme, menacer l’équilibre du système de santé. Des cancérologues renommés ont lancé une pétition, ce mardi, pour demander l’instauration d’un juste prix.

« De nombreuses innovations thérapeutiques apparaissent dans le domaine du cancer. (…) Pourtant, le coût d’abord croissant et maintenant exorbitant de ces innovations risque fort de compromettre ces espoirs », écrivent Dominique Maraninchi, ancien président de l’Institut national du cancer et Jean-Paul Vernant, auteur des recommandations du troisième Plan cancer, dans une pétition signée par 110 médecins, publiée hier par Le Figaro.

En 2014, le Gleevec, traitement contre la leucémie myéloïde chronique, coûtait en France entre 27.000 et 40.000 euros selon la dose prescrite, indique par exemple l’association La Ligue contre le cancer. Le coût du Keytruda, l’une des dernières molécules contre le traitement du mélanome, est même estimé à plus de 100.000 euros pour chaque patient traité !

Dès décembre, le Professeur Vernant dénonçait cette inflation des prix. « En 2004, les médicaments contre le cancer représentaient 24 milliards de dollars ; en 2008, 40 milliards ; en 2014, 80 milliards sur un total de 650 milliards du coût des médicaments, précisait-il. Si l’inflation n’est pas contenue, en 2020, ils représenteront 155 milliards de dollars, soit un doublement en six ans.

« D’une indécence colossale »

« De façon paradoxale, les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur R & D (recherche et développement) a diminué », déplorent les cancérologues. La R & D représente environ 15 % du chiffre d’affaires des industriels contre plus de 25 % pour les dépenses de marketing, ajoutent-ils. L’augmentation des coûts des traitements serait liée à la multiplication des thérapeutiques « ciblées ». Aujourd’hui, les avancées scientifiques, qui identifient toujours plus précisément les types de cancers ou de tumeurs, conduisent en effet à la mise au point de molécules s’adressant à des « sous-groupes de malades » qui se comptent parfois en seulement quelques dizaines.

« Quand un médicament est efficace, est-il logique que l’industrie demande un prix colossal pour son efficacité ? Il est normal qu’un médicament soit efficace, estime le Pr Vernant. C’est d’une indécence colossale. Aucune industrie n’a le culot de se prévaloir de cela. »

« Et le risque est que le système explose. Les Anglais commencent déjà à dérembourser certains médicaments », note-t-il.

Ces traitements innovants pourraient à terme menacer l’équilibre financier du système de santé, a récemment déclaré Agnès Buzyn, présidente de la Haute autorité de santé.

110 cancérologues interpellent les industriels du médicament sur les prix des traitements contre le cancer

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L’explosion du prix des traitements contre le cancer est-elle justifiée ? C’est la question que se posent 110 médecins dans une tribune publiée ce 15 mars. Décryptage. 

Malheureusement le sujet n’a pas émergé avec l’appel des 110 cancérologues dans Le Figaro, s’insurgeant contre l’explosion du prix des traitements contre le cancer. Le signal d’alarme avait déjà été tiré aux Etats-Unis. Une centaine d’oncologues américains s’étaient interrogés sur la multiplication par 10, depuis 2010, des prix des anticancéreux. Et en France, l’Institut national du cancer (Inca) a remonter le problème il y a quelques mois aux oreilles des Institutions. « Nous les avons déjà alertés quant au risque fort qui pèse sur le progrès thérapeutique et fait des propositions pour un sujet qui ne peut se traiter qu’au niveau international », rappelle Thierry Breton, directeur général de l’Inca.

Un prix juste, un système d’arbitrage plus transparent

Ce 15 mars, Dominique Maraninchi et Jean-Paul Vernant prennent la relève et lancent un appel signé par 110 médecins. Ils avancent quatre propositions pour lutter contre ce « coût exorbitant » des médicaments. En premier lieu, définir un juste prix pour les médicaments du cancer. Il s’agirait ensuite de rendre le système d’arbitrage des prix plus démocratique et transparent.

Les signataires de cet appel suggèrent aussi que ne soient plus acceptées les extensions de durée des brevets que la rapidité du développement des nouvelles thérapeutiques ne justifie pas. Dernière revendication, et pas des moindres : « autoriser, comme cela existe déjà pour les traitements du sida et des infections opportunistes, l’utilisation de licences obligatoires pour les pays en développement, qui leur permettent la production et l’utilisation de génériques avant même que les brevets ne tombent dans le domaine public ».

Le syndicat des entreprises du médicament a réagi dans la foulée, justifiant : « les nouveaux traitements du cancer permettent de mieux identifier les patients répondeurs par l’utilisation de biomarqueurs compagnons ou encore s’adressent à des populations de plus en plus ciblées en vue d’un meilleur usage. »

ne pas faire de la cible définitive un critère pour fixer les prix

Pourtant, interrogé par L’Usine Nouvelle, le directeur général de l’Inca invalide cet argument. « Les laboratoires développent des molécules de plus en plus ciblées, adaptées à la tumeur du patient. Au départ, cette molécule va donc traiter un nombre restreint de patients mais elles pourront être utilisées ultérieurement pour d’autres tumeurs, d’autres localisations et d’autres patients, beaucoup plus nombreux. On ne peut donc pas faire de la cible initiale un critère pour fixer le prix du médicament », insiste Thierry Breton.

Et de citer en exemple : il fallait dépenser en 2004, 50 000 dollars pour augmenter l’espérance de vie de 5 mois. Aujourd’hui, il faut débourser 120 000 dollars pour 4 mois d’espérance de vie. « Si l’on fait un raccourci et que l’on résume, ce qui est en question ici, c’est de savoir comment obtenir un prix en rapport avec les coûts et avec le progrès thérapeutique apporté« , interpelle Thierry Breton. D’où la nécessite de comparer le surcoût de l’innovation par rapport à la survie et de fournir des explications sur l’explosion du prix de l’innovation par rapport à la baisse de l’espérance de vie associée. Et en creux, questionner les laboratoires sur les mécanismes de fixation des prix.

Par exemple, savoir pourquoi il existe de telles disparités de prix pour un même médicament entre différents pays ? « La cure de Sofosbuvir coûte l’équivalent de 67 000 dollars aux USA, 41 000 euros en France, l’équivalent de 4 000 euros en Thaïlande et de 700 euros en Egypte. Ainsi, le prix est déterminé par ce que le marché intérieur peut tolérer. Ces prix sont totalement déconnectés des dépenses engagées par les industriels du médicament. Ces prix sont injustifiables, injustes et nous ne pouvons pas l’accepter », s’insurge dans un communiqué le professeur Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

Comparer ce qui est comparable

Le Leem se défend en avançant qu’il n’est pas pertinent de comparer le système français (à prix administrés) avec le système américain (à prix libres). En France, le prix d’un nouveau médicament est aujourd’hui fixé par l’Etat, via le Comité Economique des Produits de Santé, sur la base de la valeur thérapeutique et de l’efficience qu’il apporte par rapport aux traitements déjà existants. Aux Etats-Unis, le laboratoire peut décider seul d’augmenter le prix de son médicament. C’est ce que s’est passé récemment avec le Daraprim de la société Turing.

Dans leur appel, Dominique Maraninchi et Jean-Paul Vernant évoquent aussi le cas du Glivec, utilisé notamment dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique. Selon des calculs faits par le New York Times en dollars constants de 2014, son prix est passé de 4500 dollars par mois en 2001 à 8400 dollars en 2015, « alors que le retour sur investissement de ce produit est fait, largement, depuis longtemps », relate l’appel des 110 cancérologues.

Cancer : le débat monte en France sur le prix des médicaments

Catherine Ducruet / JournalistePurification dosage actifs pharmaceutiques mise point médicaments cancer.
  • Purification et dosage des actifs pharmaceutiques pour la mise au point de médicaments contre le cancer. – Patrick Allard/REA

L’accès égal et gratuit aux innovations pourrait être remis en question, jugent des cancérologues. Un décret va durcir les modalités de financement des nouveaux traitements.

Ce sera jeudi la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Et on peut se réjouir : la durée de vie des personnes atteintes de cancer augmente en France. Elle est désormais de cinq ans dans la plupart des cas. Les médicaments ont beaucoup contribué à ce succès. « Pour certains cancers, les progrès thérapeutiques sont la cause essentielle de l’évolution de la survie », explique même un récent rapport de l’Institut national du cancer (INCa). Mais cette situation va-t-elle perdurer, alors que le prix des nouveaux traitements ne cesse de croître et qu’il faut maîtriser les dépenses de santé ?

L’arrivée sur le marché français des deux premiers produits d’immunothérapie, l’Opdivo de BMS et le Keytruda de Merck (dénommé MSD en France), pose le problème avec une acuité parti­culière. Un prochain décret précisant les conditions de financement des anticancéreux à l’hôpital suscite l’inquiétude des industriels et des médecins. Une fois l’autorisation de mise sur le marché européenne obtenue, leur prix est négocié et, si le bénéfice pour le patient est jugé suffisant, ils sont inscrits sur une liste financée hors budget des hôpitaux, dite « liste en sus ». Une liste qui permet à tous les patients de bénéficier des produits, en dépit de prix élevés. Pour les laboratoires, il est donc crucial que leurs traitements figurent sur cette liste. Mais l’enveloppe de près de 3 milliards d’euros de cette liste est désormais sous tension. Son objectif de progression pour 2016 a été fixé à + 1,75 %. Or, l’Opdivo de BMS et le Keytruda de Merck, vendus plus de 100.000 euros aux Etats-Unis, viennent d’être autorisés en France dans le traitement du mélanome (9.000 patients). Et ce n’est qu’un début car la prochaine indication sera le cancer du poumon, qui touche 40.000 patients.

Critères resserrés

Pour sortir de cette impasse, les autorités de santé ont choisi de resserrer les critères permettant de figurer sur la « liste en sus ». C’est l’objet du décret attendu très prochainement. Il devrait reprendre sous une forme contraignante, un avis du Conseil de l’hospitalisation du 20 février 2015. Celui-ci prévoyait que la liste ne comporterait que les produits qui apportent une amélioration importante du service médical (ASMR I, II ou III). Les produits n’apportant qu’une amélioration mineure (ASMR IV) ne pourraient y figurer que s’il n’y a pas de traitement alternatif ou s’ils sont moins coûteux.

Seul problème : parmi les anticancéreux mis sur le marché depuis 2012, seulement 27 % ont obtenu une ASMR I, II ou III. « L’innovation en cancérologie est incrémentale », rappelait récemment le patron de Roche dans une interview aux « Echos » . C’est petit à petit qu’on gagne les mois de survie. Le nouveau décret va favoriser les innovations de rupture, qui ne sont pas fréquentes. Cela hérisse les cancérologues, dont une trentaine ont rencontré, sur ce sujet, Marisol Touraine, la ministre de la Santé.

A l’INCa, si l’on reconnaît la nécessité de revoir le mode de financement des anticancéreux, on craint aussi une trop grande rigidité. « Au cours de sa maladie, un patient va connaître des rechutes et, dans ces situations, il faut pouvoir mobiliser tout l’arsenal thérapeutique. Pour certains patients, on a besoin de souplesse », estime Chantal Belorgey, directrice des recommandations, des médicaments et de l’expertise à l’INCa.

Risque d’un accès inéquitable aux traitements innovants, menace du système de santé: les prix des médicaments anti-cancer jugés « exorbitants » sont cette fois la cible des cancérologues qui ont lancé une pétition mardi pour demander l’instauration d’un « juste prix ».

« De nombreuses innovations thérapeutiques apparaissent dans le domaine du cancer. (…) Pourtant, le coût d’abord croissant et maintenant exorbitant de ces innovations risque fort de compromettre ces espoirs », écrivent Dominique Maraninchi, ancien président de l’Institut national du cancer et Jean-Paul Vernant, auteur des recommandations du 3e Plan cancer, dans une pétition signée par 110 médecins publiée mardi par Le Figaro.

En 2014, le Gleevec, traitement contre la leucémie myéloïde chronique, coûtait en France entre 27.000 et 40.000 euros selon la dose prescrite, indique l’association La Ligue contre le cancer.

Le coût du Keytruda, l’une des dernières molécules contre le traitement du mélanome, est estimé à plus de 100.000 euros pour chaque patient traité.

Dès décembre, le Professeur Vernant dénonçait l’inflation des prix.

« En 2004, les médicaments contre le cancer représentaient 24 milliards de dollars; en 2008, 40 milliards; en 2014, 80 milliards sur un total de 650 milliards du coût des médicaments », précisait-il. « Si l’inflation n’est pas contenue, en 2020, ils représenteront 155 milliards de dollars, soit un doublement en six ans », prévenait-il.

L’augmentation des coûts de ces traitements est liée à la multiplication des thérapeutiques « ciblées ».

Autrefois, un seul médicament traitait des dizaines de milliers de patients. Aujourd’hui, les avancées scientifiques, qui identifient toujours plus précisément les types de cancers ou de tumeurs, conduisent à la mise au point de molécules s’adressant à des « sous-groupes de malades » qui se comptent parfois en quelques dizaines.

– ‘Indécence’ –

« Quand un médicament est efficace, est-il logique que l’industrie demande un prix colossal pour son efficacité? Il est normal qu’un médicament soit efficace », a déclaré à l’AFP le Pr Vernant. « C’est d’une indécence colossale. Aucune industrie n’a le culot de se prévaloir de cela ».

« Et le risque est que le système explose. Les Anglais commencent déjà à dérembourser certains médicaments », note-t-il.

Ces traitements innovants pourraient à terme menacer l’équilibre financier du système de santé, a récemment estimé Agnès Buzyn, présidente de la Haute autorité de santé.

Le directeur général de l’Assurance maladie, Nicolas Revel, notait en juillet 2015 que le principal défi pour les trois prochaines années était « de permettre à notre pays de pleinement bénéficier des avancées thérapeutiques (…) sans rationner l’accès à ces nouvelles thérapies, sans augmenter les restes à charge sur les assurés mais sans renoncer non plus à réduire nos déficits sociaux ».

L’objectif est d’autant plus difficile à tenir que « les demandes de prix des fabricants vont parfois au-delà de l’acceptable », observait-il alors.

En 2015, le coût global de la prise en charge des traitements anticancéreux a représenté 10% des dépenses de l’Assurance maladie contre 6,6% en 2007, selon La Ligue.

Le coût des innovations pose une question « légitime » mais « ne peut être dissocié des transformations profondes du système de santé qu’elles induisent » et des économies qu’elles rendent possibles, en réduisant les hospitalisations par une hausse des prises en charge à domicile, a réagi le Leem, l’organisation représentant le secteur pharmaceutique en France.

– Débat sur la R&D –

Les cancérologues dénoncent une diminution du coût de la recherche-développement (R&D) dans le secteur pharmaceutique, qui représenterait selon eux environ 15% du chiffre d’affaires des industriels, contre plus de 25% pour les dépenses en marketing.

Toutefois selon Loïc Plantevin, directeur du pôle santé France de la société de conseil Bain and Cie, le coût de développement moyen d’un médicament innovant a augmenté ces dernières années et se situerait « au-delà du milliard d’euros », en raison de défis scientifiques plus importants et une réglementation plus exigeante.

« La R&D représente environ 20% du chiffre d’affaires » dans le secteur, « un chiffre à peu près stable sur les dernières années », et « les laboratoires les plus innovants en oncologie ont les taux de R&D les plus élevés », selon lui.

Les cancérologues proposent « de définir un juste prix pour les médicaments du cancer, basé sur les sommes investies par les industriels pour la R&D du produit », auquel « s’ajouterait un retour sur investissement raisonnable ».

Le maintien de soins de qualité et l’accès à l’innovation suppose « que les prix des traitements innovants soient maîtrisés », a noté l’entourage de la ministre de la Santé. « Marisol Touraine a déjà officiellement mobilisé ses homologues au niveau international » et « cette initiative doit se poursuivre », souligne-t-on.

Cancer : le prix des médicaments en plein boom

Les plus grands cancérologues de France lancent un cri d’alarme. Le prix des médicaments explose.

FRANCE
Francetv info

Le prix des médicaments pour lutter contre le cancer ne cesse d’augmenter. Les plus grands cancérologues de France s’inquiètent car certains médicaments pourraient ne plus être remboursés. Ils dénoncent la volonté des laboratoires pharmaceutiques de vouloir faire toujours plus de profit.
Pour soigner un malade, la facture peut grimper jusqu’à 30 000 euros par an. Ce sont l’ensemble des traitements qui sont concernés par cette flambée des prix. Par exemple, le Keytruda, qui permet de lutter contre le mélanome, peut lui coûter jusqu’à 100 000 euros par an.

Multipliés par sept d’ici 2020

« L’industrie pharmaceutique est l’industrie qui génère le plus de bénéfices au monde. Il faut savoir que les bénéfices de l’industrie pharmaceutique sont largement supérieurs à ceux de l’industrie du luxe », explique le professeur Jean-Paul Vernant, hématologue à la Pitié-Salpêtrière, face à la caméra de France 3. Les prix des traitements devraient être multipliés par sept entre 2004 et 2020.

Cancer : le prix des médicaments en plein boom

Cancer : le prix des médicaments en plein boom

 ©Photo:

Le prix des médicaments pour lutter contre le cancer ne cesse d’augmenter. Les plus grands cancérologues de France s’inquiètent car certains médicaments pourraient ne plus être remboursés. Ils dénoncent la volonté des laboratoires pharmaceutiques de vouloir faire toujours plus de profit.Pour soigner un malade, la facture peut grimper jusqu’à 30 000 euros par an. Ce sont l’ensemble des traitements qui sont concernés par cette flambée des prix. Par exemple, le Keytruda, qui permet de lutter contre le mélanome, peut lui coûter jusqu’à 100 000 euros par an.

Multipliés par sept d’ici 2020

« L’industrie pharmaceutique est l’industrie qui génère le plus de bénéfices au monde. Il faut savoir que les bénéfices de l’industrie pharmaceutique sont largement supérieurs à ceux de.l’industrie du luxe »..

L’appel de cancérologues pour réduire le coût des traitements

media Siège du géant pharmaceutique Sanofi. AFP PHOTO ERIC PIERMONT

Ils sont 110 à s’attaquer à l’une des industries les plus puissantes du monde. Celle des médicaments. Ces cancérologues français ont lancé mardi 15 mars un appel contre le prix jugé exorbitant de certains médicaments de lutte contre cancer, parfois jusqu’à 100 000 euros par an et par patient. Selon ces médecins, l’immense majorité du prix de vente ne serait en fait que du pur bénéfice pour les laboratoires.

L’industrie des médicaments rapporterait encore plus de bénéfices que l’industrie du luxe. C’est ce qu’affirme le professeur d’hématologie Jean-Paul Vernant, l’un des 110 pontes de la médecine à dénoncer le prix du traitement des cancers : « Il n’y a pas d’industrie au monde qui génère plus de bénéfice que l’industrie pharmaceutique. En 2012, LVMH a fait 11,5% de son chiffre d’affaires en bénéfice. Sanofi a fait 23%… »

Pour leur défense, les laboratoires invoquent des coûts importants de recherche et développement pour créer un nouveau médicament. Faux, selon le professeur Vernant. Ce serait même les Etats qui financeraient la plus grande partie des découvertes : « Grâce aux progrès des techniques de biologie moléculaire et de séquençage, les laboratoires de recherche publics, académiques, étudiant les cellules de cancer, ont trouvé une anomalie génétique, moléculaire. Cette connaissance est reprise par l’industrie pharmaceutique qui, connaissant l’anomalie à cibler, va trouver la flèche atteignant cette anomalie. Donc ce ne sont plus des recherches aveugles, c’est une recherche orientée, beaucoup plus simple. »

Et donc beaucoup moins coûteuse. Pourtant, le prix de vente, lui, ne cesse d’augmenter. Les cancérologues veulent désormais jouer carte sur table avec les laboratoires pour trouver un juste prix.

«L’urgence de maîtriser les prix des nouveaux médicaments contre le cancer»

Par figaro iconDominique Maraninchifigaro iconJean-Paul Vernant
TRIBUNE – Lançant un appel de cent dix signataires*, les cancérologues Dominique Maraninchi et Jean-Paul Vernant avancent des pistes pour réduire l’inflation des prix pratiqués par l’industrie pharmaceutique.

De nombreuses innovations thérapeutiques apparaissent dans le domaine du cancer. Certaines offrent aux malades des espoirs de survie plus longue et d’une meilleure qualité de vie. Pourtant, le coût d’abord croissant et maintenant exorbitant de ces innovations risque fort de compromettre ces espoirs.

À travers des pétitions et des articles, des médecins américains spécialistes du cancer ont exprimé leurs inquiétudes devant les prix de ces innovations, s’émouvant de les voir passer de 10.000 à plus de 120.000 dollars par patient et par an en une quinzaine d’années. De fait, des dizaines de millions d’Américains qui ne bénéficient ni d’une aide de l’État ni d’une assurance santé personnelle ne peuvent déjà plus profiter de ces progrès thérapeutiques. Quant à ceux qui sont pourtant détenteurs d’une assurance santé, ils peuvent néanmoins avoir à s’acquitter d’un «reste à charge» de 25.000 à 30.000 dollars par an, soit la moitié du revenu moyen des ménages aux États-Unis.

«De façon paradoxale, les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur R&D a diminué»

Le régime de santé solidaire dont nous bénéficions en France met pour l’instant les patients à l’abri. Mais pour combien de temps? Et jusqu’à quel niveau d’inflation des prix? Longtemps, l’industrie pharmaceutique a calculé le prix d’un médicament en fonction de l’investissement qu’elle avait consacré à la recherche et au développement (R&D) de celui-ci. Or, aujourd’hui, de façon paradoxale, les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur R&D a diminué. En effet, alors que les anciens traitements du cancer étaient souvent issus de longs et difficiles screenings plus ou moins systématiques, les nouvelles molécules commercialisées par les industriels visent des cibles définies a priori, et le plus souvent fournies par la recherche publique.

Par ailleurs ces nouveaux traitements bénéficient d’autorisations de mise sur le marché (AMM) très rapides, donc leur temps de développement est beaucoup plus court qu’auparavant. Ainsi, la charge de la R&D ne suffit pas à justifier les prix très élevés de ces nouveaux traitements. D’ailleurs, les comptes de l’industrie pharmaceutique eux-mêmes confirment cette faible charge, où en moyenne 15 % du chiffre d’affaires de la branche est allouée à la R&D contre plus de 25 % pour les dépenses de marketing, et des marges bénéficiaires annoncées excédant 15 %.

«Les prix des nouveaux traitements du cancer sont déterminés par l’idée que les industriels se font de ce que les marchés sont capables de supporter»

Mais, se défend l’industrie pharmaceutique, ces prix sont à la hauteur de l’efficacité des traitements et de l’amélioration des services rendus, un investissement pour de moindres dépenses, en quelque sorte. Outre que beaucoup de ces innovations ne présentent pas un bénéfice qui justifie de telles assertions, on peut se demander si, même quand l’efficacité est majeure, cela autorise en soi de tels excès. Le prix des antituberculeux apparus au milieu du XXe siècle n’a heureusement pas été défini en fonction des années de sanatorium et des morts évitées


En réalité, les prix des nouveaux traitements du cancer sont déterminés par l’idée que les industriels se font de ce que les marchés sont capables de supporter. Cela explique les écarts de prix très importants observés d’un pays à l’autre et permet également de comprendre pourquoi l’Imatinib (Glivec®), traitant de façon très efficace la leucémie myéloïde chronique a vu son prix passer aux États-Unis en quinze ans de 30 000 à 90 000 dollars par an, sans que le service médical rendu ait été amélioré.

Au Royaume-Uni des traitements pourtant efficaces sont aujourd’hui déremboursés à cause des dépenses qu’ils engendrent.

«Des menaces réelles pèsent sur l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers»

Face à l’inflation des prix pratiqués par des laboratoires pharmaceutiques enclins à optimiser leurs gains, des menaces réelles pèsent sur l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers, comme sur la pérennité de notre système de santé solidaire, d’autant que cette inflation déborde maintenant largement le champ du cancer et touche d’autres médicaments innovants comme ceux de l’hépatite C.

Ces menaces sont suffisamment graves pour que les cancérologues et les hématologues manifestent leur préoccupation extrême auprès des pouvoirs publics et proposent notamment:

– de définir un juste prix pour les médicaments du cancer, basé sur les sommes investies par les industriels pour la R&D du produit (en tenant compte des apports fournis par la recherche académique), auquel s’ajouterait un retour sur investissement raisonnable, éventuellement défini a priori ;

– de rendre le système d’arbitrage des prix plus démocratique et transparent, en y associant de façon structurelle des représentants des patients et des professionnels ;

– de ne plus accepter les extensions de durée des brevets que la rapidité du développement des nouvelles thérapeutiques ne justifie pas ;

– d’autoriser, comme cela existe déjà pour les traitements du sida et des infections opportunistes, l’utilisation de licences obligatoires pour les pays en développement, qui leur permettent la production et l’utilisation de génériques avant même que les brevets ne tombent dans le domaine public.

La liste des 110 signataires: L. Ades, F. André, T. André, M. Attal, M. Bagot, A. Baruchel, J.O. Bay, F. Bertucci, D. Blaise, N. Boissel, J. Bonneterre, D. Bordessoule, P. Bougnoux, D. Bouscary, R. Bugat, J.Y. Cahn, F. Calvo, M. Campone, S. Castaigne, M. Cavazzana, C. Chabannon, F. Chauvin, M.P. Colombat, C. Cordonnier, S. Culine, E. Deconinck, A. Delmer, H. Dombret, J.Y. Douillard, J.B. Dubois, M. Ducreux, F. Duffaud, C.Durdur, A. Eggermont, F. Eisinger, M. Espié, T. Facon, F. Fenaux, J.M. Ferrero, P. Feugier, A. Fischer, G. Freyer, P. Fumoleau, G. Ganem, C. Gardin, S. Giraudier, J. Gligorov, A. Goncalves, P. Guardiola, D. Guyotat, E. Gyan, C. Haïoun, J.L. Harousseau, O. Hermine, M. Hunault, N. Ifrah, A. Jaccard, P.Kerbrat , J.L. Lagrange, T. Lamy, G. Laurent, P. Laurent-Puig, V. Leblond, S. Legouill, F.X. Mahon, D. Maraninchi, G. Marit, J.P. Marolleau, J.J. Mazeron, J. Mazières, M. Michallet, L. Mignot, N. Milpied, J.L. Misset, M. Mohty, P. Moreau, F. Morschhauser, S. Nguyen-Quoc, S. Oudard, R. Peffault de la Tour, J.M. Phelip, T. Philip, A. Pigneux, X. Pivot, J.L. Pujol, H. Roché, P. Rousselot, S. Salas, G. Socié, M. Schneider, J.F. Seitz, H. Sobol, F. Suarez, J. Taïeb, C. Thieblemont, A. Thyss, H. Tilly, J.M. Tourani, O. Tournilhac, V. Trillet-Lenoir, N. Tubiana-Mathieu, A. Turhan, B. Varet, P. Verrelle, J.P. Vernant, N. Vey, P. Viens, E. Wattel, M. Ychou, R. Zittoun.

Cancer : l’épineuse question du prix des traitements

Le Monde.fr Sandrine Cabut (Chicago, envoyée spéciale)

General Electric Medical Systems (GEMS) est spécialisée dans les équipements d'imagerie médicale.

Grand-messe de la cancérologie, le congrès de l’Association américaine d’oncologie clinique (ASCO), qui s’est achevé le 3 juin à Chicago, a été l’occasion d’annonces scientifiques, mais aussi plus politiques. Le professeur Fabien Calvo, directeur général adjoint de l’Institut national du cancer (INCa), et directeur de son pôle Recherche et innovation, a répondu aux questions du Monde.

Le congrès de l’ASCO, qui vient de s’achever à Chicago, porte avant tout sur les innovations thérapeutiques, mais cette année de nombreuses communications ont été consacrées à des sujets médico-économiques. Quels sont les plus importants ?

Avec l’explosion des coûts des médicaments, en particulier les thérapies ciblées et l’immunothérapie, les questions économiques deviennent cruciales. Pour la première fois cette année, les études comparant deux traitements et concluant à une efficacité comparable ou voisine prennent en considération la question de leurs coûts dans la réflexion sur les stratégies thérapeutiques à adopter. Elles doivent être positionnées dans le cadre global de notre capacité à gérer de manière équitable et sur le long terme nos dépenses de santé.

Par exemple, pour les traitements hormonaux des cancers du sein, le rapport coût bénéfice de traitements comme l’exemestane, les autres inhibiteurs de l’aromatase ou celui du plus ancien des anti-oestrogènes, le tamoxifène, sont mis en perspective en prenant en compte la durée des traitements, leurs effets secondaires, la qualité de vie…. La recherche publique doit se pencher sur ces aspects de la prescription et réévaluer le bénéfice des innovations en incluant des critères économiques, sans perdre de vue les aspects sociaux.

>> Lire aussi le débat (édition abonné) : Cancérologie : pistes croisées

La situation est plus épineuse encore avec les produits de thérapie ciblée et d’immunothérapie. Ainsi l’ipilimumab [Yervoy, laboratoire BMS] coûte 80 000 euros pour quatre injections. Or, il n’est efficace que chez un malade sur cinq, on devrait être tenté de pousser la recherche pour identifier qui seront les bons répondeurs à ce médicament. De même, il faudrait déterminer la durée optimale de prescription de cet anticorps monoclonal, pour des raisons financières mais aussi médicales, car il a une forte toxicité.

Ces évaluations doivent être menées de façon partagée entre la recherche publique et les laboratoires pharmaceutiques, chacun ayant la responsabilité de ne pas bloquer le système et de permettre un accès juste aux médicaments innovants. Comme la plupart des institutions publiques, l’INCa n’a pas seul les moyens de financer ce type de recherche.

Les pays même riches peuvent-ils continuer à payer des traitements dont le coût se chiffre en centaines de milliers d’euros ?

Il y a sûrement d’autres modèles de fixation des prix des médicaments à inventer, des modèles économiques à tester pour assurer la pérennité de notre système social et son équité pour des coûts supportables par l’Assurance maladie. D’autant que les pouvoirs publics participent à la recherche clinique, et les patients aussi.

Par exemple, le Glivec [une thérapie ciblée mise au point par le laboratoire Novartis] a initialement obtenu un prix élevé, 1100 euros, car il était destiné à la leucémie myéloïde chronique, une tumeur rare qui concerne 800 nouveaux patients chaque année en France. Mais ce médicament s’est révélé tellement efficace que désormais 10 000 malades en prennent dans notre pays : est-il légitime de le laisser au même prix ? Pour les nouvelles classes bientôt sur le marché, comme les anticorps anti PD-1 qui restaurent l’immunité antitumorale, de nombreuses molécules ont été développées par différents laboratoires ce qui devrait amener à réguler les prix. L’effet collatéral de cette concurrence est que d’autres champs d’investigations sont négligés, ce qui n’est pas dans l’intérêt des patients.

Qu’en est-il dans les pays en voie de développement ?

Les cancers sont aussi en forte augmentation dans les pays en voie de développement mais la question reste d’abord celle de l’accès au diagnostic et aux soins. Ils sont à des années-lumière de la thérapie ciblée.

La situation est particulièrement emblématique pour les cancers pédiatriques. Dans les pays riches, leur taux de guérison est de 80 %, et les 20 % d’échecs sont insupportables. Dans les pays en voie de développement, c’est l’inverse : 80 % des enfants meurent car ils n’ont même pas accès à un diagnostic et une prise en charge. Pourtant, en pédiatrie, les traitements des cancers reposent surtout sur des chimiothérapies classiques, dont le coût est abordable.

Il existe quelques initiatives des pays riches, aux Etats-Unis en France et ailleurs en Europe, pour aller aider les pays en voie de développement dans ce domaine, mais il faudrait des efforts et une coordination internationale, comme dans la lutte contre le sida.

>> Et aussi, nos articles sur le congrès de l’Asco : Cancer : des solutions pour améliorer la qualité de vie des malades / Cancer : nouvelle avancée pour les enfants atteints de tumeurs cérébrales

La lutte contre le cancer malade de la fièvre des prix des médicaments

  Eric Favereau

Oncologues américains et français dénoncent l’inflation injustifiée du coût des traitements vendus par les laboratoires pharmaceutiques.

«On ne peut plus continuer, le système va exploser», met en garde le professeur Jean-Paul Vernant dans son petit bureau de la Pitié-Salpêtrière. Ce cancérologue, avait été, en 2013, l’auteur du rapport préfigurant le quatrième plan national contre le cancer, centré sur la lutte contre les inégalités. Alors que se tient ce jeudi la Journée mondiale contre le cancer, ce médecin semble un peu perdu. Voilà des mois que lui et quelques autres s’alarment de l’explosion des prix des traitements contre cette maladie. La directrice de l’Institut national contre le cancer (Inca), Agnès Buzyn, qui va prendre ces jours-ci la direction de la Haute Autorité de santé, ne dit pas autre chose : «C’est le paradoxe, on a des médicaments qui marchent de mieux en mieux, mais nous ne pourrons plus continuer à les rembourser à des prix aussi élevés. Il faut imaginer collectivement un nouveau système pour faire baisser les prix. Car à terme, cela ne sera plus tenable financièrement.»

Le mois dernier, c’est la Ligue nationale contre le cancer qui, dans un appel solennel, a lancé la fronde : «Nous sommes face à des prix injustes et exorbitants des médicaments innovants qui menacent notre système de santé et créent des inégalités entre les malades.»

Les prix s’emballent

Le constat est impressionnant. Dans le monde, le coût des médicaments contre le cancer représentait en 2004 24 milliards de dollars (21,7 milliards d’euros). En 2008, 40 milliards. Et en 2014, 80 milliards sur les 650 milliards de dollars du coût global des médicaments. Si rien n’est fait, en 2020, ils représenteront 155 milliards de dollars, soit un doublement en six ans. Un exemple : «La prochaine molécule qui devrait arriver en France contre le traitement du mélanome, appelée Keytruda, coûterait plus de 100 000 euros par an pour chaque patient traité», précise la Ligue. «100 000 euros de traitement, c’est trois fois le revenu moyen d’un ménage en France. Cela pose un problème économique, éthique et d’équité», dit Franck Chauvin, administrateur de la Ligue.

Pourquoi cette explosion des tarifs ?

Hier, schématiquement, ce qui définissait le prix d’un médicament était le coût de la recherche et du développement pour le concevoir. «Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, la recherche, c’est moins de 15 % des budgets, le marketing représentant au moins le double», fait remarquer Jean-Paul Vernant. Nous sommes dans une autre logique. Les «big pharma» (les grandes industries pharmaceutiques) justifient le prix proposé par le service rendu par leurs produits. Exemple : le laboratoire américain Gilead, qui a proposé des nouveaux médicaments contre l’hépatite C, met en avant le fait que ses molécules vont éviter des cirrhoses, des cancers du foie et des hospitalisations. «C’est une logique absurde», tempête le professeur Vernant. «Si un tel raisonnement avait été tenu il y a quelques années, le prix du vaccin contre la polio aurait été énorme.»

Deuxième critère : le prix est lié à la capacité de payer de celui qui achète. Pour dire simplement, plus le pays est riche, plus le patient peut payer pour quelques mois de vie en plus.

Exemple de ces dérives : une molécule pour une forme particulière de leucémie a été mise sur le marché, il y a cinq ans, au prix de 30 000 dollars par an et par patient. En 2015, elle est vendue 80 000 dollars aux Etats-Unis. «Cette hausse n’a aucune autre raison que le fait que le patient peut payer», s’alarment des oncologues américains dans un texte commun. Parallèlement, les outils de production se sont simplifiés. «Avant, les nouvelles molécules coûtaient très cher à produire, raconte le professeur Vernant. On en expérimentait beaucoup, il y avait un temps de développement très long. Maintenant, cela va vite. Des laboratoires, bien souvent publics, font des séquençages de la tumeur, puis pointent des anomalies moléculaires et définissent des cibles. La firme arrive alors, et peut vite construire chimiquement une molécule.» Dans ce contexte, est-ce un hasard si les bénéfices des plus grands groupes pharmaceutiques ont doublé en cinq ans ?

Que peut-il se passer ?

Paradoxalement, le premier vent de révolte est venu des Etats-Unis. L’année dernière, une centaine d’oncologues américains – la plupart ayant pourtant des liens d’intérêt avec les big pharma – ont lancé une pétition pour exiger une «baisse des prix» des anticancéreux. En France, la Ligue contre le cancer est montée au créneau en décembre, appelant à une «régulation immédiate». Le Leem, le syndicat qui représente les entreprises du médicament, a répondu, bon prince, en se disant prêt à ouvrir le débat. Les autorités sanitaires anglaises ont, elles, tranché : elles ne prennent plus en charge certains médicaments.

Pour Agnès Buzyn, auditionnée la semaine dernière à l’Assemblée nationale, faire le dos rond est suicidaire : «Il est absolument nécessaire de s’engager dans une réforme des outils et des procédures d’évaluation.» Et si, au passage, les cancérologues français se réveillaient comme leurs confrères américains ?

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Commentaires

louis  •                                       L’homme est un loup pour l’homme et SANOFI est un loup pour l’homme ….. Lorsque l’on voit les salaires pratiqués dans le groupe SANOFI et les bénéfices/bonus qu’ils distribuent et que l’on compare par rapoort aux salaires des chercheurs et professeurs de l’APHP, onpeut juste espérer qu’un jour tout les médicaments tombent dans le domaine public !!!!

  • Thimoleon Nul doute, Il en reste des Bastilles à prendre !

    babrius –          c’est bon pour les actionnaires   surtout ceux atteints de cancer          

    c’est bon pour les labos qui n’ont pour but que le bonheur de leurs patients
    c’est moins bon pour la sécu qui se fait vampiriser

  • Hugo G  •                          responsabilité des lobbys pharmaceutiques,corruption de l’Agence du Médication mais…que fait donc notre ministre de la santé ? elle glande
  • Leovigild  •                        Rien de surprenant. Ils font des pages d’articles pour nous vanter les mérites du progrès médical, du progrès en général, le fait de faire vivre l’humain au delà de 300 ans. Mais ils ne précisent jamais que cela concernera le plus riche, surtout l’un de ceux qui parasite bien les autres, histoire qu’on le supporte sur des générations. Mais parallèlement on continue de produire des produits toxiques qui limiteront l’espérance de vie du reste de la population à l’âge de sa retraite.
  • Elodie  •                            « Les prix des nouveaux produits explosent alors que le coût de leur R&D a diminué ». Tout est dit.
  • olivier d  •                         Oui hélas maxi euro… Pour les labos… Et pour nous de plus en plus de mal à se faire soigner.
  • marie chanel  •                Si les gens payaient comme avant les prix seraient raisonnables , c’est le système sécu qui pousse les profiteurs à monter les prix :c’est tout le monde qui paye donc c’est personne.
  • holott  •                             Le rôle de l’état est de protéger les citoyens en mutualisant les efforts de santé.
    Certains médicaments devraient échapper à toutes formes de brevets propriétaires et être produits de façon générique.
    Il en va de la santé et des impôts des citoyens!
  • Le Z  •                                  Dans le cas des médicaments « biologique » (qui se termine par « mab », monoclonal antibody), le cout de fabrication est très élevé.
    Pour le Keytruda (pembrolizumab) la molécule n’est pas synthétisée artificiellement, il faut élever des souris modifiées génétiquement et les tuer pour en extraire la molécule voulue et encore c’est quand on peut utiliser des souris… Un laboratoire indien a essayé de copier un autre anticorps monoclonal sans payer les droits, le cout était d’environ 500$ pour le traitement total. Largement moins cher que le médicament du laboratoire d’origine qui était vers les 5000$.
  • holott  •                                    Et on attend toujours la mise sur le marché du Sativex pour ceux atteints de SEP…
    Démission effarante devant les lobbies pharmaceutiques!
    OC  •                                       La grande bouffe ….!!
    • Jacques Aubin 

      Comme le rappelait encore ces jours-ci le docteur Irène Frachon, de Brest, cette femme exceptionnelle du combat contre le Médiator, les laboratoires pharmaceutiques sont un lobby extrêmement puissant, très organisé, qui bénéficie de moyens financiers énormes et qui impose au monde médical ses produits, ses tarifs, par une emprise totale. Là où il y a des groupes aux moyens financiers imposants, les politiques ne sont jamais loin et subissent des pressions, pour que le législateur ne change surtout rien au système…
      Et voilà, la boucle est bouclée. Des médicaments hors de prix rapportent beaucoup d’argent aux laboratoires qui peuvent continuer ainsi à exercer un pouvoir total dans le monde de la santé en France. Là aussi, il y a un gigantesque coup de pied à donner.

  • jacqueline braire 

    Ce sont les résultats des réformes de la santé qui se succèdent en laissant de plus en plus ce secteur au marché ! Bientôt, nous aurons une médecine pour les riches qui pourront se payer des traitements innovants et des miettes pour les autres, autant dire que la durée de vie va continuer à baisser déjà qu’une partie des français précarisée ou des retraités renoncent à se soigner…Vous me direz que cela fera toujours moins de pensions à distribuer vu que les baisses ou les exonérations de cotisations sociales accordées à n’importe qui sans contrôle sur leur efficacité au niveau emploi contribuent largement à assécher les caisses de la sécurité sociale.

  • oupsmenteurs   j ‘étais décisionnaire de rien dans un établissement hospitalier, et pourtant comme je travaillais en pharmacie intérieure, à force de refuser les cadeaux un jour avant de partir je me dis ok pourquoi pas ! et là un labo m’ a juste demandé d’aller faire ma commande  dans magasin high tech et moins d’ une semaine plus tard le directeur du commerce me dit « votre commande est prête » le lendemain j’ouvre mon coffre et merci. Pourquoi tout cela simplement qu’à chaque fois qu’un commercial non pardon (un visiteur médical) passais dans notre établissement les protocoles changeaient, le traitement aussi. J’ai bien compris que c’était juste pour que je ferme ma BOUCHE, du reste qui était distribué. A que les colloques dans de beau pays et autre visite de production sont utiles au médecin. C’est sur en 8 ans les choses ont changé. . . . . . . . . Moi je suis parti de ce monde étrange.
  • Casper LITTLE @lil46:                                   Les cadeaux se sont pratiqués il y a une quinzaine d’années, mais aujourd’hui aucun labo ne s’y risquerait vu les sanctions possibles. Vous parlez sans connaitre et encore moins concernant les soit-disant coûts de marketing.

  • Jean KIRI           Il faut savoir si l’on veut soigner tous les cancéreux, le médicament doit être alors à son juste prix ou si l’ on préfère verser des dividendes aux actionnaires…
  • california42         Ces médicaments sont onéreux, sont-ils efficaces?
  • TimesSquare     Une belle hypocrisie que cette histoire de prix .. ne sont-ils pas fixés par le gouvernement qui a toute latitude de dire non.
  • lil46 @Caper LITTLE                         Apparemment les cadeaux se pratiquent (voir Nellio59); d’ailleurs c’est connu. Expliquer l’intérêt d’une molécule à des médecins déjà formés ne nécessite pas des budgets marketing considérables. Il ne faut pas défendre l’indéfendable.

  • Alain PRIVAT @Casper Little:                        Ce que vous écrivez à propos des cadeaux aux médecins est théorique, et faux. Il existe des dizaines de façons de les rémunérer en tournant la loi Kouchner.
    Quant à la communication médicale, on en a vu un bel exemple avec le MEDIATOR qui était recommandé par les visiteurs médicaux et dans les EPU par les gens de SERVIER comme un coupe-faim !Evidemment cela ne paraissait pas dans le « mode d’emploi » !

  • gigognan s           Quelle est la relation entre le prix de vente d’un médicament et son « prix de revient » propre. La gestion d’une entreprise est un tout, avec des succès et des échecs à compenser. Il est certain que c’est le bénéfice global qui est recherché, et d’après le niveau des dividendes je n’ai pas l’impression qu’il soit si abusif que cela; il est certain que le vendeur raisonne sur la valeur du service rendu par le produit, qu’il est nécessaire de confirmer; c’est le seul domaine où les signataires sont peut-être compétents; et ils doivent comparer le prix de revient d’un traitement nouveau efficace par rapport à son prédécesseur.
  • penru                           La vraie question à se poser est de savoir comment est fixé le prix des médicaments en France! Messieurs les journalistes, voici un bon sujet d’investigation et surtout ne vous contentez pas de la version officielle… Il faut partir du ministère des finances qui tente d’attribuer une dépense annuelle pour le remboursement des médicaments, aller fouiller à la Santé pour mettre à jour les pourparlers de partage du gateau entre les labos et terminer par la « cuisine » entre ces derniers… Alors on comprendra mieux les inepties, les incohérences, les déremboursements, les intérêts commerciaux qui se transforment en une véritable guerre dont les malades seront les victimes… Osez, un peu de courage!!!
  • Kalachnikov        Demandez à M. Crozemarie , un expert en gestion du budget de la lutte contre le cancer !!!!
  • Casper LITTLE @lil46:                                Les cadeaux aux médecins sont strictement interdits et il est même interdit de leur payer un billet d’avion en business s’ils viennent présenter des résultats cliniques dans un congrès aux USA, tout comme il est interdit de leur payer un repas dans un bon restaurant. Mettez vous à la page. Quand au marketing, c’est de la communication médicale, il faut travailler avec les médecins afin qu’ils comprennent le principe de la nouvelle molécule sa prescription, son dosage etc, ce n’est pas de la pub pour voiture, mais de la formation continue en médecine. Un médicament ne se prescrit pas en lisant le mode d’emploi !

  • lolypop        Bravo à ces médecins ; l’industrie pharmaceutique va trop loin ;
  • lil46             Aucun doute qu’il y a des abus dans les laboratoires pharmaceutiques. Et certains médecins sont complices à cause ses cadeaux offerts par ces mêmes labo (une pratique qui devrait être interdite). 30% de dépenses de marketing ? Pourquoi ? Si le médicament est efficace, ces dépenses sont inutiles.
  • TA55                la seule réponse à l’ industrie est la création d’ un prix européen de ces molécules pour être efficace vis à vis du laboratoire et ne pas priver certains patients du traitement nécessaireplus de courage moins de démagogie et de populisme, mme la ministre

  • Paoli Calmettes                « Pendant longtemps on a payé un médicament plus de 600 euros et puis du jour au lendemain on est tombé à 15 euros parce que la sortie du générique approchait »Extrait du débat public de l’IPC sur le coût des médicaments innovants.

    A.W.                                   M.Spaeir, où avez vous pris cette stat. de taux de survie. Naiveté certainement ! Quand on inclut les  » faux cancers », c’est sur que les guérisons sont plus nombreuses. Les dépistages servent justement a cela. Aujourd’hui, on vous opère pour un oui ou un non si on décèle soi-disant une tumeur cancéreuse ou de la chimio. Business et coût exhorbitant sur les systèmes de santé qui sont en banqueroute. Sauf pour les lobbys médicamenteux et praticiens. On meurt d’un vrai cancer encore aujourd’hui   Le traumatisme M. Spaier n’est pas là ou vous le croyez. Vous n’êtes pas médecin ,moi non plus. Par contre depuis plus de 40ans, j’entends les mêmes mensonges et je vois les gens mourir rapidement après une  » chimio ». avancées sur quoi ? Mitterrand est décédé suite à un cancer par exemple. Ralph Steiman, le comble un Nobel de médecine décédé d’un cancer avant même d’avoir reçu son prix en 2011. Il était en plus un spécialiste de l’immunologie. Je pourrais continuer à citer beaucoup de cas !

    gilles SPAIER                   Malheureusement, le cancer atteint de plus en plus de monde. Donc, toutes les références individuelles que vous pourriez me citer ne constituent qu’un tout petit échantillon sur le plan statistique. je connais des veuves dont le mari est mort d’un cancer. Un très bonne amie à moi a réchappé d’un cancer du sein. Le mari d’une de mes collègues se bat en ce moment contre un cancer. Il n’empêche, sur 1000 cancéreux le taux de survie 10 ans après est nettement + élevé qu’il y a 30 ans.

    A.W.                                 Cela fait 40ans que j’entends ou lis , qu’on fait des progrès contre le cancer. Dans les faits aucune avancée.. des mensonges scientifiques La chimio  » L’ARME DE DESTRUCTION MASSIVE » est employée pour envoyer plus vite au cimetière les  » VRAIS CANCEREUX ». Quant aux  » FAUX CANCEREUX », ils guérissent d’eux-mêmes. On emploie des appareils couteux de prévention, d’imagerie, que sais-je…tout cela pour faire croire que l’on avance. UN VRAI CANCER EST INGUERISSABLE…les plus riches en meurent

    gilles SPAIER                     On peut penser que vous avez subi un traumatisme, à lire la violence de votre réaction. Cela n’empêche qu’il faut raison garder. Quantité de situations différentes se retrouvent sous le mot cancer. Un même cancer a plusieurs stades par exemple. heureusement que des milliers de personnes en France survivent de nombreuses années après avoir vécu le traumatisme d’un vrai cancer, (tumeur avec prolifération de cellules anormales). Vos assertions sont donc fausses.

     joelle koenig            Il va bien falloir se décider à aborder le pb de la santé autrement qu ‘en termes de médicaments hors de prix comme LA solution à tous les maux. En particulier se préoccuper de la pollution, de l’alimentation.. Le nombre de diabétiques est faramineux aux USA. Qu ‘cela ne tienne les médecins leur donnent des pilules. et ils continuent à se jeter sur le coca, les sodas qui ont de belles couleurs,. les desserts, cookies etc. etc. je trouve cela monstrueux. Même pb pour le cancer.

    Libéral Décomplexé     Le plus simple est de faire réellement payer les patients et de ne pas se reposer uniquement sur l’assistanat.

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