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Loi travail : la droite dénonce le « recul » et « l’immobilisme » du gouvernement

Le Monde

Alexandre Lemarié 

Sans surprise, les ténors des Républicains sont vent debout contre les modifications apportées par le gouvernement au projet de réforme du Code du travail.

Pour le député LR François Fillon, la nouvelle version du projet de loi travail a été écrite sous la pression des organisations les plus conservatrices. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Pour le député LR François Fillon, la nouvelle version du projet de loi travail a été écrite sous la pression des organisations les plus conservatrices. «L’immobilisme est en marche et rien ne l’arrêtera». En citant Edgar Faure, François Fillon a donné le ton des réactions à droite, après les modifications apportées par le gouvernement au projet de réforme du Code du travail. Sans surprise, les ténors des Républicains (LR) sont vent debout contre les évolutions apportées au texte. Tous dénoncent un «recul» du gouvernement, coupable à leurs yeux d’avoir cédé sous la pression de la rue et de ne pas avoir suffisamment de «courage politique» pour mettre en oeuvre des mesures de nature à renforcer la flexibilité de l’emploi.

«Nous assistons à un gouvernement pris en otage par les syndicats, qui recule dès la moindre opposition. Le texte a été entièrement démantelé alors que nos entreprises attendent urgemment une réforme ambitieuse du code du travail», déplore Eric Woerth, secrétaire général de LR et député de l’Oise. «Ce projet de loi est à l’image du niveau, jamais atteint, d’immobilisme du gouvernement et du parti socialiste». Même constat du côté du député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti: «Comme nous le craignions, les calculs politiciens ont pris le pas sur la nécessité de réformer en profondeur le pays.» «Le quinquennat de François Hollande est en train de sombrer», tranche Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR.

«Il ne reste pratiquement plus rien des ambitions de départ»

Plusieurs responsables de l’opposition reprochent à Manuel Valls d’avoir reculé sur les articles les plus contestés du projet de loi travail, comme le barème des indemnités prud’homales et la définition des critères de licenciement. «La nouvelle mouture présentée par le premier ministre et écrite à l’Elysée sous la pression des organisations les plus conservatrices comporte des reculs considérables. Il ne reste pratiquement plus rien des ambitions de départ», se désole François Fillon en citant le plafonnement des indemnités de licenciement, le «recul» sur les conditions du licenciement économique ou «l’abandon de toutes les ouvertures sur la durée du travail».

Isabelle Le Callennec, vice-présidente du parti LR et députée d’Ille-et-Vilaine, résume la question que pose la droite en chœur:

«Le 17 février, le gouvernement adressait au conseil d’Etat un avant-projet de loi sur le travail… À peine un mois plus tard, que reste-t-il de ce texte qui devait instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs?»

Les centristes sont eux aussi consternés par l’action du gouvernement. «Tel que nous sommes partis, nous craignons qu’à l’issue du débat parlementaire, ce projet de loi vienne s’ajouter à la longue liste des mesures inutiles ou inefficaces de la boîte à outils», ironise Philippe Vigier, chef de file des députés UDI.

Dans un entretien au Monde publié le 9 mars, Nicolas Sarkozy avait déjà pronostiqué: «Dans le meilleur des cas, la montagne accouchera d’une souris. Dans le pire des cas, cela aboutira à un recul général.» La droite ne compte pas en rester là. François Fillon a d’ores et déjà prévenu que le groupe LR allait «combattre ce projet au parlement en proposant des amendements, qui rétabliraient l’équilibre entre la flexibilité et la sécurité.»

Loi travail: le gouvernement recule sur les points les plus litigieux

Challenges

Myriam El Khomri, Manuel Valls et Emmanuel Macron. © Copyright 2016, Challenges Myriam El Khomri, Manuel Valls et Emmanuel Macron. Manuel Valls a appelé lundi 14 mars les partenaires sociaux à donner « un nouveau départ » à la loi travail, évoquant une « réforme intelligente, audacieuse et nécessaire », lors de la présentation d’une version « corrigée » du projet contesté, selon le discours du Premier ministre, dont l’AFP a obtenu copie.

Les réactions « suscitées, les questionnements, les inquiétudes » soulevées par l’avant-projet de loi « ont rendu nécessaire une nouvelle phase de concertation », qui a permis « d’enrichir, d’améliorer, d’approfondir cette réforme », a noté le Premier ministre. « C’est donc à un nouveau départ de ce texte que j’appelle », a-t-il ajouté. Voici ce qu’a déclaré le Premier ministre point par point.

Le barème qui devait plafonner de façon impérative les indemnités prud’homales, une des mesures-phare du projet de loi travail, sera seulement « indicatif » en raison de l’hostilité d’une grande partie des syndicats, a annoncé Manuel Valls aux partenaires sociaux réunis à Matignon.

« Le choix que nous faisons aujourd’hui est donc d’en rester à un barème indicatif dans la loi, qui sera une aide pour les juges prud’homaux, mais pas un carcan », a-t-il déclaré.

Les critères de licenciements économiques précisés par l’avant-projet de loi travail ne seront pas modifiés, mais le juge pourra vérifier que les multinationales n’organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français pour licencier, a annoncé lundi Matignon.

S’il est établi que les difficultés financières ont été organisées artificiellement, les licenciements seront requalifiés en licenciements sans cause réelle et sérieuse. Les critères justifiant un licenciement économique restent les mêmes que dans le texte initial, notamment les quatre trimestres consécutifs de baisse du chiffre d’affaires et les deux trimestres consécutifs de perte d’exploitation.

Le plafond du compte personnel de formation (CPF) sera relevé de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme, ce qui leur permettra « d’accéder à un niveau supplémentaire de qualification tous les 10 ans », selon le discours de Manuel Valls.

« Cela permettra à ces salariés d’accéder à un niveau supplémentaire de qualification tous les 10 ans, qui s’ajoute aux efforts de formation complémentaires que pourraient faire les entreprises », selon Manuel Valls. Le CPF, entré en vigueur en janvier 2015, n’est aujourd’hui accessible qu’aux salariés et demandeurs d’emploi du secteur privé.

La « garanties jeunes », dispositif d’accompagnement des décrocheurs vers l’emploi, va devenir un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation, selon le discours du Premier ministre.

« Je souhaite que ce dispositif soit généralisé en 2017. De la même manière que nous créons, avec le CPA, un droit personnel et universel, nous devons créer un droit universel à la garantie jeunes », a-t-il dit. Destiné aux jeunes qui n’ont ni emploi ni formation, le dispositif expérimental de la garantie jeunes offre, pour une durée d’un an, un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros.

Avec ce nouveau texte de la loi travail, Valls « peut espérer emporter l’adhésion de ses troupes »

Le Monde.frPresentation des grandes lignes du projet de la loi travail a matignon le 14 mars 2016.
Manuel Valls

Après une semaine de tractations, Manuel Valls a présenté aux syndicats les corrections apportées à l’avant-projet de réforme du code du travail. Pour Nicolas Chapuis, journaliste au service Politique du Monde, « le rapport de force semble favorable à une adoption par la majorité ».

Avec ces « ajustements » du projet de loi, peut-on considérer que le recours à l’article 49-3 est écarté ou non ?

Pour en être certain, il va falloir attendre le séminaire parlementaire organisé à l’Assemblée nationale ce soir. Mais, globalement, avec cette nouvelle mouture, Manuel Valls peut espérer emporter l’adhésion de ses troupes. Beaucoup de députés socialistes attendaient de connaître la réaction de la Confédération française démocratique du travail (CFDT). Cette dernière étant plutôt satisfaite, le rapport de force semble favorable à une adoption par la majorité. Le recours à l’article 49-3 (l’engagement de la responsabilité du gouvernement) ne sera donc peut-être pas nécessaire.

Pourquoi le principal syndicat d’étudiants continue-t-il à vouloir faire barrage ? Quel est son poids et pourra-t-il, seul, mettre les lycéens en nombre dans la rue ?

L’Union nationale des étudiants de France (UNEF) – comme la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO) – ne demandait pas une réécriture du texte mais son retrait pur et simple. N’ayant pas obtenu gain de cause, les étudiants maintiennent donc leur appel à manifester jeudi 17 mars. Il faudra attendre ce jour pour voir si la mobilisation est toujours au rendez-vous. Il est difficile de mesurer le poids réel de l’UNEF dans les universités, car il n’y a pas eu de grand mouvement social depuis le début du quinquennat.

Quelle est le degré d’implication de Francois Hollande dans cet arbitrage ?

Manuel Valls et François Hollande ont fait savoir tout le week-end qu’ils avaient travaillé collectivement à la réécriture du texte. Mais c’est clairement le premier ministre qui défend le texte devant les partenaires sociaux, les parlementaires et les médias.

Le remplacement du plafonnement des indemnités prud’homales par un barème ne va t-il pas, in fine, dans le sens voulu par le législateur, dans la mesure où on peut raisonnablement penser que les tribunaux se référeront à ce barème dans leur décision de justice ?

L’esprit reste le même, en effet. Il y aura un barème indicatif. Mais cette nouvelle version laisse plus de marge aux conseillers prud’homaux, s’ils souhaitent que l’entreprise paie davantage d’indemnités au salarié licencié. Du point de vue du Mouvement des entreprises de France (Medef), il s’agit d’une reculade, car l’entreprise n’a pas la garantie que les indemnités ne dépasseront pas un certain plafond. Il y a donc une incertitude pour l’employeur qui souhaite licencier son employé quant au coût final de l’opération.

La CFDT a-t-elle suffisamment de poids pour que le gouvernement puisse avancer sans le soutien de la CGT et de FO ? Si oui, est-ce que cela entérinerait la perte d’influence des syndicats dits « révolutionnaires », qui devraient revoir leurs stratégies ?

Le gouvernement n’espérait pas avoir l’aval de la CGT et de FO. Il veut s’appuyer principalement sur la CFDT et sur la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), les syndicats dits « réformistes », pour valider son projet de loi. En soi, le gouvernement n’a pas besoin de l’aval des syndicats. Ce sont les parlementaires qui voteront le texte. Mais beaucoup de députés socialistes sont très proches des positions de la CFDT. Les déclarations positives de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, sont donc une bonne nouvelle pour le gouvernement.

Est-ce une victoire politique pour le gouvernement ?

Il est trop tôt pour dresser un bilan politique des gagnants et des perdants de cette réforme. Il faut attendre de voir quelle tournure prendra le débat au Parlement. Il faut également attendre de savoir si les mobilisations d’étudiants, le 17 mars, et des syndicats de travailleurs, le 31 mars, sont importantes.

Enfin, il faudra voir à long terme si cette réforme porte ses fruits, en provoquant des créations d’emploi. C’est à cette aune seulement que l’on pourra parler de victoire ou non pour le gouvernement.

Loi Travail: une nouvelle « volte-face » qui ne devrait pas « désamorcer la contestation », pour les éditorialistes

La version « corrigée » du projet contesté de réforme du droit du Travail, présentée lundi par Manuel Valls aux partenaires sociaux, est une « nouvelle volte-face » du gouvernement qui ne devrait pas « désamorcer la contestation » de la rue, estiment mardi les éditorialistes.

« On ne voit plus l?effet visé », résume dans les Dernières Nouvelles d’Alsace Didier Rose pour qui cette « nouvelle volte-face ne désamorcera peut-être pas la contestation de la rue, qui se trouve confortée ».

« A vouloir contenter le plus grand nombre, on ne contente personne au final », avertit Florence Chédotal, de la Montagne. Puis de souligner: « ceux qu’on savait les plus durs à satisfaire ont signifié qu’ils ne bouderaient pas dans leur coin, mais dans la rue ».

« On peut encore trouver à redire ici et là, mais le projet retrouve un équilibre », pense Laurent Joffrin, de Libération, qui se demande toutefois si « cela suffira à satisfaire la frange mobilisée de la jeunesse ». Et de répondre: « pas sûr ».

Pierre Cavret, dans Ouest France, rappelle que « le but de cette réécriture était surtout d?éviter une mobilisation unitaire (…) d?adresser un message fort à cette jeunesse ». Et lui aussi se demande si ce message « va calmer la rue ».

Hervé Chabaud, de L’Union/L’Ardennais, apporte la réponse: « il ne suffit pas de qualifier une réforme d?intelligente, d?audacieuse, de nécessaire pour que tout le monde se lève dans un seul mouvement, applaudisse à tout rompre et pour empêcher de nouveaux soubresauts ».

– ‘Les opposants ne sont pas laissé amadouer’ –

D’autant que « rien, dans ce texte, ne vient révolutionner le droit du travail (…) n?est susceptible de calmer les esprits à gauche », note Gaëtan de Capèle, du Figaro.

« Les opposants au texte initial ne se sont pas laissé amadouer. C?est même exactement le contraire », alerte Denis Daumin, dans La Nouvelle République du Centre Ouest.

« Et le dialogue social tourne une nouvelle fois au dialogue de sourds », remarque Jean-Claude Souléry, de La Dépêche du Midi.

« L?orage couve depuis longtemps, les étincelles provoquées par la loi de réforme du code du travail permettent enfin de mettre le feu aux poudres », regrette Jean Levallois, de la Presse de la Manche.

Et Michel Guilloux, dans L’Humanité, d’insister: « Manuel Valls donne l?impression d?avoir réécrit pour l?améliorer l?ensemble d?un texte critiqué et rejeté par une forte partie des syndicats, de l?opinion, et des jeunes ».

« Maintenant, c’est un peu quitte ou double. Les prochaines journées d’action seront un indicateur important pour le gouvernement », conclut Christophe Bonnefoy, dans Le Journal de la Haut-Marne.

Dans cette version « corrigée » du projet contesté de réforme du droit du Travail, Manuel Valls a reculé sur les articles les plus contestés, dont le barème des indemnités prud’homales, une initiative saluée par les syndicats dits « réformistes » mais décriée par le patronat, tandis que CGT, FO et Unef ont maintenu leurs appels à manifester.

Ce que contient la nouvelle version de la loi Travail

francetv info

Le Premier ministre, Manuel Valls, a dévoilé lundi la nouvelle mouture de la réforme du Code du travail, après deux semaines de négociations avec les partenaires sociaux.

© Fournis par Francetv info Une nouvelle version, pour un « nouveau départ ». Après plusieurs jours de négociations avec les partenaires sociaux, le Premier ministre, Manuel Valls, a détaillé, lundi 14 mars, la nouvelle version du projet de loi sur le travail. Une réécriture qui vise à satisfaire les syndicats et à calmer la fronde contre ce texte contesté. Francetv info détaille les modifications présentées par le gouvernement.

Un barème indicatif pour les indemnités prud’homales

Avant. Le gouvernement souhaitait plafonner les indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, sans raison réelle et sérieuse. Le plafond allait d’un minimum de trois mois de salaire pour un employé présent depuis moins de deux ans dans l’entreprise à un maximum de quinze mois de salaire s’il y était depuis plus de vingt ans.

Après. D’obligatoire, ce barème devient indicatif. « Le choix que nous faisons aujourd’hui est donc d’en rester à un barème indicatif dans la loi, qui sera une aide pour les juges prud’homaux, mais pas un carcan », a déclaré le Premier ministre. Cela permet selon lui de donner « plus de visibilité pour les entreprises et pour les salariés, une parfaite prise en compte de leur situation personnelle ».

Des « garanties » pour éviter les abus sur les licenciements économiques

Avant. L’avant-projet de loi clarifiait les motifs pouvant être invoqués pour prononcer des licenciements économiques : quatre trimestres consécutifs de baisse du chiffre d’affaires, deux trimestres consécutifs de perte d’exploitation ou encore une « réorganisation de l’entreprise nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ». Ces critères seront évalués au niveau national.

Après. Sur ce point, le gouvernement n’a pas modifié le texte, mais a prévu des garde-fous pour éviter les abus. Le juge pourra vérifier que les multinationales ne trichent pas dans le but de licencier. « Les grands groupes ne pourront pas provoquer artificiellement des difficultés économiques sur leur site français pour justifier un licenciement sans être sanctionnés », a déclaré le Premier ministre.

Apprentis mineurs : l’autorisation préalable pour dépasser les 35 heures est réintroduite

Avant. Dans son avant-projet de loi, le gouvernement souhaitait assouplir les règles qui encadrent le temps de travail des apprentis mineurs. Actuellement, ils ne peuvent pas travailler plus de 8 heures par jour et plus de 35 heures par semaine, sauf dérogation délivrée par l’inspection et la médecine du travail. Dans certains secteurs comme le bâtiment, le projet prévoyait qu’un employeur puisse faire travailler un apprenti jusqu’à 10 heures par jour et 40 heures par semaine sans autorisation préalable de l’administration.

Après. Le projet de loi ne changera pas les dispositions actuelles. En clair, les apprentis mineurs continueront de travailler un maximum de 35 heures par semaine, sauf dérogation.

Pas de forfait jours sans accord collectif dans les PME

Avant. Le texte de loi prévoyait d’accorder aux petites et moyennes entreprises (PME) de moins de 50 salariés la possibilité de conclure des accords individuels pour passer au forfait jours ou moduler les astreintes, sans passer par un accord collectif.

Après. La nouvelle mouture supprime cette disposition. Les patrons devront conclure un accord collectif. Dans les PME dépourvues de représentation syndicale, il pourra négocier avec un salarié mandaté par un syndicat.

« Il n’y aura pas de nouvelle souplesse qui ne sera pas validée par un accord collectif », a annoncé Manuel Valls aux partenaires sociaux. A défaut d’accord, le droit actuel s’appliquera, alors que l’avant-projet de loi fixait jusque-là des droits moins favorables aux salariés.

La garantie jeunes généralisée en 2017

Avant. En matière de formation des jeunes, le gouvernement souhaitait initialement atteindre 100 000 jeunes en garantie jeunes, dispositif d’accompagnement des élèves décrocheurs vers l’emploi, en 2017.

Après. Le gouvernement prévoit une généralisation de la garantie jeunes, qui deviendra un droit personnel et universel pour tous les jeunes sans emploi ni formation. Ainsi, tout jeune de moins de 26 ans en situation de précarité pourra demander la garantie jeunes, qui offre, pour une durée d’un an, un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle d’environ 450 euros. Ce dispositif expérimenté depuis 2013 sera généralisé en 2017.

Le gouvernement renforce également le compte personnel d’activité (CPA) censé regrouper tous les droits des actifs, notamment en matière de formation des jeunes et des personnes sans diplôme. Le nouveau projet prévoit ainsi de relever le plafond du compte personnel de formation (CPF) de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme, ce qui leur permettra « d’accéder à un niveau supplémentaire de qualification tous les dix ans », selon Manuel Valls. Ce CPF, entré en vigueur en janvier 2015 pour les seuls actifs du privé, sera progressivement étendu aux indépendants, professions libérales et fonctionnaires.

Pourquoi les concessions sur la loi Travail devraient bien passer auprès des patrons

LOI TRAVAIL SYNDICAT

LOI TRAVAIL – Manuel Valls a présenté ce 14 mars la version « corrigée » du projet contesté de loi Travail, en revenant notamment sur une de ses mesures phares, le plafonnement des indemnités prud’homales -dont le barème ne sera plus qu' »indicatif »- et a appelé à « un nouveau départ » pour ce texte.

Aussitôt, Pierre Gattaz, le président du Medef, s’est déclaré « déçu » par cette concession… C’est tout? Comparé à la virulence de la CGT et de FO, le gouvernement doit se sentir soulagé. Il semble bien que le patronat n’est pas loin de s’estimer comblé.

N’en déplaise au parti Les Républicains, qui dénonce par la voix de son porte-parole « les reculades » et « les renoncements » du gouvernement, les concessions sont en fait plus subtiles qu’il n’y paraît.

L’économiste Xavier Timbeau, directeur principal de l’OFCE, a décrypté le nouveau projet de loi pour Le HuffPost, et dans quelle mesure il a réussi à conserver l’essentiel.

1. Le barème des Prud’Hommes devient indicatif…

(et c’est tant mieux)

C’est le point qui a cristallisé la colère des syndicats et des manifestants du 9 mars. Du coup, le gouvernement conserve l’idée d’un encadrement des indemnités Prud’homales en cas de licenciement absuif, mais seulement à titre indicatif. Le juge gardera la latitude d’apprécier s’il est adapté au cas qu’il traite.

« Cette contrainte était de toute façon contraire à tous les principes de droit. On ne peut pas « barémiser » a priori, sans connaître la gravité du cas. Et s’il s’agit de la mort de quelqu’un?, interroge Xavier Timbeau, de l’OFCE. C’était de toute façon une fausse garantie. Le jour où un salarié aurait porté l’affaire devant la Cour de justice européenne, ce qui aurait fini par arriver, cela n’aurait pas tenu. »

Le barème indicatif sera fixé par décret et devrait être identique à celui de l’avant-projet de loi, qui prévoit des plafonds de 3 à 15 mois selon l’ancienneté du salarié, a indiqué Matignon.

2. Le licenciement économique ne bouge pas…
le juge gagne juste un droit d’enquête

C’est l’autre disposition qui a mis tous les syndicats en colère. Cette fois, les nouveaux critères, plus souples, seront maintenus, mais avec un droit de contrôle accru du juge.

Dans le cas des multinationales, celui-ci pourra enquêter pour vérifier qu’elles n’organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français avec des transferts comptables entre filiales. Le cas échéant, il pourra requalifier les ruptures en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Les critères justifiant un licenciement économique restent les mêmes que dans le texte initial, notamment les quatre trimestres consécutifs de baisse du chiffre d’affaires et les deux trimestres consécutifs de perte d’exploitation.

« Il y a indéniablement des concessions, mais aussi la volonté de conserver la loi avec le maintien du licenciement économique, estime l’économiste Xavier Timbeau. Le motif du contrôle par le juge est pertinent afin de vérifier la validité des comptes, et il conserve l’esprit. »

3. Les accords d’entreprises sont limités…
sans renoncer à cette « nouvelle philosophie

La projet de loi « corrigé » réduit aussi le champ laissé aux décisions unilatérales des chefs de petites et moyennes entreprises. « Il n’y aura pas de nouvelle souplesse qui ne sera pas validée par un accord collectif », a annoncé le Premier ministre aux partenaires sociaux.

Les PME devront notamment passer par un accord pour appliquer le forfait-jours. Si elles ne disposent pas de représentation syndicale, elles pourront négocier avec un salarié mandaté par un syndicat, comme le réclamaient les syndicats dits « réformistes ».

A défaut d’accord, le droit actuel s’appliquera, a annoncé Matignon. Mais l’inversion de l’ordre de la négociation collective est conservée, avec des accords d’entreprises qui pourront prendre le pas sur ceux de branche, notamment concernant la durée de travail. Le Premier ministre l’a rappelé à la sortie de sa réunion avec les partenaires sociaux:

« Cet acte de confiance, c’est décentraliser le droit du travail, de la loi à l’accord collectif ; c’est donner aux entreprises et à leurs salariés la responsabilité de prendre les décisions qui les concernent, au niveau des entreprises, au niveau des branches. C’est une nouvelle philosophie. Nous avons la conviction – et nous l’assumons – que ce sont eux les mieux placés pour savoir comment s’adapter aux réalités de leur secteur d’activité, de leur métier. »

« Selon moi, c’est vraiment le cœur de la loi, mais je ne sais pas si les syndicats vont réussir à mobiliser avec ça, analyse Xavier Timbeau. Cela ne me semble pourtant pas une bonne chose, il y a un risque de contagion. Si on négocie collectivement, c’est bien pour que tout le monde se mette d’accord. Sinon, on trouvera toujours une boîte qui travaillera a minima. » Avec le risque que ses concurrents se sentent obligés de s’aligner sur elle…

4. Un nécessaire effort de formation pour les non diplômés

Deux concessions « sociales » ont été faites avec l’extension de la Garantie jeune et de meilleurs comptes formation pour les non diplômés.

Sur ce dernier point, le nouveau projet prévoit de relever le plafond du compte personnel de formation (CPF) de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme, ce qui leur permettra « d’accéder à un niveau supplémentaire de qualification tous les 10 ans », selon Manuel Valls.

La loi prévoit également une généralisation de la garantie jeunes, qui deviendra un droit personnel et universel pour tous les jeunes sans emploi ni formation. Le gouvernement souhaitait initialement atteindre 100.000 jeunes en garantie jeunes en 2017.

Destiné aux 18-25 ans qui n’ont ni emploi ni formation, le dispositif expérimental de la garantie jeunes offre, pour une durée d’un an, un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros.

Ces deux mesures visent directement des populations marginalisées sur le marché de l’emploi. « Il faut voir comment cela va s’articuler, mais c’est une bonne chose. La loi contient des éléments de flexibilité, là on apporte de la sécurité. Aujourd’hui, la formation va à ceux qui sont déjà formés. Il faut la rediriger vers les chômeurs. Et cela ne devrait pas représenter un surcoût très important », témoigne Xavier Timbeau, de l’OFCE.

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Manuel Valls sur la loi Travail: « Il y a eu des ratés, et je les assume »

L’Express

Manuel Valls défend la loi Travail modifiée le 14 mars sur France 2. © France 2 / L’Express Manuel Valls défend la loi Travail modifiée le 14 mars sur France 2. Rarement Manuel Valls n’avait fait preuve de tant d’humilité que ce lundi soir au JT de France 2 où le Premier ministre s’est évertué à ne pas présenter la nouvelle mouture de la loi Travail comme un « recul ». Après une période de préparation trop rapide, – « avouons-le, c’était mal parti » – « il fallait intégrer les concessions qui s’imposent », a assuré le Premier ministre. « Plutôt que s’entêter, il fallait prendre quinze jours supplémentaires » pour discuter davantage. A la question de savoir si ces ajustements n’écornaient pas son image de « combattant », il a répondu par une interrogation: « Combattant jusqu’au bout pour bloquer le pays? »Selon lui, la V2, présentée ce lundi aux syndicats de salariés, patronaux et étudiants, a permis au contraire de dégager des « compromis intelligents, constructifs ». L’objectif de la loi, a-t-il ajouté, est de « privilégier le dialogue et la négociation au plus près des salariés ».

Une « révolution pour la jeunesse »

Notamment pour les jeunes auxquels le Premier ministre s’est directement adressé – après la mobilisation des syndicats étudiants la semaine dernière. La loi El Khomri permet d’assurer de « nouveaux droits » pour eux, a assuré Manuel Valls qui a même évoqué une « révolution pour la jeunesse de notre pays ». « Nous avons je pense la possibilité de convaincre », a-t-il affirmé, alors que la CGT, Force Ouvrière et l’Unef ont maintenu leur appel à la mobilisation contre le texte.Reste également à convaincre sa majorité. Interrogé sur le fait de savoir si cette version de la loi était définitive, le Premier ministre a répondu: « Le Parlement va faire son travail. »

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Commentaires

  •   maire-claire et jean-jacq …  •  Plus aucune crédibilité!!!!!
    Un pas en avant …deux en arrière…!!!!
    Jes  •                              Tactique habituelle j’enlève 3% du texte pour donner une excuse à la CFDT de le signer et je laisse 97% de la régression sociale. C’est fou les PROGRÈS que la CFDT a obtenus ces 30 dernières années. La situation et les droits des salariés en matière d’emploi et de retraite se sont super améliorés. Merci la CFDT merci le syndicat Jaune
  • Changements cosmétiques qui ne changent pas fondamentalement la nature régressive de ce texte. Cela reste un des textes  le plus réactionnaire de la Vème république
  • bon sens  •                de toutes manières les petites et moyennes entreprises sont oubliées et méprisées sciemment dans loi, seules les banques, assurances et grosses multinationales existent avec massacre de l’employé et agent de maîtrise.
  • jean-louisv  •            le fond de cette mini loi la jeunesse s’en fiche, elle veut se payer les « élites » qui leur ont bousillé leur avenir et la planête avec……..
  • Evelyne v  •               comme d’habitude du cafouillage!
  • XAVIER  •                    il lui manque vraiment une moustache à notre premier ministre
  • Gilh Gilh  •                 amateurisme d’état ….
  • XAVIER  •                   c’est une réforme du droit du travail des salariés du privé faite par des fonctionnaires; on devrait appliquer le droit du travail aux fonctionnaires on regroupe des régions, mais on ne supprime pas d’emplois de fonctionnaires. On simplifie les démarches administratives, 2500 fonctionnaires en trop dans les préfectures mais on ne licencie pas. Donc ça ne sert à rien de discuter avec des fonctionnaires. Regardez le rapport de la Cour des comptes sur les inspecteurs du travail vous comprendrez pourquoi il y a 24 MILLIARDS de fraudes patronales en matière sociale soit l’équivalent de 1 MILLIONS D EMPLOIS en fraude patronale. La Ministre du Travail devrait aller voir comment il existe un véritable système de corruption de ses inspecteurs du travail en France TOUT s’achète en France et surtout un fonctionnaire du ministère du travail: véridique
    ben  •                            une loi pour les grosses entreprises qui ne crées pas d emplois et qui oublie complètement les tpe et les pme !!!! rien pour l’emploi , tout pour les financiers qui pourront continuer à utiliser le chômage comme variable                             d’enrichissement boursier …….

ljb                                          Avec ces motifs , le projet devient raisonnable. Acceptons que les entreprises soient moins soumis à des accords de branche ,çà fera un degré de liberté pour s’ adapter et innover (je ne dis pas non plus qu’il faut laisser les rênes flotter pour des filous comme uber…)

JEAN-LOUIS GUICHARD    Les députés du PS ont l’habitude de s’abriter derrière les positions syndicales. Combien de fois ai-je ragé contre le député du coin, (à ce jour commissaire européen..),. qui débarquant le vendredi dans sa circonscription faisait son point presse hebdomadaire en reprenant les informations syndicales de la semaine, entretenant la confusion des rapports entre le syndical et le politique…

Matteo S.                         On s’en doutait déjà un peu, mais l’agriculteur qui a apostrophé Valls au salon de l’agriculture a mis les mots justes sur la chose. Valls ? « P’tite bite » Que de la gueule le matamore. Aucun amour-propre. Son texte est vidé de sa substance par Hollande qui le désavoue mais il ne démissionne même pas. « Mais que vais-je devenir ? Je suis (1er) ministre. Je ne sais rien faire ! »

Maurice Tritsch               aucun problème pour valls ! ne prenons pas Hollande et Valls pour des imbéciles ! c’est cousu de fil blanc : – on annonce une loi 15 mois avant la fin du mandat sachant le scrutin perdu – on parle du 49.3 pour énerver un peu – on propose un projet trop pro-patronal – les syndicats et les étudiants plongent – la CFDT intervient – le projet est retourné – tout le monde se calme sauf les éternels burins – la droite est très ennuyée pour l’année prochaine car il faudra tuer la garantie jeune

nimbus                              Le scénario, prévisible, se déroule à merveille. Si Valls avait présenté, d’entrée, son projet d’hier il y aurait eu inévitablement des remous, même à la CFDT. L’astuce: partir des demandes du Medef puis en retirer une partie. Grande victoire des réformistes, c’est moins pire. Il n’en reste pas moins que présenter cette « réforme » comme une avancée sociale majeure est plutôt gonflé. La compétitivité n’y gagnera rien , les CDD seront toujours aussi nombreux mais chapeau les artistes du « dialogue ».

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