Justice des hommes « Ça m’a fait mal »

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Pédophilie : le premier ministre demande au cardinal Barbarin de « prendre ses responsabilités »

Le Monde.fr avec AFP

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, en décembre 2014.

C’est maintenant au tour du premier ministre lui-même de se prononcer sur les affaires de pédophilie qui ébranlent le diocèse de Lyon et son archevêque, le cardinal Philippe Barbarin depuis plusieurs jours. Manuel Valls a demandé, mardi 15 mars, au cardinal de « prendre ses responsabilités » après la mise en cause de celui-ci par une association de victimes pour non-dénonciation à la justice des agissements passés d’un prêtre pédophile.

C’est, selon le locataire de Matignon sur RMC, « le seul message » qu’il peut faire « sans prendre sa place, sans [s] e substituer à l’Eglise de France, sans prendre la place des juges, car une enquête est aujourd’hui ouverte ».

Le parquet de Lyon a ordonné début mars une enquête préliminaire pour « non-dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d’autrui » en marge de l’affaire du prêtre Bernard Preynat, mis en examen pour des agressions sexuelles de jeunes scouts.

Lire aussi :   Agressions sexuelles contre des scouts : l’archevêque Barbarin n’entend pas démissionner

Nouvelle plainte contre le cardinal Barbarin

Le mardi matin, on apprenait qu’une nouvelle plainte visant le cardinal Barbarin avait été déposée en février concernant des actes pédophiles remontant au début des années 1990 et commis par un autre prêtre toujours en activité à Lyon, confirmant une information du Figaro. Cette plainte, déposée par une personne haut placée dans un ministère, vise des faits de « mise en danger de la vie d’autrui et provocation au suicide », confirme également le diocèse de Lyon dans un communiqué. Elle fait suite à une première plainte déposée en 2009 à l’encontre du prêtre, classée sans suite par la justice pour cause de prescription.

A Lourdes, en ouverture de l’assemblée plénière de printemps des quelque 120 évêques de France, le président de la Conférence épiscopale, Mgr Georges Pontier, a affirmé quant à lui que « faire la vérité pour les victimes » de pédophilie était « la priorité » des évêques. Il a redit l’engagement de l’Eglise de France à lutter contre la pédophilie même si, a-t-il reconnu, « des cas épars, récents ou plus anciens, apparaissent encore chaque année dans nos diocèses ». Un point de presse exceptionnel est prévu à 12 h 30 sur ce dossier.

Pédophilie à Lyon: nouvelle plainte contre le cardinal Barbarin

L’Express

Le cardinal Barbarin, du diocèse de Lyon, fait l'objet de deux nouvelles plaintes pour non-dénonciation d'agression sexuelle. © AFP / SAFIN HAMED Le cardinal Barbarin, du diocèse de Lyon, fait l’objet de deux nouvelles plaintes pour non-dénonciation d’agression sexuelle. L’archevêque du diocèse de Lyon fait l’objet d’une nouvelle plainte pour « non-dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d’autrui ». La plainte est liée à un témoignage accablant.Nouveau témoignage accablant pour l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, soupçonné d’avoir couvert une affaire de pédophilie. Le Figaro révèle le cas de Pierre*, 42 ans aujourd’hui, 16 à l’époque des faits, qui affirme avoir été victime d’attouchements sexuels d’un prêtre lyonnais, le père Jérôme Billioud.

Sa plainte, en 2009, a été classée sans suite pour prescription. Mais ces révélations vont plus loin puisque l’homme assure que le cardinal Barbarin « n’a rien fait pour éloigner ce prêtre des autres enfants ». À Lyon, une enquête préliminaire a été ouverte pour « non-dénonciation de crime » et « mise en danger de la vie d’autrui », deux autres plaintes ayant déjà été déposées.

Le père Billioud était comme « un grand frère, un père de substitution ». Lors de vacances à Biarritz, un soir au début des années 1990, dans une chambre d’hôtel, il « a commencé à se frotter et à se masturber contre moi. J’étais très gêné, je ne savais pas quoi faire », raconte Pierre. Des faits dont le prêtre dit aujourd’hui « n’avoir aucun souvenir ». Pierre attendra des années avant d’être incité par un médecin à porter plainte. Il rencontre alors Monseigneur Barbarin.

« Il n’a rien fait pour protéger les enfants »

« Le cardinal m’a dit qu’il était parfaitement au courant et que ce prêtre avait déjà eu maille à partir avec la justice et qu’il reconnaissait les faits me concernant, confie Pierre au Figaro. Le cardinal m’a demandé pardon au nom du prêtre. Je suis choqué qu’il n’ait pas pris la mesure du problème et qu’il se soit abrité derrière la prescription pénale. Il n’a rien fait pour protéger les autres enfants, il l’a laissé en place, au même endroit. (…) Barbarin n’a pas voulu faire ce ménage, il a mis de la poussière sous le tapis pendant des années et maintenant, tout lui explose à la figure. »

Lundi soir, dans un communiqué, le cardinal a fait part de sa « tristesse », « consternation » et « pronfonde incompréhension ». Il dit être accusé de manière « injustifiée ». Le Premier ministre Manuel Valls l’a appelé ce mardi matin sur BFMTV à « prendre ses responsabilités ».

* Le prénom a été changé

Le cardinal Barbarin: »Jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie »

Le cardinal Philippe Barbarin a affirmé mardi à Lourdes qu’il n’avait « jamais couvert le moindre acte de pédophilie » et assuré qu’il prenait ses « responsabilités », après la nouvelle plainte déposée concernant des agressions sexuelles présumées commises par un prêtre de son diocèse de Lyon.

« Je veux dire avec la plus grande force que jamais, jamais, jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie », a lancé l’archevêque de Lyon, lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée des évêques à Lourdes.

« Ce sont des points très troubles de la vie d’un prêtre mais qui n’ont plus rien à voir avec de la pédophilie », a estimé l’archevêque de Lyon, d’après lequel les actes ont été commis sur un jeune âgé de 16 puis 19 ans au moment des faits, dans les années 1990. Indiquant qu’il n’avait « pas d’assurance » que ces actes ne se reproduisent pas, le cardinal Barbarin a ajouté à propos du prêtre: « Je demande qu’il n’exerce pas son ministère dans le monde entier jusqu’à ce que la justice se fasse ».

Une nouvelle plainte visant Monseigneur Barbarin, une des figures les plus importantes de l’Eglise catholique en France a été déposée en février concernant des actes remontant au début des années 1990 et commis par un prêtre toujours en activité à Lyon, a-t-on appris de source judiciaire.

« Une plainte est déposée contre moi pour incitation au suicide par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. De quoi s’agit-il? Qui ai-je incité au suicide? C’est inimaginable, cette affaire-là », a assuré Mgr Barbarin.

« Le Premier ministre me demande de prendre mes responsabilités et je lui promets que je les prends », a-t-il ajouté, se disant confiant que Manuel Valls « connaît mieux que moi les lois de la République » et « respecte la présomption d’innocence ».

Assis à ses côtés, l’archevêque de Marseille Georges Pontier a lancé pour sa part: « J’admire la laïcité de notre pays ».

Cette plainte, déposée par une personne haut placée au ministère de l’Intérieur, vise des faits de « mise en danger de la vie d’autrui et provocation au suicide », a indiqué le diocèse de Lyon dans un communiqué. Elle fait suite à une première plainte déposée en 2009 à l’encontre du prêtre, classée sans suite par la justice pour cause de prescription.

Le Cardinal Barbarin assure ne pas avoir couvert d’acte de pédophilie et assume ses décisions controversées

JUSTICE – Il y a deux types d’affaires à différencier. Le cardinal Barbarin, au coeur d’une tourmente judiciaire a affirmé mardi 15 mars n’avoir « jamais, au grand jamais couvert le moindre acte de pédophilie ». L’archevêque de Lyon a répondu aux accusations au cours d’une conférence de presse improvisée à Lourdes où se tient la Conférence des évêques de France.

Philippe Barbarin a affirmé avoir eu connaissance de deux affaires qui se sont déroulées depuis qu’il est en poste; l’une en 2006 et l’autre en 2014. « J’ai immédiatement suspendu les prêtres », a-t-il ajouté.

Seulement les deux affaires qui lui valent aujourd’hui une mise en cause remontent à plus longtemps, bien avant qu’il ne devienne le Primat des Gaules.

« Je ne dis pas que je ne me suis pas trompé »

On parle ici de l’affaire Bernard Preynat, du nom de ce prêtre mis en examen fin janvier pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts lyonnais entre 1986 et 1991. Philippe Barbarin est accusé de ne pas avoir agi, c’est-à-dire d’avoir confirmé en poste des prêtres qui ont pu avoir des comportements délictueux par le passé. L’intéressé semble assumer sa décision prise, explique-t-il, après avoir discuté avec le prêtre. Le curé a été finalement relevé de ses fonctions durant l’été 2015.

Concernant la nouvelle plainte qui vient d’être déposée contre lui à Lyon, il a demandé au prêtre incriminé (pour des faits qui remonteraient aux débuts des années 90 et qui ont fait l’objet d’une plainte classée sans suite à cause de la prescription judiciaire) de ne pas assurer son ministère, le temps que la justice passe. « Cela n’a rien à voir avec de la pédophilie », précise l’archevêque, mettant en avant l’âge des adolescents (de 16 à 19 ans au moment des faits.

« Je ne dis pas que je ne me suis pas trompé, et je veux bien que la justice me le montre », a ajouté Philippe Barbarin qui a également promis à Manuel Valls qu’il prendra ses responsabilités.

Lire aussi :• Valls appelle le cardinal Barbarin « à prendre ses responsabilités »

• Agressions sexuelles de scouts: enquête préliminaire à Lyon

• BLOG. Monseigneur Philippe Barbarin, il est temps que vous vous expliquiez

Le cardinal Barbarin rattrapé par une affaire de pédophilie qu’il n’a pas dénoncée

Bernadette Sauvaget
844423-archbishop-of-lyon-philippe-barbarin-takes-part-in-a-protest-march-called-la-manif-pour-tous-demonstPhilippe Barbarin lors d’un défilé de la Manif pour tous. Photo Robert Pratta. REUTERS

L’archevêque de Lyon va-t-il finir au tribunal ? Des membres d’une association de victimes d’un prêtre pédophile de son diocèse menacent de porter plainte contre lui pour non dénonciation de faits d’agressions sexuelles.

Relativement épargnée, ces dernières années, par le scandale de la pédophilie, l’Eglise catholique en France est à la veille d’une grande tempête. En cause, l’un des plus puissants et médiatiques évêques de l’Hexagone, le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin. «Dans les prochains jours, des plaintes vont être déposées contre lui pour non-dénonciation de faits de pédophilie», indique à Libération, François Devaux, le président de l’association la Parole libérée. Fondée en décembre dernier, elle regroupe les personnes qui auraient été victimes du père Bernard Preynat, un prêtre du diocèse de Lyon, mis en examen le 27 janvier pour «agressions sexuelles sur mineurs de moins de quinze ans par personne ayant autorité».

Les faits (reconnus par l’accusé) se seraient produits entre 1986 et 1991 dans le cadre d’un groupe de scouts d’une paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon. «L’affaire Preynat est désormais dans les mains de la justice. En revanche, l’attitude de l’évêque de Lyon a été déplorable. Il a laissé en poste jusqu’en août 2015 et au contact des enfants, un prêtre dont il connaissait les agissements», souligne le président de la Parole libérée. Il précise que les faits ne sont pas prescrits.

Aujourd’hui, la ligne de défense du cardinal Barbarin se révèle périlleuse et très problématique. Dans une interview jeudi au quotidien catholique la Croix, le prélat reconnaît avoir eu connaissance des faits en 2007-2008. «Aujourd’hui, nous savons qu’il ment», pointe encore François Devaux. Auparavant le cardinal lyonnais affirmait avoir appris les faits seulement en 2014. Reste aussi à éclaircir le choix fait par l’archevêque de Lyon de maintenir en poste Bernard Preynat. Pour sa défense, Barbarin affirme «qu’aucune plainte, ni soupçon» ne lui étaient parvenus récemment à propos du prêtre accusé de pédophilie.

Après son interview à la Croix, l’archevêque de Lyon s’est retranché dans un silence total. «Il ne parlera pas avant le procès», a expliqué à Libération, Pierre Durieux, son directeur de cabinet. Ce dernier affirme également que le diocèse de Lyon n’est pas au courant des plaintes à venir.

Vigilance relâchée

Au tournant des années 2000, l’épiscopat français avait été très ébranlé par l’affaire Pierre Pican. L’évêque de Bayeux avait été condamné, en septembre 2001, à trois mois de prison avec sursis pour non-dénonciation des agissements pédophiles d’un prêtre de son diocèse, René Bissey. A l’époque, le curé avait écopé de 18 ans de réclusion. La condamnation d’un évêque pour non dénonciation était une première mondiale dans l’histoire de l’Eglise catholique. Au moment de ce scandale, l’épiscopat français avait tenté de corriger le tir dans la gestion très hasardeuse des affaires de pédophilie. Selon des spécialistes de ce dossier, la vigilance se serait, ces dernières années, relâchée.

Même si le pape François affiche la tolérance zéro dans les affaires de pédophilie, l’attitude à tenir par les évêques continue à faire débat au sein du Vatican. Doivent-ils ou non porter ces affaires à la connaissance de la police et de la justice civile ? Après les vagues de scandales qui ont touché l’Eglise dans nombre de pays occidentaux, la ligne de conduite (c’est le cas officiellement en France) est majoritairement de signaler ces cas à la justice des hommes. Mais, la semaine dernière, un document signé par un prêtre français très controversé, Tony Anatrella, conseiller de l’un des services du Vatican, affirmait qu’il n’y avait aucune obligation. Ce qui est totalement contraire au droit français qui stipule que les affaires d’agression sexuelles sur mineur doivent être portées à connaissance des autorités judiciaires.

Cette prise de position de Tony Anatrella a suscité une tempête dans la presse anglo-saxonne. L’association la Parole Libérée a, elle, écrit au pape pour protester.

Le cardinal Barbarin visé par une nouvelle plainte dans une affaire de pédophilie

Le cardinal Barbarin visé par une nouvelle plainte dans une affaire de pédophilie
Le cardinal Barbarin est mis en cause dans une deuxième affaire de pédophilie. © AFP

L’archevêque de Lyon est accusé de ne pas avoir écarté un prêtre pédophile alors qu’il était au courant de ses agissements depuis 2009.

C’est un nouveau témoignage embarrassant pour le cardinal Barbarin. Alors que l’archevêque de Lyon est déjà mis en cause par les victimes d’un prêtre pédophile, une autre affaire est sur le point d’éclater. Un homme de 42 ans, victime des agissements d’un autre prêtre de Lyon, a décidé de saisir la justice. L’homme accuse monseigneur Barbarin d’avoir maintenu ce prêtre en fonction alors qu’il était au courant de ses agissements.

Barbarin au courant dès 2009. Cet homme, que l’on appellera Pierre, s’était livré, en 2009, à l’archevêque de Lyon. Il avait raconté comment, lorsqu’il avait 16 ans, il a été victime des attouchements d’un prêtre lyonnais et comment ce prêtre avait tenté de recommencer deux ans plus tard. A l’époque, Pierre était scout, comme les autres victimes de la première affaire. Fragilisé par le divorce de ses parents, l’adolescent avait rencontré ce prêtre « tradi et sympa », lors d’un pèlerinage à Lourdes. Il le considérait comme son grand frère, son père de substitution.

Première condamnation en 2000. Rongé par la honte, Pierre n’avait jamais témoigné ou raconté les faits jusqu’en 2009. A l’époque, un médecin l’aide à prendre conscience de son traumatisme et il décide de prendre rendez-vous avec le cardinal Barbarin. Lors de cette réunion, Pierre apprend notamment que ce prêtre avait déjà été condamné à un mois de prison avec sursis au début des années 2000 pour exhibitionnisme. Le cardinal avait également demandé pardon au nom du prêtre et l’avait encouragé à porter plainte, une plainte classée sans suite en raison de la prescription des faits.

Pierre travaille désormais au ministère de l’Intérieur et ne comprend toujours pas que l’archevêque de Lyon n’ait pas pris la mesure du problème et n’ait rien fait pour mettre ce prêtre à l’écart et protéger les enfants qui sont encore au contact avec lui. Ce prêtre exerce à l’Immaculée Conception, dans le 3ème arrondissement de Lyon.

Interrogé sur la situation actuelle du cardinal Barbarin, le Premier ministre Manuel Valls l’a appelé à « prendre ses responsabilités ». « Le seul message que je peux faire passer, sans prendre sa place, sans me substituer à l’Eglise de France, sans prendre la place des juges, car une enquête est aujourd’hui ouverte, c’est de prendre ses responsabilités. C’est à lui de prendre ses responsabilités, de parler, et d’agir », a affirmé le locataire de Matignon sur RMC et BFM TV.

Le cardinal Barbarin face à un nouveau témoignage mettant en cause un autre prêtre Anne Jouan

EXCLUSIF – Pierre, aujourd’hui âgé de 42 ans, affirme avoir été victime d’attouchements sexuels à 16 ans par le père Jérôme Billioud. Sa plainte, déposée en 2009, a été classée pour cause de prescription.

Serait-ce le début d’un Spotlightà la française? Le film américain, tout juste primé aux Oscars, raconte la mise au jour des pratiques de prêtres pédophiles couverts par l’Église catholique dans la région de Boston. Aujourd’hui en France, le scandale touche Lyon. Et Pierre -qui souhaite pour l’heure conserver l’anonymat-, livre au Figaro un nouveau témoignage.

Il affirme qu’à 16 ans, il a été victime des attouchements d’un prêtre lyonnais. À 42 ans aujourd’hui, il occupe un poste de premier plan dans un ministère. Avec calme et émotion, il raconte comment il a été abusé par le père Jérôme Billioud, de l’ensemble paroissial La Croix Rousse. Le prêtre est notamment connu pour avoir célébré une messe le 21 janvier 2011 pour la mort de Louis XVI avec l’Action française. Pierre soutient que le cardinal Barbarin «n’a rien fait pour éloigner ce prêtre des autres enfants ». Sa plainte, déposée en 2009, a été classée pour cause de prescription. Mais dans les souvenirs de Pierre, les années n’ont pas prescrit la souffrance. Pis, les témoignages des anciens de Saint-Luc ont «réveillé un certain nombre de choses », explique-t-il. C’est pourquoi le 12 février, il a contacté le procureur de la République de Lyon. Deux jours plus tard, il lui a envoyé une lettre. Pierre doit être réentendu prochainement par la justice. À Lyon, une enquête préliminaire est ouverte pour «non-dénonciation de crime » et «mise en danger de la vie d’autrui ».

Honte et culpabilité

Quand il a 16 ans au début des années 1990, Pierre vit une situation familiale compliquée avec le divorce de ses parents. Il rencontre alors le père Billioud à Lourdes lors d’un pèlerinage.

«Il avait 15 ans de plus que moi, il était comme un grand frère, un père de substitution », se souvient Pierre. Le prêtre l’emmène en vacances à Biarritz et un soir, dans une chambre de l’hôtel Miramar. Là, selon Pierre, «le père Billioud a commencé à se frotter et à se masturber contre moi. J’étais très gêné, je ne savais pas quoi faire, j’ai fini par dormir par terre et j’ai fait comme si rien ne s’était passé ». Il est alors envahi par la honte, la culpabilité au point de ne parler de cette histoire à personne. Puis une fois majeur, Pierre retrouve le prêtre à Lourdes. Cette fois la scène se passe à l’hôtel de Provence. «Il a voulu recommencer et j’ai dit stop mais j’étais une nouvelle fois tétanisé. C’était horrible.»

C’est un médecin qui, en 2009, l’incite à porter plainte, Pierre a alors 35 ans. Il rencontre Mgr Barbarin. «Le cardinal m’a dit qu’il était parfaitement au courant et que ce prêtre avait déjà eu maille à partir avec la justice (le père Billioud avait été condamné au début des années 2000 à un mois de prison avec sursis pour exhibitionnisme, NDLR) et qu’il reconnaissait les faits me concernant. Le cardinal m’a demandé pardon au nom du prêtre. Je suis choqué qu’il n’ait pas pris la mesure du problème et qu’il se soit abrité derrière la prescription pénale. Il n’a rien fait pour protéger les autres enfants, il l’a laissé en place, au même endroit. C’est facile d’être courageux avec les chrétiens d’Orient, mais faire le ménage dans sa propre boutique alors que l’on sait qu’il y a des brebis galeuses, il faut un autre genre de courage. Barbarin n’a pas voulu faire ce ménage, il a mis de la poussière sous le tapis pendant des années et maintenant, tout lui explose à la figure.»

Gérer la crise

Aujourd’hui, Pierre a deux enfants, âgés de 6 et 8 ans, le cadet n’a pas été baptisé «à cause de ça » et leur père n’entend pas les inscrire chez les scouts. «Je n’y arrive pas, je ne peux pas avoir confiance ». Si toute sa famille n’est pas au courant des attouchements qu’il a subis, il l’a en revanche dit à une tante carmélite. «Ce prêtre a bousillé une partie de ma vie. Je veux protéger les autres enfants », dit Pierre.

Contacté par Le Figaro, le père Billioud explique «n’avoir aucun souvenir » de la nuit à Biarritz. Il assure avoir partagé la chambre avec un ami prêtre. À propos de sa condamnation pour exhibitionnisme, il dit «avoir bu » après avoir été «sollicité » pour une affaire «complètement hors cadre paroissial ». Selon lui, «la première personne visée est le cardinal Barbarin. Tout est bon pour l’atteindre ».

Dans la soirée, le cardinal Barbarin a publié un communiqué faisant part de son incompréhension face à cette plainte, tout en «demandant solennellement à ce que chacun laisse la justice enquêter dans la sérénité». Il demande néanmoins que «soient respectés ses droits, son honneur et la présomption d’innocence».
Pour assurer cette gestion de la crise, le diocèse de Lyon s’est adjoint les services d’un spécialiste en la personne de Guillaume Didier, ancien porte-parole du ministère de la Justice. Celui qui fut juge d’instruction a déjà fort à faire avec Biotrial, l’entreprise rennaise, responsable de l’essai clinique qui a fait un mort.

Pédophilie: une autre victime met en cause le silence du cardinal Barbarin

Les témoignages se multiplient. Après le scandale du groupe scout Saint-Luc, un autre témoignage vient éclabousser le diocèse de Lyon.

Barbarin, loi travail, fonctionnaires : ce qu’il faut retenir de l’intervention de Manuel Valls

VIDÉO. Invité de BFM TV, le Premier ministre a annoncé un référendum sur Notre-Dame-des-Landes en juin et s’est exprimé sur la primaire à gauche.

Source AFP | Le Point.fr


Le Premier ministre Manuel Valls a demandé ce mardi au cardinal Philippe Barbarin de « prendre ses responsabilités », alors que le diocèse de Lyon et son archevêque sont accusés d’avoir tu des agissements passés de prêtres pédophiles. « Le seul message que je peux faire passer, sans prendre sa place, sans me substituer à l’Église de France, sans prendre la place des juges, car une enquête est aujourd’hui ouverte, c’est de prendre ses responsabilités. C’est à lui de prendre ses responsabilités, de parler, et d’agir », a déclaré le chef du gouvernement sur RMC. Parler, agir, démissionner ? lui demande-t-on. « C’est sa responsabilité, mais il faut qu’il entende aussi cette douleur », a poursuivi le chef du gouvernement. « J’attends non seulement des mots mais aussi des actes », avait-il indiqué un peu plus tôt. « Qu’il prenne ses responsabilités ! Je respecte la présomption d’innocence. Je ne suis pas juge, je suis chef du gouvernement, je fais attention à tous les mots que je veux prononcer, mais un homme d’Église, cardinal, primat des Gaules, qui a une influence morale, intellectuelle, qui exerce une responsabilité majeure dans notre société, doit comprendre la douleur », a insisté le Premier ministre.

Manuel Valls s’est dit « touché et bouleversé par les témoignages qu’« (il) entend et qu'(il) li(t). Il faut d’abord penser aux victimes de ces actes abominables. Elles trouvent le courage, plusieurs années après, de parler. C’était enfoui. Il y a eu une confiance qui a été brisée avec ces prêtres, une trahison profonde, psychique, morale, avec des dégâts considérables dans la vie de ces hommes », a-t-il relevé. « Et donc il faut de la clarté, pas seulement de la compassion, il faut des actes, il faut des gestes. Si ce débat avait concerné – et ça a concerné – des directeurs d’école, des élus, qui n’auraient pas pris leurs responsabilités par rapport à des animateurs ou des enseignants qui sont en contact avec la jeunesse, qu’aurions-nous dit ? Nous aurions été impitoyables », a jugé l’ancien maire d’Évry (Essonne).

François Hollande « candidat légitime » à gauche

Manuel Valls s’est dit mardi « très méfiant » sur les initiatives de primaire à gauche, estimant que François Hollande était « bien évidemment » le « candidat légitime » pour la présidentielle de 2017, même s’il est « bien trop tôt » pour que le chef de l’État prenne sa décision. « Je crois beaucoup, moi, à cette relation entre le président de la République et les Français, à cette relation directe. Donc je suis très méfiant à l’égard de toutes ces initiatives qui consisteraient au fond à nous faire revenir à une autre République », a plaidé le Premier ministre sur BFM TV et RMC. Quant à l’appel du patron du PS Jean-Christophe Cambadélis aux dirigeants et élus socialistes pour se prononcer sur leur souhait ou non de voir le chef de l’État se représenter, « bien évidemment, François Hollande est le candidat légitime, comme président, a répondu Manuel Valls. Mais il ne suffit pas de proclamer, il ne suffit pas de faire un appel, celui qui prend la décision, c’est d’abord le président de la République, c’est d’abord François Hollande et aujourd’hui c’est bien trop tôt pour qu’il prenne ce type de décision », a-t-il jugé.

Quant à l’idée d’une primaire à gauche ? Même si « c’est une belle idée, la primaire », « dans la conception qui est la mienne – et je ne parle que pour moi, je suis très respectueux de toutes les initiatives qui ont lieu – d’abord, je pense que c’est trop tôt pour en parler », a déclaré le Premier ministre. « Ensuite, je considère que le président de la République est légitime pour être candidat parce qu’il est le président sortant, parce que c’est lui qui a construit cette relation avec le peuple, et même si aujourd’hui c’est difficile, en 2012, c’est lui qui a été élu », a plaidé Manuel Valls.

Valls préfère « convaincre » que recourir au 49.3

Manuel Valls a assuré qu’il préférait « convaincre » plutôt que de recourir à « l’arme constitutionnelle » du 49.3 pour l’adoption du projet de loi sur le travail, saluant « l’état d’esprit positif » de la majorité après la nouvelle version du texte dévoilée lundi. « J’espère réunir, rassembler une majorité de tous ceux, à gauche d’abord, mais de manière générale, de ceux qui veulent la réforme », a déclaré le Premier ministre. L’article 49.3, « nous l’avons utilisé une seule fois depuis 2012 » pour la loi Macron, a rappelé Manuel Valls. « Avant de brandir cette arme constitutionnelle, qui a été régulièrement utilisée au cours de la Ve République, je préfère convaincre ».

Le Premier ministre a salué « l’état d’esprit particulièrement positif » des parlementaires de la majorité, en particulier socialistes, qu’il a rencontrés lundi soir. « Chacun a compris que nous avons bâti un compromis », a-t-il estimé. Manuel Valls a reculé lundi sur les articles les plus contestés du projet de loi, dont le barème des indemnités prud’homales, une initiative saluée par les syndicats dits « réformistes » mais décriée par le patronat, tandis que CGT, FO et Unef ont maintenu leurs appels à manifester. « On a des injonctions qui sont paradoxales et contradictoires. D’un côté, vous avez Jean-Claude Mailly (secrétaire général de FO) qui dit que nous avons cédé au patronat, de l’autre côté, la CGPME qui dit que nous avons cédé aux syndicats. Non. Nous avons bâti un compromis », a estimé le Premier ministre. « Nous avons souhaité nous donner quelques jours supplémentaires pour pouvoir convaincre, écouter et bâtir un compromis. Et c’est ce compromis, je crois, qui va permettre d’avancer. Parce qu’au fond, quel était le risque ? Celui du blocage. Et s’il y avait eu blocage, il n’y avait pas de loi », a-t-il ajouté.

La nouvelle version du projet de loi est soumise mardi au Conseil d’État « pour que le texte puisse être examiné et adopté par le conseil des ministres le 24 mars, a-t-il indiqué. « Ensuite, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale se saisira du texte début avril. Et après les vacances parlementaires (puis) deux semaines de contrôle et d’initiative parlementaire, le texte sera examiné par l’Assemblée dans l’hémicycle début mai. Et, comme nous l’avons toujours dit, le texte devra être adopté définitivement avant la fin de la session actuelle, c’est-à-dire avant l’été », a conclu Manuel Valls.

Surtaxation des CDD

Manuel Valls s’est déclaré mardi « prudent » sur la question d’une éventuelle surtaxation des contrats à durée déterminée (CDD), mettant en garde contre un renchérissement du « coût du travail ». « Je suis prudent sur tout ce qui peut faire renchérir le coût du travail », a affirmé le Premier ministre, interrogé sur cette question sur RMC, soulignant que « c’est un sujet qui est à la main des partenaires sociaux dans le cadre du dialogue social ». « Tout ce qui permet de lutter contre la précarité et de faire prévaloir le CDI (contrat à durée indéterminée) par rapport au CDD (…), tout ce qui permet de privilégier le CDI, oui, c’est une bonne chose », a déclaré Manuel Valls. « Attention à ne pas renchérir le coût du travail. Mais cette discussion-là – et moi, je suis respectueux des partenaires sociaux -, elle aura lieu au sein de l’Unedic. »

Un geste « significatif » pour les fonctionnaires

Le gouvernement va annoncer jeudi « un geste significatif » en faveur du point d’indice régissant les salaires des fonctionnaires, a annoncé le Premier ministre Manuel Valls. « Il y a un rendez-vous salarial important jeudi. (…) Ça sera annoncé jeudi par la ministre (de la Fonction publique) Annick Girardin, il y aura un geste significatif », a affirmé le chef du gouvernement. « Il y a dans ce vieux pays qu’est la France une certaine conception de l’État et des services publics qui doivent changer et se moderniser », a-t-il ajouté sans préciser exactement la nature de ce changement. Il avait déjà défendu « une fonction publique moderne et réactive » en novembre à Dijon dans un discours devant les cadres des services de l’État. Les syndicats de fonctionnaires ont rendez-vous jeudi avec la ministre de la Fonction publique Annick Girardin pour un premier rendez-vous salarial très attendu après six années de gel des augmentations générales. Le point d’indice, qui sert de base au calcul des rémunérations, est bloqué depuis 2010 à 4,63 euros. Le rendez-vous salarial de jeudi, qui débutera dans la matinée, était prévu par le protocole sur les parcours, les carrières et les rémunérations (PPCR) des agents (PPCR), et devait se tenir en février. Il a pris du retard pour cause de remaniement. Le PPCR, non signé par la CGT, FO et Solidaires, majoritaires, assortissait le dégel du point d’indice de conditions liées aux indicateurs économiques.

Référendum sur Notre-Dame-Des-Landes

Le référendum local sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes aura lieu « avant l’été, au mois de juin », et concernera « tous les électeurs du département de la Loire-Atlantique », a indiqué mardi Manuel Valls. Ce référendum, dont le principe a été annoncé par François Hollande à l’occasion du remaniement gouvernemental le 11 février, sera donc limité aux seuls habitants de la Loire-Atlantique « parce que c’est le département qui est le plus concerné par l’impact, l’impact écologique notamment, en partie économique également, de ce projet », a expliqué le Premier ministre sur RMC. Également « parce que l’enquête publique a eu lieu sur le département de la Loire-Atlantique, parce qu’il faut faire simple, et le département de la Loire-Atlantique est le plus à même de se prononcer sur le transfert (de l’aéroport nantais) à Notre-Dame-des-Landes », a argumenté Manuel Valls. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et favorable au projet, avait plaidé pour que la consultation concerne les habitants de la Loire-Atlantique. Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, s’était de son côté prononcée en faveur d’un référendum élargi aux autres départements de la région. Sur place, une manifestation d’opposants au projet a rassemblé le 27 février entre 15 000 et 50 000 personnes, selon les chiffres respectifs de la police et des organisateurs.

Légion d’honneur polémique à l’Arabie saoudite

Manuel Valls a appelé mardi à « arrêter les hypocrisies » et à « assumer » la « relation stratégique » avec l’Arabie saoudite, en réponse aux nombreuses critiques ayant accompagné l’attribution de la Légion d’honneur au prince héritier du royaume Mohammed ben Nayef. « Il faut arrêter les hypocrisies », a déclaré le Premier ministre sur RMC. « Nous avons une relation stratégique avec l’Arabie saoudite. Il faut l’assumer. Est-ce que pour autant nous partageons la nature du régime, son action ? Non, bien évidemment. » L’attribution le 4 mars au prince héritier saoudien de la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, a plongé l’exécutif français dans l’embarras, la publication de courriels diplomatiques par un magazine donnant l’impression que Paris s’est plié sans hésiter à une demande de Riyad. « C’est une tradition que d’honorer des dirigeants. Sinon, nous ne discutons avec personne, nous n’avons aucune relation », a plaidé Manuel Valls. « Il y a quelques semaines, nous avons accueilli ceux qu’on présente comme les adversaires, les ennemis de l’Arabie saoudite, je veux parler du président iranien. Qu’est-ce qui fait la force de la diplomatie française ? C’est d’être en capacité de parler avec tout le monde, les Iraniens comme les Saoudiens », a poursuivi le Premier ministre.

La France entretient des relations très suivies avec l’Arabie saoudite, qu’elle présente comme un allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), et avec laquelle elle a conclu d’importants contrats d’armement. Officiellement, les responsables français assurent parler de la question des droits de l’homme avec leurs interlocuteurs saoudiens à chaque occasion. Le prince héritier est aussi le ministre de l’Intérieur de son pays, où, en 2015, 153 personnes ont été exécutées, selon un comptage de l’Agence France-Presse reposant sur des chiffres officiels saoudiens. Un niveau inégalé en 20 ans en Arabie saoudite, royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique.

Migrants : le « courage » de l’Allemagne

Manuel Valls a salué mardi le courage de l’Allemagne et de ses dirigeants en matière d’accueil des migrants, tout en se félicitant de « la position responsable » de la France, qui à ce jour a accueilli « quelques centaines » de réfugiés. « J’ai salué, quand je suis allé à Munich il y a quelques semaines, l’engagement du peuple allemand et de ses dirigeants, parce qu’accueillir un million de réfugiés sur une seule année, 2015, c’est bien sûr faire preuve de courage et d’engagement », a déclaré le Premier ministre sur BFM TV et RMC. « Mais il ne faut pas, en même temps, nier les difficultés, la réalité. La politique de la France, nous l’avons dit dès le début, ce n’est pas un accueil illimité », a-t-il souligné, rappelant que la France s’était engagée à accueillir « 30 000 réfugiés sur deux ans ».

Interrogé sur le nombre de personnes accueillies à ce stade, Manuel Valls a répondu « aujourd’hui quelques centaines », les derniers chiffres connus faisant état de quelque 300 personnes. « C’est bien beau d’avoir des grands discours, de se référer aux valeurs, à la morale, mais ce qu’attendent les peuples, ce qu’attendent les Allemands comme les Français, ce sont des politiques européennes efficaces, qui permettent de maîtriser les flux migratoires », a-t-il développé. « Et moi, je me félicite que la position de la France (…) soit une position responsable, efficace. Parce que quand on accueille des centaines de milliers de réfugiés ou de migrants sans prévoir les conditions d’accueil, d’intégration, sans prévoir toutes les conséquences que ça peut avoir sur le plan économique, sur le plan social, sur le plan culturel, sur le plan politique, on peut être ensuite confronté à des défis majeurs », a poursuivi le Premier ministre. « Ces défis majeurs, ce sont ceux de l’Allemagne, c’est pour ça que nous sommes solidaires avec l’Allemagne, mais nous souhaitons une politique européenne qui soit efficace. » Le mois dernier, des responsables de gauche, dont Martine Aubry, avaient reproché à Manuel Valls « la meurtrissure de l’indécent discours de Munich », lors duquel le Premier ministre avait indiqué ne pas être favorable à la mise en oeuvre d’un mécanisme permanent de répartition des réfugiés dans l’Union européenne comme le propose Angela Merkel. Il avait plus généralement critiqué la politique migratoire de la chancelière allemande.

Affaire Valbuena-Benzema

Manuel Valls a estimé mardi que les conditions pour un rappel de Karim Benzema en équipe de France « aujourd’hui ne sont pas réunies », rappelant qu’« il est toujours mis en examen » dans l’affaire de la sextape. « Je pense que les conditions aujourd’hui ne sont pas réunies pour que Karim Benzema vienne dans l’équipe de France. Il est toujours mis en examen. En même temps, c’est la décision de la Fédération française de football et du sélectionneur », a déclaré le Premier ministre sur RMC. « Par rapport à la jeunesse, un grand sportif se doit d’être exemplaire », a redit le Premier ministre, qui avait déjà tenu ces propos sur cette affaire dans laquelle l’attaquant est notamment mis en examen pour « complicité de tentative de chantage ».

Le football, « c’est notre patrimoine », « ce n’est pas quelque chose à part qui n’intéresserait que les amateurs de sport. (…) Donc il faut faire attention, tous les gestes et tous les choix ont leur importance », a-t-il ajouté. Le ministre des Sports Patrick Kanner avait déjà exprimé lundi le même avis. « Je pense que lorsqu’on signe la charte de déontologie pour être membre de l’équipe de France, on doit la respecter, et je pense qu’aujourd’hui les conditions ne sont pas réunies en la matière pour Karim Benzema », avait déclaré le ministre. La justice française a levé vendredi le contrôle judiciaire de Karim Benzema dans l’affaire du chantage à la sextape lui interdisant de rencontrer Mathieu Valbuena, une « première étape » selon la Fédération (FFF) qui ouvre la voie au retour de l’attaquant star en équipe de France en vue de l’Euro 2016 (10 juin-10 juillet). La balle est maintenant dans le camp de Noël Le Graët, qui a toujours conditionné un éventuel retour chez les Bleus de leur leader d’attaque à une « évolution de sa situation judiciaire ». Benzema reste mis en examen.

Contraceptifs forcés pour les esclaves du groupe EI

20 minutes

© Fournis par 20 minutes Les esclaves qui ont réussi à s’échapper racontent les méthodes «modernes» utilisées afin de pouvoir multiplier les viols.

Trente-sept anciennes esclaves sexuelles du groupe Etat Islamique en Syrie et en Irak ont révélé dans les pages du New York Times l’utilisation répandue de méthodes contraceptives lors de leur captivité, administrées de force aux jeunes filles et aux femmes pour que leurs «propriétaires» puissent abuser d’elles plus souvent.

Le viol, comme la torture, a été et est encore largement utilisé comme arme de guerre en Syrie au sein de plusieurs parties prenantes du conflit qui ravage le pays depuis cinq ans.

A en croire les publications officielles du groupe Etat Islamique, un homme peut «légalement» violer ses esclaves en toutes circonstances ou presque. Cependant, la règle veut que les esclaves sexuelles ne soient pas violées si leur grossesse est en cours, et ne soient pas revendues si elles ont donné naissance. D’où l’introduction de méthodes de contraception «modernes» et d’avortements forcés: sur les 700 victimes yézidies recensées après leur fuite ou leur libération dans un centre de soin des Nations Unies, 5% étaient tombées enceintes pendant leur captivité, un taux étonnamment faible.

«Quand j’étais vendue, la boîte venait avec moi»

M., 16 ans, raconte que son tortionnaire lui a donné une boîte de comprimés peu de temps après l’avoir achetée. «Chaque jour, je devais en avaler un devant lui. Il me donnait une boîte par mois. Quand je n’en avais plus, il remplaçait la boîte. Quand j’étais vendue d’un homme à un autre, la boîte venait avec moi.» Celle-ci n’a appris que des mois plus tard qu’elle ingérait des pilules contraceptives. Une autre jeune femme décrit comment l’homme qui l’a achetée lui a administré un contraceptif, le Depo-Provera, à l’aide d’une piqure dans la cuisse.

Le frère d’une victime raconte, lui, que cette dernière a dû prendre devant ses geôliers un médicament censé induire une fausse-couche alors qu’elle entamait son 2e trimestre de grossesse, afin de pouvoir être violée une fois débarrassée de l’enfant. Celle-ci a réussi à faire croire qu’elle avalait les comprimés mais les cachait en réalité sous sa langue. Elle est actuellement hospitalisée, après avoir réussi à fuir.

Des «règles» plus ou moins respectées

Certaines des interviewées racontent qu’elles savaient que leurs tortionnaires allaient les revendre quand on exigeait qu’elles se soumettent à un test de grossesse. «Un résultat positif signifiait qu’elles portaient l’enfant de leur violeur. Un résultat négatif autorisait les membres du groupe EI à continuer à les violer.»

Leurs témoignages indiquent que le respect de ces «règles» dépend des cas. La dernière victime citée, âgée de 20 ans, était déjà enceinte au moment où elle a été kidnappée. Elle affirme avoir été violée plusieurs fois par son tortionnaire malgré cela. «Je lui disais « Tu n’as pas le droit de faire ça ». Il avait les yeux injectés de sang. Il agissait comme s’il était drogué.» Après avoir tenté de l’obliger à recourir à un avortement et lui avoir porté plusieurs coups au ventre, elle a réussi a s’échapper. Son garçon est né en lieu sûr, en bonne santé, deux mois plus tard. (nxp)

Des images terrifiantes tournées en secret à Raqqa, le fief de l’État islamique en Syrie


https://youtu.be/V28SDigCLek

ÉTAT ISLAMIQUE – « Absolument terrifiant. C’est comme dans une fiction, ou dans un cauchemar ». « Ça ne semble pas réel. Je ne peux pas imaginer que ma ville ressemble à cela ». « On se croirait dans Call of Duty (un jeu vidéo de guerre) ». Ces réactions sont celles des internautes du site de partage de liens Reddit face aux images diffusées par le média suédois Expressen TV, lundi 14 mars. On y découvre le quotidien des habitants de Raqqa, le fief de l’organisation jihadiste État islamique en Syrie.

D’après Expressen TV, les images auraient été tournées discrètement par deux femmes, Om Omran et Om Mohammad, des habitantes de la ville syrienne. Comme le montre la vidéo ci-dessus, les femmes sont les plus durement touchées par la loi imposée par l’État islamique. Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité.

À Raqqa, les femmes ne peuvent sortir de chez elles que si elles sont accompagnées, elles ne peuvent ni travailler ni étudier. Les visages féminins sont effacés des emballages de teinture pour cheveux, et les femmes sont régulièrement rappelées à l’ordre sur leur tenue. Dans leur vidéo, les deux syriennes racontent la violence à laquelle elles assistent au quotidien.

En tournant ces images, sur lesquelles on peut voir des combattants de Daech et la police religieuse rappelant à l’ordre dans les rues de Raqqa, elles s’exposent à une condamnation à mort par lapidation, selon Expressen TV.

Lire aussi :• Le nombre des jihadistes en Libye a doublé, mais diminué en Irak et en Syrie

• Situation humanitaire catastrophique à Madaya en Syrie

• Daech s’installe en Libye

• Nombre, origine… les affolants chiffres des jihadistes en Syrie ont été publiés

• Ruqia Hassan, la première femme journaliste que Daech aurait exécutée

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commentaires

Vincent  •                                            Boutin n’a toujours pas ramené sa fraise sur cette affaire elle qui donne si facilement des leçons de morale                                                                                             Najib  •                                                 c’est honteux pour des gens qui se croient au dessus de la loi

  • Leclod  •                                    Les posts il n’y a que les Gauchos pour trouver des excuses aux pédophiles ?
    PÉDOPHILIE : Les dessous de l’affaire Jack Lang au Maroc                                         L’Ancien ministre s’est fait poisser à Marrakech lors d’une partouze avec des petits garçons

    beber  •                                      S’il démissionne il pourras quand même avoir un avenir dans le cinéma. Il pourrait jouer son propre rôle dans un film de boule 🙂

  • Selena  •                                   On parle de pédophilie quand la victime a 16 ans ? ce ne serait pas plutôt un viol ou une agression sexuelle ?                                                                         Tonton Berru  •                      pas d’amalgame : tous les curés ne sont pas pédophiles        Jo  •                                            Personne pour se dévouer et faire la blague du padamalgam ? C’est étonnant…

    Aden  •                                        Il serait LARGEMENT temps d’autoriser le mariage des prêtres, d’autant que cet interdit n’est pas issu de la Bible mais de l’Eglise elle même. Elle peut donc tout à fait revenir sur cela.

    Mistralgagnant ♫♫♫♪♫  •      L’Eglise comme l’armée joue la grande muette hypocrite !
    A quand les réformes de fond qui permettraient aux prêtres d’avoir une vie sexuelle normale comme dans toutes les autres religions ?

    Un utilisateur Yahoo  •            et si on parlait un peu des mariages forcés de fillettes de 9 ans avec des musulmans?

  • Voltaire                                      Et Valls qui s’occupe des affaires judiciaires et religieuses. Il est temps que tout cela s’arrête.

    citoyen républicain         Une très large majorité de français demande à Valls de prendre ses responsabilités, vu le bilan calamiteux de ses gouvernements. À Munich il aura eu le déshonneur et n’aura pas empêché l’afflux de réfugiés ! Aujourd’hui il met son nez dans des affaires judiciaires. Trop c’est trop ! Le franquisme c’est fini !!

    ah bon                                encore et toujours le petit caudillo prompt à lancer des imprécations sur tous ceux qu’il déteste. Il est au courant qu’il y a une justice et une présomption d’innocence, ou ces notions ne s’appliquent qu’aux politocards qui nous gouvernent? et les membres de l’éducation nationale, il leur fait la même remarque?

    Lucine                                   Je n’ai pas le souvenir que Cazeneuve et Valls aient songé à « prendre leurs responsabilités » après le meurtre par la police du jeune Rémi Fraisse.

    Philippe Puyau

    @PMM. :                            Là vous vous êtes surpassé !!! 50 témoignages ont été recueillis portant sur des agressions sexuelles sur des enfants de – de 15 ans , des scouts pour la plupart. Il s’agit de pédophilie commise par des ecclésiastiques et çà n’a rien à voir avec le libertinage incontrôlé et souvent monnayé de DSK .Votre antagonisme à l’égard du PS vous fait perdre toute lucidité.                                                 La religion catholique a toujours été dans le viseur des médias. Sans remettre en cause à aucun moment les faits signalés, il est bizarre de constater que les officiants des autres religions bénéficient d’une quasi-infaillibilité ; de quoi être admiratif !!!!!!!!!!!!!!!

    Anal JESIC                   Et combien d’agressions sexuelles, qui ne seront jamais découvertes, l’Eglise a-t-elle couverte de son silence complice
  • xar2035      
    @Anal JESIC :            Qu’on punisse déjà les cas connus.
    Ensuite les langues se délieront.

  • truc                              Sympa les racines chrétiennes de wauquiez et autres bismuth

    xar2035      
    @truc :                        Rien à voir avec les politiques !
    Ce sont les chefs des églises qui doivent nettoyer leur brebis galeuses. Sévèrement !
    L’état, la politique n’a rien à faire dans ces nettoyages.
    Il doit uniquement punir avec les règles et les tribunaux de la république les crimes commis.

    Francaise      
    @truc :                         Ces personnes ne représentent pas la majorité du clergé chrétien, ce sont des monstres qui salissent leur religion.
    Le « pas d’amalgame » si décrié par certains doit aussi s’appliquer dans ce cas.

    Adii93                                Quelle complaisance de la part des autorités….
  • TrahiparleFN    
    @Adii93                            religieuses.
    esquimo 56                     Manolo et le cardinal

    C’est l’hôpital qui se fout de la charité,  si le fougueux catalan avait le sens des responsabilités il aurait démissionné depuis longtemps.
    D’autre part en France (pour l’Espagne, je ne sais pas) il y a séparation de l’église et de l’état, ce n’est pas le gouvernement qui a nommé Barbarin, ce n’est pas à lui de le démissionner. Par contre les profs pédophiles sont sous la responsabilité du ministre de l’EN… Et pas un seul n’a jamais été viré pour avoir joué aux chaises musicales avec les coupables !

    lemmy1                            Barbarin. « L’avocat du cardinal de Lyon Philippe Barbarin, Me André Soulier, s’est exprimé sur BFM TV après les propos du premier ministre Manuel Valls qui appelle à « prendre ses responsabilités » dans le cadre de l’affaire des prêtres pédophiles.

    Il a affirmé : « N’a-t-il pas autre chose à faire qu’à se prononcer sur un dossier qu’il ne connaît pas, puisque les magistrats ne communiquent pas les éléments de procédure ? Je suis stupéfait, et je conseillerais au premier ministre de modérer ses propos », a lancé l’avocat. « Je me demande ce que vient faire le chef du gouvernement dans cette mêlée.  »
    « Dans cette affaire, rien ne me paraît normal. Je n’ai pas accès à la procédure, tandis que des gens (des victimes, ndlr) se répandent dans la presse en disant qu’ils ont porté plainte. Et maintenant, voilà qu’un haut cadre du ministère de l’Intérieur dit qu’il a lui aussi déposé plainte, classée sans suite, et qu’il en veut beaucoup au cardinal Barbarin de ne pas s’être occupé de lui ! Je pense que ce haut fonctionnaire devrait être rappelé à un certain nombre d’obligations », a tempêté l’avocat.  » ©Le Figaro
    On peut se poser la question de savoir si une personne voulant légaliser le commerce d’enfant (GPA) est la mieux placée pour aborder ce sujet, sans préjuger des responsabilités mises en cause.
    Mr. Valls ferait mieux de se concentrer sur la composition de l’équipe de foot…

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