Je croyais que c’était de l’amour.

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Un meurtre sur cinq résulte de violences au sein du couple

Le constat est accablant, les chiffres terrifiants. Depuis 2006, 1.259 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint. Elles étaient encore 118 l’an dernier, rappelle le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, avant la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes, ce mercredi.

De novembre 2014 à octobre 2015, 82.635 faits de violence commis par conjoint ou ex-conjoint ont aussi été recensés par les forces de sécurité. Dans 88% des cas, la victime est une femme.
Chaque année en France, 84.000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont violées ou victimes de tentatives de viol. Seulement une sur dix déclare avoir déposé plainte, recense l’Observatoire national des violences faites aux femmes. Dans 90% des cas, les femmes connaissent leur agresseur.

Qu’est ce que la violence conjugale ?
Coups de poings, gifles, blagues humiliantes, séquestration, étranglement, brûlures, coups de couteau, fractures, sévices sexuels, sarcasmes, harcèlement, dénigrement, ordres contradictoires, éclats de voix, mépris, tortures, menaces… La liste est longue de ce qui relève de la violence conjugale et les violences s’ajoutent parfois les unes aux autres dans une forme d’escalade. La violence conjugale se définit comme un processus au cours duquel une personne exerce à l’encontre de son ou sa partenaire, dans le cadre d’une relation privée et privilégiée, des comportements agressifs et destructeurs. Cette violence s’exerce sous diverses formes (verbale, psychologique, sexuelle, économique…) au cours d’incidents répétés et, souvent, de plus en plus sévères, qui entraînent des blessures, des symptômes et des séquelles affectives et psychologiques graves. La loi n° 92-684 du 22 juillet 1992 portant réforme des dispositions du Code Pénal mentionne que la qualité de conjoint ou de concubin de la victime constitue une circonstance aggravante des « atteintes volontaires à l’intégrité de la personne ».

Appel à l’aide    
Le 3919 est une numéro de téléphone destiné aux femmes et aux hommes victimes de violences conjugales et aux témoins de ces violences. Le service a traité plus de 50.000 appels en 2014, deux fois plus que l’année précédente.
Joignable du lundi au samedi de 8 heures à 22 heures, et les jours fériés de 10 heures à 20 heures, il permet aux victimes d’être écoutées, informées et orientées. L’anonymat est garanti.
Si vous êtes victime de violences conjugales : Contactez de toute urgence un service social ou une association spécialisée, qui vous apportera aide, écoute, information sur vos droits, ainsi qu’une solution d’hébergement d’urgence, pour vous et vos enfants.

En cas d’urgence
Il est préférable de contacter la police ( 17) ou, si nécessaire, le Samu ( 15).
Vous pouvez porter plainte en vous adressant :
– à l’un des points d’accueil de la Police Urbaine de Proximité
– au Procureur de la République, par lettre simple, datée et signée
– Si vous ne souhaitez pas porter plainte immédiatement, faites enregistrer une main courante dans un service de polic

Les stars dans l’enfer de la violence conjugale
Cette triste réalité touche tous les milieux, du plus modeste au cercle politique, en passant par le monde du cinéma ou de la chanson…

Pourquoi les mythes sur les violences contre les femmes perdurent

VIOLENCES SEXUELLES

VIOLENCES – « Un vrai viol, n’est-ce pas la nuit, dans une rue déserte, l’agresseur étant un inconnu armé? », « Si elle ne s’est pas débattue, n’est-ce pas parce qu’elle le voulait bien », « Comment est-il possible d’être violé(e) par son conjoint ou son partenaire? » Autant de questions encore trop souvent posées au détriment des victimes de violences sexuelles. Ce mercredi 25 novembre, l’ONU proclame la Journée internationale de lutte contre les violences contre les femmes.

Chaque année, 216.000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles en France. Cela représente 1% de la population totale. 86.000 femmes de la même tranche d’âge sont victimes chaque année de viols ou tentatives de viol. C’est sans compter les mineures, qui représentent 81% des victimes de violences sexuelles, selon une enquête publiée en mars 2015, réalisée par l’association Mémoire traumatique et Victimologie avec le soutien de l’UNICEF.

Aussi important ces chiffres soient, les victimes continuent à être délaissées voire montrées du doigt. « Loi du silence, déni, impunité, absence de reconnaissance, de protection et abandon des victimes de violences sexuelles règnent encore en maître », écrit Muriel Salmona, la Présidente de l’association Mémoire traumatique et Victimologie dans son livre publié en octobre 2015, Violences sexuelles, Les 40 questions-réponses incontournables. Une ignorance et un déni autour de ce problème de société qu’il est important de rappeler en cette journée de mobilisation.

Le mythe du « vrai viol »

Aujourd’hui encore, « très peu de femmes arrivent à porter plainte, personnes ne sait où les violences sexuelles se produisent, toute la société est dans le déni », explique au HuffPost la psychiatre, auteure du livre.

Ce déni s’exprime à travers des interrogations et propos qu’on entend trop souvent lorsqu’une femme s’est fait agresser ou violer. L’un des plus grands mythes sur le viol est, selon Muriel Salmona, celui de l’agression commise par un étranger, la nuit, dans la rue. « Un vrai viol, n’est-ce pas la nuit, dans une rue déserte, l’agresseur étant un inconnu armé et la victime une jeune femme séduisante? », écrit-elle parmi ses 23 questions sur les violences sexuelles que personnes ne devrait plus se poser. « Rien n’est plus faux, seul un faible pourcentage des viols correspond à ce ‘vrai viol' », répond elle. La réalité, c’est que le viol est commis, dans la majorité des cas, par un proche, sur un mineur. « Ce n’est pas dans la rue en rentrant d’une soirée qu’une femme est le plus en danger d’être violée, c’est quand elle est enfant, chez elle, dans sa famille, à l’école, dans le cadre de ses activités parascolaires, dans les institutions de soins, ou quand elle est adulte dans son couple ou au travail », explique-t-elle dans son livre.

Autre point de déni, la façon dont une agression sexuelle est détournée en pulsion irrépressible chez un homme. Lui a un besoin insatiable, la femme, elle, devrait forcément s’y plier. Muriel Salmona remet les pendules à l’heures: « Le viol est froidement intentionnel, ce n’est pas un désir sexuel qui en est à l’origine mais une volonté de la part du violeur de soumettre, d’exercer un pouvoir en prenant possession du corps d’autrui pour l’instrumentaliser à sa guise pour son plaisir », détaille-t-elle.

Par ailleurs, l’idée selon laquelle les femmes mentent ou exagèrent est encore trop courante. Malgré les chiffres, les femmes violées ou agressées ont encore énormément de mal à parler et à se faire entendre. Seules 10% des victimes portent plainte suite à un viol ou une tentative de viol. « Le peu de victimes qui révèlent ce qu’elles ont subi courent le risque d’être mises en cause et maltraitées », écrit encore la psychiatre.

Dernier exemple en date, une femme se fait agresser dans un train. Lorsque que le conducteur du train fait une demande d’intervention, on lui répond au bout du fil: « Bah elle est pas morte! » Comme si, pour être grave, une agression devait obligatoirement mal finir.

« Culture du viol »

Comment expliquer ce déni des violences? « On est devant une volonté de ne pas reconnaître la réalité, on veut continuer à exercer des violences », déplore Muriel Salmona. « Seuls 1,5% des violeurs sont condamnés. Si on touche à ce système, il implose. Surtout quand les agresseurs sont des membres de la famille, qui est une zone de non-droit », ajoute-t-elle.

Pour mieux comprendre ce phénomène de rejet, il faut également s’arrêter un instant sur le système sur lequel il repose: la « culture du viol« , une expression dont on entend de plus en plus parler dans les médias. Cette culture est définie comme l’adhésion de la société aux mythes sur le viol, dont certains ont été évoqués ci-dessus. Pour mieux saisir de quoi il s’agit, voici la description en trois temps que Muriel Salmona propose:

  • « Il ne s’est rien produit »: « c’est la victime qui est mise en cause et non pas l’agresseur »
  • « Elle était en fait consentante, elle l’a voulu ou elle a aimé ça »: « oui, il s’est passé quelque chose, mais elle est quand même coupable, elle n’a pas résisté, elle devait le vouloir »
  • « Elle l’a bien mérité, elle est responsable de ce qui s’est passé »: « c’est l’idée selon laquelle les femmes aiment ça, qu’elles le cherchent en s’habillant de façon trop sexy et en raison d’autres stéréotypes sous-entendant que la femme est une prédatrice. »

Dans ce système, non seulement les agressions perdurent mais en plus, les conséquences pour les victimes sont dramatiques. Traumatismes psychologiques, impact sur la santé mentale et physique, la qualité de vie, anesthésie émotionnelle, mémoire traumatique sont autant de conséquences décrites par Muriel Salmona.

Pour elle, la lutte contre ce système commence par la diffusion des informations aux victimes. La prise en charge des soins devrait également être valorisée: « les médecins ne sont pas formés aux psycho-traumatismes et aux violences sexuelles. Les victimes devraient pouvoir se rendre dans des centres dédiés », propose-t-elle. Et d’ajouter: « Elles doivent savoir qu’elles ne sont pas seules ».

Lire aussi :

» 94% des agresseurs sont des proches

» Faut-il être morte pour être prise au sérieux?

» App-Elles, une application pour contacter ses proches en cas de danger

» Rapport choc du gouvernement contre le harcèlement dans les transports

Les violences sexuelles

Diffusion : mercredi 4 novembre 2015
Les violences sexuelles
 Deux jeunes mineures congolaises victimes de viol, accompagnées par leur avocate (C) à l’Hôpital de Panzi Bukayu, Est du Congo en 2009. AFP/Adia Tshipuku

Aujourd’hui se déroule à Conakry en Guinée une manifestation contre les violences sexuelles, après l’agression sexuelle d’une jeune fille filmée et diffusée sur internet, montrant un homme avec à la main un couteau, qui menace une jeune fille nue et la force à avoir des relations sexuelles avec lui.

L’OMS estime qu’une femme sur 5 dans le monde a subi des violences sexuelles pendant son enfance. En France, Plus de 250 000 viols sont commis chaque année en France essentiellement par des proches et dans tous les milieux sociaux.

Ces violences sexuelles ont un impact majeur sur la santé des victimes à court, moyen et long termes. Des conséquences psychologiques mais aussi physiques : troubles intestinaux, fatigue et douleur chronique, migraines, maladies auto-immunes, problème de thyroïde…

Quelle prise en charge pour ces victimes ? Comment les aider à se reconstruire ?

•    Dr Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’Association Mémoire traumatique et Victimologie. Elle a publié «Violences  sexuelles : les 40 questions réponses-incontournables», aux éditions Dunod
•    Morgane Seliman, auteure du livre « Il m’a volé ma vie » aux éditions XO document.
•    Dr Désiré Alumeti, médecin à l’Hôpital de Panzi, chirurgien pédiatre et médecin légiste au sein du Programme SVS (Survivante de Violences Sexuelles) à l’Hôpital de Panzi de façon spécifique Prise de Enfants Victimes de Violences Sexuelles. Enseignant à la Faculté de Médecine de l’Université Évangélique en Afrique (UEA).

En fin d’émission, nous faisons un point avec l’Association Medjowé Paca-Cameroun qui va fêter ses 10 ans, le 5 novembre 2015, à l’Hôpital de la Timone à Marseille.  Nous en parlons avec le fondateur Dr Joseph Fondop, un neurochirurgien camerounais qui s’est perfectionné à la Timone, et est retourné au Cameroun pour aider les hôpitaux publics en activant son réseau d’experts marseillais, et en collectant du matériel médical réformé.

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réactions

JOSIANE LENORMAND     Cette étude courageuse et nécessaire touche au tabou de la famille, souvent perçu comme ultime refuge dans une société violente. Plus facile de débattre de la fessée que d’affronter la réalité de viols et d’agressions sexuelles subis par des enfants au sein du « cocon » familial. C’est ainsi que l’impensable demeure largement l’indicible…

 

 Claude DOUCET        Cette question cruciale n’intéresse que 5 ou 6 lecteurs. En revanche l’article sur la gifle et la fessé recueille des dizaines d’avis qui minimisent l’importance des châtiments corporels. Cherchez l’erreur ?????

aloes                                  Signe des temps Claude …les débats approfondis n’intéressent pas grand monde, le débat sur la justice et les peines alternatives par exemple, n’est que caricatures et procès d’intention , alors que les gens qui le portent sont aussi soucieux de la sécurité des citoyens que ceux qui ne raisonnent qu’en terme de répression accrue , même si c’est inefficcace et même si la récidive est démontrée .On montre ses muscles et le débat est clos.

 

JACQUES DEJEAN             Il est utile de savoir que quelqu’un comme Marcel Rufo, qui passe à la TV et dans les journaux , a osé dire lors de l’émission « Allô Rufo » du 3 décembre 2012 sur France 5 « L’immense majorité des enfants « abusés » vont bien !  » . Et la pétition lancée contre Rufo par le CRIFIP (Centre de recherches internationales et de formation sur l’inceste et la pédocriminalité) depuis 2013 n’a même pas obtenu 21000 signatures !

JEAN LUC VIAUX                  Ces données ne sont pas nouvelles et correspondent aux enquêtes faites dans bien des pays depuis 30 ans. La rituelle phrase sur « il faudrait d’urgence former les professionnels » est écrite depuis au moins 30 ans. Sans résultat puisque les uns sont formés en faculté (droit, médecine, psychologie… ) les autres en école (travailleurs sociaux, infirmière, magistrats, policiers) et que les programmes dépendent de 4 ministères différents. Sans un Haut Conseil de coordination il ne se passera rien

 

 Claude DOUCET              La cruauté n’est pas dans la rue. Elle est dans la famille et dans l’entourage. Ce n’est malheureusement pas une découverte. L’usage sexuel des enfants traverse l’histoire des sociétés et il a fallu attendre la fin du 20° siècle pour qu’elle apparaisse comme une situation « critiquable ». Aujourd’hui encore cette situation apparait comme « normale » dans des groupes humains de tous les pays du monde et elle reste peu ou pas pénalisée avec parfois l’appui des religions.

  • Françoise S.        Cela fait partie de ces fléaux de société depuis que les hommes sont sur terre. Maintenant quand on tire à boulet rouge sur la nécessité d’apprendre morale, instruction civique, droits de l’homme dans les écoles, que les femmes restent encore pour certains milieux des êtres moins « capables » etc …..parce que cela va nous réduire notre espace personnel de liberté, nous contraindre à être respectueux de notre prochain, à nous limiter dans nos épanchements naturels, à être tout simplement un bon citoyen, quand tout cela sera enfin non considéré comme ringard alors il sera possible de faire quelque chose.Chaque jour certaines de nos célébrités nous montrent ce qu’il ne faut pas faire : toutes les exagérations et déviances. Et on en parle.

  • Sanyi                Un moment, j’ai cru qu’on parlait d’une nouvelle pandémie.
  • PS Pas Socialiste     Les violences sexuelles dénoncées au cours du procès du Carlton ont-elles été condamnées ?…..
  • croty                    C’est terrible mais très compréhensible. Combien de faire acceptent de se faire examiner et, comble de l’humiliation, photographier de la manière la plus intime après le traumatisme d’un viol ? Je passe sous silence le fait de raconter tout cela dans le détail à la gendarmerie, à la Justice, dans une Cour d’assises… et en plus de voir sa vie personnelle étalée au grand jour. Donc, les femmes se taisent.
  • KIVEPE                 Le constat étant fait que ces agressions sexuelles sont une véritable nuisance sociale, pour arriver à la vaincre il faut comprendre leurs origines et détecter les profils à risques.Il est établi que ces agressions sont pratiquées par des hommes qui n’arrivent pas à canaliser leurs pulsions sexuelles et passent à l’acte malgré les conséquences en utilisant des méthodes similaires à celles du racket pour contraindre leurs victimes.

    Les agresseurs menacent de représailles leurs victimes et les intimident afin d’obtenir le silence et, dans cette atmosphère de terreur, ils peuvent alors agir en toute tranquillité.

    C’est donc généralement la peur qui est utilisée par l’agresseur et parler semble alors impossible à la victime.

    Pour aider les victimes potentielles ou effectives, il faut recenser les hommes qui sont en relation avec les victimes potentielles et observer leurs comportements réciproques lors de réunion ou ils sont en relation en face à face.

    Ainsi, la détection de risques est possible, mais seule une parole de la victime créera un contexte à même de trouver une solution qui n’effacera pas l’acte qui a été subi.

    Pour plus d’infos :

    http://www.psychomedia.qc.ca/agression-sexuelle/2004-11-17/comment-expliquer-les-comportements-des-agresseurs-sexuels

    http://www.agressionssexuelles.gouv.qc.ca/

  • gobi du 13    services sociaux ,justice en dessous de tout.
  • Jacques Van Rillaer 21% de violences sexuelles (récoltées par un médecin belge) me paraît une proportion tout à fait fantaisiste. Moi-même, psychothérapeute habitant le même pays et ayant reçu en consultation des centaines de personnes pour des troubles psychologiques (j’ai commencé à exercer en 1970 !) je suis très loin en-dessous de ce pourcentage alors que j’interroge toujours mes patients sur cette question. Quoi qu’il en soit, les violences sexuelles se produisent ainsi que d’autres formes de violence tout aussi (et parfois plus) traumatisantes.

    Pour un article sur ce que peut faire la psychologie, à la lumière des recherches scientifiques, voir sur le site de « Science et pseudo-sciences »:

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1598

    J. Van Rillaer
    Professeur émérite de psychologie
    à l’université de Louvain

  • polonia        Et c’est encore pire chez les enfants ayant subi des violences sexuelles…

 

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