Vous êtes trop sensible!!

C'est la rentrée!

Électrosensible, je vis isolée en montagne : mon handicap est enfin reconnu

Avatar de Marine Richard

Électrosensible

C’est une première victoire pour toutes les personnes souffrant d’hypersensibilité aux champs électromagnétiques. Marine Richard, qui avait déposé un recours pour faire reconnaître son handicap dû aux ondes, vient d’obtenir gain de cause devant la justice. En 2010, elle a dû quitter la ville pour partir vivre recluse à la campagne. Elle témoigne.

 L’association Next-up défend l’environnement contre les champs électro-magnétiques, ici dans la Drôme le 01/06/14 (BONY/SIPA)

Pour moi, tout a commencé alors que j’habitais à Marseille, dans un appartement situé au dernier étage, très exposé aux ondes électromagnétiques. À l’époque, il y avait déjà environ 13 antennes-relais à moins de 100 mètres et à la même hauteur que mon appartement, ainsi que le terminal des ferries dont les radars sont allumés en permanence.

C’est quand j’ai installé le wifi à mon domicile, en 2007, que j’ai ressenti mes premiers maux de tête sévères. Je téléchargeais des films pendant que je travaillais – j’étais documentariste et auteure dramatique – et perdais la tête quasi instantanément. Je n’avais plus aucune capacité de concentration ni de mémoire immédiate. Un ami, à qui j’ai parlé de ce problème, m’a dit que c’était peut-être à mettre sur le compte du wifi. C’était en effet le cas : lorsque je débranchais la box, tout allait mieux.

Épuisement, maux de tête insoutenables, insomnies

Quelques mois plus tard, j’ai toutefois commencé à sentir les ondes de mon téléphone. Les liens de cause à effet se sont avérés évidents : je souffrais de forts maux de tête à chaque fois que je l’utilisais. J’ai alors commencé à utiliser une oreillette, mais mon intolérance aux champs électromagnétiques n’a fait que s’accroître malgré tout.

Je suis devenue sensible à de plus en plus de fréquences, et de plus en plus infimes. En l’espace de quelques semaines, je me suis retrouvée dans l’incapacité de dormir chez moi. Je souffrais d’insomnies totales, de maux de tête insoutenables, de tachycardie… J’avais l’impression qu’un étau m’écrasait le cerveau.

Sur le plan neurologique, c’était comme si j’étais atteinte de la maladie d’Alzheimer. J’étais incapable de me sortir de cette situation. Il arrivait que je fasse mes courses et que je m’arrête en plein milieu du parking en me demandant ce que je faisais là et où était garée ma voiture. J’étais épuisée, véritablement en train de dépérir.

Des mois à chercher un bout de forêt sans ondes

En 2010, mon intolérance aux champs électromagnétiques s’est encore aggravée et j’ai dû quitter la ville. Une amie m’a aidée à chercher un endroit à la campagne pour me ressourcer. Difficile : on s’est vite rendu compte qu’il y avait des ondes partout. Ce n’est qu’après plusieurs semaines que l’on a enfin trouvé un bout de forêt.

Je pensais qu’en me mettant au vert quelques jours, ça irait mieux. Mais au bout de trois mois d’isolement hors des ondes, mon intolérance n’avait pas diminué. Ce périple à la recherche de « trous », où personne ne voulait aller et où il n’y a avait aucun réseau, a duré des mois.

J’ai finalement trouvé refuge dans une roulotte à la campagne, où les portables ne passaient pas. J’y suis restée environ un an.

Je vis depuis 2012 en montagne, sans électricité

Comprenant que je n’allais pas pouvoir revenir à ma vie d’avant, j’ai dû vendre mon appartement à Marseille pour financer ma survie et me mettre en quête d’un endroit où je pourrais rester plus longtemps. J’ai finalement trouvé une petite zone encore relativement à l’abri des ondes en Ariège, au fond d’une vallée de haute montagne, dans une ancienne bergerie, où je suis à peu près protégée. J’ai pu m’installer ici en 2012, commencer enfin à me consacrer à la restauration de ma santé et me remettre à écrire (« Sans mobile« , paru en mai 2015 chez Le Square éditions).

Je n’ai pas eu de téléphone pendant deux ans et demi. Aucune route ne mène à mon logement, seul un chemin pédestre, parfois inaccessible en hiver, permet de s’y rendre. Aujourd’hui, je vis sans électricité.

Des hivers que je passe seule à la bougie se dégage une atmosphère vraiment particulière, mais je n’ai pas eu d’autre choix que de complètement réorienter ma vie.

Dans l’ennui, l’isolement, le désespoir, a fini par émerger ce qui a du sens pour moi. J’ai repris les études de droit à la Sorbonne par correspondance, avec l’idée de me servir de ces outils juridiques pour aider à protéger des portions du territoire des champs électromagnétiques car, comme d’innombrables études scientifiques indépendantes le montrent, ils sont toxiques pour le vivant dans son entier, des humains aux plantes, en passant par les animaux et les insectes. Le reste du temps, je me consacre à l’écriture.

Des médecins démunis : aucun traitement efficace n’existe

J’ai eu « a chance » d’avoir au début une sensibilité immédiate accompagnée de douleurs. Je pouvais vous dire de manière certaine quand votre téléphone allait sonner. De cette manière, on m’a crue tout de suite et cela a renforcé ma propre conviction. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, mon corps peut réagir à une exposition aux ondes plusieurs heures après.

J’ai d’emblée été très claire vis-à-vis des médecins que je contactais. Je souhaitais connaître leur avis à propos de ma pathologie avant d’aller les voir, et ainsi écarter les sceptiques, qui pour la plupart, se fient à l’avis de l’Académie de médecine, malheureusement conseillée en matière de champs électromagnétiques par un physicien (et non un médecin) proche de l’industrie.

La plupart des professionnels de santé que j’ai contactés étaient démunis : ils reconnaissaient le problème mais ne savaient pas quoi faire. Je me suis alors tournée vers le Docteur Belpomme, un des seuls spécialistes de cette maladie en France, qui a réalisé plusieurs travaux scientifiques attestant d’une réelle intolérance aux champs électromagnétiques. Je n’ai obtenu un rendez-vous que huit mois plus tard, tant les demandes sont nombreuses. Le Docteur Belpomme a mis au point un diagnostic fiable par imagerie cérébrale, mais ne propose pas de traitement, si ce n’est une baisse du taux d’histamine, qui ne réduit pas mes douleurs.

On sacrifie nos vies pour le « progrès »

Actuellement, nous sommes malheureusement dans une impasse : tant qu’il n’y a aura pas de reconnaissance de la maladie, il n’y aura pas de recherches scientifiques pour la soigner.

C’est pourquoi la reconnaissance de mon syndrome d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques représente un grand espoir pour beaucoup de gens.

Mon quotidien, néanmoins, en demeure quasi inchangé. La maison du handicap, qui gère les demandes d’allocations, va me devoir deux ans d’arriérés, qui vont à peine couvrir les dettes que j’ai dû contracter. Cela va me permettre de manger, de payer quelqu’un pour couper du bois, d’acheter des rideaux blindés pour mes fenêtres… En d’autres mots, de vivre, tout simplement. Et je dois présenter une nouvelle demande d’allocations dont l’instruction prendra entre huit et neuf mois et qui, malgré le récent jugement, pourrait être à nouveau refusée, m’a-t-on affirmé à la Maison départementale des personnes en situation de handicap (MDPSH) récemment.

L’intolérance aux champs électromagnétique a cela d’extraordinaire que l’on peut appuyer sur le bouton off pour y mettre un terme. À l’abri des ondes, je n’ai ainsi aucune déficience. Mon handicap est exclusivement environnemental et résulte à mon avis d’un choix politique de sacrifier quelques personnes pour le « progrès ».

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec.

Marine Richard et l’auteure de « Sans mobile » (Le Square, 2015), une fiction documentée sur l’électrosensibilité.

Première reconnaissance d’un handicap dû à l’électrosensibilité en France

Le Monde.fr avec AFP

Une antenne-relais à Sizun, dans le Finistère, en 2009.

C’est une première : la justice française a reconnu l’existence d’un handicap grave dû à l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques. C’est ce qu’a annoncé mardi 25 août l’association Robin des toits, qui milite pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil. Cette décision représente « un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce syndrome d’électro-hypersensibilité », s’est réjoui son porte-parole, Etienne Cendrier.

Un récent jugement du tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse reconnaît ainsi, après expertise médicale, que la plaignante, Marine Richard, souffre du syndrome d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques, dont « la description des signes cliniques est irréfutable ».

Dans ce jugement, il est estimé que sa déficience fonctionnelle est de 85 % « avec restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi ». La justice lui accorde en conséquence le droit à une allocation pour adulte handicapé pour trois ans, éventuellement renouvelable, sous forme d’aide technique et d’aménagement de son logement.

Pas de reconnaissance officielle en France

Mme Richard, 39 ans, avait déposé un recours en avril 2014 contre une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes en situation de handicap de l’Ariège. Cette ancienne journaliste y vit recluse dans les montagnes en raison de ses troubles, qui durent depuis 2010.

L’hypersensibilité aux ondes magnétiques n’est pas reconnue officiellement en France comme une maladie et fait l’objet de controverses entre experts. Elle se traduit par des maux de tête, des picotements, des troubles du sommeil, des symptômes divers, transitoires et communs à de nombreuses autres affections. Ceux qui se déclarent « hypersensibles » citent souvent les antennes-relais, les portables, les téléphones sans fil ou le Wi-Fi comme causes directes de leurs maux.

Pour la première fois, un homme souffrant d’électrosensibilité s’était vu accorder une aide financière en 2014 pour sa pathologie par la maison départementale des personnes handicapées de l’Essonne. Mais il s’agissait d’un accord à l’amiable avec cette administration spécialisée.

Possible jurisprudence

Etienne Cendrier espère que le jugement de Toulouse fasse jurisprudence. « Souvent la justice est plus humaine que les politiques, qui protègent les industriels », a-t-il estimé. Une loi de janvier ne prévoit qu’un rapport début 2016 sur l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques, a ajouté le porte-parole de Robin des toits.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu en 2005 que l’électrosensibilité était « caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d’un individu à l’autre » mais qui « ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable ». Il n’existe cependant ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques, ajoutaient les auteurs de l’étude de l’OMS.

Lire nos explications : Electrosensibilité : une souffrance en mal de reconnaissance

L’hypersensibilité électromagnétique reconnue comme un handicap pour la première fois en France

Le tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse, chargé de régler les litiges de la Sécurité sociale, vient de rendre sa décision. Sur la foi d’une expertise médicale, il a considéré que l’hypersensibilité électromagnétique d’une jeune femme était synonyme d’invalidité à 85 %.

Maux de tête, picotements, troubles du sommeil… Les troubles subis par les « hypersensibles » aux antennes-relais, portables, téléphones sans fil et WiFi, peuvent en effet s’avérer invalidants. Tous les personnes qui souffrent de ces maux seront ravis d’apprendre que la justice a reconnu, pour la première fois en France, l’existence d’un handicap grave dû à l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques, un dossier sensible dans une société où téléphone mobile et wifi sont omniprésents.

Un jugement du Tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse confirme, expertise médicale à l’appui, que Marine Richard, la plaignante, souffre d’un syndrome dont « la description des signes cliniques est irréfutable ». Le jugement évalue sa déficience fonctionnelle à 85% et estime qu’elle ne peut pas travailler. Il lui accorde le droit à une allocation pour adulte handicapé – environ 800 euros par mois – pour trois ans, pouvant être renouvelé à l’avenir.

« Cette reconnaissance par la justice est une grande première en France », a commenté à l’AFP Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, qui milite pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil. Madame Richard a elle réagi ainsi : « C’est une percée ». A 39 ans, cette femme vit dans la précarité et se bat pour la reconnaissance de son handicap.

L’hypersensibilité aux ondes magnétiques n’est pas reconnue officiellement en France comme maladie et fait l’objet de controverses entre experts. Selon l’avocate Alice Terrasse, cette victoire pourrait faire jurisprudence car « des milliers de personnes » sont concernées mais n’ont pas saisi les tribunaux jusqu’à aujourd’hui. « Elles sont très isolées, ont très peu de contact et pour elles ce sont des démarches qui sont extrêmement compliquées ».

La justice reconnaît pour la première fois comme handicap l’électrosensibilité

À Toulouse, une femme se disant victime d’électrosensibilité vient d’être reconnue comme adulte handicapé. Marine Richard vit recluse dans les montagnes de l’Ariège depuis cinq ans. Cette femme, qui serait hypersensible aux ondes électromagnétiques, a tout quitté : son travail et sa vie à Marseille.

Cet été, la justice a tranché en sa faveur. C’est la première fois qu’elle reconnaît le handicap d’une personne qui se dit électrosensible. L’année dernière, elle expliquait ses symptômes au micro de France 2 : « Pour moi, c’est essentiellement des maux de tête très forts, des problèmes cardiaques, des problèmes de concentration et de troubles de la mémoire, qui se manifestent quand je suis soumise aux champs électromagnétiques artificiels ».

La question divise

Marine Richard touchera 800 euros par mois d’allocation pour adulte handicapé. Une aide précieuse pour cette femme qui vit aujourd’hui de l’aide de sa famille. Ce jugement pourrait faire jurisprudence. Aujourd’hui en France, l’électrosensibilité n’est pas reconnue comme une maladie et la question divise les médecins. L’année prochaine, l’agence de sécurité sanitaire doit rendre un rapport sur les effets des ondes sur notre santé.

L’électrosensibilité, un vrai handicap… selon la justice

La justice française vient de rendre un jugement reconnaissant l’électrosensibilité comme un handicap. Concrètement, le Tribunal du Contentieux de l’Incapacité de Toulouse donne raison à une plaignante « souffrant d’une hypersensibilité aux ondes électromagnétiques » et lui donne droit à une allocation. Problème, les autorités sanitaires n’ont pas établi de lien de cause à effet entre l’exposition aux ondes et les différents symptômes décrits.

Le jugement a évalué la déficience fonctionnelle de la plaignante à 85% et a estimé qu’elle ne pouvait pas travailler. Il lui a accordé le droit à une allocation pour adulte handicapé, et ce pour trois ans, éventuellement renouvelable, en fonction de l’évolution de son handicap.

« Atteinte d’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques depuis 2010, Marine Richard (c’est le nom de la plaignante) a dû renoncer à toute activité sociale et vit retirée à l’abri des champs électromagnétiques artificiels dans les montagnes ariégeoises », explique l’association Robin des Toits, qui milite pour la sécurité sanitaire des technologies sans fil.

Pour Etienne Cendrier, son porte-parole, « il s’agit d’un grand pas en avant pour la reconnaissance de ce Syndrome d’Électro-hypersensibilité. La justice – comme souvent – est en avance sur les politiques. » Sur les politiques donc, mais aussi semble-t-il, sur les autorités sanitaires.

Pas de reconnaissance officielle

Les personnes souffrant d’électrosensibilité (ou d’hypersensibilité électromagnétique) décrivent différents symptômes inhérents à l’exposition aux ondes : symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs)…

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), si elle reconnaît la réalité de ces manifestations et leur aspect invalidant, précise qu’il « n’existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux sources de champ électromagnétique. »

En France, l’Académie nationale de médecine rejoint cette position. L’année dernière, elle s’était insurgée contre un cas similaire, à une exception près, il ne s’agissait pas d’une décision de justice. En 2014 donc, le Conseil général de l’Essonne avait accordé une aide financière à une personne électrosensible pour lui permettre d’acquérir des dispositifs anti-ondes.

La Docte assemblée était alors montée au créneau expliquant qu’en l’état actuel des connaissances, « il était impossible de déterminer si ce handicap – même si la souffrance était réelle – était bien lié à l’effet des champs électromagnétiques ». Et de citer une méta-analyse (40 études réalisées en aveugle) démontrant que « les personnes électrosensibles incriminent les ondes sans savoir faire la différence entre un émetteur de radiofréquences éteint ou allumé ».

Avant que cette décision de justice ne fasse jurisprudence, le débat risque de demeurer houleux

Électrosensibilité : un premier cas reconnu par la justice française

Malgré l’absence de reconnaissance scientifique de cette maladie dans notre pays, une femme va recevoir une allocation pour adulte handicapé.

C’est une première victoire, saluée à la fois par Martine Richard, qui se bat depuis longtemps pour la reconnaissance de ses troubles, et par Étienne Cendrier, le porte-parole de l’association Robin des Toits (qui milite pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil). La justice a en effet reconnu, pour la première fois en France, l’existence d’un handicap grave dû à l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques, présentes partout en raison de la multiplication des téléphones mobiles et du Wifi. Elle accorde à cette femme de 39 ans le droit à une allocation pour adulte handicapé – environ 800 euros par mois – pour trois ans, éventuellement renouvelable. Le plus étonnant est que le jugement du tribunal de Toulouse soit passé inaperçu lors de sa publication début juillet. Il a été transmis mardi à l’Agence France-Presse par l’association Robin des Toits.

Cette somme va certes améliorer la vie de cette ancienne dramaturge et réalisatrice de documentaires radio de Marseille, mais pas la transformer. Car son électrosensibilité risque de l’obliger à vivre longtemps loin de tout. Actuellement, elle habite dans les montagnes de l’Ariège, dans une ancienne grange retapée, sans électricité ni route, avec l’eau d’une source et sous deux mètres de neige en hiver. C’est pour elle – comme pour les autres victimes du même syndrome – le seul moyen d’éviter les maux de tête, les troubles du sommeil, de la vision, les douleurs articulaires et autres symptômes.

Pas de « critères diagnostiques clairs »

Pourtant, il n’existe pas de consensus scientifique sur cette affection. Certes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu en 2005 que l’électrosensibilité est à l’origine de divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d’un individu à l’autre, qui « ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable ». Mais elle ajoutait : « Il n’existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques. »

Néanmoins, le Conseil de l’Europe, dans une résolution de 2011, a préconisé de « porter une attention particulière aux personnes atteintes du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques et de prendre des mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des zones blanches non couvertes par les réseaux sans fil. » C’est d’ailleurs ce que demandent en priorité ceux que leurs troubles ont obligés à se désocialiser.

Absence « de preuve expérimentale et reproductible »

En France, en 2013, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu des conclusions similaires à celles de l’OMS. Aucun des experts chargés de travailler sur le sujet n’a contesté la réalité du vécu des personnes qui attribuent leurs problèmes de santé à une exposition aux radiofréquences. Mais ces scientifiques remarquent l’absence de « preuve expérimentale et reproductible d’un lien de causalité ». Un rapport sur l’électrosensibilité est attendu début 2016.

À l’étranger, ce problème est reconnu comme un handicap en Suède, tout comme dans plusieurs États américains (Colorado, Connecticut, Floride). Il est considéré comme une maladie en Angleterre ou en Allemagne. Une affection difficile à traiter. L’an dernier, le premier refuge européen pour ces personnes (qui plus est hyperallergiques) a ouvert ses portes dans la banlieue de Zurich. Reste à connaître les résultats de l’étude d’évaluation qui est menée actuellement par l’université de Berne.

Si l’électrosensibilité n’est toujours pas reconnue aux États-Unis, ils sont beaucoup plus nombreux à en souffrir. Conséquence : les personnes concernées sont obligées de s’organiser. Elles aménagent leur logement, isolent leurs ordinateurs. Mais d’autres choisissent des solutions beaucoup plus radicales en se réfugiant dans des zones blanches, où toute onde électromagnétique est interdite.

« J’avais des nausées »

A Green Bank, les téléphones ne passent pas, tout comme la 4G et la wifi. En cause ? La présence d’un télescope géant, qui doit être protégé des antennes téléphoniques qui pourraient l’endommager. « Ça empêche les entreprises de s’installer ici. Il n’y a pas moyen de trouver du boulot dans le coin », déplore un habitant. « Aujourd’hui, tout le monde est collé à son portable alors moi ici j’adore », se réjouit toutefois une passante.

Aujourd’hui, la ville compte également quelques électrosensibles, comme Mélissa, ancienne pilote de ligne d’une grande compagnie aérienne : « J’avais des nausées, parfois je vomissais. Je ne pouvais pas me concentrer sur une seule chose », se souvient-elle. Aujourd’hui elle assure se sentir « beaucoup mieux ». « La plupart des symptômes ont dis

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commentaires

William  •                                          Je suis hypersensible au travail, puis-je avoir une allocation ?

Jean Maurin                                       Si par malheur (qui n’arrive jamais seul) il était démontré (ça ne saurait tarder) que le rayonnement cosmique est aussi impliqué … le fin fond de la Creuse ne serait pas assez isolé !
Là, il faudrait trouver autre chose qu’une pension d’invalidité pour en calmer les effets … et foin des conflits d’intérêts, à moins de rendre l’univers responsable, qui n’en pourra mais …
Pour le reste, la SEULE justification est qu’un handicap doit être pris en charge … de quelque nature qu’il soit … si vous voyez ce que je veux dire !

Paul AUCHON                                   Personnellement je ne vois que l’expérience avec une cage de Faraday pour valider l’origine de vos troubles.

Nicolas MARIUSNicolas MARIUS           « Je pouvais vous dire de manière certaine quand votre téléphone allait sonner. »
Moi aussi je peux : quand vous êtes sous la douche.

Plus sérieusement, comme il n’y a pas de raison qu’avant 2007 vous n’étiez pas électro-sensible et que vous l’êtes devenue quand un ami vous a suggéré de débrancher le wifi, que vous avez pris « conscience » que vous étiez entourée d’ondes (comme avec un autre ami vous auriez pu prendre « conscience » que vous étiez cernée par le gaz de ville) posez-vous la question de l’autosuggestion. Une bonne psycho-thérapie…

Haier le mécréantHaier le mécréant       Perso,il y a un truc que je ne saisis pas
avant 2007
pas de troubles donc ?
mais des champs électromagnétiques, il y en avait déjà partout ou alors les effets ne sont manifestent que dans un certain spectre de fréquences ?  mais entre la WI-FI et les bandes de fréquences GSM y a une nette différence sans remettre en cause votre handicap, loin de là, j avoue mon trouble sur les causes de votre mal

Marc Denis                                      Vous levez la bonne question, celle des fréquences, qui n’est jamais abordée par les études publiées dans la presse. En tant que physicien, j’ai toute ma vie travaillé sur la réponse spectrale des atomes et des molécules. Depuis les fréquence radio (comme les « grandes ondes »), jusqu’à la lumière visible et au delà, ce sont des ondes électromagnétiques. Les atomes, les molécules et toutes les formes de matière réagissent à certaines fréquences et pas à d’autres. Il en est forcément de même pour les constituants de notre corps. Aucune étude ne peut être sérieuse si elle ne distingue pas l’effet des différentes fréquences. Les électrosensibles sont-ils sensibles au champ électromagnétique de la lumière !! oui pour certaines migraines, la lumière fait mal aux yeux.

Robert SineRobert Sine                « On sacrifie nos vies pour le « progrès » »
Allez dire ça à toutes les personnes qui ont pu être secourues grâce à la démocratisation du téléphone portable.                                                                                                                                Il est évidemment facile d’attribuer les résultats négatifs des expériences en double aveugle sur l’électrosensibilité à des conflits d’intérêts de toutes sortes, comme si de tels conflits d’intérêts ne pouvaient pas exister chez les personnes qui prétendaient obtenir des résultats positifs. L’académie de médecine est loin d’être la seule institution qui reste sceptique sur le lien de cause à effet entre champ électromagnétique et électrosensibilité : la plupart des scientifiques qui ont étudié le sujet à travers le monde le sont aussi. Si maintenant vous prenez un scientifique et que vous regardez ses connaissances, ainsi que les connaissances de ses connaissances, etc… vous trouverez toujours qu’untel a un beau frère dont le cousin est dirigeant de je ne sais quelle entreprise. On peut ainsi construire un monde de suspicion généralisée, dans lequel tout ce qui est dit et qui nous plait pas est in fine lié à de sombres machinations.
Le gros problème épistémologique que la plupart des personnes ont avec les sujets médicaux est qu’elles n’ont pas conscience du fait que l’intime conviction basée sur une expérience personnelle est tellement sujette à des biais de toutes sortes qu’elle n’a quasiment aucune valeur. Le deuxième problème, me semble-t-il, est une fierté mal placée qui consiste à considérer que dire que l’électrosensibilité pourrait avoir des origines psychosomatiques équivaut à les prendre pour des fous, ce qui n’est

Jean Maurin                              La question n’est pas « ce qui est DIT … » mais scientifiquement, ce qui échappe à la démonstration et à la répétition EST, par nature, invérifiable, puisque impossible à reproduire … ce qui ne veut pas dire inexistant !
Le doute reste permis, n’en déplaise aux littéraires, c’est même le propre de l’analyse scientifique responsable.
Je serais intéressé par la description des « examens » susceptibles de justifier l’attribution de pensions d’invalidité à tous les électrosensibles qui ne vont pas manquer de dorénavant se manifester !

helder serpa                                      Croire en sa propre hypersensibilité à l’électromagnétisme suffit à provoquer des symptômes « atypiques », tout autant que la croyance au mauvais œil. La maladie est vraie, en ce sens.

spe                                                           l’AAH au lieu du RSA, 800 euros plutôt que 513, il va vite falloir inventer une taxe sur les mobiles pour financer, l’ignorance coute cher.

PIERRE-MARIE MURAZ             Le problème avec ce genre de pathologie est que leur réalité physiologique est non démontrée, la frontière avec des affections psychiatriques est ténue, si elles existent … Qui ne connait pas la fameuse « spasmophilie » , chez les anglo saxons cataloguée dans les névroses d’angoisse, et qu’une confusion à propos ( tétanie ) pour les labos et vendeurs de grigris a fait rapprocher de l’hypocalcémie … En France des tonnes de calcium et des dosages fantaisistes ont irrigué les tiroirs caisses !

tante Pam                                                Bien vu. Suivons la trace du tiroir caisse il nous mènera tout droit au pot aux roses

Olivier DELANCE                                  La lecture de la référence à l’OMS montre que celle-ci ne reconnait pas le rôle des champs électromagnétiques dans la maladie, les malades ne discriminant pas la présence de tels champs. Les causes exactes de ce syndrome ne sont toujours pas établies.

Robert BIGEAT                                       Tout champ électromagnétique est un perturbateur biologique. Le plus simple pour le constater c’est de faire passer une ligne électrique HT au-dessus d’un grange qui abrite des animaux, on y constate alors une hécatombe d’animaux morts-nés ou au mieux très handicapés. Plus simplement sous une ligne HT, de simples cultures de céréales, de colza etc. sont moins belles. De rares expériences dans des TGV, tous infestés de champs électromagnétiques, avec des animaux de labos, le démontrent déjà.

PIERRE-MARIE MURAZ                      Certains animaux ont des perceptions de la lumière, par exemple, ou des sons que nous n’avons pas … Et réciproquement .

ELLENEUQ –                                                      Oui maisJe n’ai jamais connu de personnes dans ce cas et celles qui prétendaient être hypersensibles s’en servaient surtout comme moyen d’échapper à certaines tâches qui les rebutaient ! Par contre, étant daltonien, handicap qui interdit d’exercer la moitié des métiers (tous ceux où la couleur est un critère transports, imprimerie, armée et marine, électricité etc etc) et qui pose des problèmes quotidiens je trouve anormal que le daltonisme ne soit pas reconnu comme tel ! On en parle, les gens rigolent et s’en fichent. Je propose qu’un jour on fasse des manifestations en substituant le vert au rouge sur les voies routières, en mer et sur les aéroports pour voir le résultat !

OLYTTEUS –                                                        nouvelle forme d’hystérie?;   l’hystérie évolue avec la société et présente souvent des troubles en rapport avec elle: les fibromyalgiques souffrent en permanence et ne peuvent rien faire; d’autres ne supportent pas les ondes mais les symptômes annoncées par cette dame sont d’une banalité confondante et de ce fait peuvent avoir bien d’autres origines.

Vincent  •                                                          J’espère que ça ne va pas trop s’ébruiter, c’est vraiment jeter le discrédit sur le pays. Prochaine étape, fermer les écoles, brûler les livres et ouvrir des instituts de maraboutisme à la place des sociétés savantes….

AFZ                                                                      Plus fortLes juges plus forts que les scientifiques… Voilà il est vrai à leur tête une poéte… Alors tout est possible… 

masiania                                                             Du grand N’importe quoi                                 La patiente est dramaturge… Vous avez dit bizarre !
Il est vrai que les patients qui n’ont rien sont plus difficiles à traiter que les vrais malades !
A comparer avec la ville au Canada, si je me souviens bien, d’intolérants aux parfums de tous ordres…
Psychose collective ou mal être social possible mais pathologie, non.

gabriell                                                                   Deux cas que je connais : troubles graves suite à l’abus de téléphone portable en voiture :   pertes de connaissance, c’est heureusement réversible : antenne extérieure, bluetooth

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