votre capacité d’attention est inférieure à celle d’un poisson rouge

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elle va y arriver !

sans-titreCapture du message diffusé sur les réseaux sociaux. Capture Twitter

Si elle veut une culture de l’islam, il faut quelle aille en Syrie, Lybie ou tous ces pays exotiques où la femme est une esclave sexuelle et la bobonne de la maison.

Réforme du collège: les enseignants en grève, baptême du feu pour la ministre

Les enseignants s’apprêtent à cesser le travail mardi et à descendre dans la rue, à l’appel d’une intersyndicale majoritaire parmi les professeurs du collège, remontés contre la réforme de Najat Vallaud-Belkacem. Un baptême du feu pour la ministre, en poste depuis moins d’un an.

Après les personnalités politiques et les intellectuels, qui se livrent depuis un mois à une féroce guerre des mots, c’est donc aux enseignants de donner de la voix.

Une intersyndicale, composée d’organisations habituellement opposées, appellent les professeurs à se mettre en grève et à manifester à Paris et dans une cinquantaine de villes. Dans la capitale, le défilé partira du Luxembourg à 14H00.

Se retrouvent côte à côte le Snes-FSU, majoritaire dans l’enseignement secondaire, le Snep-FSU, le Snalc (classé à droite, même s’il le réfute), FO, la CGT et Sud. Le SNES appelle à la reprise des négociations, bien que la réforme ait été adoptée par le conseil supérieur de l’éducation, tandis que le Snalc, FO et Sud par exemple réclament le retrait pur et simple des mesures du gouvernement.

Ces syndicats ont recueilli un total de quelque 80% des voix des enseignants du collège qui ont voté lors des dernières élections professionnelles (dont le taux de participation était de 40%). Mais toutes les organisations, y compris celles qui n’appellent pas à la grève, s’attendent à une forte mobilisation des professeurs de langue ancienne et d’allemand.

Les profs de latin et de grec craignent un effritement de leurs horaires avec la suppression de ces options, remplacées par un enseignement pratique interdisciplinaire consacré aux langues et cultures de l’Antiquité.

– Soutien du privé pour la réforme –

Même inquiétude chez les profs d’allemand, dont la discipline pâtira, selon eux, de la suppression des classes bilangues (deux langues étrangères dès la sixième, des classes suivies par 16% des élèves de 6ème). La réforme propose à la place deux langues étrangères pour tous en cinquième.

Ces mesures ont suscité de très vives réactions au sein de la droite et auprès de quelques personnalités de gauche. Mais c’est l’autonomie accrue accordée aux établissements et l’interdisciplinarité (croiser deux disciplines lors d’un même cours) qui mécontentent le plus les syndicats anti-réforme.

Ils redoutent que la première donne trop de pouvoir aux chefs d’établissement et que la seconde grignote les horaires de chaque matière, dans un pays où le corps professoral est très attaché à ses disciplines.

La réforme a aussi ses partisans: la gauche bien évidemment, deux syndicats dits réformateurs (SE-Unsa et Sgen-CFDT, 20% aux élections professionnelles), la FCPE, première fédération de parents d’élèves et… l’enseignement privé catholique, qui scolarise 20% des collégiens en France et auquel la réforme s’applique aussi.

Pour la ministre, c’est une première confrontation à un vaste mouvement de protestation depuis son arrivée à son poste fin août. Elle avait succédé à Benoît Hamon, resté quelques semaines. Vincent Peillon, parti en avril à la faveur d’un remaniement, avait été très affaibli par les manifestations contre la réforme des rythmes scolaires.

Fort opportunément, le ministère vient de publier une étude faisant état de résultats peu glorieux sur les capacités mathématiques des élèves de 3ème, réalisée auprès de 8.000 élèves.

En France, la réforme du collège reste une opération à haut risque

mediaNajat Vallaud-Belkacem dans une classe de Collège Pierre de Ronsart à Paris (XVIIe).AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

Qui aurait dit que dans la France d’aujourd’hui l’enseignement du latin et du grec puisse être au centre de tonitruantes divisions entre politiques et enseignants ? Ce point de discorde sur la réforme du collège voulue par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, est loin d’être le seul. Bien des enseignants ne sont pas contents et le font savoir ; une intersyndicale appelle à la grève le 19 mai.

Les uns sont là pour défendre la République, les autres pour sauver la « France éternelle ». La réforme du collège destinée à être appliquée dès la rentrée 2016, provoque les hauts cris à droite sans soulever tellement d’enthousiasme à gauche.

A tel point que le président François Hollande s’est fait un devoir de voler au secours de la réforme, fustigeant le « concert des immobiles » accrochés à des « intérêts particuliers ». Fidèle à sa légendaire pugnacité, et malgré une pétition signée par 231 parlementaires de droite, le Premier ministre Manuel Valls promet d’« aller jusqu’au bout ».

Classes à deux vitesses  

La guerre entre tenants de l’égalité et partisans de l’élitisme fait tant de remue-ménage qu’elle fait perdre de vue l’objectif du projet défendu par la ministre. Créé en 1975, le collège dit « unique » est censé fournir les mêmes enseignements à tous les élèves entre 11 et 15 ans. Mais par le jeu des options, prendre allemand en première langue ou latin en option, permet par exemple d’être dans une classe de plus haut niveau. Actuellement, seuls 18 % des élèves choisissent l’option latin en cinquième ; ils sont moins de 5 % à poursuivre au lycée.

C’est précisément ces classes à « deux vitesses » au sein d’un même établissement que vise à faire disparaître le collège nouvelle formule. De la même façon selon l’implantation du collège, centre-ville ou quartier défavorisé, le niveau sera très différent. Ainsi, l’égalité voulue à l’origine est depuis longtemps foulée au pied.

Aujourd’hui, la réforme portée par Najet Vallaud-Belkacem vise à lutter contre les inégalités entretenues par la forme actuelle du collège. Avec 20 % des jeunes qui quittent le système scolaire sans diplôme, ni qualification, l’urgence à agir est évidente. L’objectif du projet que défend la ministre vise donc à redistribuer les chances. Si le but est louable, les moyens pour y parvenir sont bien loin de faire l’unanimité.

Mise en concurrence

La réforme du collège voulue par la ministre de l’Education, Najet Vallaud-Belkacem, est loin de faire l’unanimité à droite, comme à gauche.Reuters/Philippe Wojazer

Premier point d’achoppement pour les enseignants, la plus grande autonomie accordée aux chefs d’établissement qui pourront choisir 20 % de l’emploi du temps des collégiens. De nombreux enseignants redoutent alors une mise en concurrence entre disciplines, enseignants et établissements, anéantissant de fait la recherche d’une école plus égalitaire.

Mesure phare du futur collège, la création d’« enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI). C’est dans ce vaste édifice que devrait se nicher, à partir de la rentrée 2016, l’enseignement du latin et du grec au sein d’un module « Langues et cultures de l’Antiquité ». Mais devant la fronde des latinistes et hellénistes, le ministère a concédé un « enseignement de complément » facultatif d’une heure en cinquième et de deux heures en quatrième et troisième.

Ce petit pas n’étant pas parvenu à apaiser les inquiétudes, Najet Vallaud-Belkacem a finalement confié au Conseil supérieur des programmes (CSP) le soin d’élaborer un programme clair pour l’enseignement du latin et du grec. Le CSP a jusqu’au 15 octobre pour rendre ses propositions. Sous d’autres cieux, cela s’appelle « botter en touche ».

Rumeurs

Autre point de friction de la réforme, les classes bilingues qui permettent à 16 % des élèves d’apprendre deux langues vivantes étrangères dès la sixième. La réforme entraînera leur disparition sauf pour les enfants initiés dès le primaire à une autre langue que l’anglais. Une aberration pour beaucoup, notamment à un moment où l’exigence pour les langues étrangères se fait de plus en plus forte. Une mauvaise interprétation, affirme Najet Vallaud-Belkacem qui soutient au contraire que la réforme qui introduit l’apprentissage d’une deuxième langue vivante dès la cinquième, verra plus d’enfants concernés qu’auparavant.

La promesse d’une interdisciplinarité de l’enseignement, autrement dit, des cours où plusieurs disciplines seront mélangées, inquiète aussi les enseignants, faute de visibilité sur les modalités pratiques de mise en œuvre. Les adversaires de la réforme du collège ont aussi vilipendé la réforme de l’enseignement de l’histoire qui fait partie de la refonte des programmes menée en parallèle.

Selon ces derniers, l’enseignement de l’histoire du christianisme devenait optionnel alors que celui de l’islam devenait obligatoire. Faux, répond la ministre dans une tribune intitulée « Halte à l’élitisme conservateur ». « En réalité, c’est l’enseignement du christianisme médiéval qui deviendrait optionnel en 5e. Pour autant, l’étude de la naissance du christianisme figurait déjà – et se maintient – au programme de 6e, écrit-elle. Par ailleurs, la religion et la culture chrétiennes sont présentes dans quantité d’autres items du programme : il est ainsi difficile de ne pas les évoquer au sujet de l’Occident médiéval, des pouvoirs du roi ou de l’Empire byzantin… Quant à l’étude de la naissance de l’islam, elle n’a rien de nouveau : elle était déjà obligatoire ! ».

Depuis la mi-mars, date de la présentation du projet, les attaques ne faiblissent pas. Le gouvernement a bien tenté de déminer la contestation, mais sans résultat pour le moment. La tension risque encore de monter d’un cran le mardi 19 mai. C’est le jour qu’ont choisi plusieurs syndicats représentant 80 % des enseignants du second degré pour se mettre en grève.

Réforme du collège: ce qui déplaît aux professeurs

mediaLa ministre française de l’Education Najat Vallaud-Belkacem au collège Jules Verne à Les Mureaux, en banlieue parisienne, le 7 mai 2015.REUTERS/Philippe Wojazer

Les professeurs de collège sont appelés à descendre dans la rue ce mardi 19 mai pour manifester contre la réforme du collège applicable dès la rentrée 2016. Depuis plusieurs semaines, la polémique liée à cette réforme ne cesse d’enfler. Les points de discorde entre le ministère de l’Education nationale et les enseignants sont nombreux.

Premier point de discorde, la future autonomie laissée aux établissements scolaires. Cette marge de manœuvre fait grincer des dents. Dès la rentrée 2016, les collèges pourront décider du contenu de 20 % de l’emploi du temps des élèves. Sur le papier, cette autonomie nouvelle convient aux enseignants. Mais dans les faits, elle leur pose tout de même problème. Les professeurs veulent être impliqués dans l’organisation de ce nouvel emploi du temps, or les décisions seront prises dans chaque établissement par un conseil pédagogique présidé par le principal du collège et non élu. C’est là la plus grande inquiétude des professeurs. Ils craignent de se voir imposer des enseignements par les chefs d’établissements.

Autre point de discorde, l’accompagnement personnalisé : trois heures par semaine en 6e, puis une heure par semaine en 4e et en 3e. Avec cet accompagnement, le ministère de l’Education souhaite favoriser la réussite de tous les élèves. Mais selon les syndicats d’enseignants, ce module personnalisé se fera en fait en classe entière, faute de moyens supplémentaires.

L’interdisciplinarité

Les fameux EPI, Enseignement pratiques interdisciplinaires, sont encore un autre un point de crispation. L’idée est de décloisonner les disciplines. Deux professeurs de français et d’histoire feront par exemple cours ensemble en mêlant leurs disciplines. Les enseignants qui manifesteront ce mardi après-midi ne contestent pas l’idée, mais sa mise en œuvre. Ils regrettent que les projets d’EPI soient décidés par le chef d’établissement, que rien ne soit prévu pour la concertation entre professeurs, qu’aucune formation ne leur soit proposée et ils craignent que les EPI empiètent sur leur discipline.

« On a forcément moins de temps sur sa discipline si on prélève des horaires pour faire les EPI. C’est-à-dire que dans ce qui est prévu dans les textes, par exemple en 5e, il y aura une heure et demie hebdomadaire de physique-chimie, mais si on prélève une heure pour faire des EPI, il n’y a plus qu’une demi-heure de physique-chimie par semaine, regrette Frédéric Boucherot, professeur de physique-chimie dans un collège en banlieue parisienne. On sort des statuts horaires qui permettaient d’avoir la même quantité d’enseignement quel que soit l’établissement. Si vous prenez des matières qui n’ont qu’une heure et demie hebdomadaire et qu’on leur prélève une heure sur cette heure et demie pour ‘financer’ le volume horaire des EPI, ça devient des matières qui n’ont lieu qu’une fois tous les 15 jours. »

Une contestation du cœur de la réforme à laquelle s’ajoutent les récentes polémiques liées à la disparition des classes bilangues et à l’enseignement des langues anciennes et de l’histoire.

Réforme du collège : le gouvernement devrait « entendre les protestations »

L' Obs

Pour les éditorialistes, le gouvernement « s’obstine dans l’erreur » et doit « entendre les protestations » engendrées par la réforme contestée du collège.

Najat Vallaud-Belkacem, en Belgique le 18 mai 2015. (EMMANUEL DUNAND / AFP)Najat Vallaud-Belkacem, en Belgique le 18 mai 2015. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Le gouvernement « s’obstine dans l’erreur ». Surtout, il devrait « entendre les protestations » engendrées par la réforme contestée du collège présentée par Najat Vallaud-Belkacem.

C’est le jugement des éditorialistes, mardi 19 mai, alors que la ministre doit affronter une grève des enseignants.

« Rien ne sert d’insulter les intellectuels »

Patrick Apel-Muller dans « l’Humanité », fustige un gouvernement « ligoté dans sa religion austéritaire » qui avance « une réforme qui mine l’unicité des programmes, réduit la place d’enseignements essentiels et s’envisage sans les moyens accrus qui permettraient d’échapper à la seule reproduction des élites ».

Rien ne sert d’insulter les intellectuels critiques quand on bute sur le fameux pont aux ânes », assène-t-il.

Pour Patrick Apel-Muller, la majorité des enseignants qui refusent la réforme n’ont rien en commun avec les partisans d’un ordre immuable et injuste. « Ils savent la crise du collège, ils la vivent ! ».

« le gouvernement, qui s’obstine dans l’erreur »

A l’autre bout de l’échiquier politique, Yves Thréard dans « le Figaro » assure que « quelles que soient les sensibilités, les protestations convergent : la réforme va contribuer au nivellement par le bas des élèves ».

N’en déplaise à Najat Vallaud-Belkacem, le débat ne relève pas d’un classique affrontement gauche droite. Encore moins d’on ne sait quelle guerre entre anciens et modernes. Ce n’est pas en détruisant ce qui tire les enfants vers le haut que l’on facilitera l’avenir des jeunes générations. Tout le monde en convient, sauf le gouvernement, qui s’obstine dans l’erreur », conclut-il.

« Silence, on ne s’entend plus ! »

Cécile Cornudet analyse pour sa part dans « Les Echos«  « comment le collège s’est mué en objet politique ». « Au fil des débats, la réforme du collège, qui voulait combattre ‘l’ennui’ des élèves, s’est gonflée d’ambition, jusqu’à promettre ‘l’excellence à tous' », écrit-elle.

Le gouvernement peut-il dès lors gagner son pari ? Politiquement, peut-être. Mais, en termes éducatifs, c’est une autre histoire. La réforme semble aujourd’hui devenue bien faible au regard des ambitions affichées ».

Dans « La Croix », Florence Couret ne cache pas son exaspération devant « le brouhaha des certitudes, le vacarme des invectives échangées depuis plusieurs semaines, de part et d’autre de l’échiquier politique » autour de cette réforme. « On aurait presque envie de crier ‘Silence, on ne s’entend plus!’, comme le font tant d’enseignants chaque jour pour ramener un semblant de calme dans la classe, s’exclame-t-elle.

« Une réforme qui risque de renforcer les inégalités »

C’est bien, selon Jean-Michel Servant dans « Le Midi Libre », « la fin de l’état de grâce pour Najat Vallaud- Belkacem » qui va vivre « un jour de bizutage », s’amuse Philippe Marcacci dans « L’Est Républicain » tandis qu’Hervé Chabaud dans « L’Union » coiffe impitoyablement les auteurs de la réforme d’un « bonnet d’âne ».

« La gauche n’arrive même plus à faire passer ses réformes, jusque dans des milieux qui lui sont pourtant favorables »,constate Raymond Couraud de « l’Alsace », déplorant que « le chef de l’État et son équipe passent en force » sur cette question.

Pour Bruno Dive dans « Sud-Ouest », le gouvernement doit « entendre » les « protestations contre le risque d’un nivellement par le bas, contre les effets pervers d’une réforme qui risque de renforcer les inégalités…Et « mieux vaudrait », relève-t-il, « avant de s’attaquer au collège, que tous les élèves qui y entrent sachent au moins lire, écrire et compter, ce qui est loin d’être le cas. »

Réforme du collège : la guerre de tranchées

Le Point –

La grève des enseignants du secondaire repose-t-elle davantage sur une opposition de principe à une réforme déjà adoptée, ou sur un réel désaccord de fond ?

Les organisations grévistes, d'ordinaire opposées, défileront côte-à-côte, même si leurs motivations divergent : le Snes-FSU souhaite une reprise des discussions, alors que le Snep-FSU, le Snalc, FO, la CGT et Sud réclament le retrait du texte.
Les organisations grévistes, d’ordinaire opposées, défileront côte-à-côte, même si leurs motivations divergent : le Snes-FSU souhaite une reprise des discussions, alors que le Snep-FSU, le Snalc, FO, la CGT et Sud réclament le retrait du texte. © AFP PHOTO / MARTIN BUREAU
  

L’appel à la grève lancé dans l’enseignement secondaire mardi par une intersyndicale de professeurs permettra pour la première fois, depuis le début du débat sur la réforme du collège, de mesurer l’ampleur de la colère contre la ministre de l’Éducation nationale. Déjà attaquée par l’opposition et de nombreux intellectuels, Najat Vallaud-Belkacem pourra jauger si la tempête qui gronde est réellement alimentée par « ses » enseignants ou par le jeu politique. Dans son entourage, on assure que les profs manifesteront pour débattre de l’autonomie et de l’interdisciplinarité, loin des préoccupations affichées par l’opinion publique.

Deux conceptions de l’école

À écouter les syndicats, les intellectuels, la ministre et ses opposants, il est bien difficile de se faire une idée claire sur le « collège de 2016 ». Sur cette réforme, on a effectivement entendu tout et son contraire. Exit des programmes les Lumières, remplacées par les principes de l’islam ? Que nenni. Définitivement enterrées, les langues mortes ? Non plus. Le glas des enseignements fondamentaux a-t-il sonné ? Pas davantage. En revanche, impossible de comprendre clairement quelle sera l’organisation de la semaine des collégiens. Il est d’autant plus difficile de se construire une opinion objective sur cette réforme, que même les plus aguerris sur l’éducation ont retourné leur veste. Luc Chatel, ancien ministre UMP de l’Éducation de 2010 à 2012, déclarait ainsi le 20 avril sur France Inter à propos de la réforme que « l’accompagnement personnalisé et le travail interdisciplinaire » allaient « dans la bonne direction » (même s’il émettait toutefois des réserves sur l’enseignement des langues mortes et vivantes). Moins d’un mois plus tard, lundi 18 mai, ce même Chatel affirmait que la réforme serait abrogée à la prochaine alternance.

Cette querelle semble s’apparenter davantage à un désaccord politique de principe qu’à une véritable divergence de point de vue. En réalité, ce sont donc deux conceptions de l’école qui s’affrontent. D’un côté, les partisans de la réforme plaident pour un collège qui laisse sa chance au plus grand nombre, en encourageant l’égalité des chances de manière à réduire au maximum les inégalités entre élèves, point faible du système français. De l’autre, les opposants au nouveau collège vantent les bienfaits de l’élitisme, et refusent d’abandonner l’une des seules bonnes notes de l’école à la française : savoir tirer les bons élèves vers l’excellence. L’une des pierres d’achoppement sur lesquelles se heurtent ces deux visions illustre à merveille cette différence de point de vue : faut-il faire disparaître les classes bilangues et européennes au profit d’un apprentissage d’une seconde langue vivante dès la cinquième ?

Comprendre la réforme

Les opposants à cette réforme ont su, ces dernières semaines, faire entendre leurs voix. Pour comprendre ce qu’il adviendra réellement du latin et du grec dès la rentrée 2016, si l’apprentissage de l’allemand sera réellement menacé, si l’autonomie laissée aux établissements pour l’organisation de 20 % de l’emploi du temps des élèves est une bonne ou une mauvaise chose, et comprendre pourquoi les programmes d’histoire suscitent interrogations et incompréhensions, un site conçu par des enseignants qui se disent indépendants met la réforme à plat. Sur reformeducollege.fr, une vingtaine de professeurs en activité en collège et en lycée ont compilé les informations qu’ils ont dénichées en déchiffrant méticuleusement le texte de la réforme. « Seuls, nous avions bien du mal à comprendre ce qui allait changer », confessent-ils. Résultat : un avant-après qui se cantonne aux faits, avec les conséquences et les interrogations que ces changements peuvent soulever.

Car, in fine, il ne s’agit pas vraiment d’être « pour » ou « contre » cette réforme : la consultation des parties a déjà eu lieu, et comme le répète à l’envi la ministre de l’Éducation nationale, la réforme a déjà été approuvée par le Conseil supérieur de l’Éducation début avril. Elle entrera donc en vigueur à la rentrée 2016. À moins que l’appel à la grève des enseignants ce mardi ne mobilise suffisamment pour que le gouvernement fasse marche arrière.

La réforme des collèges est une bonne réforme

Le débat sur le collège est absurde et révèle la paralysie de la société française.
Rappelons les faits : plus de 20% des élèves sortent du primaire sans maîtriser les bases du français et du calcul ; et ils sont aussi nombreux à la fin du collège, perdus, destinés à devenir des bombes sociales. Tout le monde le sait. Tout le monde sait que cela va empirer. Et tout le monde prétend faire quelque chose pour cela. Mais chaque fois qu’un gouvernement, de gauche ou de droite, veut faire quelque chose, la coalition des conservateurs, de tout bord, explique qu’il ne faut toucher à rien, que notre système est le meilleur. Alors on ne change rien et d’année en année la situation empire.
Cette fois, c’est encore la même chose : dans l’hypocrisie générale, on débat furieusement de la réforme des programmes, qui n’est pas de la compétence du ministre, mais d’une commission bipartisane, qui n’a rendu pour l’instant qu’un rapport provisoire. Et on ne débat pas de ce qui est vraiment dans le projet de loi, et dans les décrets qui l’accompagnent, dont le point central est de laisser 20% du temps d’enseignement, de la sixième à la troisième, à la discrétion des principaux de collège, pour qu’ils puissent les adapter, avec leur équipe pédagogique, aux besoins de chaque groupe d’élèves, selon leur niveau; en particulier sous forme d’enseignement interdisciplinaire ou de cours particuliers. On fait semblant de s’opposer sur les programmes parce qu’on refuse d’admettre qu’on s’oppose en réalité sur la différenciation. L’enjeu réel n’est ni dans les programmes, qui ne dépendent pas du ministre, ni dans les classes bi-langues, qu’il faut sauver sans doute, mais dans les rapports de force à l’intérieur des collèges.
Et, de ce refus, tout le monde est complice : les enseignants parce qu’ils ne veulent pas reconnaitre ouvertement qu’ils refusent qu’une quelconque autorité autre que la commission des programmes, puisse entrer dans leurs classes et leur dire quoi enseigner à leurs élèves ; la gauche, parce que les enseignants constituent le gros des troupes et qu’elle n’ose leur déplaire. La droite parce qu’elle ne tient pas à avouer qu’elle préfère ne pas remettre en cause les privilèges des meilleurs, pour donner leurs chances au moins favorisés. La droite fait semblant de défendre l’égalité de tous, pour défendre en réalité les privilèges de quelques-uns. Et la gauche fait semblant de s’opposer aux privilèges de quelques-uns pour défendre en réalité l’uniformité de tous.
Pourtant le débat est honorable et devrait avoir lieu ouvertement : l’uniformité est-elle au service de l’égalité ou de la protection des privilèges? Faut-il tout faire pour protéger ceux qui sont aujourd’hui les mieux servis au risque d’enfoncer plus encore ceux qui sont les plus défavorisés? Faut-il renoncer à donner à tous une chance d’éviter l’échec de peur que cela n’enlève aux meilleurs les ressources nécessaires à leurs succès ?
Pour ma part, je n’hésite pas : la différenciation, bien menée, ne nuit pas aux meilleurs et donne leur chance aux plus fragiles. Aussi, la réforme des collèges, horriblement mal expliquée, sortie de nulle part, est essentielle ; pour être cohérente, elle doit conduire à maintenir les classes bi-langues et elle ouvre la porte à bien plus de changements. Le principe d’une adaptation des programmes et des moyens selon les publics devra être appliqué non seulement au collège mais aussi dans le primaire et dans le préscolaire, où se joue l’essentiel et dont les moyens sont si insuffisants ; il faudra pour cela donner du pouvoir pédagogique aux directeurs d’école primaire, et laisser apparaître et se répandre des méthodes originales, mettant aussi à contribution les parents et les associant aux professeurs. Cela conduira à bien d’autres réformes, à commencer par celle de la formation des maitres et des principaux, et à la revalorisation de leur rémunération, qui doit être bien plus élevée qu’elle ne l’est aujourd’hui, et évoluer, aussi objectivement que possible, au mérite.
L’enjeu est immense. L’avenir du pays se joue sur son école ; si cette réforme échoue, le pays reculera de vingt ans dans sa prise de conscience des enjeux. Plus encore s’il recule sans en débattre.
j@attali.com

Journée test pour l’exécutif sur la réforme du collège

PARIS (Reuters) – Une partie des enseignants français ont entamé mardi une journée de grève et de manifestations contre la réforme du collège lancée par le gouvernement, qui vit un test important de sa détermination face à ses électeurs historiques.

Une intersyndicale représentant 80% des enseignants espère mobiliser mais avec des objectifs parfois divergents. SNALC, FO, Sud, CGT réclament le retrait de la réforme tandis que le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, demande des discussions.

Le taux de grévistes était mardi matin de « plus de 50% » dans les collèges et lycées, a dit à Reuters une porte-parole du Snes.

Refonte égalitariste d’un collège créateur d’injustice pour le gouvernement soutenu par la majorité, outil de nivellement par le bas pour la droite, la réforme inquiète les enseignants en raison de « l’interdisciplinarité » prévue par le projet.

Les établissements disposeront d’une marge de manoeuvre de 20% sur le temps d’enseignement pour favoriser l’apprentissage de sujets transversaux et les syndicats protestataires craignent que cette plus grande autonomie ne débouche sur un accroissement des inégalités entre les collèges, tous les professeurs étant attachés par ailleurs à « leur » discipline.

Ces craintes ne sont pas partagées par tous les syndicats.

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui soutient la réforme, a déploré mardi la « politisation » du débat.

Cette réforme « pose les bases d’une amélioration du collège », a-t-il déclaré sur RTL en invitant à « regarder la réalité » car, selon lui, le collège est aujourd’hui « injuste ».

« Les enseignants ont tout à y gagner », a-t-il dit.

« LAXISME »

L’ancien ministre de l’Education nationale Benoît Hamon, pourtant critique de la politique du gouvernement, a lui aussi apporté son soutien à Najat Vallaud-Belkacem.

« Elle bénéficie du soutien très fort de toute la majorité », a-t-il estimé sur France Inter en soulignant qu’il fallait tenir bon, le manque de cohésion de la majorité sur la précédente réforme des rythmes scolaires ayant nui à son application.

François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls, ont eux aussi affiché leur détermination à maintenir le cap, même si quelques aménagements ont déjà été promis.

A gauche, certaines voix s’élèvent pourtant pour critiquer la réforme avec, parfois, les mêmes arguments que la droite.

La « ‘réforme’ va toujours dans le même sens: le laxisme, au prétexte de l’ouverture et du ‘suivi personnalisé' », dit ainsi dans Le Figaro de mardi l’ancien ministre socialiste de l’Education nationale de 1984 à 1986, Jean-Pierre Chevènement.

Dans un communiqué, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à la grève contre « une entreprise de démantèlement de l’Ecole de la République ».

« L’autonomie renforcée des collèges aggrave en effet la territorialisation de l’éducation : il y aura désormais autant d’organisation et d’horaires que d’établissements. De fait, c’est la fin de l’égalité de traitement des élèves », dit-il.

A droite, la cohésion est quasiment totale.

Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente de l’UMP, a prôné mardi le retrait du texte sur France Info.

« La fronde, le rejet, la critique à l’égard de cette réforme traversent vraiment l’ensemble de la communauté éducative, de ceux qui sont concernés, les parents, l’ensemble de la société. Ce n’est pas un sujet politique », a-t-elle ajouté.

Réforme du collège : ce qui est vrai, ce qui est faux

Le Monde.fr   Samuel Laurent et Leila Marchand

Adoptée par le Conseil supérieur de l’éducation le 10 avril 2015, la réforme du collège portée par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, doit être mise en œuvre pour la rentrée scolaire 2016.

Le texte a soulevé de nombreuses critiques, autant du côté des enseignants et des syndicats, que des politiques. Des critiques qui ont parfois dépassé cette seule réforme, pour viser plus généralement la méthode d’enseignement de l’histoire, par exemple, et les nouveaux programmes prévus dans cette discipline.

Or il ne s’agit pas là de la même chose : les enseignements sont régulièrement aménagés par le Conseil national des programmes, une instance qui agit sans rapport direct avec la réforme, touchant plutôt à l’aménagement du temps et à l’organisation des enseignements.

A force de critiques, il devient difficile de distinguer ce qui figure exactement dans cette réforme. Retour sur les points qui posent le plus question :

1. La réforme du collège

Pourquoi une nouvelle réforme du collège ?

Par cette réforme, la ministre veut s’attaquer au « maillon faible » du système scolaire. « Inégalitaire », « suscitant l’ennui », « le collège aggrave la difficulté scolaire, particulièrement dans les disciplines fondamentales », déclare-t-elle sur le site du gouvernement.

Attention, cette réforme n’est pas à confondre avec la refonte des programmes, qui doit entrer en vigueur au même moment, en septembre 2016. Quand la réforme s’attaque à la forme, la refonte concerne les contenus, enseignés de la CP à la 3e. Engagée en 2013 par l’ex-ministre de l’éducation Vincent Peillon, elle a été pensée par une instance indépendante composée d’experts et de parlementaires, le conseil supérieur des programmes (CSP). Ces nouveaux programmes seront amendés après consultation des enseignants, le 12 juin.

En quoi consistent les enseignements transversaux ?

Les « enseignements complémentaires » sont au cœur de la nouvelle organisation du collège. Ces modules s’ajoutent au tronc commun, qui rassemble les disciplines déjà existantes.

Ils prendront la forme soit « de temps d’accompagnement personnalisés » soit « d’enseignements interdisciplinaires ». Pour ces derniers, les élèves travailleront en petits groupes sur des thématiques transversales. Huit thèmes au choix ont été définis : « développement durable », « information, communication et citoyenneté », « langues et cultures de l’antiquité », « langues et cultures étrangères ou régionales », « monde économique et professionnel », « corps, santé, sécurité », « culture et création artistiques », « sciences et société ».

Les élèves en suivront au moins deux par an. Chaque établissement dispose d’une marge de manœuvre de 20 % de son temps d’enseignement pour se consacrer à ces modules.

Le latin et le grec sont-ils supprimés ?

Pas vraiment

Actuellement, l’enseignement du latin et du grec passe par une option facultative que les élèves peuvent choisir à la fin de la sixième. Elle ne concerne que « 18 % des élèves, dont les trois quarts abandonnent à l’issue du collège », selon Najat Vallaud-Belkacem.

Pour garantir le « latin pour tous », la ministre les remplace par deux mesures :

1/ Un saupoudrage des cours de français avec « les éléments fondamentaux des apports du latin et du grec à la langue française ». Une « initiation à l’étude des langues anciennes », a précisé Mme Vallaud-Belkacem devant l’Assemblée.

2/ L’intégration du grec et du latin à « Langues et cultures de l’antiquité », l’un des huit enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) créés par la réforme de la ministre. Entre la 5e et la 3e, les collégiens auront la possibilité de suivre six de ces modules censés croiser plusieurs disciplines autour d’une « démarche de projet conduisant à une réalisation concrète, individuelle ou collective », à raison de trois heures hebdomadaires au maximum (le volume horaire exact sera défini par le recteur).

A la suite des vives critiques des enseignants, un troisième volet a été ajouté à la dernière minute : la création d’un « enseignement de complément » en langues anciennes doté d’une heure en 5e et de deux heures en 4e et 3e, dépendant du volontarisme des établissements.

Le latin et le grec ne seront donc pas « supprimés », mais le nombre d’heures qui leur est consacré sera réduit.

L’allemand sera-t-il encore enseigné ?

Oui

L’allemand ne sera pas supprimé. La réforme va, en réalité, mettre fin aux classes bilangues, qui permettent aujourd’hui à 16 % des élèves de 6e et de 5e d’apprendre deux langues vivantes, dès le début du collège. A la rentrée 2016, tous les élèves apprendront une 2e langue à partir de la 5e, au lieu de la 4e aujourd’hui.

Les détracteurs de la réforme estiment que la suppression des classes bilangues (voir ci-dessous), risque d’entraîner la chute de l’apprentissage de l’allemand. Un quart des élèves apprenaient cette langue dans les années 1990, contre seulement 15 % environ aujourd’hui, assurent les collectifs de défense de son apprentissage. Selon eux, les classes bilangues ont stoppé cette désaffection, et leur suppression risque de faire chuter à nouveau le nombre d’élèves apprenant l’allemand. Cette crainte a également été exprimée par l’ambassadrice d’Allemagne en France.

Lire aussi : « La suppression des classes bilangues ne renforcera pas nécessairement l’égalité »

Pourquoi le gouvernement veut-il supprimer les classes bilangues et européennes ?

Ces classes où les élèves apprennent deux langues étrangères sont accusées par la ministre d’être réservées aux élèves les plus privilégiés et de favoriser l’élitisme, ces classes étant plutôt fréquentées par des élèves issus de milieux plus favorisés.

L’idée est donc de les supprimer dès la 5e au profit d’une deuxième langue et des fameux enseignements transversaux des EPI. Mme Vallaud-Belkacem estime que la réforme crée ainsi « des classes bilangues pour tous dès la 5e ».

Le débat est ancien entre tenants d’une éducation égalitariste, pour qui on doit offrir les mêmes enseignements à tous les élèves, et partisans d’un certain élitisme, qui estiment bénéfique de conserver des cursus réservés aux meilleurs.

2. La réforme des programmes

D’autres critiques reviennent de façon récurrente, alors qu’elles ne sont pas directement liées à la réforme, mais aux nouveaux programmes, notamment d’histoire. Là aussi, les questions et polémiques sont nombreuses. Revenons sur les plus citées :

Enseignera-t-on obligatoirement l’histoire de l’islam ?

Oui, mais ce n’est pas nouveau

Les milieux d’extrême droite ont agité ce drapeau rouge, dénonçant le fait qu’en 5e, les élèves devront obligatoirement suivre un module sur l’histoire de la civilisation islamique, tandis que l’histoire de la chrétienté médiévale ne sera qu’une option au choix des enseignants.

La nouveauté des programmes (qui n’est pas liée, donc, à la réforme des collèges), c’est, pour la première fois, l’introduction d’enseignements facultatifs : les professeurs peuvent choisir un thème parmi plusieurs proposés. C’est le cas en 5e, où le christianisme médiéval devient une option parmi d’autres.

La civilisation islamique est au programme de 5e depuis bien longtemps, et de manière obligatoire. Les nouveaux programmes n’ont donc pas introduit cet enseignement, qui a plusieurs décennies. En outre, les débuts du christianisme seront désormais étudiés en classe de 6e, et le rôle de l’Eglise est évoqué dans une grande partie des cours consacrés à l’histoire de la France.

L’enseignement des Lumières sera-t-il facultatif ?

Oui

La disparition de l’enseignement des Lumières est également souvent citée. Il est exact que ce thème devient facultatif, l’enseignement obligatoire de ce module en 4e étant « Un monde dominé par l’Europe : empires coloniaux, échanges commerciaux et traites négrières ».

A l’heure actuelle, la période des Lumières est obligatoirement étudiée dans la première partie du programme d’histoire de 4e. Avec les nouveaux programmes, elle ne le sera plus que de manière facultative. Mais, comme pour le christianisme, les élèves étudieront toujours la renaissance et l’époque moderne (XVIe-XVIIIe), et les Lumières y seront évoquées en filigrane.

Lire aussi : « L’idée de vouloir faire de l’histoire un “roman national” est dérangeante »

Grève : les profs ne sont pas contents mais pas pour les raisons que vous imaginez

GREVE DES PROFS

EDUCATION – Un deuxième front d’opposition s’ouvre contre le gouvernement. Alors que l’UMP et des intellectuels s’attaquent depuis plusieurs semaines à la réforme des programmes au collège, ciblant principalement la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem, les professeurs sont invités à manifester par leurs syndicats ce mardi 19 mai. Dans leur collimateur, la réforme plus globale du collège, qui est la suite de la réforme entreprise en 2013 par Vincent Peillon.

Parmi ceux ayant appelé à la grève, tous n’ont pas le même objectif: le principal syndicat (Snes) réclame la réouverture des discussions quand d’autres (Snalc classé à droite ou FO) veulent le retrait du texte. Au regard des dernières élections professionnelles, ce sont les représentants de 80% des enseignants qui appellent à la grève. Seuls deux syndicats présentés comme réformateurs soutiennent le texte que le gouvernement entend appliquer à la rentrée 2016.

Les professeurs n’étant pas tenus d’annoncer qu’ils feront grève (contrairement aux professeurs des écoles), il est difficile de prévoir le taux d’absence des enseignants. « Ce qui circule, ce sont des estimations au doigt mouillé », assure-t-on rue de Grenelle où l’on suit la mobilisation « avec beaucoup d’attention ». « Pour le moment, les profs ne sont pas dans le registre de la colère. Il n’y aura pas de tsunami », veut croire Christian Chevalier, porte-parole du SE-Unsa (favorable à la réforme). « La grève sera très suivie », pronostique au contraire son homologue du Snes Frédérique Rolet.

Peu importe le niveau de la mobilisation, celle-ci recueille le soutien d’une majorité de Français. Selon un sondage Odoxa pour Les Echos et Radio Classique, 60% des personnes interrogées trouvent « justifiée » la journée de grève des professeurs. Reste à savoir si l’opinion est bien au fait des motifs de grogne du corps enseignant.

Sur les programmes, les profs ont (encore) leur mot à dire

Car si les politiques ont volontairement focalisé le débat sur le volet programme (classe bilangues, langues anciennes, enseignement de l’histoire), les syndicats sont loin d’en faire la priorité de leur opposition. La suppression des classes européennes (jugées trop élitistes par le gouvernement) fait bien partie des motifs d’inquiétude relevés par le Snes, mais cette critique n’apparaît pas dans le mot d’ordre d’appel à la grève. Le voici.

« Les organisations continuent à demander le retrait de cette réforme fondée sur l’autonomie des établissements et la multiplication des hiérarchies intermédiaires sous l’autorité du chef d’établissement et la reprise de discussions sur de nouvelles bases pour la réussite de tous les élèves. Sans répondre aux véritables besoins du collège, cette réforme ne ferait en outre, si elle était mise en œuvre en 2016, qu’ engendrer davantage d’inégalités entre les élèves, aggraver les conditions de travail des personnels, mettre en concurrence personnels, disciplines et établissements. »

S’ils sont très mesurés sur la réforme des programmes c’est sans doute parce celle-ci n’est pas arrêtée. Une phase de concertation des enseignants est même en cours jusqu’au 12 juin sur la base du texte préparé par le Conseil supérieur des programmes. « Tous les professeurs peuvent donner leur avis via le site que nous avons lancé sur Internet. Ce n’est pas seulement les syndicats », souligne-t-on au ministère de l’Education où l’on fait fi des critiques sur la plateforme mise à disposition qui est jugée peu intuitive.

Un cours, plusieurs disciplines… l’équation qui ne passe pas

Non, ce mardi, c’est bien une réforme déjà ficelée qui est dans le viseur des professeurs. Un texte dont Najat Vallaud-Belkacem a présenté les grandes lignes en mars et qui a ensuite été amendé après plusieurs semaines d’une discussion boycottée par plusieurs syndicats. Pas de quoi faire plier la ministre qui rappelle sans cesse que le conseil supérieur de l’Education l’a validé avec 51 voix contre 23. Mais les syndicats estiment que la voix des enseignants s’est majoritairement portée vers le « contre ».

Ils dénoncent notamment « une usine à gaz nouvelle génération » avec la création d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) qui associeront plusieurs matières au sein d’une même classe. Ils doivent permettre, de la 5ème à la 3ème, de rendre plus pratique donc plus facile l’apprentissage de certaines notions jugées abstraites. Les projets seront inscrits dans les programmes scolaires et évalués au brevet.

Il existe huit thèmes: « développement durable », « sciences et société », « corps, santé et sécurité », « information, communication, citoyenneté », « culture et création artistiques », « monde économique et professionnel », « langues et cultures de l’Antiquité » (qui fait tant parler car il se substituera en partie à l’option latin ou grec qui existe aujourd’hui), « langues et cultures régionales et étrangères ».

Mais pour les enseignants, dont la plupart sont très attachés à leur discipline, l’introduction de ces EPI n’aura pour conséquence que de réduire le nombre d’heures de cours des enseignements fondamentaux. Selon certains opposants de la réforme, elle va aussi introduire de la concurrence entre les enseignants (ces cours étant soumis au choix des élèves) et favorisera les meilleurs élèves plus aptes à mixer les disciplines. Enfin, plusieurs syndicats ont fait part de leurs doutes sur la formation dont bénéficieront les professeurs. Et ce n’est pas la garantie du ministère de venir les former dans leur établissement -avec donc l’assurance d’être formés en équipe- qui les a rassurés.

Un syndicat craint l’émergence de « petits chefs »

L’autre inquiétude découle en partie de la première et concerne l’autonomie dont vont désormais jouir les établissements. Pas moins de 20% de l’emploi du temps des élèves sera désormais géré au niveau local avec charge pour l’équipe éducative autour des principaux de constituer les cours en conséquence. Il s’agira de mettre en place les fameux EPI, de l’aide personnalisée (notamment pour les élèves en difficulté) ou du travail en petit groupe.

Pour le Snalc, cela ne va pas assez loin. « En guise d’autonomie, ce qui nous attend, ce sont des réunions à n’en plus finir et des marges de manœuvre étroites, corsetées par un arrêté rigide », dénonce le syndicat. Le Snes y voit au contraire un moyen pour les chefs d’établissement -d’éventuels « petits chefs »- de renforcer leur emprise sur les enseignants. « Les professeurs acceptent évidemment, le principe hiérarchique mais refusent la mise en place de hiérarchies intermédiaires dans les établissements et la mise sous tutelle du chef d’établissement, en particulier sur le plan pédagogique », s’indigne le syndicat dans une lettre adressée à Najat Vallaud-Belkacem.

Au ministère, on estime que les enseignants n’ont rien à craindre dans la mesure où « c’est le conseil d’établissement qui prendra les décisions et que les représentants des professeurs y ont toute leur place ». L’on espère surtout que la grève de ce mardi ne sonnera pas le coup d’envoi d’une longue mobilisation de syndicats généralement concurrents. Un marathon de la contestation qui pourrait être fatal à la réforme.

Lire aussi :

• Réforme du collège : un long agenda à double tranchant pour Najat Vallaud-Belkacem

• Le vrai du faux de la réforme du collège

• Retour au collège, premier défi pour Belkacem à l’Education

Réforme du collège : 60% des Français approuvent la grève des profs

Selon un nouveau sondage, six Français sur dix approuvent le mouvement des professeurs prévu mardi contre la réforme du collège. De son côté, le gouvernement ne cesse depuis deux semaines de défendre et d’expliquer les mesures qui entreront en vigueur à la rentrée 2016.

18 Mai 2015, 06h55 | MAJ : 18 Mai 2015, 13h04

La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a beau défendre sa réforme du collège, selon un nouveau sondage, six Français sur dix approuvent la grève des enseignants prévue mardi.
La ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a beau défendre sa réforme du collège, selon un nouveau sondage, six Français sur dix approuvent la grève des enseignants prévue mardi.
(LP /DELPHINE GOLDSZTEJN)

Najat Vallaud-Belkacem n’a de cesse de dénoncer l’«enfumage» de l’opinion publique sur sa réforme du collège.

Face à ses nombreux détracteurs, le Premier ministre, Manuel Valls, a lui-même défendu à plusieurs reprises les mesures prévues par la ministre de l’Education pour la rentrée 2016. Mais rien n’y fait. Un nouveau sondage* sur le sujet montre ce lundi que six Français sur dix approuvent l’opposition des enseignants au projet du gouvernement.

Vendredi déjà, un sondage Odoxa pour iTélé révélait que 61 % des Français étaient opposés à la réforme. Cette fois encore, l’Institut de sondage constate pour Les Echos, Radio Classique et le cabinet FTI Consulting la même proportion d’opposition : 60 % des personnes interrogées qualifient de «justifiées» les manifestations prévues, 39 % pensent le contraire.

A droite, plus de 7 sur 10

A droite, c’est même 72 % des sympathisants qui soutiennent le mouvement des professeurs, contre 27 % qui y sont opposés. Des syndicats d’enseignants opposés au projet du ministère de l’Education ont lancé un appel à la grève mardi et à descendre dans la rue. Même à gauche, les sympathisants n’adhèrent pas en masse à la réforme puisque 44% trouvent justifiée cette mobilisation et 55% la jugent injustifiée.

QUESTION DU JOUR. Réforme du collège : comprenez-vous la grève des profs ?

Chez les enseignants, l’opposition fait peu de doute. Se retrouveront côte à côte le Snes-FSU, majoritaire dans l’enseignement secondaire, le Snep-FSU, le Snalc (classé à droite), FO, la CGT et Sud. Ils représentent ensemble 80% des votes des enseignants du collège lors des élections professionnelles de décembre dernier, auxquelles avaient pris part quelque 40% des professeurs.

Des améliorations prévues

Najat Valaud-Belkacem assure pourtant que toutes les précautions ont été prises avec le corps enseignant. A plusieurs reprises, la ministre a rappelé que la réforme avait été approuvée à 51 voix pour (23 contre) par le conseil supérieur de l’Education début avril. La semaine dernière, face à la fronde, elle a également demandé à une autre instance, le conseil supérieur des programmes, de rendre plus lisibles les articulations des cours de français avec les langues et cultures de l’Antiquité, afin d’apaiser les professeurs de lettres classiques, mécontents de la suppression des options latin et grec.

Cette réforme est pourtant impérative pour le gouvernement. Depuis plus de deux semaines, Najat Vallaud-Belkacem s’attache à casser un tabou autour des options de langues mortes. Selon elle, ces dernières sont depuis toujours «organisées de manière à favoriser les enfants dont les parents ont les codes», s’assurant une place dans une «classe élitiste» en choisissant de les étudier. C’est ainsi qu’elle a également souhaité la disparition des classes bilangues et européennes – et non pas de l’étude de l’allemand – en les remplaçant par l’apprentissage d’une deuxième langue pour tous les élèves dès la 5e.

>> A LIRE. Réforme du collège : distinguer le vrai du faux

Selon des études internationales, les écarts entre les bons élèves et les moins bons se creusent. Et l’origine sociale pèse sur le destin scolaire des petits Français, bien plus que dans les autres pays de l’OCDE.

Peillon sort de son silence et défend la réforme                                                            Cela faisait un an que Vincent Peillon ne s’était plus exprimé publiquement. L’ancien ministre de l’Education, très contesté sur sa réforme dite des rythmes scolaires, est sorti de son silence ce lundi pour défendre les bienfaits de la réforme du collège. «Cette réforme est une chance, une nécessité. Si elle ne se fait pas, le pays aura d’énormes difficultés», a-t-il prévenu sur RTL. Et de rappeler : «Elle est demandée à gauche et à droite depuis des années. J’avais entendu Luc Chatel au début dire « ça va dans la bonne direction ». Tous, ils n’assument plus !» Pourtant, a-t-il insisté, «nous l’avons préparée depuis de nombreuses années. Nos résultats ne cessent de baisser, pour les élèves de l’élite aussi d’ailleurs !

* Sondage réalisé par Odoxa auprès de 1.025 personnes interrogées par Internet les 13 et 14 mai 2015 pour Les Echos, Radio Classique et FTI Consulting.

College, réforme, grèves, latin, allemand : les hashtag de la fronde anti-réforme

Les réseaux sociaux connaîssent aujourd'hui une frénésie anti-réforme scolaire

Les réseaux sociaux connaîssent aujourd’hui une frénésie anti-réforme scolaire.  Crédit Reuters

En feu depuis quelques semaines sur la question de la réforme du collège, les réseaux sociaux connaissent aujourd’hui une frénésie anti-réforme nourrie par une journée de grève et de manifestations anti-réforme du collège.

Pour s’orienter 

Sur Twitter, cette journée de grève des enseignants offre deux hashtags binaires, à  consulter alternativement pour une synthèse un peu équilibriste: réformecollège, de droite, cite en abondance Bruno Le Maire. College2016, pro-réforme, est identifiable à de nombreuses photos de la ministre de l’Education. A garder également en favori pour suivre, ou pour rattraper de nombreux mois de débats et d’analyse de la réforme à froid, par  les enseignants, sur leurs forums spécialisés, l’incontournable Café pédagogique

Photo du compte Twitter @EmmaLgn

La « pédagogie Nutella »

Sur La vie moderne, Jean-François, professeur, a réagi aux reportages qui présentent les collèges pilotes dont s’est inspirée cette réforme.

Le petit-déjeuner pris en classe, les élèves qui tournent un clip avec leur tablette comme travaux dirigés, l’ambiance ‘cool’ présentés par les reportages…Non, il n’aime pas, et ne croit pas à cette ‘Pédagogie Nutella » qu’il décrypte, avant de conclure:

« Résumons donc : une pléthore de profs, des heures de cours forcément réduites pour faire place à des activités plus épanouissantes, des séances interdisciplinaires où l’on n’apprend pas grand-chose, et avec ça des élèves qui réussissent aussi bien que les autres. C’est la conclusion du reportage : au brevet, les élèves du collège innovant font aussi bien que les autres… Pas mieux, aussi bien… C’est déjà ça ! Et comment cela se passera-t-il dans les collèges 2016 qui ne disposeront pas de cette débauche de moyens enseignants ? Car on nous montre toujours des expérimentations qui marchent avec des groupes de moins de quinze élèves, jamais avec des classes de 30 gamins entassés dans une salle trop étroite… « 

Le dessin de trop

Sur la forme, la stratégie de communication du ministère, avec  par exemple cet  »avant-après’ de la réforme  en BD, a beaucoup déplu. A Sois Prof et tais toi, entre autres.

« L’après réforme, c’est la fiesta, youhou youhou, tous les élèves ils s’amusent, tous les élèves ils sont contents, tous les élèves ils communiquent, tous les élèves ils coopèrent… Culture, santé, solidarité, tout ça après une jolie petite réforme : AMEN. (…) Moi, tu vois, ce n’est pas parce que mon petit camarade de 5e ne parlait pas allemand qu’on n’arrivait pas à communiquer. Ce n’est pas parce que je faisais du latin que je m’ennuyais en cours. Ce n’est pas parce que je n’avais pas d’accompagnement personnalisé que je me sentais abandonnée par mes professeurs. Ce n’est pas parce que j’avais un atelier que je n’avais que 10 minutes pour manger. »

Perdre notre latin?

🔴 #JeSuisLatiniste #ReformeCollege sauvez l’option ! Au nom des 520000 collégiens latinistes @jeromegodefroy pic.twitter.com/CdnFwGfuAm

La vie moderne dépiaute aussi la nov’langue de la réforme sur l’ultra-sensible enseignement du latin et de l’allemand

« Vous êtes communicant au ministère et vous avez fort à faire à défendre une réforme que seuls ses créateurs trouvent excellente ? Pas de panique, voici de quoi répondre ! Ne dites pas : « Les élèves n’apprendront plus les langues latine et grecque, ils feront du latin ludique et seront soumis au bon vouloir des établissements. » Mais dites : « Nous allons ouvrir l’option latin à tous. » Ne dites pas : « Nous allons supprimer des heures aux élèves en faisant passer cela pour une innovation pédagogique. » Dites : « Nous allons développer l’interdisciplinarité. » Ne dites pas : « Aujourd’hui n’importe quel élève, s’il en exprime le désir, peut faire du latin ou du grec si cette option existe dans son établissement, ce qui n’est pas évident car nous ne recrutons plus de professeurs de lettres classiques. » Dites : « Seuls les élèves favorisés font du latin. » (…) Ne dites pas : « Nous allons faire de sacrées économies en supprimant les classes bi-langues. » Dites : « Les classes bi-langues sont élitistes. » Ne dites pas : « Cette réforme transforme l’école en halte-garderie géante. » Dites : « Le latin et le grec favorisent l’entre-soi. » (…) Ne dites pas : « Des gens qui ont une expérience d’enseignement bien plus longue que celle des concepteurs des programmes sont hostiles à la réforme. » Dites : « Des pseudo-intellectuels font de la désinformation. »

Le numérique à l’école

Enfin, pour le vole de la réforme concernant l’utilisation plus systématique et intégrée des nouvelles technologies au collège, l’expert Hubert Guillaud est sceptique et analyse sur InternetActu les expériences et évaluations en cours ailleurs. Là encore, la modernité n’est pas pas toujours probante.

« Enseigner aux enfants, notamment à ceux qui connaissent le plus de difficultés, est difficile. La technologie change peut-être la donne, mais pas d’une manière aussi spectaculaire que voudraient nous le faire croire les évangélistes des nouvelles technologies scolaires. Il n’y a pas de dispositif magique qui aide les enfants à apprendre, rappelle Peg Tyre (ndlr: experte américaine). Ni la radio, ni la télévision, ni les ordinateurs, tous salués en leur temps comme des innovations éducatives transformatrices, n’y sont parvenus. Les tablettes ne le seront pas plus, car entre de nouveaux dispositifs pour s’informer et une révolution éducative, il y a un pas que ces dispositifs ne peuvent pas combler, car l’apprentissage consiste à s’engager avec le matériel éducatif en profondeur, pas seulement à l’utiliser. »

Réforme du collège: le gouvernement « s’obstine dans l’erreur » estime la presse

Le gouvernement « s’obstine dans l’erreur » et devrait « entendre les protestations » engendrées par la réforme contestée du collège présentée par Najat Vallaud-Belkacem, jugent mardi des éditorialistes alors que la ministre doit affronter une grève des enseignants.

« Quelles que soient les sensibilités, les protestations convergent : la réforme va contribuer au nivellement par le bas des élèves », assure Yves Thréard dans le Figaro. « N?en déplaise à Najat Vallaud-Belkacem, le débat ne relève pas d?un classique affrontement gauche droite. Encore moins d?on ne sait quelle guerre entre anciens et modernes. Ce n?est pas en détruisant ce qui tire les enfants vers le haut que l?on facilitera l?avenir des jeunes générations. Tout le monde en convient, sauf le gouvernement, qui s?obstine dans l?erreur », conclut-il.

A l’autre bout de l’échiquier politique,Patrick Apel-Muller dans l’Humanité, fustige un gouvernement « ligoté dans sa religion austéritaire » qui avance « une réforme qui mine l?unicité des programmes, réduit la place d?enseignements essentiels et s?envisage sans les moyens accrus qui permettraient d?échapper à la seule reproduction des élites. » « Rien ne sert d?insulter les intellectuels critiques quand on bute sur le fameux pont aux ânes », assène-t-il, assurant que la majorité des enseignants qui refusent la réforme n?ont rien en commun avec les partisans d?un ordre immuable et injuste. Ils savent la crise du collège, ils la vivent ! »

Cécile Cornudet analyse pour sa part dans Les Echos « comment le collège s’est mué en objet politique ». « Au fil des débats, la réforme du collège, qui voulait combattre « l?ennui » des élèves, s?est gonflée d?ambition, jusqu?à promettre « l?excellence à tous » », écrit-elle. « Le gouvernement peut-il dès lors gagner son pari ? Politiquement, peut-être. Mais, en termes éducatifs, c?est une autre histoire. La réforme semble aujourd?hui devenue bien faible au regard des ambitions affichées ».

Dans La Croix, Florence Couret ne cache pas son exaspération devant « le brouhaha des certitudes, le vacarme des invectives échangées depuis plusieurs semaines, de part et d’autre de l’échiquier politique » autour de cette réforme. « On aurait presque envie de crier « Silence, on ne s’entend plus! », comme le font tant d’enseignants chaque jour pour ramener un semblant de calme dans la classe, s’exclame-t-elle.

C’est bien, selon Jean-Michel Servant (Le Midi Libre), « la fin de l?état de grâce pour Najat Vallaud- Belkacem » qui va vivre « un jour de bizutage », s’amuse Philippe Marcacci (L’Est Républicain) tandis qu’Hervé Chabaud (L’Union) coiffe impitoyablement les auteurs de la réforme d’un « bonnet d’âne ».

« La gauche n’arrive même plus à faire passer ses réformes, jusque dans des milieux qui lui sont pourtant favorables »,constate Raymond Couraud (l’Alsace), déplorant que « le chef de l’État et son équipe passent en force » sur cette question.

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Commentaires

  • anne342                       réformes, réformes … mais les problèmes sont toujours là !!!!
  • kangooroux1          J’adore quand la seule réponse de la ministre est de dire que le CSE a voté favorablement, sachant que la composition est loin d’être représentative des personnels de terrain (env. 30 personnes pour représenter l’ensemble des enseignants, tous niveaux confondus). D’autres part, il y a une nette différence entre tirer un constat (« le collège nécessite une réforme ») et ce qui est réellement proposé dans les textes présentés (et pas dans la communication, car on sait depuis longtemps que les mots s’envolent…). L’AP peut être utile à certains élèves, mais pas à tous, et pas au détriment des horaires de matières fondamentales. Le mélange des futurs programmes de 5-4-3ème sera à l’origine de gros problèmes, car supprimer le cadre national, cela se traduit concrètement par exemple au niveau de tous les élèves qui changeront d’établissement durant leurs années de collège. Dire que les 5eme auront une autre langue plus tôt, c’est vrai; mais encore faudrait-il préciser que le nombre d’heures prévues en 4-3eme pour ces mêmes langues diminuent (le nombre d’heures sur l’ensemble des 3ans ne varient que très peu). Du point de vue des personnels, la remise en cause de la méthode de calcul des heures supplémentaires et des obligations de services font également débât. Les points de désaccords sur cette réforme sont bien plus profonds que ce qu’on peut entendre dans les médias ou par les politiques, et ne se limitent pas, loin s’en faut, au latin et à l’allemand.

DV  •                                début de la fin ? si seulement.                                              Phileas  •                    Allez dégage, najat                                                                       patrick  •                    Elle représente parfaitement le « danger de l’intérieur ».                                                                                                                              Chris  •                        Tiens son petit sourire niais est en grève?                        Christian  •               c’est « ça » qui dirige l’enseignement                                   Cleveland  •               Elle voit l’avenir des français, #$%$ comme ils sont ils continueront à voter gauche ou droite (c’est la même chose) et on finira tous par parler arabe, avoir un QI de 50 (comme les muzz), notre livre d’école sera le coran et on sera tous heureux ainsi! Merci l’umps                                                                       robert  •                     Ils imposeront leur loi plus obtu que çà tu meures!                                                                                                                                      manuema  •              celle là c’est une importuniste qui profite bien de la France tout comme Valls!!!                                                                                                                                    gloups  •                    ah ça y est… sur cette photo elle commence à prendre un petit coup de vieux.        ça va plus être la beurette de service, mais la farida belghoul de l’élysée.                                                                                                                                  Pascal  •                      Bof… elle est arabe, jolie, jeune, femme… Bref, intouchable à l’heure actuelle. Elle n’a qu’à faire comme Gallet, Cambadelis et consors… Qu’elle attende simplement que ca passe.

Léo PoliakovLéo Poliakov  { Réforme du collège : le gouvernement devrait « entendre les protestations » }                                                                                                                                 Le gouvernement est sourd de naissance, à l’instar d’un pape, il déclare, il décrète qui est une icone, qui ne l’est pas, il canonise, quelles que soient les erreurs commises, incluant celles exécutées sous les yeux de tous, peu importe ! On ne touche pas aux icônes ! Na !

Hypathie                                Cette réforme c’est comme pour les rythmes scolaires: on réforme tout d’un coup sans savoir ce que pratiquement cela va donner. Je ne parle même pas de la disparition de facto des langues anciennes (quel chef d’établissement choisira la culture de l’Antiquité face au développement durable puisque à ce jour les langues anciennes ne sont pas fléchées?) mais a-t-on imaginé le nombre de réunions avant, pendant, après un EPI ? a-t-on pensé à un temps de concertation? a-t-on pensé à une rémunération quand les chefs d’établissement auront sans doute une prime pour la mise en place de la réforme?                                                                                 Depuis 5 ans la fiche de paye des enseignants régresse.

André Dédé                               Bonjour,                                                                                      J’ai quelques profs dans ma famille. Il y a quelques années ils votaient tous PS, maintenant, plus un seul. Qu’est- ce qui a motivé leur revirement (pour certains) ?       – La réforme des rythmes scolaires au primaire (Peillon)                                                       – Le projet de réforme du Collège (Najat Vallaud-Belkacem).

Et surtout l’entêtement de ces ministres à faire passer leurs « réformes » ubuesques coûte que coûte sans tenir compte du mécontentement qu’elles suscitent auprès des premiers intéressés, et en faisant passer les opposants aux réformes pour des privilégiés ou des imbéciles.Paul de Tarse                                        On entend surtout les conservatismes de tous bords , à gauche notamment , les corporatismes , les intérêts particuliers des enseignants . Quant à l’ intérêt de l’ enfant , il est très , très loin . Ce qui gêne les SNALPC, FSU , SNUIPP, SNES ,etc…, y en a d’ autres , c’ est que Mme BELKACEM sait de quoi elle parle quand elle évoque les inégalités au sein de l’ école ! Quand Lemaire parle d’ un parcours diversifié au collège , y a de quoi rire venant de lui . Quant à Sarkozy parlant de l’ éducation nationale , lui qui a passé sa vie « en banlieue  » , y a de quoi se rouler par terre !

Jean888                                                     L’important est que vous soyez convaincu que tous ont tort et que seuls vous et Najat avaient raison.

Jacques dumon                                     C’est une grave erreur d’avoir propulsé NVB à la tête de ce ministère.                                                                                                                          Elle n’a pas et n’aura jamais la carrure nécessaire pour le tenir. Elle n’a aucune expérience.
Un joli minois, des sourires mielleux ou carnassiers à temps et à contretemps, il en faut plus pour convaincre les profs et les parents d’élèves

Jean-marc GaudinotJean-marc Gaudinot          Ca y est nous sommes sauvés après les pseudo intellectuels les pseudo éditorialistes qui comme chacun le sait sont les véritables êtres humains qui savent tout devinent tout et comprennent tout bien mieux que les parents d’élèves !!!!

Michel VIDAL                                        Le Gouvernement dit « socialiste », s’enfonce un peu plus dans la médiocrité dogmatique pour perdre les élections de 2017…

jean jacques lejuene                            Dans mon pays, les français ralent toujours meme s’ils ne connaissent pas le quart de la moitié de la demie , ils ralent, ils défilent, et…………………tout se met en place. VIVE LA FRANCE.

Jean MiauxJean Miaux                            RÉFORME DU COLLÈGE DE NAJAT VALLAUD-BELKACEM CONTROVERSÉE
Sujet traité en dessins sur « L’actualité en dessins » = > http://lc.cx/Z3QhPetit malin                                             A mon avis elle va être retirée                                            Cela commence à sentir mauvais pour la Gauche… Manifestations de la « base », demain débat à l’Assemblée qui traineront jusqu’à l’automne, enfin mise en application (si j’ai bien compris) à la rentrée 2015 pour 2016, juste avant les régionales.                                       Hollande ne voudra pas qu’on « remette le couvert » et que son électorat préféré le boude en décembre !
Tant pis pour Najat…

vivelavie                                                       Supprimer le statut de fonctionnaire et laisser la liberté totale aux établissements est la seule et unique solution pour réformer ce pays.

ANTARES_BETA_SCORPII                  Interdisciplinaritè                                             Mettre deux tigres ou sans doute tigresses dans une même cage est toujours une bévue NVB, mais il est vrai qu’il n’y a pas même un seul de ces fauves rue de Grenelle. Dans tout groupe il y a un voire plusieurs dominants, l’égalité est illusion NVB, vous n’arriverez qu’à faire broyer les plus faibles et démotiver les meilleurs, encore que ces derniers trouveront d’autres voies pour s’échapper de votre système léthal

dehaut4                                                          Tout est bon pour ne pas travailler !                     Bravo les profs, encore un pont, quel exemple pour les enfants                                         L’obéissance aux lois de la République foulée aux pieds

 –                                           «La droite fait semblant de défendre l’égalité de tous, pour défendre en réalité les privilèges de quelques-uns. Et la gauche fait semblant de s’opposer aux privilèges de quelques-uns pour défendre en réalité l’uniformité de tous».
C’est là donc votre argumentaire, les bras m’en tombent… Quant à «si cette réforme échoue, le pays reculera de vingt ans dans sa prise de conscience des enjeux», on tombe allégrement dans la franche rigolade… Copie à revoir !

 –                                                 Les illettrés et ceux qui sortent du système scolaire sans les bases de calculs ou de lecture , ne sont pas les seuls à être condamnés à devenir des bombes sociales. Ayant fait une CPGE et intégré une école d’ingénieur , je peine à trouver un emploi dans mon domaine de formation à cause de mes origines sociales , les tenants de la droites prônent l’esprit de compétition que lorsqu’il sont sur de gagner et refusent d’accorder une place à ceux qui ne sont pas de la même origine sociale qu’eux..

 –                                    » l’uniformité est-elle au service de l’égalité ou de la protection des privilèges? Il faut les deux; l’uniformité est au service de l’égalité, sans doute; et à partir de là, mieux vaut que ce soit la république qui discerne à qui elle donne des responsabilités et la dignité qui va avec: rien de plus. « C’était mieux avant »: sous la république, autrefois, un bon élève du primaire avait une chance d’être envoyé en faculté des lettres et d’en revenir prof du secondaire; mon ancien patron, inspecteur général des finances, était fils d’ouvrier agricole; j’ai entendu parler récemment d’une femme conseiller d’Etat fille d’un hardi. Donc on sait ce qu’il faut faire; En réalité, il est à craindre que cette réforme ne soit qu’un rideau de fumée destiné à dissimuler la carence des pouvoirs publics; En fin de compte, dans l’enseignement, comme dans l’armée, comme dans la justice, comme dans l’assistance, tout se réduit à une question de moyens; or ces moyens, on ne les a pas.

  » la réforme des programmes, qui n’est pas de la compétence du ministre » Amusant…      Alors que « plus de 20% des élèves sortent du primaire sans maîtriser les bases du français » , approfondir l’enseignement du français est plus urgent que « maintenir les classes bi-langues »; comment peut-on apprendre l’allemand, qui est la 2e langue par excellence, si l’on ne connaît pas un minimum de grammaire? A titre personnel, je suis certain que l’aptitude à rédiger favoris l’insertion dans l’entreprise; pour résumer une question complexe par e-mail, il faut bien savoir écrire.

Avatar de Attila Attila  –                                     Représentation sémantique de « état »

Les synonymes sélectionnés sont : administration, art, attitude, bilan, bordereau, bulletin, carrière, cas, catalogue, champ, chose publique, cité, classe, communauté, compte rendu, condition, conjoncture, corps politique, couronne, description, destin, disposition, division, déclaration, dénombrement, empire, emploi, espèce, existence, exposé, facture, fonction, forme, fortune, gouvernement, humeur, inventaire, liste, manière d’être, modalité, mémoire, métier, naissance, nation, nature, nomenclature, note, officier, patrie, pays, point, politique, position, posture, pouvoir, pouvoir central, profession, province, puissance, qualité, questionnaire, rang, recensement, relevé, revue, reçu, royaume, régime, répertoire, république, rôle, service public, situation, société, sort, sorte, souveraineté, statistique, statu quo, statut, tableau, tempérament, territoire, train de vie, travail, vie, volée, équipage, état, être

90 mots sélectionnés.

Représentation sémantique de « statu quo »:  Les synonymes sélectionnés sont :              état
2 mots sélectionnés.                                                                                                                              « …qui n’est pas de la compétence du ministre, mais d’une commission bipartisane, qui n’a rendu pour l’instant qu’un rapport provisoire. »
Pourtant un état n’est pas sensé mener une politique de statu quo :
http://videos.lexpress.fr/actualite/politique/video-reforme-du-college-1-eleve-sur-4-ne-maitrise-pas-le-francais-c-est-un-veritable-naufrage_1678109.html

Réponse de  –

@Attila :                                                  « Pourtant un état n’est pas sensé mener une politique de statu quo : » si car « faire et rendre bonne justice est le premier office du prince »; le reste vient après, par dérivation.

 –                                               La réforme des collèges est simplement le prolongement logique de ce qui s’est fait en lycée en 2010. Elle est nécessaire, elle aurait dû se faire plus tôt d’ailleurs. Les classes bilangues et l’enseignement des langues anciennes sont des variables d’ajustement qui seront vite négociées.
Mais sur le débat d’idée et l’égalité des chances, allons plus loin : pour une vraie différenciation et personnalisation des apprentissages, il faut mettre fin au collège unique, et offrir différentes structures et un vrai choix pour les élèves qui rejettent une école faite seulement d’apprentissages théoriques. Ceci, articulé à une vraie formation tout au long de la vie qui leur permette de reprendre des apprentissages théoriques plus tard, instaurera vraiment l’égalité des chances.
Tant que nous n’irons pas dans ce sens, l’efficacité des réformes sera très limitée, car le vrai problème du collège, c’est que quelques élèves en rejet du système empêche tous les autres de travailler, les enseignants n’ont pas les moyens d’instaurer les conditions de travail et de calme nécessaires pour transmettre leurs savoirs, qu’un élève qui souhaite étudier en collège est moqué, malmené, etc.

 –

– Je n’ai pour juger de ce billet que mes souvenirs d’élève déjà bien vieux , et ceux plus récents et actuels de parent et grand parent d’élève . Je sais donc que Education qu’elle soit nationale ou pas , est un sujet multiple , à la croisée de multitudes d’enjeux ( et en est donc un de taille lui même ) . C’est ce qui m’incite à rester très ouvert et prêt à modifier mes avis , si les débatteurs directement intéressés ou pas sont généreux et de bonne foi .

– j’ai le sentiment que l’effort est d’abord à porter sur le maternel et primaire , car comme il est dit , c’est là qu’est le premier étage de la fusée dont toute la suite dépend ( même s’il y a toujours quelques réjouissants exemples de rattrapage de satellite perdu ). Les récentes manifs pour la conservation des moyens quantitatifs et qualitatifs dans les ZEP montrent d’ailleurs que cet effort paye et est reconnu . J’en suis témoin heureux dans deux quartiers de deux villes distinctes que je connais bien . J’ai constaté dans ces structures une réelle empathie entre directeur ( trice ) et équipe éducative , qui impulse un dynamisme et une dépense d’énergie imaginative , qui met déjà en application la différentiation sans en faire un étendard .

– D’accord donc pour la différentiation : quel est le parent ( sauf peut être les monoparentaux !) qui ne sait pas qu’on ne raconte pas , qu’on ne prend pas les mêmes temps , qu’on ne joue pas des mêmes stimuli , … de la même façon à chacun de ses enfants , qu’on aime tout autant ? ( cf la boutade de l’humoriste :  » avant d’avoir des enfants , j’avais au moins cinq théories sur la meilleure façon de les éduquer ; aujourd’hui , j’ai cinq enfants et plus de théorie du tout « )

– sur le débat même menu pour tous ou menu à la carte , je ne me sens pas totalement compétent , même si je suis sensible à l’Egalité : je sais par contre que les enfants issus de milieux modestes doivent avoir cette offre à un haut niveau et que la nation leur doit la part de gratuité nécessaire pour qu’ils aillent jusqu’au bout de leurs qualité . Je n’ignore pas par ailleurs les handicaps environnementaux qu’ils ont à vaincre , avec plus d’énergie que d’autres mieux entourés . Je sais par expérience personnel qu’il faut s’accrocher pour le latin , l’anglais , l’allemand .. quand la maman est chocolatière et le papa mineur . Mais , à y repenser , je ne me serais pas senti bien d’un menu différencié , alors que ( jusqu’à Math élem , ça s’est un peu dégradé après ) j’ai pu disputer les premiers prix ou accessits aux meilleurs fils de « bourgeois  » ( qui n’étaient que des gamins comme moi ).

– sur le détail de la réforme du collège proposé , je dirai donc aussi globalement que les déchainements de débats seraient plus inspirés et porteurs de sens , si l’on y débattait de différenciation des modes d’approches et que les échanges s’enrichiraient de la libération de la parole des enseignants qui la pratiquent déjà de fait , pour mesurer les problèmes qu’ils ont (ou ont eu ) à résoudre , les solutions qu’ils ( souvent elles d’ailleurs ) ont déjà au feu , et des résultats évidents qu’ils obtiennent ( quelquefois contre leur hiérarchie académique ).

– un autre sujet , aussi sensé et fondamental que différenciation ou pas , est celui de la vocation de l’éducation nationale ( formation de base compter – écrire -parler – reconnaissance de l’autre / formation à l’esprit critique et de recherche , apprentissage de la concentration et de la créativité / formation aux  » métiers » et rapport au travail ou au système économique ) . Vieille lune , jamais suffisamment éclairée de façon non partisane .

Réponse de  –

 Le correcteur orthographique aurait du avoir une éducation différenciée , car il a laissé passer une  » différentiation  » et « expérience personnel » .

Par ailleurs Les ZEP concernent aussi déjà les collèges . C’est selon moi sur ce dispositif qu’il faut s’appuyer en même temps que sur la qualité des pédagos en trouvant les moyens de les former , motiver ( il n’en ont souvent pas besoin ) , encourager , accompagner dans la mesure de leurs efforts et celle de l’environnement de l’école et des enfants qui leur sont confiés . Ces enfants sont dans l’école mai sils ont aussi et parfois surtout dans la Cité . Les pédagos ne doivent pas être abandonnés seuls face à la Cité . Les maires le savent bien , mais l’Etat doit les renseigner et les conforter dans les actions qui refont du tissu là où il n’y a plus que combat , mépris de l’autre , argent facile et exemples de « réussites » des « sans foi ni loi  » .                                                                                                                              Pas facile , mais strictement nécessaire au risque que tout effort d’éducation soit vain .

 –                             La différenciation contredit l’égalité; tous les hommes naissent libres et égaux, en doit et en morale; malheureusement ils ne le sont pas en fait; le rôle de l’école, dans une société – et donc un Etat – épris de justice, est au moins d’atténuer les inégalités; ceci est la tâche des enseignants, lorsqu’ils aiment leur métier, et quand ils sont considérés; mais lorsque le pays est gouverné par un soudard qui clame que les enseignants sont des nantis et des privilégiés, il ne faut pas se faire d’illusions.

Un croulant de 82 ans                     Changer les programmes au grè des politiques qui nous gouvernent. pourquoi ? Je me souviens d’une école où existait encore le certificat d’études.et où sur 32 élèves présentés 30 le réussissaient. Chacun sortait de cette école sachant lire, écrire et compter. Mais nos maitres étaient normaliens, d’Auteuil, pour les miens, loin des bac + 9 de nos jours mais à qui on avait appris à enseigner.

PHILIPPE PUYAU                                Une deuxième langue étrangère pour tous dès la 5ème. Pourquoi pas? La priorité et l’urgence n’est ce pas plutôt la maîtrise de la langue française qui n’est pas la langue maternelle mais une langue étrangère pour nombre d’enfants dans les ZEP. Offrir les deux possibilités selon les besoins de l’élève:une 2ème langue étrangère dès la 5ème ou approfondissement du français après concertation entre l’équipe pédagogique et les parents.Le recul de l’échec scolaire passe d’abord par là.

Ulysse                                                         « les Lumières y seront évoquées en filigrane. » le début de l’obscurantisme. Quand on sait que c’est l’origine de la révolution et donc de notre démocratie moderne.

Auguste                                                      le souci n’est pas égalitarisme contre élitisme, ça c’est une polémique politicienne orchestrée pour faire le buzz. Le problème, c’est plutôt de mettre en place des enseignements sans contenu véritable en tapant dans les heures des enseignements traditionnels. Si c’est pour faire de l’aide personnalisée, comme au lycée, avec 30 élèves par classe, l’intérêt est à peu près nul… Travailler en petits groupes, c’est impossible à mettre en place à moyens constants.

Rensard                                                        La réforme proposée est excellence. Mais il faut faire attention à la mise en oeuvre, aux moyens, à la peur des profs. Ces derniers font grève car ils ont peur de ne pas y arriver. La mise en oeuvre est importante. Elle doit être encadrée par des professionnels du numérique, de l’animation transversale, de la gestion de projet

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@Electron :                                                   C’est l’UMP qu’est pathétique et revancharde . Evoluez un peu .

Bogue

@Ecole :                                                    Vous plaisantez ? nivellement par le bas ? C’est fou la mauvaise foi d’un parti politique, mais ça ne changera rien. Vous préfèrez ne rien changer?

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@Bernard michel :                                  Mais justement , c’est pour éviter les privations aux parents et que leurs enfants aient plus de chance de réussir !! Selon les études internationales ; les écarts entre les bons élèves et les moins bons se creusent . Et l’origine sociale pèsent sur le destin scolaire des petits Français ! Lisez bien (ou relisez bien la loi) !!! Cette loi est dans l’intérèt des enfants .

@Deb247 :                                                  Faut évoluer mon cher !!! Qu’est ce qu’était inévitable ?? Vous parlez de quoi ?? Laissez au moins la loi entrer en application avant de critiquer !! Chatel a été un des plus mauvais ministre de Droite avec Ferry . Comme dit @Chaudron 60 :                                       Soi-disant  60% des personnes sont contre , mais combien l’ont lue ?? Cette triste opposition s’oppose bêtement à toutes réformes que le pays a tant besoin . Rien n’a été fait de 2002 à 2012 !! il est grand temps de réagir .

Deb247                                                         le n’importe quoi avec Belkacem , c’était inévitable, c’est ce qu’elle a toujours fait

Chaudron 60                                             sur les 60% de personnes qui sont contre cette reforme; combien seulement l’ont lue. Pourrait on avoir pour une fois un sondage qui ne serait pas orienté.

Sans_dents                                                NVB se fiche bien de toutes les opinions qui ne vont pas dans son sens. De toute façon, elle et son gouvernement ont décidé de passer en force, contre la volonté de l’immense majorité des citoyens. Et ça fait trois ans que cette méthode perdure. Même les résultats sortis des urnes ne les intéressent pas. Démocratie ?

Bernard michel                                        A ce rythme la, les examens, le bac, et autres ne serviront plus à rien, n’oublions pas combien ce que cela coute aux familles, et les privations que celle-ci font pour la réussite de leurs enfants. La futur Jeunesse est vraiment en danger,  » Pauvre France » M B 37

Jack                                                               Ce n’est jamais la bonne manière et si on continue comme ça on ne réformera jamais rien dans ce pays..

Brigitte Vercez                                       Veut-on, oui ou non, développer au maximum les capacités intellectuelles de nos jeunes, quel que soit le milieu social? Si oui, il faut garder les classes bilangues et les sections européennes (pas fréquentées seulement par les enfants de riches). Notre pays a besoin d’une élite intellectuelle. Si non, alors supprimons aussi les sections S, les classes prépa, etc. Ce sera la médiocrité pour tous. Bel idéal républicain! Les gosses de riches iront dans le Privé faire ces options. Les autres …

robert  •                                          Il s’obstine pour beaucoup de chose ce gouvernement!  lebogossdu24  •                         Peu de chances pourtant que le gouvernement fasse marche arrière , pour plusieurs raisons , la première c’est qu’un dirigeant socialiste ne se trompe jamais , et puis ce serait désavouer la « bonne élève » ( du dessous de la table ? )……  GILBERT  •                                   L’obstination dans l’erreur, en défendant envers et contre tous des positions idéologiques absurdes et inapplicables, c’est juste la marque de fabrique de ce gouvernement…                                                                                                                  Ka1295  •                                        Pourquoi ils n’ont pas fait une manifestation pendant les ponts? Les profs devraient commencer à bosser un peu!!                                                     nenes  •                                            PRIORITE : Apprenons d’abord  à Lire..Ecrire et Compter…aux enfants avant leur entrée en sixième……Cela devrait être la priorité des priorités….combien de jeunes sont incapables d’écrire correctement,ou compter sans la calculette ?…on parle du BAC pour tous…celui-ci n’équivaut même pas le niveau du certificat d’études des années 50 / 60….??? cherchons où est le problème ???           Choublanc  •                                     Encore deux ans de chute libre avec ces guignols de la politique …. qui ne comprennent rien à rien …                                                                       nenes  •                                                Peut-on réformer l’Education Nationale OUI….mais avec des personnes compétentes…!!!…il existe bon nombre d’intellectuels, en France, pour assumer le rôle de réformateur…..et non pas des planqués du pouvoir, capables de résister a peine deux ans, comme Hamon,Peillon…..qui ne savent qu’enclencher le mécontentement général,avant de s’éclipser,vers une autre aventure..sans avoir a faire les frais des dégâts occasionnés…. IRRESPONSABILITE TOTALE……                                     René  •                                                 Priorité = Endoctrinement sous couvert d’égalité.            Mia Ou  •                                           le petit nerveux ibérique va sortir de nouveau le 49 ..3

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