Les fées étaient-elles « BONNES »?

La tragédie arménienne

Au moins 700 disparus dans un naufrage au large de l’Italie

Le naufrage d’un chalutier chargé de migrants clandestins au large des côtes libyennes pourrait avoir fait au moins 700 morts, a annoncé dimanche le Haut-commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ce serait un nouveau drame d’ampleur exceptionnel. Le Haut-commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé dimanche matin qu’un chalutier rempli de migrants clandestins aurait sombré au large de l’Italie, en mer Méditerranée. Le naufrage pourrait avoir fait au moins 700 morts.

Ce chalutier a chaviré à environ 110 km des côtes libyennes avec à son bord plus de 700 personnes, selon le récit de 28 survivants récupérés par un navire marchand, a indiqué aux télévisions italiennes, Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie. Si ces chiffres étaient confirmés, il s’agirait de la « pire hécatombe jamais vue en Méditerranée », a-t-elle déclaré. Dimanche soir, le bilan officiel de ce naufrage était de 24 morts.

Lire aussi : Explosion du nombre de migrants illégaux aux portes de l’Europe

Hollande demande une « réunion rapide » des ministres de l’Intérieur européens

Le chalutier a lancé dans la nuit de samedi à dimanche un appel au secours reçu par les garde-côtes italiens qui ont aussitôt demandé à un cargo portugais de se dérouter. A leur arrivée sur les lieux, à environ 120 milles (220 km) au sud de l’île italienne de Lampedusa, l’équipage a vu le chalutier chavirer, selon le HCR. C’est probablement quand les 700 migrants à bord se sont précipités tous du même côté à l’arrivée du cargo portugais que le drame est survenu, a encore dit Mme Sami.

Une importante opération de secours a été mise en place avec le concours de quelque 18 navires des marines italienne et maltaise, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la marine maltaise. Si ce bilan devait être confirmé, il viendrait s’ajouter aux quelque 450 morts et disparus lors de deux précédents naufrages en moins d’une semaine. Là encore, ce sont les récits de survivants qui ont permis d’établir ces bilans, alors que le flux de migrants provenant de la Libye ne cesse de grossir. Entre 500 et parfois 1.000 personnes sont chaque jour récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands. Plus de 11.000 l’ont été en une seule semaine, selon les garde-côtes.

Interrogé dimanche midi sur Canal +, François Hollande a évoqué « sans doute la pire catastrophe de ces dernières années ». Le chef de l’Etat a appelé le Président du Conseil italien, Matteo Renzi, pour évoquer le sujet et a réclamé « une réunion rapide » de tous les ministres de l’Intérieur européens pour évoquer la lutte contre l’immigration clandestine. « Ceux qui mettent des personnes sur ces bateaux sont des trafiquants, ce sont même des terroristes », a-t-il encore dénoncé. L’Union Européenne a annoncé qu’elle allait réunir ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur pour prendre des mesures. Les ministres européens réunis lundi à Luxembourg devaient discuter des migrations et de la Libye, pays par où transitent la plupart des migrants.

De son côté, l’ONU a appelé la communauté internationale à un partage de prise en charge des réfugiés. Son secrétaire général Ban Ki-moon s’est dit « choqué et profondément attristé ». Le pape François souhaite que la communauté internationale agisse « avec décision et rapidité » face à la multiplication de ces tragédies.

Gaël Vaillant (avec AFP) – leJDD.fr

Un bateau transportant des migrants à LampedusaUn bateau transportant des migrants clandestins avant qu’il ne soit stoppé au large de Lampedusa. (REUTERS)

Naufrage en Méditerranée: le drame des migrants au menu d’un sommet européen

L’Express.fr avec AFP

Quelque 700 migrants sont portés disparus après le naufrage d’un chalutier au large de la Libye. Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg devraient discuter des migrations ce lundi. Un sommet extraordinaire pourrait également être convoqué.

Capture d'écran d'une vidéo fournie par les gardes-côtes italiens montrant les opérations de sauvetage après le naufrage d'un chalutier chargé de migrants, le 19 avril 2015 en Méditerranée

Capture d’écran d’une vidéo fournie par les gardes-côtes italiens montrant les opérations de sauvetage après le naufrage d’un chalutier chargé de migrants, le 19 avril 2015 en Méditerranée    afp.com/-

Le naufrage d’un chalutier chargé de migrants au large de la Libye ce week-end fait redouter la « pire tragédie » de ce type en Méditerranée. Cette tragédie qui aurait fait au moins 700 disparus accentue encore la pression sur l’Europe, qui envisage de convoquer un sommet extraordinaire. Dès lundi, les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg devaient discuter des migrations et de la Libye, pays d’origine de la plupart de ceux qui se lancent dans une traversée au péril de leur vie.

Dimanche soir vers 22h00, le bilan officiel de ce naufrage, survenu dans la nuit de samedi à dimanche dans les eaux libyennes, était de 24 morts et 28 rescapés, ont annoncé les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours. Mais il risque d’être beaucoup plus lourd à mesure que le temps passe. Des survivants, cités par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), ont fait état de la présence de 700 personnes à bord du bateau. Le parquet de Catane (Sicile) a indiqué de son côté dimanche soir qu’un de ces 28 survivants, qu’elle a pu interroger, avait mentionné la présence de 950 personnes à bord du chalutier, dont une cinquantaine d’enfants et quelque 200 femmes.

Un sommet extraordinaire envisagé

L’Union européenne (UE), sommée d’en faire plus depuis des jours et à chaque nouveau drame, a annoncé qu’elle allait réunir ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur pour prendre des mesures et qu’elle envisageait un sommet extraordinaire. « Je vais poursuivre les discussions avec les dirigeants européens, la Commission et le service diplomatique de l’UE sur la façon de remédier à la situation », a écrit sur son compte Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui, a précisé son porte-parole, prendra « une décision sur la possible organisation d’un sommet extraordinaire, après ces consultations ».

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a de son côté réclamé dimanche la réunion, avant la fin de la semaine prochaine, d’un sommet européen sur ce sujet. « On ne parle pas de choses banales, mais bien de la vie humaine », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse. La responsable de la diplomatie de l’UE, l’Italienne Federica Mogherini, a pour sa part décidé de mettre cette question à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi à Luxembourg.

Ban Ki-moon « choqué et profondément attristé »

Face à « une accélération » des drames depuis le début de l’année, « nous devons agir », a déclaré dimanche le président français François Hollande, indiquant avoir parlé avec Matteo Renzi. Le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterrez, a lui aussi plaidé dimanche pour une action d’urgence face à ce qui représente potentiellement « la pire tragédie » dont sont victimes des migrants jamais intervenue en Méditerranée.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui s’est dit « choqué et profondément attristé », a appelé dimanche la communauté internationale à partager la prise en charge des réfugiés.

Ce nouveau drame fait suite à deux naufrages la semaine dernière, dont l’un a fait 400 disparus, et l’autre plus de 40, selon le récit de survivants à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et à des ONG. A l’issue du premier naufrage, les garde-côtes avaient repêché neuf corps.

Aucun autre survivant retrouvé après le naufrage d’un chalutier chargé de migrants

Aucun autre survivant ou nouvelle victime n’ont été retrouvés après le naufrage d’un chalutier chargé de migrants au large de la Libye ce week-end, qui aurait fait des centaines de morts, ont indiqué lundi les garde-côtes italiens.

« A 07H30 (05H30 GMT), le bilan de 24 morts et de 28 survivants est confirmé », ont idiqué les garde-côtes dans un communiqué.

« Les recherches continuent mais malheureusement, aucun survivant n’a été retrouvé », a déclaré de son côté la porte-parole en Italie du HCR, Carlotta Sami, interrogée sur la télévision Rainews24.

Un premier témoignage de survivants, recueilli par le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a fait état de 700 personnes à bord de ce chalutier, qui a chaviré dans la nuit de samedi à dimanche à environ 70 milles (130 km) des côtes libyennes. Un second survivant a ensuite raconté aux enquêteurs, depuis l’hôpital de Catane où il a été transporté dimanche, que le chalutier transportait quelque 950 personnes dont une cinquantaine d’enfants et 200 femmes.

Une fois les autres survivants arrivés, « nous allons recouper les témoignages et tâcher de savoir exactement combien ils étaient à bord », a indiqué Mme Sami, ajoutant que 950 personnes sur un bateau de 20 mètres de long, lui semblait excessif.

« Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura des centaines de victimes et que beaucoup ne seront jamais retrouvées », a-t-elle ajouté.

Ce naufrage, qui fait suite à deux autres la semaine dernière ayant fait quelque 450 disparus, selon le récit de survivants, accentue encore la pression sur l’Europe, qui envisage de convoquer un sommet extraordinaire.

Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg devaient discuter lundi à partir de 10H00 (08H00 GMT) des migrations et de la Libye, pays par où transitent la plupart de ceux qui se lancent dans une traversée au péril de leur vie.

Les noyés, accessoires de nos politiques migratoires

Les passeurs criminels ne sont pas les seuls responsables des naufrages en Méditerranée : ils sont la conséquence directe des politiques suivies en Europe sous la pression du discours anti-immigration.

Un bateau transportant des migrants arrive au port de Messine, en Italie, le 18 avril 2015. (GIOVANNI ISOLINO / AFP)Un bateau transportant des migrants arrive au port de Messine, en Italie, le 18 avril 2015. (GIOVANNI ISOLINO / AFP)

Le nombre des noyés, dans le dernier naufrage en date, est monstrueux : 700 morts, l’équivalent de cinq A320. 700 personnes fuyant les horreurs de Syrie, d’Erythrée, ou d’autres régimes répressifs, à la recherche d’une vie meilleure… Leurs corps flottent désormais dans « notre » mer,  et une question revient, comme à chaque drame : pourquoi, l’Europe, continent prétendument le plus « civilisé », accepte-t-elle que tant d’hommes, de femmes, d’enfants continuent de mourir sur son seuil, devant sa porte fermée ?

Ces drames à répétition pourraient être évités, si l’Europe s’en donnait les moyens. Si elle accroissait les efforts de co-développement, si elle pesait de tout son poids pour forcer la résolution des conflits, si elle agissait pour aider la Libye à retrouver une stabilité, si elle se montrait plus généreuse avec les demandeurs d’asile, si elle organisait une surveillance digne de ce nom des eaux méditerranéennes… Mais elle ne fait rien de tout cela, malgré la succession de naufrages, malgré la liste des noyés qui s’allonge : Plus de 3.000 morts en 2014, soit l’équivalent de deux Titanics ; combien en 2015 ?

L’Europe est même allée jusqu’à réduire la voilure des opérations visant à sauver des vies : l’an dernier la mission de sauvetage italienne « Mare Nostrum », qui poussait son action jusqu’aux côtes libyennes, a été abolie au profit d’une opération européenne de surveillance des côtes, « Triton », bien moins ambitieuse… Mais l’on a jugé que Triton suffirait bien… Faire davantage, ne serait-ce pas donner une incitation supplémentaire aux candidats à l’aventure migratoire ?

Le reflet de notre vision de l’immigration

Criminelle, cette inaction n’est en réalité que le reflet de notre vision de l’immigration. En Europe, l’immigré est perçu comme une menace : s’il meurt avant de poser le pied sur le sol européen, c’est une menace en moins. S’il chavire et se noie, c’est un motif de dissuasion pour tous ceux qui songent, eux aussi, à s’embarquer… Voilà le non-dit de ces drames, voilà la raison plus ou moins consciente de notre indifférence face aux drames de la Méditerranée.

Même si ce n’est jamais assumé, ces corps qui flottent sans vie sont en réalité une part intégrante d’une politique, décidée sciemment, sous la pression des populismes grandissants. Apeurés par les réactions de leurs électorats respectifs, les gouvernements ont l’avalisée et l’appliquent avec cynisme.

Dans chaque pays, sous des formes différentes, la réthorique anti-immigration prospère sous l’aiguillon de partis populistes : elle est portée par le FN en France, La Ligue du Nord en Italie, Ukip en Grande Bretagne, Pegida en Allemagne… Elle est reprise par les grands partis de gouvernement, en toute inhumanité. Le gouvernement britannique a carrément déclaré qu’il ne participerait désormais plus aux opérations de surveillance, expliquant que celles-ci ne faisaient qu’encourager les migrations…

Le découragement du HCR

Pesante, violente, cette réthorique anti-immigrés bloque les tentatives de retrouver et de sauver les migrants en Méditerranée, comme s’en désole le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU. En Italie, la semaine dernière, lorsqu’on a appris que 400 migrants avaient chaviré, les opérations de recherches n’ont pas été à la hauteur et les responsables du HCR ont mis cet échec au compte de la période électorale. Abasourdi, Laurens Jolles, responsable du HCR en Italie a exprimé son découragement :

Le niveau de la discussion, comparé à celui qu’on avait il y a 20 ans, est proprement incroyable. Cela n’aurait pas été possible dans le passé, la réthorique raciste, la réthorique d’intolérance. Dans les années 60, 70, 80, nous n’aurions jamais accepté cela ».

Il aurait pu ajouter que dans ces mêmes années, nous n’aurions sans doute jamais accepté le cynisme avec lequel nous traitons les réfugiés érythréens ou syriens, qui représentent la moitié des migrants tentant leur chance sur ces bateaux à destination de l’Europe. Les voies légales, pour accueillir ces personnes fuyant l’horreur, sont obstruées. La France se targue d’être présente « quand frappent à sa porte ceux qui lui font confiance pour les protéger contre l’injustice, contre l’oppression et contre la barbarie » (Bernard Cazeneuve, décembre 2014) : elle est le pays le moins généreux d’Europe pour ce qui est de l’asile des Syriens, si l’on rapporte à sa population le nombre de réfugiés…

Abandonner ces politiques de la forteresse

La crise économique ne peut justifier notre absence d’humanité. Il est temps d’abandonner l’ensemble de ces politiques immorales, ces politiques de la forteresse. Si l’Europe veut rester à la hauteur de son histoire et de ses valeurs, elle doit tout faire pour éviter de nouveaux naufrages, tout faire pour accueillir légalement les dizaines de milliers de familles qui frappent désespérément à ses portes, prêtes à mourir pour fuir leur cauchemar.

Naufrage de 700 migrants en Méditerranée: Hécatombe redoutée, l’Europe sommée d’agir

INTERNATIONAL – « On ne peut pas faire comme si chaque drame était le dernier en croisant les doigts pour qu’il ne s’en produise pas d’autre ». Sandro Gozi, ministre des affaires européennes de l’Italie, plaide auprès du Monde pour un réel engagement de l’Europe pour faire face à l’afflux de migrants qui risquent leur vie chaque jour en traversant, par centaines, la Méditerranée.

« En Italie, nous sommes submergés, et il n’y a même plus de place dans les cimetières de Sicile pour ensevelir les morts […]. Il faut aller plus loin et poser la question de l’aire géographique d’intervention des navires, des moyens matériels et des ressources financières », estime-t-il après le naufrage d’un chalutier chargé de migrants au large de la Libye ce weekend qui fait redouter la « pire tragédie » de ce type en Méditerranée, avec au moins 700 disparus présumés.

Dès lundi, les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg vont d’ailleurs discuter des migrations et de la Libye, pays par où transitent la plupart de ceux qui se lancent dans une traversée au péril de leur vie.

Migrants enfermés dans les cales

Dimanche soir vers 22h00, le bilan officiel de ce naufrage, survenu dans la nuit de samedi à dimanche dans les eaux libyennes, était de 24 morts et 28 rescapés, ont annoncé les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours.

naufrage migrants

Mais il risque d’être beaucoup plus lourd à mesure que le temps passe. Des survivants, cités par le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), ont fait état de la présence de 700 personnes à bord du bateau. Le parquet de Catane (Sicile) a indiqué de son côté dimanche soir qu’un de ces 28 survivants, qu’elle a pu interroger, avait mentionné la présence de 950 personnes à bord du chalutier, dont une cinquantaine d’enfants et quelque 200 femmes.

Originaire du Bangladesh, et transporté à l’hôpital de Catane, il a affirmé que les trafiquants avaient enfermé une grande partie des migrants dans les cales sans possibilité pour eux de s’échapper, selon un communiqué du parquet de la ville.

Les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours, ne confirment aucun de ces chiffres, mais précisent que ce chalutier de 20 mètres de long « a la capacité de transporter plusieurs centaines de personnes ».

« Il s’agit de la vie humaine »

L’Union européenne, sommée d’en faire plus depuis des jours et à chaque nouveau drame, a annoncé qu’elle allait réunir ses ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur pour prendre des mesures et qu’elle envisageait un sommet extraordinaire.

« Je vais poursuivre les discussions avec les dirigeants européens, la Commission et le service diplomatique de l’UE sur la façon de remédier à la situation », a écrit sur son compte Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui, a précisé son porte-parole à l’AFP, prendra « une décision sur la possible organisation d’un sommet extraordinaire, après ces consultations ».

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a de son côté réclamé dimanche la réunion, avant la fin de la semaine prochaine, d’un sommet européen sur ce sujet. « On ne parle pas de choses banales, mais bien de la vie humaine », a-t-il déclaré.

Face à « une accélération » des drames depuis le début de l’année, « nous devons agir », a déclaré dimanche le président français François Hollande, indiquant avoir parlé avec Matteo Renzi

Ce nouveau drame fait suite à deux naufrages la semaine dernière, dont l’un a fait 400 disparus, et l’autre plus de 40, selon le récit de survivants à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et à des ONG. A l’issue du premier naufrage, les garde-côtes avaient repêché neuf corps.

Importante opération de secours

Dans la nuit de samedi à dimanche, le chalutier a lancé un appel au secours reçu par les garde-côtes italiens, qui ont aussitôt demandé à un cargo portugais de se dérouter. A son arrivée sur place, à environ 120 milles (220 km) au sud de l’île italienne de Lampedusa, l’équipage du cargo a vu le chalutier chavirer. C’est probablement quand les centaines de migrants se sont précipités du même côté en voyant le cargo que le drame s’est produit, ont indiqué les garde-côtes italiens.

Une importante opération de secours a été mise en oeuvre, avec le concours de quelque 18 navires des marines italienne et maltaise notamment, dès réception de l’alerte vers minuit. Chaque jour, entre 500 et 1.000 personnes sont récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands. Plus de 11.000 l’ont été en une seule semaine, selon les garde-côtes.

Sans tenir compte de cette nouvelle tragédie, plus de 900 migrants ont perdu la vie depuis le début de l’année en effectuant la traversée entre la Libye et l’Italie, contre moins de 50 sur la même période l’année dernière, quand Mare nostrum était encore en place, ont relevé cette semaine les organisations humanitaires.

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Méditerranée : de nombreux migrants meurent dans un naufrage

Un bateau qui transportait des centaines de migrants a fait naufrage, entre la Libye et l’île italienne de Lampedusa, dans la nuit de samedi à dimanche 19 avril. Les Nations unies et les autorités italiennes craignent un bilan approchant les 700 victimes.

Nouveau drame de l’immigration. Un navire transportant des centaines de migrants a fait naufrage au large des côtes libyennes. Il pourrait y avoir jusqu’à 700 victimes, annonce  le Haut-commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR).

« La pire hécataombe jamais vue en Méditerranée »

28 personnes qui étaient à bord ont survécu, secourues par un navire marchand. Si le chiffre de 700 victimes était confirmé, il s’agirait de la « pire hécatombe jamais vue en Méditerranée», a déclaré Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie.

24 corps récupérés

24 cadavres ont d’ores et déjà été récupérés, et selon les autorités italiennes, le chalutier était « en capacité de transporter plusieurs centaines de personnes». Le navire a envoyé un appel au secours reçu par les garde-côtes italiens qui ont demandé à un navire portugais de se dérouter. C’est à son arrivée que le drame se serait produit. Voyant le bateau portugais arriver, les migrants se seraient tous précipités du même côté du chalutier, le faisaint ainsi chavirer.

Une importante opération de secours

Une importante opération de secours a été mise en place avec le concours des marines italienne et maltaise qui ont déployé 17 bâtiments. Entre 500 et parfois 1 000 personnes sont récupérées chaque jour par les garde-côtes italiens ou des navires marchands. Plusieurs organisations internationales et humanitaires ont dénoncé ces derniers jours l’incurie des autorités européennes, réclamant davantage de moyens.

F. Hollande qualifie les passeurs de « terroristes »

François Hollande a déclaré avoir appelé le Premier ministre italien, Matteo Renzi, et souhaiter «qu’il y ait une réunion rapide des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères européennes pour qu’il y ait plus de bateaux, de survols, pour qu’il y ait une lutte beaucoup plus importante contre les trafics». Il a également qualifié les passeurs de «terroristes».

Le pape, après avoir exprimé sa «plus vive douleur», a, pour sa part, enjoint la communauté internationale à «agir avec décision et rapidité». Les migrants «sont des hommes et des femmes comme nous, des frères qui cherchent une vie meilleure.

Mercredi, dans des conditions similaires, un chalutier a coulé, 400 migrants sont décédés. Depuis janvier, 900 migrants ont trouvé la mort, en tentant de traverser la Méditerranée.

L’Europe sommée d’agir face à la tragédie des migrants en Méditerranée

Les gardes-côtes italiens se sont rendus sur le lieu du naufrage, dimanche, afin de secourir les possibles survivants et de rapatrier les corps. Plusieurs États-membres de l'UE pointent le manque de moyens accordés à la surveillance et au sauvetage des migrants.

VIDÉOS / INFOGRAPHIE – Le chavirage d’un bateau transportant des migrants aurait fait jusqu’à 700 morts. François Hollande a qualifié les passeurs de «terroristes» tandis que le premier ministre italien Matteo Renzi demande un effort concerté, tout comme son homologue grec Alexis Tsipras. L’UE envisage une réunion d’urgence.

Si le bilan se confirme, cette tragédie serait la plus meurtrière du genre jamais survenue. Selon les témoignages des survivants, près de 700 migrants auraient trouvé la mort dans la nuit de samedi à dimanche dans le chavirage de leur embarcation, au large des côtes Libyennes. Ce nouveau drame soulève une nouvelle fois la question de l’attitude de l’Europe vis-à-vis du départ et de l’accueil de migrants venus chercher refuge en Europe.

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, en première ligne sur cette question, a souligné que l’Italie ne pouvait y faire face seule et a réclamé la réunion d’urgence d’un sommet européen, dans le courant de la semaine prochaine. «On ne parle pas de choses banales, mais bien de vies humaines», a-t-il déclaré. «Si on ne parvient pas à régler le problème à la racine, on ne réussira jamais à le régler», a-t-il martelé, ajoutant que le trafic d’êtres humains était une «plaie» pour le continent européen. Le problème n’est pas celui du contrôle des mers, mais bien la mise hors d’état de nuire des passeurs, ces nouveaux «esclavagistes», a-t-il souligné.

«J’exhorte les gouvernements des Etats membres de l’UE à définir immédiatement un plan cohérent pour faire face à la crise humanitaire à laquelle nous sommes confrontés», a renchéri le premier ministre grec Alexis Tsipras, lui aussi concerné par cette problématique. Le premier ministre estime que l’Europe doit agir en «renforçant les structures de recherche et de sauvetage en Méditerranée», en «soutenant les pays méditerranéens de l’UE» qui se trouvent en première ligne concernant ces arrivées, et en prenant des «initiatives diplomatiques pour un règlement pacifique du conflit en Syrie, en Irak et en Libye».

François Hollande, invité de canal + ce dimanche midi, a dénoncé une «catastrophe» et qualifié les passeurs de «terroristes». Le chef de l’État a demandé une réunion d’urgence des ministres européens de l’Intérieur et des Affaires étrangères ainsi que «le renforcement du nombre de bateaux» de l’opération européenne de surveillance baptisée «Triton». «Les Etats membres et les agences de l’UE, en particulier Frontex, doivent prendre de nouvelles décisions concrètes, afin de mettre un terme à ces tragédies répétées», a demandé dimanche soir le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

L’Espagne a elle aussi réclamé un sommet extraordinaire. «L’Europe doit réagir à la tragédie de l’immigration . Je me joins à l’appel à la convocation d’un Conseil européen extraordinaire», a indiqué sur son compte Twitter le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy.

Réunion d’urgence

L’Union européenne s’est dite «profondément affectée». «Des vies humaines sont en jeu, et l’Union européenne dans son ensemble a l’obligation morale et humanitaire d’agir», a réagi la Commission, dont la nouvelle stratégie sur l’immigration en préparation doit être adoptée mi-mai. Mais en plus de cette stratégie, des «mesures immédiates sont nécessaires», a insisté l’exécutif européen. «Tant que les pays d’origine et les pays de transit ne prendront pas des mesures pour éviter ces traversées désespérées, des gens continueront à mettre leur vie en péril. Une grande partie de notre approche est de travailler avec les pays tiers», a pointé la Commission.

L’institution a donc annoncé qu’une réunion conjointe des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères serait organisée à cet effet, sans donner plus d’informations sur le calendrier. La tenue d’une telle réunion était déjà dans les tuyaux et prévue «avant juillet», selon un diplomate européen. De son côté, la chef de la diplomatie de l’UE a décidé de mettre cette question à l’agenda de la réunion des ministres des Affaires étrangères, prévue lundi à Luxembourg. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a envisagé un sommet extraordinaire consacré à l’immigration clandestine.

Tragédie de grande ampleur

Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) dit redouter une «tragédie de grande ampleur». L’alerte a été déclenchée peu avant minuit dans la nuit de samedi à dimanche. Un navire marchand portugais, le King Jacob, est alors dérouté pour aller porter assistance à l’embarcation d’une trentaine de mètres qui transportait les centaines de migrants entassés. Les 28 premiers rescapés du drame racontent qu’à son approche, tous les migrants se sont massés d’un seul côté, faisant chavirer l’embarcation.

Le drame s’est produit à environ 60 miles nautiques des côtes libyennes (110 km) et 120 miles au sud de l’île italienne de Lampedusa. De nombreux moyens maritimes et aériens ont été déployés dimanche matin pour rechercher des survivants, bien qu’il n’y ait que peu d’espoir, les migrants ne savant généralement pas nager. Mais la température de l’eau étant élevée (17°C), il est possible que certains aient pu s’accrocher à des objets flottant. Dimanche soir, le bilan provisoire était de 24 morts et 28 rescapés.

Le parquet de Catane (Sicile) a indiqué qu’un de ces 28 survivants, qu’elle a pu interroger, avait mentionné la présence de 950 personnes à bord du chalutier, dont une cinquantaine d’enfants et quelque 200 femmes. Originaire du Bangladesh, et transporté à l’hôpital de Catane, il a affirmé que les trafiquants avaient enfermé une grande partie des migrants dans les cales sans possibilité pour eux de s’échapper. Les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours, ne confirment aucun de ces chiffres, mais précisent que ce chalutier de 20 mètres de long «a la capacité de transporter plusieurs centaines de personnes».

900 décès en quatre mois

Plusieurs organisations internationales et humanitaires ont dénoncé ces derniers jours l’incurie des autorités européennes. «Il faut une opération “Mare nostrum” européenne», a ainsi réclamé la porte-parole du HCR. L’opération italienne Mare nostrum de sauvetage des migrants a été remplacée cette année par l’opération Triton, une opération de surveillance des frontières beaucoup plus modeste. L’Italie, en première ligne face à la Libye d’où partent l’essentiel de ces migrants, réclame elle-aussi davantage de moyens.

Depuis le début de l’année, 900 migrants ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditerranée. Le week-end dernier, près de 400 personnes avaient disparu dans le naufrage de leur bateau. Le HCR avait fait part de sa «consternation», et avait réitéré «son appel à agir d’urgence pour éviter de nouvelles tragédies à l’avenir».

Naufrage de migrants : l’Italie réclame un sommet européen en urgence

Le Point –

Après le naufrage d’un bateau transportant de nombreux migrants, le chef du gouvernement italien demande un sommet européen en urgence.

Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien, s'inquiète des naufrages de migrants en Méditerranée.
Matteo Renzi, le chef du gouvernement italien, s’inquiète des naufrages de migrants en Méditerranée. © TIZIANA FABI / AFP

Après le chavirage d’un bateau chargé de 700 migrants, les autorités redoutent une nouvelle hécatombe en Méditerranée. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a demandé la réunion d’urgence d’un sommet européen. Devant la presse, M. Renzi a dit espérer que cette réunion ait lieu avant la fin de la semaine. « On ne parle pas de choses banales, mais bien de la vie humaine », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, à l’issue d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et de l’Intérieur. « Si on ne parvient pas à régler le problème à la racine, on ne réussira jamais à le résoudre », a-t-il déclaré devant la presse, ajoutant que ce trafic d’êtres humains était une « plaie » pour le continent européen.

Le problème n’est pas celui du contrôle des mers, mais bien la mise hors d’état de nuire des passeurs, ces nouveaux « esclavagistes », a-t-il souligné. « Ce n’est pas avec dix bateaux de plus ou de moins » que le problème sera réglé, a-t-il dit, soulignant que le naufrage du chalutier avait eu lieu alors que les secours étaient déjà présents sur les lieux.

28 rescapés

Il a également indiqué que l’Italie s’efforcerait de retrouver l’épave du chalutier pour donner une « sépulture décente » aux victimes de cette tragédie.

Le bilan officiel était toujours dimanche en fin d’après-midi de 24 morts et de 28 rescapés, mais il pourrait s’alourdir au fur et à mesure que le temps passe. Selon des survivants cités par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), quelque 700 personnes étaient à bord du chalutier.

La Libye, bombe migratoire au sud de l’Europe

LE MONDE Frédéric Bobin (Misrata (Libye), envoyé spécial)

Le 16 avril à Kararim, dans un centre de détention pour migrants situé à 40 km à l’est de Misrata, en Libye.

« Plutôt mourir que retourner au pays. » Mohammed Abdi est très sérieux. Le jeune Somalien a côtoyé la mort, alors il connaît la charge d’ombre des mots. Visage fin encadré d’une capuche orange, menton piqué d’une touffe de poils, il est assis sur une chaise sous le soleil encore clément de Misrata et se souvient de la peur qui l’a noué quand le Zodiac a commencé à dériver, moteur cassé, au large des côtes de la Libye. C’était dimanche 12 avril, mer sans nuées et la Sicile si proche, l’avenir au bout de l’index. Le rafiot au caoutchouc bombé ne suivait pourtant plus que d’incertains courants.

Cent dix migrants étaient entassés sur ce canot sans fond conçu pour en contenir à peine le quart. Tous des Somaliens qui avaient payé 600 dollars (556 euros) pour la traversée. « Nous, les Somaliens, on préfère rester entre nous pour éviter les bagarres avec les migrants d’autres pays », lâche Mohammed Abdi. Ce dimanche-là, il n’a pas fallu longtemps au jeune Somalien pour comprendre qu’avec le moteur cassé, son rêve de Norvège s’était brisé. La vedette des garde-côtes libyens a surgi et il en a été soulagé. Ce n’était qu’une première fois. Le voilà maintenant dans une école à la façade vert pomme aménagée en centre de détention pour migrants à la sortie est de Misrata, au cœur de cette Libye déchiquetée où s’affrontent les milices.

« Plutôt mourir que de renoncer… »

Qu’importe l’adversité, Mohammed Abdi sait qu’il tentera à nouveau sa chance : « Pour moi, retourner en Somalie, avec son insécurité et sa pauvreté, n’est pas envisageable. Je réessaierai de partir en Europe. Plutôt mourir que de renoncer… » Alors, oui, si on le renvoie chez lui, il est prêt à recommencer son périple de trois mois, « caché d’endroits en endroits », « embarqué dans des grosses voitures » sans même apercevoir des « passeurs qui changent à chaque étape ». Irrésistible courant ? Sur la seule journée du dimanche 12 avril, les garde-côtes de Misrata ont intercepté 250 candidats à l’émigration vers l’Europe, Africains subsahariens dans leur écrasante majorité.

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Avec le retour du beau temps en Méditerranée, les départs s’intensifient et les drames en mer se multiplient. Le chaos qui règne le long de la côte de la Tripolitaine, où se concentre l’essentiel des départs de puis l’Afrique du Nord, expose de manière crue le défi migratoire que pose désormais à l’Europe une Libye à l’Etat failli. Après des chiffres records en 2014 – autour de 170 000 arrivées en Italie –, la courbe s’envole depuis le début de l’année. « Avec le beau temps, on dénombre en ce moment entre 300 et 700 migrants qui quittent la Libye par jour », estime un officier de renseignement de la coalition de milices qui contrôle Misrata.

« Pour moi, retourner en Somalie n’est pas envisageable. Je réessaierai de partir en Europe. Plutôt mourir que de renoncer… », raconte Mohammed Abdi, migrant somalien réfugié à Misrata

Les lieux de la Tripolitaine d’où les esquifs précaires prennent la mer sont connus : Zouara, Sabratha, Zaouïa, Garabulli, Al-Khoms, Zliten, points d’aboutissements des routes méridionales traversant le Sahara. Et pour les contrôler, l’administration fantôme d’un pays en guerre ne dresse plus qu’une fiction de barrière. Le lieutenant-colonel Taufik Alskir soupire. Il arpente les quais du port de Misrata mouillés d’une mer d’huile. Sur le béton ébréché s’étale le Zodiac dégonflé saisi dimanche. On peine à imaginer qu’une centaine de personnes ont pu y prendre place. Trois d’entre elles sont tombées à l’eau et se sont noyées au moment où la vedette du lieutenant-colonel Alskir a arraisonné le canot en proie à l’agitation.

Le chef adjoint des garde-côtes soupire dans sa barbe poivre et sel car il ne sait plus comment faire. « Je n’ai aucun soutien du gouvernement, se lamente-t-il. Sans aide, je ne peux rien faire pour lutter contre l’émigration illégale. » Son arsenal se résume à deux vedettes – l’une à Misrata, l’autre à Al-Khoms – pour les 600 km de côtes qui relèvent de sa compétence territoriale. Et la maintenance des bâtiments est devenue, à l’en croire, un véritable cauchemar depuis l’éclatement de la guerre en 2014 et la division du pays en deux gouvernements rivaux, l’un basé à Tripoli (ouest) et l’autre à Bayda (est). Un contrat avait ainsi été signé avec l’Italie pour la réfection de quatre vedettes, mais Rome n’a toujours pas restitué les bâtiments en raison de la confusion politique ambiante.

Coopération grippée

Pour souligner son impuissance, le lieutenant-colonel Alskir lâche cette abrupte confidence : « Vous voyez, si je prends la mer maintenant, je suis sûr de croiser un ou deux bateaux de migrants. » Mais il ne prend pas si souvent la mer avec ces deux pauvres vedettes pour 600 km. Le chiffre de dix à quinze embarcations de migrants quittant la Tripolitaine par semaine ne lui semble « pas impossible ».

La Libye, bombe migratoire pour l’Europe ? A Tripoli, siège du gouvernement de l’Ouest libyen auquel est affilié Misrata, les officiels appellent à l’aide. « L’Europe doit prendre sa part du fardeau, la Libye ne peut pas en supporter le poids toute seule », a imploré le 14 avril lors d’une conférence de presse solennelle à Tripoli Mohammed Abou Al-Khair, le ministre du travail. Depuis que les ambassades ont quitté la capitale en 2014 pour se relocaliser en Tunisie voisine, en attendant que se règle la crise de légitimité entre les deux pouvoirs rivaux, toute la coopération internationale sur la question migratoire en Libye s’est grippée.

Lire aussi : La Libye, plaque tournante de l’émigration africaine

Le réseau diplomatique qui permettait le rapatriement vers leurs pays d’origine des migrants interceptés ne fonctionne plus qu’au ralenti. Les demandes de prise en charge doivent désormais être adressées par Tripoli aux ambassades africaines rapatriées à Tunis, allongeant d’autant les délais. « L’ambassade du Sénégal coopère, témoigne Salah Aboudabous, le directeur du centre de détention de Misrata. Mais les ambassades de Somalie et d’Erythrée sont les plus difficiles d’accès. »

Extrême précarité

En attendant, les centres de détention en Libye se remplissent dans des conditions d’extrême précarité. Dans l’ouest du pays – principal foyer de départs – environ 20 000 migrants ont été arrêtés depuis le début de l’année. A Misrata, la détresse des détenus est palpable. Hommes et femmes sont entassés, sans séparation stricte, dans des salles exiguës au sol dur jonché de quelques couvertures, linge séchant aux fenêtres. L’eau est coupée à partir de 17 heures. « Nous sommes enfermés là et nous ne savons pas pour combien de temps, grince le jeune Somalien Mohammed Abdi. Il y a déjà trois cas psychiatriques, des personnes qui se parlent à elles-mêmes. J’ai peur de devenir fou ici. J’ai peur de faire une bêtise et qu’on me tire dessus. »

Cette impuissance d’un Etat libyen fracturé a une autre conséquence : elle ouvre de nouveaux espaces aux réseaux criminels prospérant sur le trafic des êtres humains. De l’avis de nombreux observateurs, ces derniers font preuve d’une agressivité inédite. A l’image des milices qui font la loi alentour, ils s’arment pour s’ouvrir des accès à l’écart des principaux axes routiers devenus trop aléatoires. « L’équipement en armes des contrebandiers est un phénomène nouveau depuis un an », note le directeur du centre de détention de Misrata.

Dans ce contexte, la crainte de voir des groupes djihadistes faire la jonction avec les réseaux de passeurs n’est plus une simple hypothèse. Elle alarme de plus en plus les Européens. A Misrata, un officier de renseignement n’écarte pas cette perspective, même s’il n’est pas en mesure d’en fournir des indications tangibles. « Il y a une stratégie des djihadistes d’utiliser les migrants pour déstabiliser l’Europe, croit-il savoir. Ils travaillent sur le long terme. »

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Juju01  • 700 migrants africains noyés, ça fait la une de partout. Mais à l’inverse, autant de Chrétiens massacrés, tout le monde s’en #$%$ ! Poutine à raison dans ce qu’il a dit récemment « Les chrétiens sont massacrés, mais la communauté internationale ne fait rien ».                                                                                                                                         csauvage  •  Pourquoi voulez vous que ça s’arrête???? On lance des signaux suicidaires en disant qu’on va renforcer les sauvetages et leur accueil, on favorise les passeurs mais c’est dingue ça ne pas comprendre l’élémentaire! ….Non on doit légaliser l’immigration en instaurant des quotas, comme ailleurs!                                                                                              raoul  •               Pas une semaine sans qu’on nous annonce une nouvelle marée noire appelée « drame ».Et dire qu’en septembre Paris va accueillir le sommet mondial de l’environnement….                                                                                                                           PeaNuts  •        On va continuer à accueillir des gens qui ne veulent pas vivre à l’occidental pendant longtemps ? De plus en plus de femmes voilées dans nos rue et de plus en plus d’arrivée de migrants…..quand vont ils cesser de faire rentrer ces gens.                              Que les politiques paient de leur poche et que les gens de gauches paient de leurs poches et si il n’y a pas assez de fonds avec ça que l’on en accepte pas plus.

  • Laurent  •        Les records sont battus de plus en plus souvent,le problème,c’est qu’il va y avoir plus de migrants dans la mer que de poissons !!!                                            mick  •                   Le camp des saints , un livre prémonitoire                                   gerard  •             276000 MIGRANTS EN 1 AN SOIT 153% DANS L’UNION EUROPEENNE VA PEUT-ETRE FALLOIR VOUS BOUGER LE FION SINON CA VAUT FAIRE MAL !!!!!
    nat  •                      on récolte ce qu’on sème. Un nain élu démocratiquement a décidé d’intervenir en Lybie, voilà le résultat, c’est pire qu’avant ! Alors aux gens aux QI au ras du sol, cultivez vous par pitié au lieu de ressortir les discours du FN, tentez de penser par vous même, une fois de temps en temps… 
    Un utilisateur Yahoo  •    Et pendant ce temps vous voyous de dirigeants africains ont mis leur propre fils dans les beaux pays au monde avec l’argent du petit paysan pauvre.. Il est temps que la jeunesse africaine se réveille et nettoie ce Continent de ces vautours de dirigeants… Ce n’est pas à l’EU de résoudre notre propre problème, notre incapacité ou notre betise avec nos dirigeant insouciants et incompétents… Si ces jeunes avaient  l’avenir prometteur ils ne seraient pas à se laisser mourir dans la mer… Quelle honte!!!
    Siergiej M  •             Tout se déroule selon le programme…Ce qui a raté pendant la Reconquista , fonctionne à merveille aujourd’hui…demandez donc à mr Levy , Hollande ou Sarkozy…
    Jean Hubert  •         L’EI avait dit qu’ils provoqueraient une vague d’un demi million de clandestins à partir de la Libye. Leurs copains shebab ont aussi dit qu’ils comptaient attaquer un centre commercial.
    Quand ils disent quelque chose, cela s’est toujours passé par la suite. Attendons de voir kalimero  •               ils viennent chercher les aides sociales
    PhilippeGrFr  •      Ils se font chavirer exprès en apercevant les garde-côtes. Autrement ils seraient reconduits ou remorqués en Afrique.
    Deus  •                           Mauvaise idée de se précipiter à 1000 du côté d’un chalutier de 20 mètres, visiblement…
    Peter  •                      Le plus amusant ce sont les médias qui tentent désespérément de culpabiliser l’européen pour quelque chose dont ils n’ont aucune responsabilité tout en passant sous silence les responsables que sont les passeurs maghrébins qui s’enrichissent de façon colossale dans ce trafic                                                             François de Camenbert  •  on continue à se foutre de notre gueule  Il faudra juger les organisateurs politiques de cette invasion colonisation
    DOMEC  •                   INTERDICTION de mettre le pied en Europe, qu’ils dégagent dès qu’ils arrivent
    guy  •                            Contrôle des naissances en urgence. Supprimer toutes les religions. Chaque pays doit être responsable de ses habitants.
    joel  •                            Canon de 40 mm  sur le web fdeperiers.chez-alice.fr/40mm.htm
    beber  •                      « Le pape François a appelé dimanche la communauté internationale à « agir avec décision et rapidité » face à la multiplication de ces tragédies. »
    François Hollande a immédiatement réagi à la demande du pape !
    Il vient de faire dérouter l’Hermione pour participer aux recherches et le navire restera sur zone pour participer aux prochains secours !
    Obama a réagi négativement à cette décision .. qui remet en cause l’amitié entre France et USA qu’avait rétablie avec maestria le précédent président Sarkosy
    Lui même a déclaré que c’était une erreur de plus de Hollande .. mais qu’en 2017 … l’amitié indéfectible sera rétablie et qu’il fera tout pour que le traité USA-UE soit un succès 🙂
    Mahieu  •                     des électeurs en moins pour le PS
    Kadi  •                            Il faudra dire merci à la France et à tous les autres pays du             » monde libre  » qui ont ramené la Libye au moyen âge et facilité ce phénomène d’immigration et l’expansion du terrorisme.
    Merci à la France, « pays des droits humains. »
    A dire que Sarkozy pense encore revenir au pouvoir… Circulez….
    Arachid  •                      et ce serait à l’Europe d’agir??? pourquoi pas leur offrir des voyages gratuits?
    Cleveland  •                   Un sommet en urgence pour les peuples des pays européens qui sont de plus en plus pauvres???? Ça ne les intéresse pas, c’était le but. Faire une grande Europe, appauvrir les gens pour mieux nous manipuler et être aux ordres des ricains….
–                              Fournissons leur des bateaux et organisons des rotations avec tous les grands ports européens histoire de se donner bonne conscience et s’assurer que le grand remplacement voulu par les universalistes qui nous gouvernent est bien entrain de s’accomplir. L’étape suivante sera la réquisition des résidences secondaires et l’obligation de partager nos logements avec ces nouveaux arrivants qui n’en demandaient pas tant. Les nourrir, les soigner et éduquer les enfants, cela va de soi. Bientôt, il ne restera qu’une chance pour nos propres enfants, ce sera de partir.

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