« Ça me semblait couler de source »

PAQUES~1
Il tue son fils et accuse le chien

Dix ans de prison contre le père du petit Oliver

Dix ans de prison contre le père du petit Oliver
Oliver est mort dans cet hôpital. © Google Street View/DR

Le père du petit Oliver, tué à 11 mois en juin 2012, a été condamné mercredi à dix ans de prison. Arrêté après le meurtre, il avait accusé le chien de la famille, avec la complicité de sa femme.

La justice anglaise n’a pas retenu l’assassinat et l’a condamné pour homicide involontaire. Mercredi, Paul Thomas a écopé d’une peine de 10 ans de prison pour le meurtre de son fils, Oliver, tué en juin 2012 alors qu’il n’avait que 11 mois. Le juge a estimé que l’homme de 29 ans avait tué l’enfant dans un «moment de folie irréfléchi», laissant le garçonnet avec «des blessures fatales et catastrophiques». Il a également reconnu que Paul Thomas pouvait «être un bon père» mais qu’il avait «un tempérament trop impulsif», rapporte le «Guardian».

La mère d’Oliver, âgée de 21 ans, a de son côté été condamnée à deux ans de prison et deux ans de mise à l’épreuve, jugée coupable d’avoir laissé faire son compagnon, qui battait pourtant régulièrement l’enfant. Elle l’a aujourd’hui épousé. «Vous aviez tout pour être une bonne mère», a lancé le juge. «Mais il est impossible de dire que vous étiez inquiète pour lui, sinon il serait encore en vie aujourd’hui. Oliver aurait pu être sauvé», a-t-il poursuivi.

Des blessures anciennes

Les faits remontent à juin 2012. Le petit garçon anglais de 11 mois est mort à l’hôpital. Ses parents l’avaient trouvé au sol, quatre jours plus tôt, dans leur salon, incapable de respirer et à l’agonie. Le scanner avait révélé qu’il souffrait d’une fracture sur l’arrière du crâne, de saignements du côté droit de son cerveau et au niveau de son œil gauche. En plus de ces blessures, les médecins en ont découvert de plus anciennes, notamment aux côtes et à la clavicule.

Interrogés par la police, les parents du petit Oliver ont d’abord expliqué que les blessures de leur défunt fils avaient été causées par leur chien Rocco. «Paul Thomas nous a dit qu’il n’avait aucune idée de la façon dont Oliver avait été blessé, suggérant que l’incident avait certainement été causé par le chien de la famille», a expliqué le procureur au cours du procès, rapporte le «Daily Mail». La mère, de son côté, a indiqué que son enfant avait peut-être trébuché sur ses jouets. «Mais il est évident que ces blessures au cerveau et à l’œil n’ont pas d’autre explication crédible que des blessures délibérément infligées», avait ajouté le procureur.

Ses parents mis en examen

Le calvaire de la petite Tiya, battue et brûlée

Le calvaire de la petite Tiya, battue et brûlée
Image d’illustration © Reuters/Stringer
Le 04 avril 2015 | Mise à jour le 04 avril 2015
C.R.

Une petite fille de deux ans et demi est morte à l’hôpital jeudi à Toulouse. Elle a succombé à des coups portés par ses parents, mis en examen vendredi soir.

La petite Tiya n’a vécu que 30 mois. Trente mois au cours desquels elle a connu le pire. Elle est morte jeudi soir à l’hôpital à Toulouse, après y avoir été conduite en urgence par le Samu. C’est la mère de l’enfant qui a alerté mercredi matin les secours, expliquant que sa fille dormait «depuis deux jours», rapporte «La Dépêche du Midi». A son arrivée à l’hôpital, Tiya était dans le coma et en hypothermie. Les médecins n’ont pu que constater les nombreuses traces de coups qu’elle portait, notamment au visage. Ils ont également découvert de nombreuses brûlures, pour certaines anciennes, sur les fesses. Le quotidien régional indique que la fillette souffrait également de malnutrition. Malgré tous les efforts pour sauver l’enfant, les pédiatres ont prononcé son décès jeudi.

Les parents ont été placés en garde à vue mercredi. La mère aurait expliqué, d’après «La Dépêche du Midi», que les brûlures avaient été causées par la chute accidentelle d’une casserole d’eau chaude. Mais les médecins ont constaté que les brûlures ne dataient pas toutes de la même période. Ils ont également établi la cause de sa mort : Tiya a succombé à un traumatisme crânien survenu après «un coup volontaire».

Déjà retirée de la garde de ses parents

D’après les informations du quotidien, Tiya avait été retirée de ses parents par les services sociaux en raison de carences éducatives. Elle leur avait été rendue le 20 janvier. «Ce placement n’était pas lié à des violences, mais le très jeune âge de la mère et le mode de vie non stabilisé du couple interrogeaient sur leur capacité éducative», a indiqué le procureur de la république de Toulouse à l’AFP, sans vouloir donner de précisions sur la nature des difficultés de cette famille. «L’enfant n’avait réintégré sa famille qu’après des évaluations positives des services sociaux», a-t-il ajouté.

Le père, âgé de 27 ans, et la mère, âgée de 19 ans, devraient être poursuivis à ce titre pour «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner», a précisé le magistrat. Le parquet, qui requiert le placement en détention du couple, compte également demander au juge de les mettre aussi en examen pour «violences habituelles sur mineur de moins de 15 ans», le corps de l’enfant «portant les stigmates de violences antérieures».

Algérie

Les hommes qui battent leur femme iront enfin en prison

Les hommes qui battent leur femme iront enfin en prison
Des femmes à Algers, photo d’illustration. © Lemouton Stephane/ABACA
Le 06 mars 2015 | Mise à jour le 06 mars 2015     M.D.

Malgré les protestations des conservateurs, l’Algérie a adopté une loi criminalisant les violences faites aux femmes. Les féministes saluent une belle «avancée», bien que le texte prévoie l’arrêt des poursuites judiciaires en cas de pardon de la victime.

Un beau cadeau à deux jours de la Journée internationale des droits de la femme. Les députés algériens ont adopté une loi criminalisant les violences contre les femmes, et introduisant en outre les notions de harcèlement dans les lieux publics et de harcèlement moral conjugal. Désormais, quiconque portera volontairement des coups à son conjoint, encourra, en fonction de la gravité des blessures, d’un à 20 ans d’emprisonnement, et la réclusion à perpétuité en cas de décès. Une clause prévoit toutefois que le pardon de l’épouse peut mettre fin aux poursuites judiciaires ou du moins alléger la peine –ce que déplorent les féministes. Un autre article prévoit six mois à deux ans de prison pour «quiconque exerce sur son épouse des contraintes afin de disposer de ses biens ou de ses ressources financières». Sur les 462 députés, 284 étaient présents et 59 ont remis des procurations pour le vote de ce texte modifiant et complétant le code pénal, rapporte Algerie1.com.

Ce texte était vivement demandé depuis de nombreuses années par les défenseurs des droits de la femme, et paraît logique à toute société moderne qui se respecte, et pourtant, il n’a pas manqué de faire polémique, les plus conservateurs estimant qu’il s’agissait d’une intrusion dans l’intimité du couple contraire aux valeurs de l’islam. Certains élus ont accusé le gouvernement de vouloir imposer des normes occidentales à une société musulmane, rapporte l’AFP. En l’état, cette loi est «contraire aux préceptes coraniques et vise la dislocation de la famille», a jugé le député Naamane Belaouar de l’Alliance pour l’Algérie Verte, une coalition de partis islamistes (MSP, El Islah et Ennahda) qui a boycotté la séance. Les députés d’une autre formation islamiste, El Adala, ont voté contre, considérant que ces réformes auraient dû s’accompagner de lois mettant fin «au non port du voile et à la nudité des femmes dans les lieux publics, cause principale des harcèlements» selon eux. Le député indépendant Ahmed Khelif pense pour sa part que cette loi constitue une légitimation des relations extra-conjugales. Selon lui, «il sera plus simple d’avoir une maîtresse que d’être marié et de courir le risque d’être poursuivi en justice pour n’importe quelle faute». Les députés du parti des travailleurs (PT), enfin, ont préféré s’abstenir, estimant que cette loi constituait «un pas positif et progressiste mais contradictoire».  L’Alliance pour l’Algérie Verte réclame le retrait de ce projet. Les députés ont proposé 16 amendements qui ont été soumis à la commission des affaires juridiques et le vote devrait avoir lieu ce vendredi.

Le ministre de la Justice trouve ce texte «parfait»

Face à ses détracteurs, le ministre de la Justice Tayeb Louh tient bon. «Le projet de loi relatif à la protection de la femme de toutes formes de violences sera maintenu. Et je tiens à préciser que ce document n’est pas contraire aux préceptes de l’islam et ne vise nullement la dislocation de la famille», a-t-il affirmé. Selon lui, «les versets coraniques protègent l’honneur de la femme et ne permettent pas d’accepter ce phénomène» de violences, qui «s’amplifie» gravement, a-t-il souligné. «Nous sommes souverains dans nos décisions. Ce texte n’a pas été élaboré sous des pressions étrangères, mais s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale pour la protection de la femme qui tient compte des spécificités religieuses et culturelles de la société algérienne», lit-on encore dans les colonnes du grand quotidien d’Alger «El Watan». Et de conclure, sûr de lui : «Si cette démarche et ce projet ne sont pas du goût de certains partis, je n’y peux rien. Moi je le trouve parfait. Personnellement, j’ai une femme et des filles et je dois préserver leur dignité.»

Entre 100 et 200 femmes meurent chaque année de violences familiales, selon des statistiques parues dans la presse. Une situation alarmante pour Fouzia Sahnoun du Rassemblement national démocratique (RND) qui parle de «terrorisme familial». Plusieurs de ses consoeurs du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) se sont félicitées de cette loi qui constitue «une avancée» en termes de protection de la femme. L’Algérie est seulement le deuxième pays du Maghreb après la Tunisie à criminaliser les violences contre les femmes. Au Maroc, un projet de loi contre les violences faites aux femmes est à l’étude mais fait l’objet de vifs débats.

Violences sexuelles : « Il faut régulièrement poser la question aux enfants »

Plusieurs cas de violences sexuelles envers des enfants ont été mis à jour. Mais comment en parler aux plus jeunes? Pour leJDD.fr, Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, explique l’importance de la prévention. De son côté, Play Bac Presse sort jeudi des numéros spéciaux sur le sujet, à destination des enfants et de leurs parents.

« Il faut clairement expliquer ce qu’est une violence sexuelle. » Et ce, dès le plus jeune âge, estime Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Jointe par leJDD.fr, elle explique que « dès la primaire, on peut clairement définir les choses : personne n’a le droit de toucher certaines parties du corps, même par jeu ». Surtout que, selon une étude publiée début mars, 21% des victimes de violences sexuelles l’ont été avant l’âge de 6 ans. En maternelle, la prévention passera alors par des « petits livres, dessins, films avec des petits personnages ».

Depuis l’affaire du directeur d’école de Villefontaine écroué pour viols sur plusieurs élèves, les signalements se sont multipliés. « La non-transmission par la justice des condamnations à l’Education nationale est plus fréquente que nous le pensions. C’est un vrai problème que nous devons prendre à bras le corps », a déclaré la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem. Mais cette affaire pose également la question de la prévention et de la manière de parler des violences sexuelles aux enfants.

« Il faut expliquer que ce n’est pas la faute de l’enfant »

Comment parler de ce sujet délicat? Muriel Salmona plaide pour une prévention « à deux niveaux » : « En discuter avec les enfants, mais aussi leur poser régulièrement la question, sinon ils ne pourront pas en parler, surtout s’il s’agit d’une personne qui a autorité sur eux ». « Il faut expliquer que c’est grave, que ce n’est pas la faute de l’enfant. Dire que tous les adultes savent que c’est interdit par la loi. Peu importe ce qu’il te dit et quel que soit l’agresseur », complète la psychiatre, qui regrette que ce sujet soit encore « tabou ». « La société a comme stéréotype que l’agresseur est un prédateur extérieur. Mais en réalité, dans 95% des cas c’est un proche, et dans 50% des cas un membre de la famille », ajoute-t-elle. Dans 25% des cas, les violences sexuelles sont le fait de mineurs, de « plus grands ».

Muriel Salmona insiste aussi sur l’importance de ne pas « culpabiliser l’enfant ». « Il ne faut pas dire : ‘il faut’ que tu te défendes, ‘il faut’ que tu fasses ceci… », car « ce n’est pas à l’enfant d’assurer sa sécurité », précise-t-elle. « Le focus doit être mis sur l’agresseur, c’est lui qui ne doit pas. »

Selon diverses études menées à l’échelle européenne, un enfant sur cinq est victime de violence sexuelle. En 2010, le Conseil de l’Europe avait lancé une campagne intitulée « Un sur cinq » pour enseigner aux enfants âgés de 4 à 7 ans la règle « On ne touche pas ici », avec un site Internet dédié. « Il faut enseigner aux enfants que leur corps leur appartient et que nul ne peut le toucher sans leur permission. Communiquer franchement et directement avec les enfants, dès leur plus jeune âge, sur la sexualité (…) les aidera à comprendre ce qui est interdit », peut-on y lire.

« Violence sexuelle : ce que les enfants doivent savoir »

Play Bac Presse (Le Petit quotidien, Mon Quotidien et L’Actu) ont décidé de publier jeudi des numéros consacrés au sujet, intitulés « Violence sexuelle : ce que les enfants doivent savoir » et « Violences sexuelles, dire non ». Ils seront disponibles gratuitement dès mercredi soir sur le site de Play Bac. « Ce n’est pas la première fois, en 20 ans d’existence, qu’on doit faire ce genre de numéros à cause de l’actualité », explique au JDD.fr le rédacteur en chef François Dufour, qui cite les affaires Estelle Mouzin, Marc Dutroux, Outreau ou encore Natascha Kampusch.

La Une du Petit Quotidien à paraître jeudi. (Play Bac presse)

« Il n’y a pas de sujet tabou (…) Il ne faut pas avoir peur de choquer avec une réalité choquante », précise-t-il. « Les projets d’articles ont été montrés à plusieurs pédopsychiatres pour connaître leurs remarques éventuelles », ajoute le journaliste. Parmi eux, la psychanalyste Claude Halmos et du psychiatre de l’association L’Enfant bleu, Pierre Sabourin. Pour les plus jeunes (Le Petit Quotidien destiné aux 6-10 ans), l’information a été traitée via une bande-dessinée. « On a voulu raconter une histoire de pédophilie vraisemblable et écrire tout ce qu’un enfant doit vraiment savoir sur la pédophilie », justifie François Dufour, qui ajoute que « exceptionnellement, les enfants ne doivent pas lire ce numéro seuls ».

Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.fr

enfants école salle de classePlusieurs signalements ont été faits depuis l’affaire de Villefontaine, près de Lyon. (Maxppp)

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