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Réforme du collège: chaque établissement définira 20% de l’emploi du temps

Plus d’autonomie, avec 20% de l’emploi du temps laissé à la discrétion de chaque établissement dès la rentrée 2016, et un enseignement plus précoce de la deuxième langue: le gouvernement dévoile mercredi sa réforme du collège, un chantier délicat pour renforcer les apprentissages fondamentaux.

Le projet, présenté par Najat Vallaud-Belkacem en Conseil des ministres, doit ensuite être discuté avec la communauté éducative pendant un mois, pour une entrée en vigueur à quelques mois de l’élection présidentielle de 2017.

Ce chantier, qui a pris plus d’un an de retard, est politiquement compliqué.

La ministre de l’Education nationale met en avant des savoirs mis en contexte, de la « souplesse » et « un acte de confiance dans les équipes enseignantes ». Mais il lui reste à convaincre des syndicats attachés à l’intégrité des disciplines comme le SNES-FSU ou le Snalc, alors que les réformistes comme le SE-Unsa et le Sgen-CFDT demandent eux plus d’interdisciplinarité.

Le projet est financé sur les 60.000 créations de postes promises par François Hollande pendant le quinquennat, avec des « heures-professeurs » totalisant l’équivalent de 4.000 postes, à répartir entre 7.000 collèges qui scolarisent 3,2 millions d’élèves.

Le collège, « un des points noirs » de la scolarité, « ne garantit pas l’acquisition des apprentissages de base », a déclaré à des journalistes Najat Vallaud-Belkacem, qui détaille aussi sa réforme dans un entretien accordé à la presse quotidienne régionale. « En dix ans, les élèves ont régressé dans leurs apprentissages fondamentaux, notamment en maths, en français, en histoire. »

Elle a pointé l’ennui ressenti par beaucoup de collégiens, source de décrochage, le sentiment d’enseignants « d’être bridés dans leurs initiatives » et des parents « démunis ».

Dans un cadre « fait pour les meilleurs et qui oublie les moins bons », les inégalités se sont creusées: 95% des enfants de cadres décrochent le brevet, contre 75% des enfants d’ouvriers.

– ‘Occasion unique’ –

Le collège est aussi « passé à côté » d’adaptations « indispensables » comme le travail collectif ou le numérique, a-t-elle estimé.

Si beaucoup de réformes du collège ont déjà été lancées, « nous avons l’occasion unique de travailler sur le contenu du socle » commun (qui définit ce que tout élève doit avoir acquis à 16 ans), « de réviser les programmes pour qu’ils soient en cohérence » avec ce socle et « en même temps de repenser les organisations », a-t-elle estimé. Les mesures envisagées dans la réforme du collège ont été « expérimentées avec succès sur le terrain », a-t-elle souligné.

Concrètement, l’étude de la deuxième langue vivante (LV2) sera avancée d’un an, dès la cinquième.

En outre, tous les collégiens auront désormais un accompagnement personnalisé: trois heures par semaine en sixième, une heure minimum dans les autres classes.

A partir de la cinquième seront introduits des enseignements pratiques interdisciplinaires, pour « permettre aux élèves de sortir de l’abstraction d’un certain nombre de disciplines », « faire se rencontrer les savoirs », réaliser « des expériences pratiques », travailler collectivement et par projet, « sortir de la passivité ».

Des élèves de quatrième pourraient ainsi réaliser un magazine sur la machine à vapeur, en mobilisant ce qu’ils ont appris en histoire sur la révolution industrielle au XIXe siècle, mais aussi en physique sur la pression d’un gaz. Avec les mathématiques, ils pourraient calculer le temps gagné pour se rendre de Paris à Lyon ou Marseille en train plutôt qu’à cheval.

En tout, ces trois temps – enseignements pratiques interdisciplinaires, accompagnement personnalisé et travail en petits groupes – « constitueront un bloc de 20% dans la scolarité au collège, qui sera défini par le conseil pédagogique », composé du chef d’établissement et des enseignants, suivant les besoins des élèves.

Les « enseignants seront amenés à travailler ensemble, cela implique une meilleure coordination » et permettra une « meilleure détection précoce des difficultés des élèves » selon la ministre. En France, l’exercice du métier d’enseignant est considéré comme particulièrement solitaire.

Le brevet des collèges évoluera, selon des modalités qui seront arrêtées le 10 avril.

Depuis la création du « collège unique » en 1975, la France a réussi la « massification », autrement dit scolariser toute une classe d’âge dans une même structure, mais pas la « démocratisation », c’est-à-dire faire réussir tous les élèves malgré leur hétérogénéité.

Éducation : Un nouveau collège en 2016

Le Point –

La ministre Najat Vallaud-Belkacem présente ce matin son projet de réforme du collège : interdisciplinarité et accompagnement personnalisé des élèves.

Le projet, qui concerne 3,2 millions de collégiens, sera discuté avec la communauté éducative pendant un mois, et entrera en vigueur à la rentrée 2016.
Le projet, qui concerne 3,2 millions de collégiens, sera discuté avec la communauté éducative pendant un mois, et entrera en vigueur à la rentrée 2016. © AFP PHOTO FRANK PERRY
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Après la refondation de l’école, l’Éducation nationale s’attaque au collège. Le chantier de sa réforme s’ouvre mercredi, avec la présentation du projet en conseil des ministres par Najat Vallaud-Belkacem. Le projet, qui concerne 3,2 millions de collégiens, sera discuté avec la communauté éducative pendant un mois, et entrera en vigueur à la rentrée 2016.

Nouveaux programmes

« Le collège cristallise les défauts de notre système éducatif. Il est profondément inégalitaire […], monolithique dans son approche disciplinaire […] et inadapté au développement des compétences indispensables à la future insertion des collégiens », selon le ministère de l’Éducation nationale, qui constate sans détour : « Le collège actuel est souvent peu motivant pour les élèves, anxiogène pour les parents et frustrant pour les professeurs, auxquels il ne laisse que peu d’autonomie. » Il y a donc du pain sur la planche.

L’objectif affiché : « assurer un même niveau d’exigence pour que tous les élèves acquièrent le socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». Pour cela donc, ce fameux « socle commun » (ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire) a été repensé, et la refonte des programmes engagée. Reste à « améliorer la façon de transmettre pour les professeurs et d’apprendre pour les élèves, en donnant aux équipes une marge de manoeuvre de 20 % du temps d’enseignement, dans le respect des horaires disciplinaires ». En somme, on oublie toutes les vieilles méthodes, on instaure des heures dédiées à une organisation à la carte, on introduit de l’interdisciplinarité et du travail concerté entre les professeurs, pour que les savoirs se mêlent et que les méthodes d’apprentissage soient en phase avec l’époque.

S’adapter au monde actuel

Le premier axe de la réforme du collège vise ainsi à renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux en combinant les apprentissages théoriques et pratiques. Les enseignants pourront monter des projets qui s’inscriront dans l’un des huit nouveaux thèmes de travail correspondant « aux enjeux du monde actuel » : développement durable ; sciences et société ; corps, santé et sécurité ; information, communication et citoyenneté ; culture et création artistiques ; langues et cultures de l’Antiquité ; langues et cultures régionales et étrangères ; monde économique et professionnel. Ainsi, pour ce dernier thème par exemple, des profs d’anglais, de géographie et de maths pourraient faire découvrir à leurs élèves le métier d’urbaniste, en faisant intervenir un vrai professionnel et en montant un projet lié à la fois au programme de géographie (chapitre sur la ville, sur les paysages et les territoires), de mathématiques (chapitre sur les aires et les périmètres) et d’anglais (l’exposé final, présenté en anglais, porterait sur le plan d’une ville anglophone).

Deuxième angle d’attaque de la réforme : le nouveau collège devrait tenir compte de la spécificité de chaque élève en instaurant des temps d’accompagnement personnalisé pour tous les élèves et favoriser l’apprentissage en petits groupes. Troisième point essentiel : pour donner aux collégiens « de nouvelles compétences adaptées au monde actuel », le projet propose de travailler davantage en équipe et de se concentrer sur l’expression orale, d’enseigner une première langue vivante dès le CP et la deuxième dès la cinquième, et de développer les compétences numériques.

Une réforme indispensable

Quand on se penche sur le collège français, nul doute que la réforme est indispensable… et urgente. Selon l’enquête Pisa réalisée par l’OCDE qui évalue les compétences des élèves de 15 ans dans une soixantaine de pays de monde, les élèves français ont régressé ces dix dernières années en français, en maths et en histoire.

« Dans les pays qui fonctionnent bien – Finlande, Canada, Corée, Japon -, il y a un chef d’établissement actif, une culture de collaboration », explique Éric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. Pour les principales fédérations de parents d’élèves, la FCPE et la Peep, réduire les horaires des disciplines enseignées de manière classique pour laisser du temps à des apprentissages différents et à un meilleur accompagnement des élèves est une bonne idée. Pourtant, comme le souligne auprès de l’AFP Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-Unsa (le premier syndicat des chefs d’établissement), même si une telle réforme « est d’évidence une nécessité », « c’est le lieu du système scolaire qui souffre le plus », les négociations risquent d’être ardues. D’un côté, les défenseurs des disciplines se battront bec et ongles pour qu’on ne touche pas à leurs horaires. De l’autre, les partisans de l’interdisciplinarité seront sur le point d’obtenir gain de cause et ne lâcheront pas le morceau.

De fait, le syndicat réformiste SE-Unsa souhaite qu’on dégage du temps « pour travailler autrement, apprendre autrement », mais le Snes-FSU, premier syndicat de profs du secondaire, a d’ores et déjà affirmé auprès de l’AFP qu’il « n’acceptera pas tout ce qui pourrait se traduire par une diminution des horaires disciplinaires ». Encore une réforme que tous jugent indispensable, mais qui ne devrait pas passer comme une lettre à la poste.

Ce que prévoit la réforme du « collège 2016 »

Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'éducation, au collège Gabrielle-Séailles de Vic-Fezensac (Gers), le 14 novembre 2014.

Le gouvernement s’attelle, mercredi 11 mars, à un exercice périlleux : étendre la « refondation de l’école » engagée à l’école primaire, en première partie de mandat, vers le secondaire. « Faire que le collège unique ne soit plus un collège uniforme », a souligné la ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, en présentant son projet à la presse, lundi 9 mars.

Lire aussi : Le gouvernement ouvre le dossier miné du collège

Quarante ans après la loi Haby, qui a tenu le pari de la massification de l’enseignement secondaire bien mieux que celui de la démocratisation, la gauche entend s’emparer de ce que l’on a coutume d’appeler, selon une formule un peu galvaudée, le « maillon faible » du système éducatif. Celui qui cristallise le principal défaut de notre école : être profondément inégalitaire, en triant les élèves plus qu’en les accompagnant vers la réussite. Un sujet sensible auquel la droite s’était bien gardée de toucher – se concentrant sur les programmes du primaire et le lycée –, mais qui s’impose aujourd’hui à tous, veut-on croire rue de Grenelle, tant le diagnostic est sombre : au collège, « les élèves s’ennuient, les parents se sentent démunis et les enseignants bridés », a résumé la ministre, lundi, faisant étant d’une « régression des [résultats des] élèves en dix ans », en français autant qu’en mathématiques ou en histoire.

Triste constat pour justifier une réforme que la ministre entend bâtir « à partir de ce qui marche déjà sur le terrain », certes, mais en un temps record : elle n’a que la seconde partie du quinquennat pour l’achever. Et même moins, puisque le gouvernement s’est fixé comme objectif la rentrée 2016 pour mettre en place cette nouvelle organisation du collège – simultanément à l’entrée en vigueur des nouveaux programmes et du « socle commun » rénové. La forme en même temps que le fonds, en somme.

Lire aussi : Le « programme des programmes » se dessine

Voici les principaux volets d’une réforme dont les détails – la « grille horaire » notamment – doivent être discutés avec les représentants de la communauté éducative à compter du 12 mars.

  • EPI, pour « enseignements pratiques interdisciplinaires »

C’est un nouvel acronyme qui pourrait trouver sa place dans la novlangue de l’éducation nationale. Il renvoie à des temps de travail prévus en 5e, 4e et 3e, privilégiant la pédagogie par projet, les petits groupes et l’interdisciplinarité. Objectif : permettre aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les contextualisant, les croisant et les concrétisant dans des projets. Les enseignants seront eux-mêmes aux manettes, concevant la forme et le contenu de ces modules en fonction de leurs élèves – ici de leurs fragilités, là de leurs forces. C’est en tout cas le souhait du ministère, sûr que le corps enseignant est en demande de liberté pédagogique. « On doit s’adapter aux besoins des collégiens mais aussi à leurs goûts », a souligné Mme Vallaud-Belkacem, le 9 mars.

  • Huit thématiques

Huit champs thématiques donnent un cadre à ces modules interdisciplinaires. Pour devancer la critique d’un « collège à la carte » qui ne serait plus le même partout, un cadre est donné : les EPI s’inscriront dans des thématiques correspondant aux enjeux du monde actuel. Des thématiques dans l’air du temps : « développement durable », « sciences et société », « corps, santé et sécurité », « information, communication, citoyenneté », « culture et création artistiques », « monde économique et professionnel », « langues et cultures de l’Antiquité » et, enfin, « langues et cultures régionales et étrangères ». Des exemples de projets concrets seront proposés sur Internet.

  • 20 % du temps pour les « nouvelles modalités d’enseignement »

Un cinquième de la dotation horaire globale (la « DHG », dans le jargon de l’école) : c’est la marge d’autonomie laissée aux professeurs des collèges pour développer ces « nouvelles modalités d’enseignement » valorisées par la réforme : les modules interdisciplinaires, le travail en petits groupes, l’accompagnement personnalisé, l’approfondissement disciplinaire… Un volume d’heures inscrit dans les obligations de service des enseignants, souligne-t-on au ministère de l’éducation, et qui représentera, côté élèves, de 4 à 5 heures chaque semaine.

  • Une deuxième langue vivante dès la 5e

C’est un an plus tôt que les collégiens commenceront leur deuxième langue vivante. Cette évolution rend obsolètes les classes bilangues et européennes, qui offraient jusqu’à présent ce privilège à quelques-uns – il est désormais promis à tous. Cette disparition pourrait susciter quelques crispations, tant du côté des parents d’élèves que des chefs d’établissement.

  • Accompagnement personnalisé pour tous

La réforme prévoit trois heures d’accompagnement par semaine pour les élèves de 6e – une façon de les aider à « devenir collégien » –, et au moins une heure hebdomadaire de la 5e à la 3e. De l’aide en petit groupe pour tous, quand elle se résume, pour l’heure, à deux heures hebdomadaires réservée aux 6e, assure le ministère. Avec un accent mis sur la méthodologie nécessaire pour sauter la marche du CM2 à la 6: accompagnement dans la prise de notes et l’apprentissage des leçons, révisions, recherche documentaire, travail sur Internet…

Lire aussi : A l’école, les garçons restent moins performants que les filles

  • Le coût ? « 4 000 équivalents temps plein »

La nouvelle organisation du collège fait aussi une place à l’apprentissage des outils numériques, promet des emplois du temps plus adaptés aux adolescents, la généralisation de la « mallette des parents » pour rapprocher les familles des établissements… Pour quel coût ? A cette question, Mme Vallaud-Belkacem a donné une réponse aussi technique que lapidaire : « 4 000 équivalents temps plein ». Une référence aux 4 000 postes promis par son prédécesseur, Vincent Peillon, en décembre 2013 pour accompagner cette même réforme. 4 000… pour 7 100 collèges publics et privés.

Réforme du collège: ce qui attend les collégiens à partir de 2016

 

La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem présente ce mercredi en conseil des ministres sa réforme du collège. Au programme notamment, plus de souplesse laissée aux professeurs dans l’organisation des enseignements.

Réforme du collège: ce qui attend les collégiens à partir de 2016

Avec sa réforme, la ministre dit vouloir donner davantage de liberté pédagogique aux enseignants du collège.    AFP/PHOTO DAMIEN MEYER

Attention, terrain miné. Ce mercredi, la ministre de l’Education nationale présente son projet de réforme du collège. Un sujet sur lequel elle se sait attendue au tournant, par les enseignants, leurs syndicats, mais aussi par les parents d’élèves.

Un numéro d’équilibriste, aussi: Najat Vallaud-Belkacem doit réussir à renforcer ce « maillon faible », sans remettre en cause le collège unique, tout en proposant un enseignement plus individualisé, mais sans dépenser un sou de plus. « Faire du collège unique un collège moins uniforme » a résumé la ministre lundi en présentant sa réforme à la presse. Zoom sur ce qu’il faut en retenir.

De nouveaux « enseignements pratiques interdisciplinaires »

A compter de la rentrée 2016, les enseignements pratiques interdisciplinaires, ou EPI, concerneront tous les collégiens dès la 5e. Objectif: dans le cadre d’un projet à thème, leur permettre d’acquérir, de mobiliser et de développer des savoirs et des compétences issus de différentes disciplines. Dit autrement, de faire en même temps des maths et du français, de l’histoire et des sciences, ou bien encore de l’anglais et de la physique.

Pour la ministre, cette façon de travailler devrait permettre aux élèves de « sortir de l’abstraction, de décloisonner les savoirs, et de contextualiser les connaissances ». Mais cette nouvelle pratique pédagogique suppose aussi une véritable révolution pour nombre de professeurs, qui vont devoir apprendre à travailler ensemble.

Quid de la masse horaire réservée à ces EPI, autre source de tension potentielle avec les enseignants? C’est là qu’est l’astuce: puisque ces enseignements sont transdisciplinaires, ils ne vont pas « prendre la place » des autres matières. Concrètement, les élèves n’auront pas moins d’heures de français ou de mathématiques, mais certaines de leurs heures de français ou de mathématiques seront « utilisées » dans le cadre des EPI. Ou comment ménager la chèvre et le chou, soit les syndicats « conservateurs », qui ne souhaitaient pas que les horaires des disciplines soient modifiés, et les syndicats « réformistes », pro-transdiciplinarité.

De l’accompagnement personnalisé pour tous les élèves

Autre point saillant de cette réforme du collège: la mise en place de trois heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires, pour les élèves de sixième, et une heure minimum pour les 5e, 4e, et 3e. Tous les élèves seront concernés -les élèves en difficulté, comme ceux « en avance », a précisé Najat Vallaud-Balkacem. Cet accompagnement pourra se décliner en petits groupes, éventuellement par niveaux.

Mais là encore, pas question de surcharger les emplois du temps des collégiens -ni de dépenser de l’argent quand les caisses sont vides: ces heures d’accompagnement personnalisé seront inclues dans la grille horaire déjà existante. Et c’est le conseil pédagogique de chaque collége qui décidera niveau par niveau, voire classe par classe si ces heures sont consacrées à de la méthodologie, à du soutien en maths ou à de l’aide aux devoirs.

Ce sont aussi les enseignants qui choisiront les disciplines qui bénéficieront d’allégement des effectifs et de cours en petits groupes. Arbitrages tendus en perspective dans les prochaines réunions de professeurs…

Une deuxième langue pour tous dès la 5e

Dès la rentrée 2016, tous les élèves de 5e suivront une deuxième langue. Une mise en place facilitée, d’après Najat Vallaud-Belkacem, par le fait que tous les petits écoliers de France suivent tous, « désormais », un enseignement de langue étrangère dès le CP. Une vision très optimiste, alors que la qualité de cet enseignement, tout comme le volume d’heures qui y est consacré, varie considérablement d’une école à l’autre.

En revanche, cette nouveauté signe clairement la disparition, de fait, des classes bilangues et autres classes internationales. Une très mauvaise nouvelle pour les collèges qui en avaient fait un argument pour attirer les bons élèments.

« Réforme » ou « ravalement »?

La réforme présentée par la ministre reprend également quelques idées déjà énoncées par le passé: la pause méridienne de 1h30 le midi, l’instauration de conseils de la vie collégienne, ou bien encore la lutte contre le décrochage scolaire et l’absentéisme.

Les documents du ministère confirment enfin qu’une révision de la carte scolaire est en cours dans les académies, comme évoqué il y a quelques semaines dans L’Express. En parallèle se poursuivent aussi les discussions destinées à revoir les programmes du collège, et la définition d’un nouveau socle commun de connaissances pour tous les élèves à l’issue de la troisième.

Prochaine étape pour la ministre: trois semaines de négociation avec les syndicats enseignants, censées aboutir avant le 9 avril. Une étape incontournable à l’issue de laquelle il sera (peut-être) possible de savoir si cet ensemble de mesures mérite le terme de « réforme », ou plus modestement celui de « ravalement de l’existant ».

Qu’y aura-t-il dans le collège version 2016 ?

20% d’autonomie sur l’emploi du temps, une deuxième langue vivante dès la cinquième… Le ministère s’inspire des modèles de l’Europe du Nord pour sa révolution éducative.

Dans un collège de St Brieuc (photo d'illustration) (DAMIEN MEYER / AFP) Dans un collège de St Brieuc (photo d’illustration) (DAMIEN MEYER / AFP)

Najat Vallaud-Belkacem, désormais ministre de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, présente sa réforme du collège en conseil des ministres le 11 mars, pour une mise en œuvre à la rentrée 2016. Avec méthode, elle poursuit la reprise du secteur de l’éducation lancée en 2012 par son prédécesseur. Il y a urgence. Les résultats de  » ce point noir de la scolarité se sont dégradés depuis dix ans « , résume-t-elle au cours d’un point presse tenu le 9 mars dans le salon jaune du ministère de l’Education. Le collège aggrave les difficultés scolaires.

12% des enfants ne maîtrisent pas les fondamentaux en français quand ils entrent en sixième. A la sortie, ils sont 25% ! ».

Et il ne réussit pas à infléchir les inégalités sociales de départ :

95% des enfants de cadres décrochent le Brevet, contre 75% des enfants d’ouvriers ».

L’heure du grand ménage est donc venue pour les 7.057 collèges du public et du privé sous contrat. Le ministère va affecter à ce projet 4.000 emplois (pris sur les 60.000 promis par François Hollande pendant sa campagne) soit environ un demi-poste par collège.

Mais les moyens supplémentaires ne sont pas l’essentiel. « Il s’agit pour les élèves de mieux apprendre, et pour le collège, de s’organiser autrement », résume Najat Vallaud-Belkacem, qui se réclame d’une méthode « pragmatique ». Le projet s’inspire des nombreuses expérimentations réussies en France, et surtout des pratiques étrangères qui font le succès des pays lauréats des enquêtes PISA, ces évaluations internationales des élèves de 15 ans.

On a nommé la Finlande, le Québec, l’Australie… Les modèles asiatiques, tel celui de Singapour, basés sur la discipline et les apprentissages intensifs, ont été laissés de côté. Le projet met l’accent sur le travail en groupe, la construction de la confiance en soi, l’oral, et le fait d’être actif en classe. La ministre cite le travail de l’économiste Yann Algan, qui a établi que « 50% des collégiens passent l’exclusivité de leur temps à prendre des notes ». Une passivité insupportable.

Que trouve-t-on dans le collège version 2016 ? « L’Obs » fait le point.

1/ « Apprendre autrement » : des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI)

Ils doivent lutter contre l’ennui, donner du sens aux leçons et développer l’oral, l’initiative, l’entraide. A partir de la cinquième, les professeurs iront piocher les projets dans 8 thèmes donnés parmi lesquels « développement durable », « sciences et société », « corps, santé et sécurité », « langues et cultures de l’Antiquité »…

Un exemple ?  Une classe de quatrième : pendant un trimestre, Nadia, Carole et Jérôme se retrouvent chaque jeudi après-midi avec leurs professeurs de maths, de physique et d’histoire, pour créer un magazine consacré à la machine à vapeur. Le sujet croise les maths (calculer les temps de parcours à cheval et en train, juger s’il s’agit d’une révolution des transports ou pas), la physique (le chapitre sur la pression d’un gaz), et l’histoire (la révolution industrielle au XIXe siècle).

Les trois élèves seront évalués et présenteront leur magazine à toute la classe. Ces EPI –deux par an- devraient obliger les enseignants à mieux se coordonner. Mais les heures de maths, de français, d’histoire… ne sont pas réduites pour autant. Mais elles seront parfois assurées avec un ou deux collègues d’autres disciplines.  » On va apprendre autrement « , explique la ministre. Le nouveau brevet des collèges inclura notamment ces enseignements pratiques interdisciplinaires. Il devrait être annoncé au printemps prochain.

2/ Une aide personnalisée  » véritable « 

En sixième, les élèves vont avoir 3 heures de suivi personnalisé obligatoire. En petits groupes –dont la composition peut évoluer en fonction des besoins, ils vont apprendre à apprendre (leurs leçons), à prendre (des notes), à chercher des informations.

En cinquième, quatrième et troisième, il y en a encore une heure au moins d’aide personnalisée. Ces heures permettront aux professeurs de repérer plus vite les élèves qui ont du mal, pour plus vite les aider. Jusqu’à présent, ces heures d’aide n’étaient pas obligatoires.

3/ Des contenus plus réalistes

« Nous faisons évoluer en même temps les manières d’enseigner et les contenus des programmes », se réjouit la ministre. Les nouveaux programmes, adoptés pendant l’été 2015, entreront en vigueur à la rentrée 2016, en même temps que la réforme du collège. Ils définissent non plus ce que l’enseignant doit faire avec les élèves, mais ce que les élèves doivent connaître.

De nouveaux enseignements sont prévus. Pour être en phase avec son environnement, le collégien va commencer une deuxième langue en cinquième, donc un an plus tôt qu’aujourd’hui.

Les classes européennes des collèges sont appelées à disparaître, mais les classes bilingues continueront à fonctionner », précise Najat Vallaud-Belkacem.

D’autre part, il aura une initiation au numérique –règles du codage, civilité numérique…sans oublier l’enseignement moral et civique.

4/ Une plus grande marge de manœuvre laissée aux collèges

Les enseignements pratiques interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes, qui représentent 4 à 5 heures dans l’emploi du temps des élèves, et 20% du temps des enseignants (contre 7% aujourd’hui) seront laissés à la discrétion des établissements. A charge pour eux de les répartir en fonction des besoins des élèves. « Je fais confiance à l’équipe pédagogique », a martelé la ministre. Cette marge est toute de même sérieusement encadrée par la rue de Grenelle.

5/ Un nouveau découpage de la carte scolaire

Il doit introduire plus de mixité sociale dans les établissements. « Nous commençons par construire un outil diagnostic avec des chercheurs, dont Agnès Van Zanten et Eric Morin », a précisé la ministre. L’école privée sous contrat devrait être « mise dans la boucle », une formule de la ministre suffisamment vague pour ne pas soulever de mécontentement prématuré. On se demande comment la ministre, malgré toute sa bonne volonté, pourra faire avaler la pilule aux familles qui se verraient brutalement rattachées à un collège difficile…

Après la période de concertation avec les organisations syndicales, le projet de collège devrait être définitivement adopté par le Conseil supérieur de l’éducation, la principale instance consultative placée auprès du ministère.

Seconde langue et enseignements interdisciplinaires : les premières pistes de la réforme du collège

ÉDUCATION – Najat Vallaud-Belkacem va présenter ce mercredi en conseil des ministres les objectifs de son plan pour le collège. Après des discussions d’un mois, les mesures devraient être appliquées à la rentrée 2016.

Seconde langue et enseignements interdisciplinaires : les premières pistes de la réforme du collège

Photo : DAMIEN MEYER / AFP

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Commentaires

  • Radada                                                               concrètement, ça aura quoi comme effet néfaste, vu que c’est le seul objectif de cette dame ?

    est ce qu’il est prévu ds le projet que quelque part l’école redevienne un lieu ou on apprend a lire écrire compter?

    CATHELYNE  •                                                   Belkacem elle veut un bon sondage pour les autres pays… IDIOTE.. d’abord que le petit Français sache lire et bien écrire le FRANCAIS
    DENIS  •                                                                  D’un collège à l’autre il va y avoir de grosses différences dans l’utilisation des 20 %…
    Rob  •                                                                      Perso, le collège a été une perte de temps. resté assis du matin au soir des années à ne rien faire. la période d’acquisition a été les 2 premières années du primaire et les 3 années de Lycée, et Nul de chez Nul entre. François  •                                                          Quand on ne sait pas où on va, on revient d’où on vient. Quand on casse une organisation qui marche pour la remplacer par une organisation qui ne marche pas, on revient à l’organisation qui marchait, ce n’est pas ringard !
    Ainardi  •                                                             mais n’est ce pas ce qui est déjà en place !!!! il me semble que les profs font une pré rentrée pour justement mettre en place les emplois du temps de toutes les classes
    Boy  •                                                                    Et sinon une question à Belkacem: – A partir de quand les enfants vont finir leurs études en maîtrisant parfaitement le Français ( lu, écrit et parlé)????
    tvox  •                                                                 Il faut arrêter avec ce clivage enfant de cadre/ enfant d’ouvrier . Il ya de moins en moins de cadre ( trop chèr ) et de moins en moins d’ouvrier ( désindustralisation )
  • @MethodeDisctable:                                                      Apprendre plusieurs langues ne doit pas être juste utile dans le monde du travail. Pensez plutôt au peu de choses que vous avez appris à l’école et qui vous sert dans votre vie professionnelle. L’école doit donner des connaissances de base, une culture, un gout pour l’apprentissage et des outils pour chercher, raisonner et satisfaire sa curiosité. Elle aide à rendre notre cerveau plus performant en le faisant fonctionner sur de multiples matières. Étudier plusieurs langues avec des structures et des logiques différentes participe à cette découverte et facilite l’ouverture à d’autres cultures (Allemand, Chinois, Russe…). Et nous avons bien besoin aujourd’hui que la société évite de se replier sur elle même. Ces réformes vont dans le bons sens: ne pas laisser les enfants seuls avec leurs difficultés grace au soutien personnalisé, favoriser le travail de synthese pluridisciplinaire en équipe (qui sera le fonctionnement en entreprise), au détriment sans doute d’un allègement de certains programmes. Mais que reste-t-il franchement des matières apprises par bachotage après quelques années ?

    –                                                        Encore une nouvelle réforme, à chaque changement, les ministres se sentent obliger de modifier ou d’inventer quelque chose de nouveau. ils veulent certainement prouvé ce pourquoi ils sont payés. Et qui c’est qui en pâtisse…les profs, les élèves et les parents. Les profs ont déjà du mal à sortir la tête hors de l’eau, et voila qu’on leur rajoute une charge de travail en plus. Les élèves, eux, sont tirés de plus en plus vers le bas. On les appauvrisse et on les enfonce de plus en plus vers l’échec scolaire. Quand va t-on arrêter ce marasme scolaire?

    –                                                On n’a jamais vu un âne rattraper un cheval de course, la société à besoin des deux, un âne diplômé reste un âne

    –                                                  Pourquoi ne pas lui poser un problème avec la règle de trois comme à Darcos sur C+ il y a quelques années. Je vous fiche mon billet que cette ministre au langage technocratique se plante!

    –                                              Le fond du problème est simple, je suis enseignant et deux mesures me suffiraient pour mener à bien ma mission au collège : rétablir l’autorité de l’enseignant et avoir des classes moins chargées.                               Le nivellement par le bas est en route depuis 46 ans soyons clair, le collège unique en est son meilleur exemple

    –                                            entièrement d accord avec vous en plus pensez que certains n’ont pas internet

    –                                                            Et vous que feriez vous?Je vois beaucoup de critiques de ça et de là, et ç est bien. C est la liberté d expression, mais en terme de propositions,qu avez vous? Rien? ç est normal nous sommes français et n’avons donc jamais d idées, nous ne savons que râler, ronchonner. Et ç est bien là le problème du bon peuple francais, trop d égoïsme, peu de réflexion et pas d envie…comment avancer comme cela? Mystère.

    –                                          Une réforme théorique , menée vpar NVB , qui vient sur les Indes de valider le voile pour les mères accompagnatrices des sorties scolaires, qui vient de valider le voile à l’Université , ouvrant un boulevard pour les associations politico/religieuses, Elle justifie le nombre de candidats aux postes de professeurs par une plus grande attraction alors qu’il n’y va que deux raisons , l’augmentation du chômage des jeunes diplômés et la facilité avec laquelle on peut devenir professeur malgré un niveau très bas , ce qui rattrape beaucoup de candidats. Une discrimination par l’argent alloué , les enfants ne sont plus égaux suivant leur lieu de vie ou de cours,nombre d’élèves par classe etc…bien sur , cela est généreux , mais le problème est ailleurs ,tout le monde le sait.

    –                                                           Et si on arrêtait les grandes idées vaseuses et qu’on se reconcentrait sur les fondamentaux, cela permettrait à tout le monde : élèves, professeurs, parents de savoir où on va et de rétablir la confiance…et puis au passage si il y’a des profs qui me lisent : par pitié arrêtez de demander des recherches internet, utilisons les livres scolaires!

    –                                           Les élèves ne savent déjà pas écrire le français… Alors une 2ème langue étrangère… C’est de l’utopie… Et sans intérêt au collège. Moralité les élevés « moyens » arriveront au bac, moyens en français, pas très bons dans leur 1ère langue et carrément mauvais dans la seconde… Qui ne leur servira donc a rien. Quel bagage…

    –                                                                Une deuxième langue étrangère ? Ne faudrait-il pas, d’abord, travailler la première langue : le français !

    –                                                               Administrer c’est anticiper et prévoir. Réformer c’est clarifier les problèmes , établir pourquoi, pour qui, quand, par qui? Enseigner n’est pas simplement transmettre c’est aussi la volonté et la capacité de transmettre des connaissances que l’on maitrise, enfin quid du collégien? Il n’est pas un volatile que l’on gave pour quelques agapes intellectuelles futures. Il doit avoir l’envie et les moyens d’apprendre et pouvoir anticiper sa vie. Pour réformer le collège, étape intermédiaire des cursus, il faut connaitre avec quels maîtres ayant quelles formations, quelles connaissances et pour quels élèves qui feront quoi ensuite?

    –                                                               Ils n ont tjrs pas compris que les gosses avaient trop de matières…

    – ,                                              A l’heure où les politiques sensés demandent aux ados de savoir lire et écrire autre chose que des SMS et compter sans calculette, madame Belkacem veut transformer les programmes des collèges en souk arabe en entassant les connaissances non structurées et en imposant une transversalité qui nécessite une connaissance approfondie de chacune des matières. Après la justice puis la santé ce gouvernement s’attaque au troisième pilier de la république: l’éducation.

    –                                                                Elle est tres loin de la realité cette ministre! elle n’a pas d enfant scolarisé pour sortir des trucs pareils!: déja NON madame tous les enfants ne font pas 2eme langue à partir du cp, toutes les écoles n’en ont pas les moyens. Et 2e, mettre une troisième langue alors qu ils savent meme pas maitriser leur propre langue c’est utopique! La meilleure réforme qui pourrait etre c’est revoir la méthode d’apprentissage du français (pourquoi nos parents et grand parents ne font ils pas de faute????) et leur apprendre des choses utiles quand on voit que chaque année ils se refont le programme en histoire depuis la nuit des temps faudrait peut etre évoluer!!!!

    Jean De Beauvais                                                           je lis : « les maths (calculer les temps de parcours à cheval et en train) »;    super,ça demande environ 2 minutes de réflexion (et encore!)   ouahou!! ça c’est de la pédagogie! on est sauvé!
    crozat CROZAT crozat CROZAT                                  Hier soir, collège du 93 en ZEP: un élève passe en conseil de discipline pour conduite déjantée; il a été reconnu par le médecin scolaire comme souffrant de graves troubles psy ! il perturbe tous les cours, a mis à sac le bureau du principal, menace et brutalise les élèves: résultats: RIEN! même pas une obligation de soins et on le garde en classe car la mère ne veut pas que le petit chéri s’éloigne d’elle!

    Conseil aux profs: poussez le à la faute grave pour qu’il soit enfin pris en charge! Rien de nouveau!
    Les itinéraires de découverte d’il y a 15 ans étaient exactement les ateliers pluridisciplinaires!
    La 2ème langue en 5ème est déjà pratiquée même en Seine saint Denis et autant d’élèves ne maîtrisent pas le français au collège!
    Toujours rien pour remettre à niveau les 15% qui ne possèdent pas les fondamentaux eu 6ème

    Cyril Inc Cyril Inc                                         EPI= 3 élèves avec 3 professeurs pendant un trimestre: c’est une blague ? La réalité donnera plutôt des groupes de 15-20, et les cours ‘de base’ en français, maths… à 30-35. Sinon, je ne vois pas comment cela serait financé.
    Quant à l’aide personnalisée, dans mon lycée pro elle concerne des groupes de 10 à 15, qui ne peuvent pas être regroupés selon leurs besoins pour des raisons d’organisation. A côté, j’ai une vingtaine d’heures avec 30 élèves pour travailler sur les philosophes des Lumières, en devant privilégier l’oral…

    Pour ma fille, au collège, l’aide se fait également en demi-classe. Mais on nous explique qu’on peut prévoir 2 à 3 activités différentes que les élèves feront en parallèle selon leurs besoins. Comme ils sont tous calmes, c’est facile…

    Le facteur déterminant de tout changement sera les contenus « réalistes ». J’attends de voir s’il y aura une meilleure efficacité des programmes, qu’on arrête de survoler des thèmes importants sans pouvoir analyser les enjeux plus importants.

    Jean-marie Pouthe                                                moi je , je veux . oui mais ne faudrait il pas que les élèves commencent par parler correctement le français ?                              tout ministre veut sa réforme . la réforme belkacem , une de plus , là aussi un vrai millefeuilles . une réforme qui succède à une autre, comment s’y retrouver ?
    Federico Balcazoli Federico Balcazoli                               Toujours plus de gadgets, comme d’habitude… Il est à craindre que l’on nous fasse le coup d’une réduction des contenus exigibles en vue d’une amélioration artificielle des statistiques, actuellement calamiteuses.
    Georges Salles Georges Salles                                 Et si on revenait aux bonnes vieilles méthodes d’avant 68
    DANIEL 74                                                                 Ecole en danger                              Claude Allègre a essayé de sauvé le mammouth, ce n’est pas le collège qu’il faut changer mais l’organisation démente de notre éducation dite nationale qui ne forme que des chômeurs ayant oublié la concurrence et l’éffort. Depuis Haby les hussards de la République ont fuit le combat pour laisser le terrain aux fainéants et manifestants ! Et si l’examen d’entrée en 6 ème remplaçait la pochette surprise nommée BAC ? La priorité de l’instruction : savoir lire, écrire et compter en Français ! Pour cela faut-il un bac plus cinq pour torcher des mômes abandonnés par leurs parents ?
    nemo9                                                                       35 années d’enseignement                     Un DUES de Physique Chimie, une maîtrise de mathématique en recherche dans les années 70 et 8 établissements différents comme titulaire, j’ai une expérience de l’enseignement qu’elle n’a pas. Il y a une grande réforme à faire en effet, le silence et l’attention.

    Que les élèves se taisent en cours, qu’ils ne parlent pas avec leur voisin, qu’ils ne consultent pas leurs SMS, qu’ils écoutent les enseignants c’est la condition première de la réussite.

    N’en déplaise à la ministre un professeur médiocre dans le silence aura de meilleurs résultats qu’un professeur brillant essayant sans y réussir de couvrir la voix d’élèves excités se lançant des flèches en papier !

    Savez-vous que les sanctions dépassent rarement 3 heures de colle le mercredi ce qui permet en moyenne à un professeur de sanctionner une fois toutes les 3 ou 4 semaines ?
    Savez vous qu’un de mes élèves, gentil au demeurant dans mes cours, m’a dit en mai que même s’il allait à toutes les colles il n’y avait pas assez de mercredi jusqu’à la fin de l’année pour toutes les faire ?
    Rétablissez la discipline républicaine et vous verrez remonter les résultats aux tests PISA.

    Vivjg59                                                                         PROCEDONS PAR ORDRE                 La première mesure à mettre en oeuvre doit concerner le primaire afin de voir arriver au secondaire des jeunes qui savent lire et écrire et bien se tenir.
    graindesel                                                                   Hum…   Nous sommes de plus en plus loin du « TOUR DE FRANCE PAR DEUX ENFANTS »… et les élèves sont… XXX !
    arto04                                                                              Machine à écraser

    Ils persévèrent à forcer tous les élèves à fréquenter des classes hétérogènes, et ils mettent en place des « suivis » personnalisés. Pourquoi cet aller-retour inutile ? Ne peut-on pas proposer un cursus adapté aux capacités de chacun ? Les projets interdisciplinaires ont déjà existé : travaux croises, itinéraires de decouverte… A chaque fois, ils ont été mis en place en ponctionnant des heures de cours aux matières fondamentales. On voit les résultats avec Pisa. (mais bon, supprimer des heures de math, cela permet de contrebalancer la crise du recrutement, et puis des pipologues ça se trouve beaucoup plus facilement que des bac+5 en math) De plus, ces heures ne font rien apprendre aux élèves, elles permettent juste une sympathique illustration des cours classiques. Elles ne développeront pas les capacités intellectuelles des collégiens, mais la stratégie d’évitement du travail personnel pour nombre d’entre eux. Espérons qu’il ne faudra pas noter sur 20 la production des élèves ce serait grotesque. Bref une réforme de plus, qui persévère dans la voie pedagogiste bientôt quarantenaire qui nous a menés là où on en est…

  • paris76                                                                          J’ai vraiment du mal à comprendre qu’on ne parle pas de mettre en place des cours d’éducation civique « renforcés » pour faire de ces collégiens de futurs citoyens ! quoi j’ai dis une bêtise..?

    Ha si, autant pour moi, peut être parce que le civisme, au même titre que la démocratie, est une notion toute relative pour le régime socialiste en place depuis bientôt 3 ans…

  • Avatar Viviane M                                                        Personnellement, je suis convaincue de la pertinence de l’approche de la ministre. Je suis convaincue du bon diagnostic. En particulier, sur la nécessité d’arrêter les doctrines pédagogiques inappropriées venant de personnes qui n’ont pas vu un enfant de puis 10 ans, et former et accompagner les enseignants pour en faire des experts capable de faire progresser chaque enfant en particulier et toute la classe en général.

    Il faut voir le détail. En particulier, ce que la ministre propose pour les enfants qui ont un besoin spécifique (différences cognitives importantes, et/ou lacunes fortes en lecture ou expression).
    Je suis incapable d’évaluer la capacité de mobiliser de ceux qui s’arqueboutent aux 100% disciplinaires. (Je suis favorable au 85% disciplinaires sur des disciplines élargies, et 15% de travaux d’ouverture d’esprit et de vivre ensemble).

  • Avatar Elsa Lavoisy                                             « Oh les paroles les paroles les paroles » … Marre marre marre ! Le collège unique doit évoluer, franchement! Qui aura le cran de le dire, mais surtout de le faire?

    Je pense que nous avons trop longtemps laissé aux dirigeants le soin de décider de ce qu’il fallait faire pour solutionner un problème. Prenons la direction des opérations !
    Ici un site où parents et professeurs proposent, on vote et on soumet aux décideurs : http://www.parentsprofesseursensemble.org/

    allez voir moi j’ai voté c’est intéressant !

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