L’avenir est en marche

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Pourquoi la planète manque de femmes ?

C’est une norme biologique immuable : il naît chaque jour, sur terre, un peu plus de garçons que de filles – 105 pour 100, selon les statistiques. La surmortalité masculine à chaque âge de la vie compense ce léger excédent. Mais la biologie n’explique pas tout : en 1990, l’Indien Amartya Sen, futur Prix Nobel d’économie, lançait dans la New York Review of Books un cri d’alarme à l’écho mondial : « Plus de 100 millions de femmes manquent à l’appel », et leur absence, qui n’a rien de naturel, est un drame planétaire.

L’Asie est alors particulièrement visée, avec une surreprésentation anormale des garçons qui suggère que nombre de fœtus de sexe féminin sont éliminés avant la naissance. Les Balkans et le Caucase connaissent le même phénomène au milieu des années 1990 après la chute de l’Union soviétique. Au-delà des traditions patriarcales, impliquant souvent de moindres soins aux petites filles, ce sont aussi des progrès technologiques, comme l’accès aux échographies, permettant de connaître par avance le sexe de l’enfant, qui contribuent à accentuer le déséquilibre initial.

L’Afrique compte autant de femmes que d’hommes : depuis la naissance, où la moyenne est de 103 garçons pour 100 filles, jusqu’à l’âge adulte, où l’on compte autant d’hommes que de femmes.

Cette équivalence cache cependant une inégalité : plus touchées par le sida et les épidémies, et très concernées par la mortalité maternelle, les femmes vivent seulement trois ans de plus que les hommes, contre sept ans en Europe.

A l’âge adulte, c’est moins le poids du patriarcat que des phénomènes économiques et politiques qui redessinent la géographie mondiale des hommes et des femmes. Certains déséquilibres s’expliquent par les flux migratoires : par exemple, le départ des hommes d’Amérique latine pour l’eldorado que représentent les Etats-Unis laisse ainsi de nombreuses femmes seules dans leur pays d’origine. De même, l’arrivée massive de travailleurs masculins dans les pétromonarchies du Golfe a pour conséquence un déséquilibre des genres qui s’accompagne d’une quête complexe d’identité dans des pays où les expatriés forment jusqu’à 80 % de la population…

Les guerres même civiles touchent davantage les hommes. A quoi ressemblera la Syrie au sortir d’une guerre qui a pour l’instant fait 200 000 morts, dont plus de 80 % d’hommes ?

195019561962196819741980198619921998200420104042.54547.55052.5Part des femmes dans la population mondiale, en %

Sources : C. Z. Guilmoto, “ La parenté, le marché et l’Etat face à l’aversion pour les filles en Asie ”, Hérodote, 2010 ; “ La masculinisation des naissances en Europe orientale ”, Population & Sociétés, INED, 2013 ; D. Bauer “A story of drinkers, genocide and unborn girls”, qz.com ; I.Attané, “ L’Asie manque de femmes ”, Le Monde diplomatique,2006 ; Banque mondiale ; ONU ; Le Monde.

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Journée des droits des femmes: dix exemples qui prouvent qu’elle n’est pas (encore) inutile

Chaque année, c’est le même débat dans les rédactions : faut-il parler de la Journée de la femme ? D’ailleurs, comment s’appelle cette manifestation au juste ? Journée internationale de la femme, Journée internationale des droits des femmes… Au-delà de la sémantique, certains mouvements féministes s’interrogent : pourquoi consacrer une journée au sexe féminin ? Cela signifie-t-il que tous les autres jours de l’année sont réservés aux hommes ? Pour que l’égalité entre les deux genres aille de soi, ne faut-il pas en finir avec ces vieux symboles hérités du début du 20e siècle ?

Reste que dans nombre de pays, cette journée consacrée aux droits des femmes (et non à une représentation stéréotypée de la femme avec ses corollaires sexistes, cadeaux, roses et parfum), n’est pas un luxe, loin s’en faut. Elle permet de rafraîchir la mémoire sur le chemin qui reste à parcourir en matière d’égalité des sexes. La preuve en dix exemples.

1Au Soudan, les femmes n’ont pas le droit de célébrer cette journée

Preuve que cette journée a encore du sens dans certains pays : au Soudan, les femmes n’ont pas pu célébrer leurs droits l’année dernière. Un retour en arrière dans cet Etat puisque l’évènement avait eu lieu sans incidents chaque année depuis huit ans. Mais en 2014, les autorités soudanaises ont refusé d’autoriser un rassemblement à Khartoum, sans réellement se justifier. Pour l’édition 2015, rien n’a été précisé.

2En Arabie saoudite, les femmes n’ont toujours pas le droit de conduire

Elles devraient enfin acquérir le droit de vote cette année (l’Arabie saoudite est le dernier pays du monde à accorder un droit de vote aux hommes mais pas aux femmes). Mais les Saoudiennes n’ont toujours pas le droit de conduire et s’exposent à la prison si elles bravent cette interdiction. A défaut, elles ont gagné en mars 2013 le droit de faire du… vélo.

Un chanteur a décidé de les soutenir sur internet, en interprétant No Woman, No Drive, un détournement de Bob Marley.

Le Washington Post et Slate ont listé les restrictions les plus ridicules des droits des femmes à travers le monde. Sachez qu’en Russie, la gent féminine n’a pas le droit de conduire des camions agricoles. En Biélorussie, l’interdiction porte sur les scooters des neiges.

3En Afghanistan, les filles ont du mal à aller à l’école

L’émission « Envoyé spécial » en faisait le constat en 2013 : malgré la chute des talibans en 2001, étudier reste un combat de tous les jours pour les Afghans, surtout pour les jeunes filles. Tout est bon pour décourager leur accès à l’éducation. Selon un rapport de l’ONU (en anglais), plusieurs incidents d’empoisonnement et d’attaques à l’acide contre des écolières ont été relevés dans le pays entre 2012 et 2014.

L’Afghanistan n’est pas un cas isolé : les Nations unies ont recensé des attaques contre des écoles dans au moins 70 pays ces cinq dernières années et nombre d’entre elles ont visé en particulier des filles.

4Aux Etats-Unis, les femmes gagnent 23% de moins que leurs collègues masculins

Outre-Atlantique, l’actrice Patricia Arquette a fait mouche lorsqu’elle a lancé aux Oscars : « Il est temps pour nous les femmes, d’obtenir l’égalité salariale et l’égalité des droits aux Etats-Unis! » L’écart salarial y atteint 23%.

Mais c’est loin d’être le seul pays concerné par cette discrimination. La France, avec une différence de 15,2%, se situe dans la moyenne européenne. Selon des statistiques Eurostat publiées jeudi 5 mars, l’Estonie compte l’écart de rémunération entre hommes et femmes le plus élevé dans l’UE, à hauteur de 30% en 2013.

Davantage exposées au chômage et au temps partiel, sous-éduquées, les femmes représentent 70% des pauvres dans le monde, selon les chiffres de l’Institut national des études démographiques.

5Au Mozambique, une fille sur deux de moins de 18 ans est mariée de force

Comme le souligne une députée britannique sur son blog, ce pays a l’un des taux les plus élevés de mariages forcés de mineures, avec une fille sur deux âgées de moins de 18 ans conduite de force à l’autel. Le Mozambique n’est pas le seul pays d’Afrique concerné par ce phénomène. France 24 consacrait fin 2013 un long reportage sur cette tradition très ancrée au Cameroun.

D’autres régions du monde sont concernées, du Moyen-Orient à l’Asie du Sud. Si les mariages forcés et précoces sont en recul dans le monde, selon l’ONU, 700 millions de femmes ont été mariées alors qu’elles étaient enfants. Pour l’ONG Care cela donne cette statistique effrayante : chaque jour, près de 39 000 filles sont mariées de force, soit environ une fille toutes les deux secondes.

6En Somalie, 98% des femmes entre 15 et 49 ans ont été excisées

Un triste record. Avec 98% des femmes entre 15 et 49 ans qui ont été excisées, la Somalie est le pays où cette pratique est la plus répandue dans le monde. Viennent ensuite la Guinée avec 96%, Djibouti avec 93%, puis l’Egypte, avec 91%.

L’excision consiste en l’ablation des organes génitaux externes féminins. Cette pratique décline, mais lentement. Plus de 125 millions de filles et de femmes dans le monde sont excisées et 30 millions de petites filles pourraient connaître le même sort dans les dix prochaines années, estime l’Unicef.

7En Iran, des femmes « mal voilées » sont attaquées à l’acide

Fin octobre 2014, plusieurs médias s’en sont fait l’écho : durant ce mois, au moins quatre femmes ont été attaquées à l’acide par des hommes à scooter alors qu’elles circulaient en voiture dans la ville d’Ispahan, en Iran. L’une a été brûlée aux mains et au visage, une autre a perdu un œil. Selon Le Figaro, ces agressions pourraient être la conséquence d’un projet de loi en cours, qui encourage les citoyens à veiller à ce que les femmes portent bien le hijab, obligatoire dans le pays depuis 1979.

8Au Chili, l’avortement est totalement interdit

Le Chili fait partie des sept pays d’Amérique latine qui interdisent totalement l’avortement. Il y est passible de cinq ans de prison pour les femmes, et trois ans pour les médecins. Fin janvier, la présidente Michelle Bachelet a présenté un projet de loi pour l’autoriser en cas de danger pour la vie de la femme, malformation du fœtus, et viol.

L’interdiction totale de l’IVG reste rare dans le monde, nombre d’Etats l’autorisant au moins sous conditions (le risque vital étant le premier argument). En Europe, par exemple, Malte le prohibe complètement alors que l’Irlande l’autorise si la vie de la mère est en danger. Dans les pays où il est acquis, le droit à l’avortement n’en est pas moins menacé. En Espagne, le gouvernement conservateur voulait restreindre son accès. Face à la polémique, il a néanmoins revu sa copie.

9En Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes

Dans ce pays de plus de 1,2 milliard d’habitants, les violences sexuelles envers les femmes sont légion. Comme le rappellent nos confrères de Géopolis, une femme y est violée toutes les 22 minutes dont une sur trois qui a moins de 18 ans. En décembre 2012, le viol suivi de la mort d’une étudiante dans un bus de New Dehli, avait fait scandale. Depuis, le gouvernement a voté une loi qui prévoit une peine de 20 ans minimum en cas de viol en réunion. Mais l’impunité continue de régner et ni les maris, ni la police ne peuvent être poursuivis pour viol. Récemment, c’est un chauffeur de la société Uber qui a été accusé de viol.

Les violences sexuelles, dans le monde, sont à 75% subies par les femmes, selon l’ONU. Elles sont souvent une arme en cas de conflit. Plus globalement, l’ONU prédit qu’une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie. Le plus souvent (86%) de la part d’un proche.

10En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint

Ce qui vaut pour les violences sexuelles vaut pour les violences tout court. Dans le monde, plus de la moitié des femmes victimes d’homicide sont tuées par leur conjoint, ex-conjoint ou compagnon, rappelle l’ONU sur son site. En Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, ce taux varie de 40 à 70%, selon l’OMS. En Colombie, une femme est tuée par son compagnon ou ex-compagnon tous les six jours.

En France, c’est tous les trois jours qu’une femme meurt sous les coups de son conjoint. Le gouvernement prévoit de systématiser le dépôt de plainte dans les cas de violences conjugales, pour généraliser les poursuites judiciaires.

Machos, les médias?

 LEXPRESS.fr

A l’occasion de la 38e journée de la femme, PressEdd publie un nouveau rapport démontrant que les femmes sont toujours sous représentées dans la presse. Les femmes politiques sont davantage exposées, contrairement aux sportives.

Machos, les médias?

Selon un classement de Press Edd, seulement 18% de femmes auraient été citées dans les médias en 2014.         DR

 

 

 

La loi de l’égalité homme-femmea beau être passée en août dernier, aucun amendement ne stipule la parité en une des journeaux. La plateforme Pressedd a réalisé un classement mixte des 100 personnalités dont la presse a le plus parlé cette année, en prenant en compte les catégories politiques, d’art, de culture et spectacles, et de sport. Comparé aux résultats de l’an dernier, la représentation des femmes dans les médias a un peu baissé. Les femmes ne représentent que 19,2% des citations dans la presse.

18 femmes pour 100 dont 13 politiques

Selon Pressedd, « avec seulement 18 personnalités féminines, 2014 marque le sensible recul de la couverture médiatique des femmes par rapport à 2013 (25 femmes) et ce, malgré la mobilisation des institutions et du monde associatif en faveur de la parité. » Sur ces 18%, 13 animent la vie politique française. De tels écarts conduiraient à penser que tenir « un rôle national semble indispensable pour émerger dans les 20 premières personnalités. »

Christiane Taubira qui avait bénéficié d’une « surmédiatisation » en 2013 » en raison du mariage pour tou, était parvenue à la 8e place du classement des personnalités les plus citées de l’an dernier. En 2014, Ségolène Royal et Marine Lepen accentuent la féminisation du top 10 en étant respectivement en 4e et 5e position.

Le machisme au plus fort dans le journalisme sportif

Deux femmes figurent parmi les 100 premières personnalités sportives les plus citées en 2014. Un chiffre maigre mais fort de sens. Toutes deux joueueses de tennis, les « heureuses élues » sont la numéro 1 française Alizé Cornet, (et 19e au niveau mondial) et Caroline Garcia .Quid des autres disciplines?

Dans le milieu de la culture, ce n’est guère mieux. Seulement 12 femmes sont représentées dans le top 50 des personnalités des arts et du spectacle. Et les deux premières femmes à apparaître dans ce classement « Art » sont Valérie Trierweiler et Julie Gayet. On peut y voir une certaine logique puisque l’homme le plus cité par les médias, toutes catégories, est évidemment François Hollande.

Etude réalisée sur un an, parmi 60 000 articles de quotidiens et magazines français, nationaux et régionaux, publiée le 3 mars 2015 sur http://www.edd.fr.

Journée internationale des droits des femmes 2015: après Beyoncé, Nicki Minaj, Miley Cyrus, qui seront les nouvelles féministes

FÉMINISME – Ils sont 30 à occuper le petit panthéon que Johanna Luyssen, journaliste à Libération a imaginé dans son livre, « les 30 féministes que personne n’a vus venir« , sorti trois jours avant le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes 2015. Au programme, Nicki Minaj, Kurt Cobain, Jane Austen ou encore Lucien Newirth. C’est sûr, on ne les avait pas vu venir, et il y a fort à parier que, parmi eux, certains refuseraient même l’appellation de « féministe ». Mais, c’est oublier qu’aujourd’hui, « féministe » n’est plus le gros mot qui il y a quelques mois encore écorchaient certaines oreilles.

Dans ce livre, nulle Olympe de Gouge, nulle Simone de Beauvoir. Non pas par snobisme de l’auteure mais plutôt pour dépasser ces figures tutélaires et pouvoir regarder le reste du monde d’un oeil neuf. « Beyoncé a-t-elle le droit d’écrire des tribunes sur l’égalité salariale pour ensuite se trémousser sur une chaise, comme aux plus riches heures de Guesh Patti? », se demande Johanna Luyssen pour qui la réponse est oui. A nous de distinguer, le personnage de scène et la femme. Inutile de chercher à décerner des brevets de féminisme, il s’agit plutôt de montrer que l’égalité entre les sexes est une oeuvre collective, plurielle et complexe, une somme d’individus très différents. Une vision du féminisme aussi déculpabilisante que rafraîchissante qui vient couronner une petite révolution qui a eu lieu en 2014.

Une vision du féminisme qui agace

Au départ, tout est une question de vocabulaire. Souvenez-vous des Destiny’s Child, au début des années 2000, elles s’affirmaient « Independant Women » en se prenant pour des drôles de dames et jouaient les « Survivor », rescapées sexy d’une liaison amoureuse toxique. Avant elles, les Spice Girls avaient largement préparé le terrain avec un « Girl Power » brandi à tout bout de concert et à grands renforts de paillettes. A la fin de la décennie précédente, des figures féminines très fortes apparaissent aussi dans les séries télé au travers de personnages comme l’ambitieuse avocate Ally McBeal ou de Buffy la tueuse de vampires dont « le féminisme est loin d’être factice » selon Johanna Luyssen.

Tout progressif que s’opère cet intérêt pour les femmes puissantes, il est clair que cette vague d’émancipation et d’affirmation a connu un retour de flamme en 2014. Le féminisme est devenu cool, rebaptisé pop féminisme ou féminisme pop. Plus question de s’imposer en chantre du girl power, on s’affiche désormais féministe. C’est même devenu une pré-requis pour les jeunes actrices/chanteuses/mannequins/autres à qui l’on pose la question dans toutes les interviews. Gare à celles qui comme l’actrice Shailene Woodley n’auraient pas à portée de main définition du féminisme et conseils à donner au reste de la gente féminine. Une vision du féminisme qui agace par sa légèreté et ses messages parfois contradictoires mais dont le pouvoir de séduction est très puissant.

féminismeBeyoncé, Miley, Lena et Emma

Comme le rappelle le Telegraph dans un article sur la façon dont le féminisme a conquis la pop culture, c’est Beyoncé qui a ouvert le bal en publiant en janvier 2014 une tribune intitulée « L’égalité des genres est un mythe ». L’objectif, que les deux sexes s’engagent pour que les femmes puissent « accéder à 100% des opportunités qui se présentent ».

Dans les mois suivants, dans les pays anglo-saxons en particulier, la sortie du livre de Lena Dunham, la créatrice très branchée de la série Girls réussit à entretenir la flamme déjà attisée par l’essai controversé publié en 2013, par Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook, « En avant toutes! ». Lena Dunham parvient même à convaincre Taylor Swift, la chanteuse, reine des charts de 2014, qui disait ne pas se considérer féministe quelques mois plus tôt.

Tout s’accélère en fin d’année quand l’actrice Emma Watson, jusqu’alors surtout connue pour son rôle dans la saga d’Harry Potter monte à la tribune de l’ONU pour demander aux hommes de s’engager dans le combat pour l’égalité. Son discours sera visionné et partagé plus de 11 millions de fois. « J’ai décidé de devenir une féministe », affirme-t-elle en se demandant pourquoi ce mot jouit d’une si mauvaise réputation. Beyoncé, elle, ne se pose pas la question. En septembre, elle affiche ce mot en grandes lettres sur scène.

Des modèles de « mauvaises féministes »

Surfant sur la vague de Queen B., Miley Cyrus s’y est mise elle aussi, clamant à qui voulait l’entendre qu’elle désirait apprendre aux femmes à n’avoir peur de rien. Poses lascives, tenues provocantes et formules toutes faites, les attributs de ces stars sont critiquées voire mises en opposition avec leur engagement en faveur de l’égalité des sexes. « Le féminisme a besoin de champions populaires et de modèles, en particulier à l’heure des médias sociaux », affirmait le Telegraph pour expliquer le « retour de hype » du fameux terme et ce que certains appellent la troisième vague du féminisme. Pharrell Williams et Joseph Gordon Levitt se renvendiquent eux aussi féministes convaincus.

« Il est important de s’approprier le mot : musique, séries, romans, le féminisme est partout et de plus en plus courant », explique Johanna Luyssen contactée par Le HuffPost. Ainsi, elle n’hésite pas à défendre le clip Anaconda de Nicki Minaj reconnaissant avec humour que la chanteuse « ne se pose pas comme une figure intellectuelle de premier plan » mais que « le féminisme de Nicki Minaj nous dit ceci : mon cul m’appartient« . Une position qui n’est pas sans rappeler celle de Roxanne Gay, une essayiste américaine d’origine haïtienne qui a publié à l’été 2014 un texte intitulé « Bad feminist ».

“Je revendique le label de mauvaise féministe parce que je suis humaine. Je suis bordélique. Je n’essaie pas d’être parfaite. Je ne dis pas que j’ai réponse à tout”, écrit-elle dans l’introduction à son essai. « Le féminisme appartient à tout le monde », abonde Johanna Luyssen. Vous ne vous reconnaissez pas le féminisme de Beyoncé? Ni dans celui de Simone de Beauvoir? Et dans celui de Kurt Cobain ou du rappeur 2Pac? De Charlie Hebdo? Les nouveaux féministes, tout compte fait, ce sont peut-être nous. Des personnes loin des lumières de la scène qui pouvons maintenant le faire redescendre dans la rue.

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Gigi « la râleuse », une ouvrière dans un monde d’hommes

Ghislaine Tormos a réussi à se faire une place dans l’univers très masculin de l’usine PSA d’Aulnay. Dans Le salaire de la vie, elle raconte sa lutte contre la fermeture du site et ses rapports avec les hommes au travail. Portrait, à l’occasion de la Journée pour les droits des femmes.

Gigi "la râleuse", une ouvrière dans un monde d'hommes
Ghislaine Tormos, ouvrière, monitrice d’atelier chez PSA à Aulnay, a dû faire sa place dans un monde d’hommes.                    © Sophie Daret

Six tonnes de pièces métalliques à soulever par jour « pour donner à manger aux robots », 420 minutes de concentration à tenir au quotidien, des horaires en 2×8: 6h46-14h37 une semaine, 14h37-22h28 la suivante… Agée de 38 ans en 2002, veuve et mère de trois jeunes enfants, Ghislaine Tormos* découvre un rythme « pensé et conçu par des hommes, pour les hommes », en arrivant à l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Elle est dépêchée par l’ANPE d’alors, avec une douzaine de chômeuses, à l’atelier ferrage du constructeur. PSA veut alors établir la parité en ses murs. Ghislaine occupe le poste très physique de CMI, conducteur de moyens industriels. L’entité compte 1200 salariés, dont trois femmes. Gigi, comme on l’appelle, est l’une des trois à tenir le coup et à réussir le certificat de branche, sésame du CDI. Six ans plus tard, elle est la seule « monitrice » de l’atelier promue au coefficient ouvrier P3, supervisant six opérateurs sur une ligne de montage stratégique du ferrage. A la fermeture du site, elle rejoint, il y a un an, l’usine de Poissy (Yvelines) au même poste.

« J’ai dû distribuer des claques »

Déjà, lorsqu’elle était extra dans la restauration avec un bac et un CAP d’esthéticienne, « Gigi » ne mâchait pas ses mots. Elle travaillait comme serveuse en brasserie ou chef de rang à Toulon dans des cinq étoiles, à l’organisation militaire qui ne pardonne pas. « J’ai dû distribuer des claques en cuisine pour stopper les gestes déplacés, raconte-t-elle. Et quand un soir, j’ai vu le chef m’attendre dans sa décapotable avec une bouteille de champagne, j’ai compris. Je suis partie. »

Elle n’a pas retrouvé cette vulgarité dans l’automobile, même si elle y était vue comme une bête curieuse, les anciens trouvant que ce n’était pas un métier « de filles ». D’autres ont eu aussi des mots crus. Gigi a dû recadrer son tuteur à la limite de l’insulte après une erreur de sa part. « Plus jamais tu ne t’adresses à moi sur ce ton, sinon je t’en colle une!… Je suis ici pour apprendre », se souvient-elle avoir lancé. Devant les autres, il est resté penaud. Le plus délicat a été de s’imposer ensuite face à « ses six gars » sur la ligne, dont certains rejetaient un management féminin. Opiniâtre, elle a tenu tête, leur refusant son aide « tant que tu ne me reconnaîtras pas comme moniteur ».

« Durant la lutte, j’ai appris à écouter »

Ghislaine ne craint pas les bras de fer, mais il faut que la cause soit juste. « Je ne défends pas l’indéfendable », insiste-t-elle. Adhérente puis déléguée du personnel du syndicat maison, le SIA, elle n’a pas hésité, fin 2012, à se lancer dans une grève avec les cégétistes, exprès pour le brusquer. Elle clame tout haut ce que les hommes ressentent, le mal aux poignets, aux bras, au dos, la fatigue et tout ce qui dysfonctionne.

Grande gueule, « la râleuse » comme on l’appelle, n’est pourtant jamais agressive. Elle sait jouer du second degré ou de l’ironie. Elle assimile vite et aime ça, découvrir, comprendre. On reconnaît qu’elle a des idées. « Durant la lutte, j’ai appris à écouter, à analyser, à rester courtoise, quitte à flatter un peu pour me faire entendre », note-t-elle. Le mordant vient en dernier recours.

La « pote de boulot »

Maman, grande soeur, confidente. L’ouvrière-monitrice, qui aime rire et profiter de la vie, est devenue au fil du temps une « pote de boulot ». Les hommes, ces taiseux de la ligne à Aulnay qui ont des soucis au travail ou à la maison, l’interpellent au briefing du matin, afin qu’elle parle pour eux, explique une situation familiale, demande un document. Gigi adore être utile. « Je suis passeur de maux et de mots. »

Son discours sonne clair, précis, direct et il est riche en termes imagés. Si elle n’a guère de passion pour son métier, elle est une passionnée des gens. « C’est le côté humain de l’usine qui me pousse à y aller. » Cette féministe dans l’âme s’est fait respecter sans mal au ferrage à Poissy, tout aussi fort en testostérone et en horaires décalés. La naïveté en moins! Aujourd’hui à 52 ans, grand-mère depuis deux mois, elle a renoué avec le dessin, une passion d’enfance, et la natation, « qui vide la tête et soulage le corps ».

* Ghislaine Thormos a raconté son parcours dans Le salaire de la vie, éditions Don Quichotte, janvier 2014. Prix du meilleur ouvrage 2015 sur le monde du travail dans la catégorie « salarié », remis par le club des élus du CE.

Journée internationale des droits des femmes 2015: les 10 femmes les plus riches du monde doivent toutes leur fortune… à un homme

Publication: 08/03/2015 07h41 CET Mis à jour: il y a 6 minutes
LAURENE POWELL JOBS

FORTUNE – L’effet loupe sur les inégalités homme-femme est frappant. Dans le classement Forbes 2015 des plus grandes fortunes, les 10 femmes les plus riches doivent toutes leur fortune à un homme. Père, grand-père ou mari décédé, aucune ne fait exception à la règle.

Dans la famille Walton, du nom du fondateur de la chaîne de grande distribution Walmart, Christy est veuve d’un fils de Sam et Alice sa fille directe. Liliane Bettencourt est la fille unique du fondateur de L’Oréal Eugène Schueller, Jacqueline Mars la petite-fille du fondateur du groupe de confiserie, Maria Franca Fissolo la veuve de Michele Ferrero (Nutella), Laurene Powell Jobs la veuve de Steve, etc.

Le contraste avec les hommes est cruel. Non seulement, les cinq plus grandes fortunes de ce monde ont un chromosome Y, mais ils ne doivent leur fortune qu’à eux-mêmes. Bill Gates dans l’informatique avec Microsoft, Carlos Slim dans les télécommunications au Mexique, Warren Buffet dans l’investissement, Amancio Ortega dans le prêt-à-porter avec Zara, et Larry Ellison dans l’édition de logiciel avec Oracle.

Bien sûr, certaines ont pu jouer un rôle de l’ombre. Par exemple, Laurene Powell Jobs aidait souvent son mari à préparer ses fameuses keynotes, comme le dévoile Walter Isaacson dans sa biographie de Steve Jobs.

Ce déséquilibre n’est pas près de changer. Sur 1826 milliardaires en dollars recensés par Forbes, moins de 10% sont des femmes (177). Et parmi les 47 milliardaires de moins de 40 ans, Elizabeth Holmes, 31 ans, est la seule femme à avoir créé son entreprise, Theranos

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Et si les hommes étaient « le sexe faible »…

Pascale Boistard au secrétariat d’Etat aux droits des femmes, ou la fin des grandes ambitions

LE MONDE Gaëlle Dupont

Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des droits des femmes, dans la Somme, le 31 octobre 2014.

Mais qui est donc Pascale Boistard ? La secrétaire d’Etat aux droits des femmes vient de sortir de l’anonymat, en se déclarant, lundi 2 mars, favorable à l’interdiction du voile à l’université. Elle appartient pourtant au gouvernement depuis août 2014, où elle a repris la mission de Najat Vallaud-Belkacem, nommée à l’éducation nationale, comme secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes, rattachée à la ministre de la santé, Marisol Touraine.

Inconnue du grand public, cette socialiste de 44 ans l’était aussi des associations féministes lors de sa nomination. « On était sidérées », résume une figure de ce milieu qui, comme beaucoup d’interlocuteurs, préfère garder l’anonymat. Pourquoi diable le premier ministre, Manuel Valls, était-il allé chercher cette élue de la Somme, de son propre aveu guère investie sur le sujet avant d’être nommée, dans un parti qui compte nombre de féministes convaincues ? Le jeu d’équilibre entre les sexes et les chapelles politiques a profité à cette ancienne collaboratrice de Jean-Luc Mélenchon, proche par la suite de Laurent Fabius, Martine Aubry, puis Manuel Valls.

Le résultat ? « On a perdu au change », déclare sans ambages Anne-Cécile Mailfert, porte-parole d’Osez le féminisme. Plusieurs mois après sa nomination, Mme Boistard restait plus prolixe sur son ancienne circonscription d’Amiens Nord que sur ses nouveaux dossiers.

Des hommes défilent en burqa à Kaboul

Spectacle insolite dans les rues de Kaboul : une vingtaine d’hommes ont défilé revêtus d’une burqa, pour montrer leur solidarité avec les femmes.

A 3 jours de la Journée Internationale des Femmes, c’est à Kaboul, en Afghanistan, qu’une première action choc a été menée. Un petit groupe d’hommes afghans a défilé dans les rues vêtu d’une burqa, devenue un des symboles de l’oppression, pour protester contre toute forme de violence à l’encontre des jeunes filles et des femmes.

« La souffrance des femmes est notre souffrance, l’égalité, notre slogan », ou encore « nous disons non à toute forme de violence », pouvait-on lire sur les bannières brandies par la vingtaine d’hommes présents.

Le port de la burqa, ce vêtement bleu ciel avec un grillage dissimulant les yeux, a été imposé à la fin des années 1990 lorsque les talibans étaient au pouvoir.
Bien que l’invasion américaine de 2001 ait mis fin à cette règle, l’usage est resté.

L’Afghanistan, qui avait pourtant fait quelques progrès en matière de droits des femmes au cours de la décennie passée, est en plein recul, s’inquiètent les associations pour la défense des droits.

Cette action originale rappelle celle des Turcs, qui avaient porté des jupes, le mois dernier, pour dénoncer les violences contre les femmes.

Quand la question de la mixité des métiers s’invite dans le combat pour l’égalité hommes-femmes

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a présenté le 25 février un rapport analysant les différents freins qui restreignent l’accès des femmes au marché du travail et proposant des préconisations pour favoriser l’égalité des chances et garantir la liberté de choix des femmes dans ce domaine.

Atlantico: Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a remis au gouvernement un rapport sur la mixité des métiers. En quoi est-ce un enjeu important ?

Françoise Geng: A la demande du gouvernement, la section du Travail et de l’emploi a rendu un avis sur la mixité des métiers qui pose tout l’intérêt et les enjeux de répondre plus et mieux aux demandes du marché de l’emploi. Il faut attirer les jeunes, femmes et hommes à choisir des métiers en fonction de leurs appétence et non plus sur la base de de stéréotypes de genres. Pour quoi les femmes ne s’orienteraient elles pas vers des métiers scientifiques alors qu’elles en ont largement les compétences ? Pourquoi ne pas orienter mieux les jeunes hommes vers les métiers du sanitaires et du social occupés à plus de 70% par des femmes ?

Agir sur la mixité des métiers permettra de mieux fournir toutes les filières professionnelles, mais aussi tirer à la hausse les salaires des métiers essentiellement occupés par des femmes, nettement moins bien reconnus.

A qualification, compétences et responsabilités professionnelles égales, les femmes gagnent 30% de moins que leurs collègues masculin. Rien ne justifie unetelle disparité.

Sophie de Menthon: Il peut-être légitime d’encourager les femmes à exercer des métiers supposés être réservés aux hommes. La place des femmes est nécessaire et importante et les chefs d’entreprises, que je représente, en sont conscients. Le Cese s’attache à ces questions de société.

Ce rapport n’a pourtant pas fait l’unanimité. Pour quelles raisons ? Quels ont été les principaux points de désaccord ?

Françoise Geng : Cette question n’a que peu d’intérêt car le vote n’a eu que 5 abstentions et 147 pour. C’est donc un avis très largement voté.

Sophie de Menthon: Ce rapport a été voté mais personnellement je me suis abstenue. Je pense qu’à force de parler de discrimination et de vouloir une égalité comportementale entre les ommes et les femmes, on aboutit à des recommandations qui sont caricaturales. Il existe clairement un souhait d’instaurer une équivalence des « genres » qui est une perte de repères plutôt qu’un progrès.  Il y  une accusation permanente induite consistant à dire que les femmes sont discriminées et victimes. Il ne  s’agit pas de nier que cela puisse exister, mais les auditions que nous avons menées amenaient des propos à mes yeux inutiles et parfois ridicules : la féminisation obsessionnelle des termes (une « cheffe » a-t-elle plus de sens qu’une chef, au-delà de la barbarie sémantique !?). Une  éminente responsable entendue cherchait par exemple un terme masculin à « sage-femme »!  De la même façon, la couleur rose en matière  de layette parce que cela conditionne le bébé semblait être un problème important… etc.

Je n’étais pas d’accord non plus sur le fait de pousser les hommes à exercer des métiers féminins sous le prétexte que si ce n’est pas le cas, c’est dévalorisant pour le métier exercé. Dans les préconisations de la section travail, on trouve entre autre la volonté de « déconstruire  les stéréotypes du genre » ; je ne peux accepter cette assertion, car la déconstruction est à mes yeux négative et dangereuse pour une jeunesse en perte de repères. Or, « les femmes ne sont pas des hommes comme les autres » ! On dit clairement  récuser par exemple les soi-disant qualités du sexe féminin pour, je cite, « l’appétence pour le soin et l’intérêt  pour autrui…patience, minutie etc. » Je suis en tant que femme pourtant consciente et fière que ce soit le cas ; il est exact que les femmes s’occupent plus et avec constance des parents âgés… Leur faire comprendre que c’est peu valorisant est dommage, même si les hommes doivent s’impliquer bien sûr d’avantage, ce n’est pas cela qui va les y inciter

Peut-on lutter contre les discriminations dont font l’objet les femmes dans la sphère professionnelle sans parvenir à changer les mentalités ?

Sophie de Menthon: Il faut promouvoir et non déconstruire. Quant à attendre des lois et des incitations de la puissance publique, remarquons d’abord que l’univers politique est le plus sexiste qui soit.

Les partis politiques préfèrent payer des amendes plutôt que de promouvoir des femmes, alors pas de leçons à donner ni de nouvelles lois et contraintes à promulguer !

Françoise Geng: Il est évident que tout changement, sur ce sujet ou d’ailleurs d’autres,  passe par un changement des mentalités, mais pour changer les mentalités il faut les bousculer les stéréotypes par des outils plus contraignants. Il est en effet nécessaire d’activer la mobilisation en faveur la parité dans les postes d’encadrement. C’est seulement dans ces conditions que les mentalités évolueront, mises devant le fait accompli des évolutions positives liées à la place des femmes aux postes d’encadrement et à tous les postes de l’entreprise sans distinction.

A quelles dérives une telle approche peut-elle conduire (ABCD Egalité qui vise à « redresser » les Français) ? Peut-on déconstruire les stéréotypes de genre y compris au mépris des choix de vie individuels ?

Françoise Geng: Il ne peut être  question de contraindre qui que ce soit à s’orienter ou à embrasser des professions jusque là réservées à un sexe spécifique, mais il s’agit d’ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles en éclairant mieux les jeunes et en créant les conditions de les faire aller vers des métiers de leur choix, parfois moins sexués ! Lever les obstacles du cloisonnement des métiers participe à plus d’égalité entre les femmes et les hommes.

Quand aux thèses véhiculées par certains sur les ABCD et autres, elles ont du être inventées par certains hommes qui voient dans ces nouvelles démarches un danger pour leur propres domination… (sourire)

Sophie de Menthon: Non bien sûr, » déconstruire » est inacceptable ; nous sommes dans une dérive de déconstruction générale civilisationelle dans tous les domaines, on voit ce que cela donne : tout est équivalent, perte des valeurs, négation du beau, perte d’autorité, les élèves ont le droit de contester sans bases réelles et sans culture leurs professeurs… Les dérives d’équivalence sexuelle sont dangereuses et influer sur des adolescents n’est pas sans risque pour leur équilibre. Faut-il (et je précise que ce n’est pas recommandé par le CESE!) instituer des journées de la jupe dans les écoles pour les garçons?

Sheryl Sandberg a été à l’origine d’un débat assez vif en estimant qu’il était de la responsabilité des femmes d’en faire davantage pour s’affirmer. Partagez-vous cette vision des choses ?

Françoise Geng: Madame Sandberg doit vivre sous cloche si elle estime que les femmes  n’en font pas assez pour s’affirmer. Elle doit juste apprécier le poids des siècles pendant lesquels les femmes ont été reléguées à une condition inférieure à celle des hommes. Elle devrait juste se rendre à l’évidence, les femmes doivent se battre dix fois plus que les hommes pour juste obtenir la même chose. Alors oui les femmes luttent, et de façon exemplaire pour leur cause, mais le retard est tel, qu’il faut fixer des normes, des mesures, qui les accompagnent dans leur conquêtes d’un monde où leur place soit à la hauteur de leurs mérites, tout comme pour les hommes.

Sophie de Menthon: Je pense que ce sont les femmes et elles seules qui doivent monter au créneau pour s’imposer; dire qu’elles n’en sont pas capables est sexiste ! Il faut respecter leurs inclinations même si celles-ci sont  dites « féminines ». Les mobiliser, les donner en exemple, les informer : oui. Mais on veut finir par nier l’influence des hormones ; ce serait humiliant pour les femmes que d’être « sous l’influence de leur sexe » c’est ridicule ; qui pourrait nier que leur psychisme change momentanément au moment de la grossesse ou de la maternité ? C’est même politiquement incorrect que de l’évoquer !  Il faut les respecter dans ce qu’elles sont, pas leur demander de renoncer à tout ce qui fait leur spécificité, sous prétexte de défendre l’égalité. C’est au contraire une atteinte à leur intégrité, que de prétendre défendre les femmes par de tels excès, qui finissent par les culpabiliser pour tout ce qui les caractérise.

On en arrive à les culpabiliser de prendre des congés de maternité qu’il faudrait partager avec le père; alors que cela  doit exclusivement relever d’une décision du couple, sans punir l’un des deux de ne pas prendre de congés en supprimant les allocations de la mère! Sur l’égalité salariale par exemple, qui est un vrai combat, on voit bien que les lois ne servent à rien. En revanche, dire aux femmes de s’informer, de revendiquer leur place dans leur entreprise et les aider en cela au niveau des DRH, oui. Contrairement aux féministes acharnés des deux sexes, c’est moi qui ai confiance dans les femmes pour s’affirmer telles qu’elles sont, et surtout pas en cessant d’être femmes. Certes il existe des cultures qui nécessitent que l’on se batte pour la cause des femmes mais la France est un pays au sein duquel les femmes  sont respectées et il faut en être fier! Les exceptions confirment hélas, la règle. Aussi, battons-nous pour celles qui souffrent vraiment et pas contre des moulins à vent en culpabilisant tout le monde.

L’e-commerce, un champ libre pour les femmes?

 

La Silicon Valley est peut-être sexiste, les femmes se font (timidement) une place dans le monde du numérique. En France, certaines s’y engagent par une voie très détournée: l’e-commerce. Parmi tous ceux qui dans l’Hexagone se lancent dans l’aventure cyber-marchande, 37% seraient des femmes: un niveau supérieur aux 25 à 30% de femmes dirigeantes de TPE et PME en France, la « moyenne admise » mise en avant par KPMG.

« Organiser leur temps »

Certes, l’indicateur est loin d’être exhaustif. Il porte en effet sur les 3.000 sujets d’une étude menée par le cabinet d’audit pour Oxatis, agence marseillaise, spécialiste de prestations de service en e-commerce aux TPE et PME. Parmi eux, moins de 500 on répondu.

Sans être assurément représentatif donc, un point en particulier retient l’attention: la motivation des sondées diffère pour beaucoup de celle des hommes. « Elles sont 25,3% à opter pour cette forme de commerce pour pouvoir organiser leur temps de travail à leur convenance et non pas, comme la majorité des hommes, pour étendre leur zone de chalandise et fonctionner 24h/24 », notent les auteurs de cette étude.

Sans surprise, les femmes sont surreprésentées dans la vente de vêtements, produits de beauté et décoration.

40% de franchisées

D’ailleurs, matière entrepreneuriat, les Françaises semblent apprécier les structures leur assurant une certaines indépendance. Ainsi 40% des patrons de franchises en France sont des femmes en 2014, la même proportion qu’en 2013, selon la Fédération française de la Franchise. La proportion de femmes qui créent, reprennent ou dirigent des réseaux de franchises, non chiffrée dans le dernier rapport de cet organisme, est probablement bien plus faible.

Journee internationale de la femme

Les femmes, toujours en minorité dans les médias

Le Monde.fr

Vous êtes une femme, et vous n’êtes ni Angela Merkel ni Marine Le Pen : il y a peu de chances que l’on parle de vous à la une d’un grand quotidien. C’est ce que révèle l’analyse de 1 064 articles de quatre des principaux titres de presse français sur cinq jours. Du 2 au 6 février 2015, Le Parisien, Le Figaro, Libération et Le Monde ont été passés au crible pour examiner la place qu’y occupent les femmes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles demeurent sous-représentées.

Au sein des rédactions, les femmes journalistes signent moins souvent que leurs collègues masculins. Et lorsque l’on s’attarde sur le contenu même des publications, le déséquilibre entre la parole des hommes et celle des femmes est tel que celles-ci sont pratiquement absentes de certains types d’articles.

Le poids de la parole masculine

14,2 % L’inégalité de traitement commence dès la première page des journaux. Sur l’ensemble des 20 numéros étudiés, on ne compte que 14,2 % de femmes en une, que ce soit en photo ou nommées dans un titre. Dans le meilleur des cas, la une comporte 50 % de femmes : c’est le cas de l’édition du Parisien du 3 février 2015. Dans le pire des cas, les femmes en sont tout simplement absentes, comme cela s’est produit à 10 reprises (1) sur 5 jours, tous titres confondus.

Même constat en pages intérieures, pour les titres et sous-titres d’articles, ainsi que pour les photos de presse, des éléments clés de la mise en page puisqu’ils constituent la principale porte d’entrée dans les articles. Les hommes s’y taillent la part du lion : lorsqu’une personnalité est citée dans un titre, il s’agit, dans 78,4 % des cas, d’un homme ; et en ce qui concerne les 675 photos de presse où le sujet est clairement identifié, 550 font figurer un homme.

78,5 % Le contenu même des articles révèle un fort déséquilibre entre les genres. Sur l’ensemble de la période, les journalistes des quatre quotidiens étudiés ont cité plus de 1 800 interlocuteurs différents dans leurs colonnes. Or, en moyenne, 78,5 % de ces personnes sont des hommes. Une part qui varie très peu d’un journal à l’autre : Le Parisien et Libération interrogent 73 % d’hommes, Le Figaro 79 % et Le Monde 82 %.

Un contexte qui n’explique pas tout

Bien sûr, les journalistes de presse ne sont pas les seuls responsables de cet écart de représentation. La place des femmes dans les colonnes est aussi le reflet des inégalités qui affectent tous les niveaux de la société, et qui perdurent d’autant plus que les degrés de responsabilité sont élevés.

90 % La Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, a été l’occasion de rappeler la persistance de ce « plafond de verre ». Le gouvernement français, avec huit ministres femmes et neuf hommes, respecte la parité, mais c’est loin d’être le cas au Parlement, où 40 % des députés et 25 % des sénateurs sont des femmes. Les conseils d’administration des entreprises du CAC 40, quant à eux, comptent 30 % de femmes, tandis que les conseils exécutifs restent à 90 % masculins.

3/20 À l’international, on ne compte que trois femmes parmi les dirigeants du G20 : la chancelière allemande, Angela Merkel, les présidentes brésilienne et argentine, Dilma Rousseff et Cristina Kirchner. Dans le domaine scientifique, les femmes ne représentaient que 21 % des ingénieurs en France en 2014. En somme, les acteurs de l’actualité sont majoritairement des hommes, et les journalistes peuvent difficilement contourner cet état de fait.

Pour autant, une analyse détaillée des articles met en lumière un traitement différencié que le contexte ne peut pas, à lui seul, expliquer. Si l’on relève le sexe des personnes interrogées mais dont le nom de famille n’est pas précisé, on se rend compte que ces anonymes sont surtout des femmes : en moyenne, 22 % des femmes citées le sont sans patronyme, pour seulement 13 % des hommes. Le Parisien, qui assure pourtant aux femmes une visibilité supérieure aux trois autres titres de l’étude, ne donne pas le nom complet de 35 % de ses interlocutrices (pour 20 % des hommes).

De la même façon, la représentation des femmes chute dans les articles qui valorisent les idées et la parole d’individus : elles ne signent en moyenne que 12,5 % des chroniques et des éditos, 17 % des tribunes, et les titres de presse ne leur consacrent que 15,5 % des interviews. Les portraits sont la seule catégorie dans laquelle les journaux se font plus soucieux de parité, avec 43,5 % de sujets féminins. Mais en général, l’inégalité demeure.

Parmi les rédacteurs, les femmes minoritaires

Cette inégalité se retrouve au sein même des rédactions. Selon les chiffres de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP), 46,3 % des 36 317 cartes de presse étaient détenues par des femmes en 2014. Mais ce taux est plus faible dans la presse quotidienne régionale (PQR, catégorie à laquelle appartient Le Parisien) et dans la presse quotidienne nationale (PQN, pour les trois autres titres). Toujours selon les données de la CCIJP, la PQR ne compte que 37,6 % de femmes, et la PQN 41,7 %.

Entre le 2 et le 6 février, la situation est contrastée. Libération et Le Figaro font légèrement mieux que la moyenne nationale avec respectivement 45,4 % et 45,5 % d’articles signés par des femmes quand Le Monde n’en compte que 39 %, soit 2 points de moins que la moyenne du nombre de femmes journalistes dans l’ensemble de la PQN. Au Parisien, les journalistes femmes signent 35 % des papiers, un taux supérieur à la moyenne de la PQR, mais que l’on peut difficilement saluer comme un succès.

Par ailleurs, les articles signés par des femmes sont moins mis en valeur que ceux rédigés par leurs homologues masculins : les unes des quotidiens, espaces fortement exposés puisqu’ils déclenchent l’achat des journaux en kiosque, présentent une part moins importante d’articles écrits par des femmes que les pages intérieures.

Au Figaro, toujours du 2 au 6 février, seuls 35,8 % des articles mis en avant en une étaient rédigés par des hommes. Seul Le Parisien et Le Monde font figurer davantage d’écrits de femmes journalistes sur leur une qu’en moyenne dans leurs colonnes, avec respectivement 38,9 % et 41,8 % d’articles de une écrits par des femmes.

Le résultat de cette étude ne surprend pas Gilles Van Kote :

« Nous ne cherchons pas assez à équilibrer notre traitement. Il y a bien sûr un aspect sociétal – on ne trouve pas autant d’expertes que d’experts dans tous les domaines – mais nous ne devons pas repousser notre responsabilité. Sans vouloir atteindre la parité à tout prix, il faut faire preuve de vigilance et sensibiliser les journalistes. Nous avons beaucoup progressé au sein de notre rédaction depuis vingt ans, sur la parité des journalistes, y compris à des postes de responsabilité, et le rattrapage salarial. »

Grégoire Orain

(1) Dans Le Parisien du 2, du 5 et du 6 février 2015, dans Libération du 5 et du 6 février 2015, dans Le Figaro du 4, du 5, et du 6 février 2015 et dans Le Monde du 4 et du 5 février 2015.

MéthodologieL’étude porte sur Le Parisien, Libération, Le Figaro et Le Monde, datés du 2 au 6 février 2015. Elle inclut les cahiers économie du Figaro et du Monde, ainsi que les pages locales du Parisien pour le département de Paris, mais aucun autre cahier. Sur la forme, a été considéré comme un article tout texte portant la signature d’un ou de plusieurs journalistes. Si des journalistes ne pouvaient être identifiés (s’ils signaient, par exemple, de leurs initiales et qu’il n’était pas possible de déterminer leur nom et prénom), ils n’étaient pas intégrés dans le comptage. Si un journaliste écrivait plusieurs articles, chacun de ces articles comptait.

Sur le fond, les photographies n’ont été relevées qu’à partir du moment où la légende précisait l’identité des personnalités y figurant. En ce qui concerne les citations anonymes, seuls les prénoms dépourvus de patronymes ont été comptés. Les formules telles que « des sources proches du dossier » ou « un haut-fonctionnaire européen » n’ont pas été prises en compte.

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 commentaires

  • General Motors  •                                                       le voile islamique, c’est un esclavagisme patriarcal d’un autre temps

cassandra                                                                                 de toutes manières, la loi macron va encore aggraver la précarité et le travail du dimanche et de nuit, postes majoritairement (à plus de 80%) occupés par les femmes. ce gouvernement n’est pas féministe, et la pâleur de ce secrétariat d’état n’en est que le symptome.

jean luc Merckel                                                                  . « C’était aussi un modèle identificatoire formidable », relève une observatrice. …… Sympathique pour le successeur ….. Cet article n’est pas tres objectif pour cette secrétaire d’etat qu essaye de « Faire le job  » avec les moyens que l’on lui donne … Gaëlle Dupont : peut mieux faire .

andre larat                                                                                Il y a un peu plus de deux ans, pendant les jours qui ont suivi l’émergence du scandale des pilules dites de troisième génération, c’est en vain que j’ai attendu une réaction de membres de l’association « Osez le féminisme ». A croire que cette atteinte faite aux femmes n’imposait pas de prendre parti, que le handicape et la mort de centaines de jeunes femmes en parfaite santé n’étaient pas suffisamment porteur. Trop de remise en cause d’un coup pour oser se renseigner, oser apprendre, nul doute.

 Ahmad Shah                                                                   Le marigot parisien est mécontent.

Claude Boisnard                                                                      La première manifestation est l’interdiction du voile. chapeau bas ! combien de jeunes femmes vont se retrouver avec un problème grâce à elle ? Il n’y a rien de plus urgent ?

  • LAmie Kawouete  •                                             Bravo, voila des hommes modernes !
    Mohamed  •                                                             L’autre violence faite aux femmes
    LE MYTHE DES VIERGES DU PARADIS (houris aux grands yeux) – partie 24 – Après le jugement de Dieu, seules les âmes qui auront mérité le paradis vont connaître une vie supérieure suivant le principe de la ZAOUJIA = couple/binôme (point 1 ci dessus) est évoquée par Dieu. C’est-à-dire, que chaque âme est appelée à rencontrer son « alter ego » pour former un ZAOUJ (binôme) et vivre heureux pour l’éternité. S40-v51/52/53/54 : « certes, ceux qui craignent Dieu seront élevés à un haut rang dans des résidences paisibles ; au milieu de Jardins et des sources, revêtus d’habits de soie satinée et de brocart. Ils seront installés ensembles (en communauté des biens-heureux ?) les uns en face des autres, il en est ainsi. Nous les rassemblerons en AZOUAJ = coupe/binôme de HOUR AIN ».
    Les premiers exégèses et commentateurs du Coran se sont trompés. Tout simplement. Ils ont commis une double faute :
    – celle vis-à-vis de Dieu : qui a conçu le paradis comme un lieu sublime dépourvu des impuretés de la vie terrestre qu’Il réserve à l’humanité croyante et qui a pratiqué le bien et applique Sa Loi ;
    – celle vis-à-vis des hommes dont ils ont marqué l’esprit pendant 14 siècles. Ils ont choisi une interprétation sexiste et discriminatoire, et n’ont pas suffisamment pénétré le texte coranique dont les versets sont pourtant clairs à ce sujet.
    Par conséquent, il n’y a ni mâles ni femelles, ni vierges, ni puceaux.
    Que Dieu pardonne aux anciens !!!
    5 – Que signifie HOUR AIN alors ? C’est un mot composé. HOUR = ce qui permet d’échanger et/ou produit de l’énergie, du bonheur en continu, sans interruption. AIN = source, lieu d’où émerge l’eau limpide, la vie pure paisible et régulière. Donc, il s’agit des binômes que Dieu a fait rencontrer dans le paradis pour vivre dans une énergie en continu et le bonheur éternel.
    6 – Enfin, HOUR AIN est un mot qui est cité seulement à 3 reprises dans le Coran. A aucun moment de son apparition, il n’est associé aux femmes/femelles, ni dans les versets qui précèdent ni ceux qui suivent. Il est question de fruits fabuleux qu’aucun être n’a jamais vu (ni les humains ni les djinns), enveloppés dans des emballages en pierres précieuses (perles et corail) et qui par la simple pensée viennent vers le ZAOUJ (le binôme).Enfin, les « djihadistes » criminels qui croient aller au paradis pour mériter des vierges aux grands yeux doivent déchanter. Il n’y a pas de sexe au Paradis. C’est l’enfer qui les attend pour avoir fait couler injustement le sang des innocents.Bonne fête Mesdames et je vous souhaite du bonheur et du courage pour le long chemin à parcourir de la liberté et de l’émancipation.
  • Un utilisateur Yahoo  •            C’est la journée de la jupe en mode afghane….
  • Mika Lerapide  •                      c’est dommage qu’il vont avoir la peine de mort pour çà
    FRAVIAL  •                                  Lorsque l’on connait la répression et la violence des imbéciles de l’état Kislanique , je salue le courage de ces hommes.
  • Lolo  •                                                                                       Pas nombreux mais courageux!

    Lonewolf                                                                                                    Faut avouer, ils ont des burnes.

    justice  •                                         Waw, j’ai eu peur, je me suis qu’elles sont moches….je comprends mieux là, bravo messieurs !

    Max  •                                                Ha ha ha ha! Du camping solo dans une tente perso.

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