Pitié pour les insectes

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Stéphane Le Foll veut réduire l’usage des pesticides de 50 % en 10 ans

Le Monde |

La pollution due à l'emploi des pesticides et autres engrais reste la première cause de la mauvaise qualité des eaux.

Après avoir interdit l’utilisation des pesticides par de nombreux acteurs publics à travers la loi d’avenir agricole, le gouvernement entend aller plus loin pour limiter leur usage. Stéphane Le Foll présente, vendredi 30 janvier, son plan pour tenter de réduire de 50 % leur utilisation d’ici 10 ans et en détaille les mesures dans un entretien à Libération.

Le ministre de l’agriculture annonce, avant l’échéance de 2025 , « un palier intermédiaire de 25 % en 2020 » et explique les ressorts sur lesquels il souhaite s’appuyer pour y parvenir.

Il compte d’abord étendre le réseau de fermes pionnières sur la question, lesquelle ont « vu l’utilisation des pesticides baisser en moyenne de 12 % en 2013 », une performance notable quand on sait qu’en moyenne l’usage des pesticides a au contraire bondi de 9 % sur l’année. En moyenne, sur la période 2011-2013, les cultures ont reçu 5 % de produits phytosanitaires en plus par rapport à 2009-2011.

Lire (édition abonnés) : Malgré les alertes, le recours aux pesticides ne cesse d’augmenter en France

Il existe aujourd’hui 2 000 de ces fermes dites « Dephy ». « On va porter le nombre de ces fermes à 3 000. Chacune entraînant dix exploitations autour d’elle, on parie sur l’effet tâche d’huile », explique Stéphane Le Foll.

EVITER L’ÉCHEC DU PLAN PRÉCÉDENT

Le ministre souhaite également s’appuyer sur les distributeurs de produits phytosanitaires via la mise en place expérimentale de « certificats d’économie de produits phytosanitaires [CEPP] » qui les obligeront à « baisser de 20 % le nombre de doses utilisées sur cinq ans » sous peine d’une pénalité financière. Ainsi, « au lieu de vendre un produit, ceux-ci seront incités à vendre plus de services, c’est-à-dire apprendre aux agriculteurs à utiliser la juste quantité ou des techniques alternatives », poursuit le ministre.

En 2008, à l’issue du Grenelle de l’environnement, la précédente majorité avait bâti un plan de réduction des pesticides, baptisé Ecophyto, qui visait à réduire « si possible » de 50 % l’usage des produits phytosanitaires d’ici 2018. Mais un rapport piloté par le député PS de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier, et remis le 23 décembre au premier ministre Manuel Valls, a conclu à l’échec de ce plan.

Pesticides : Le Foll présente un plan vert pâle face aux lobbys

Le gouvernement présente ce vendredi son plan pour réduire de moitié en 10 ans les pesticides agricoles. Mais la Fondation Nicolas Hulot le juge largement insuffisant.

L'agriculture de France est la première consommatrice en Europe de pesticides. (McInturff/AP/Sipa) L’agriculture de France est la première consommatrice en Europe de pesticides. (McInturff/AP/Sipa)

Après Ecophyto 1, place à Ecophyto 2 ! Tel est le nom du plan présenté ce vendredi 30 janvier par ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et destiné à réduire l’usage par les agriculteurs français de produits phytosanitaires – un doux vocable désignant tous les pesticides chimiques (herbicides, fongicides et insecticides) répandus sur les cultures.

L’objectif est, sur le papier, assez ambitieux : diviser par deux en 2025 la quantité de pesticides utilisés (par rapport à 2008), avec une étape de réduction à 25% en 2020. Ce qui n’est pas rien, car la France est le pays d’Europe le plus friand de ces produits : entre 60 et 100.000 tonnes sont pulvérisés chaque année (le chiffre exact n’est pas connu).

Avec autant de risques pour la santé des travailleurs de la terre, de pollution pour les sols, les abeilles et les eaux souterraines et, in fine, les denrées qui atterrissent dans nos assiettes – rappelons que certaines pommes consommées par les Français ont subi jusqu’à une quinzaine de traitements insecticides et plus de 28 traitements fongicides, sans parler des herbicides.

Les ONG échaudées

Le plan Le Foll se veut ambitieux, donc, mais en réalité, il ne l’est guère. C’est du moins ce que dénonce la Fondation Nicolas-Hulot qui tire la sonnette d’alarme : « Ce plan va dans le bon sens, mais il est encore insuffisant pour faire évoluer les pratiques, regrette Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation.

Pendant longtemps, on a mal connu les liens qui existent entre le développement chez les paysans de certaines maladies professionnelles, comme la Parkinson et leur exposition aux pesticides. Depuis l’enquête de l’Inserm en 2013, on ne peut plus dire qu’on ne sait pas. Il faut maintenant se donner les moyens d’agir. »

L’ONG a toutes les raisons d’être échaudée : comme son nom l’indique, Ecophyto 2 n’est pas le premier du nom. Il succède à un plan lancé par le Grenelle de l’Environnement en 2008 et qui se montrait encore plus volontaire : réduire de 50% les pesticides entre 2008 et 2018. Un objectif à l’époque assorti in extremis de ces deux mots de secours : « si possible ».

Apparemment, cela n’a pas été « possible »… Dans l’ensemble, Ecophyto 1 a fait chou blanc : l’utilisation des pesticides par les paysans français n’a en effet pas bougé d’un iota entre 2009 et 2012. L’ambition de faire passer 20% de la surface agricole utile (SAU) au bio, tout comme de mettre 20% de bio dans les cantines françaises sont restées lettre mort (4% de la SAU est bio, qui n’a pas dépassé 2% des repas, selon la Fondation Hulot).

« Impact négatif avéré »

Seule satisfaction pour les écolos : les produits dits « CMR 1A » et « 1B », les plus cancérigènes, mutagènes (provoquant des mutations génétiques) et toxiques pour la reproduction humaine, ont diminué de deux tiers, grâce au retrait des molécules.

« Mais il continue de circuler des produits contenant des substances néonicotinoïdes particulièrement dangereuses pour les insectes pollinisateurs notamment les abeilles », martèle Amandine Lebreton, en charge des questions agricoles à la Fondation Hulot.

Il est impératif que la France lance une procédure en Europe pour bannir complètement ces produits, qui représentent tout de même 40% du marché en France. »

Ce n’est pas la première fois que – pour reprendre les termes employés dans le rapport sur les pesticides rendu à Noël dernier par le député (PS) Dominique Potier – « l’impact négatif avéré » des néonicotinoïdes sur les colonies d’abeilles est pointé du doigt. En 2012, le Cruiser (un néonicotinoïde produit par Syngenta), avait été interdit en France sous pression des apiculteurs et des scientifiques, avant de l’être dans toute l’Europe en 2013.

Puissants lobbys

Mais Le Foll doit aussi affronter de puissants lobbys, notamment ceux de l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP), appellation bucolique qui rassemble les fabricants de pesticides agricoles (Bayer, Monsanto, Syngenta…) et pèse quelque 2 milliards de chiffre d’affaires, rien qu’en France. Ce consortium élabore et vend les produits, mais se charge aussi de « conseiller » les agriculteurs. Avec le risque évident que ces « recommandations » ne cherchent pas à tirer les quantités utilisées vers le bas, dénonce la Fondation Hulot, qui réclame une nette séparation entre les structures de vente et  de conseil.

Autre lobby pas vraiment favorable – c’est un euphémisme de l’écrire – à la réduction des phytosanitaires : la FNSEA, le syndicat majoritaire des agriculteurs. Amandine Lebreton analyse :

Ils vivent encore dans un mythe selon lequel la modernité, c’est l’agriculture intensive et qu’il faut produire de gros rendements pour être efficace. Il est un peu difficile pour eux d’admettre que, depuis 50 ans, ils se sont trompés. »

La Fondation Hulot se défend d’ailleurs de vouloir écorner dans le chiffre d’affaires des paysans : « Le plan Ecophyto a permis d’expérimenter, dans quelques milliers de fermes dites ‘Dephy’  une réduction concrète de l’usage de 20% des pesticides. Et cette expérimentation montre que cette réduction n’a pas d’impact sur la rentabilité des exploitations, souligne Matthieu Orphelin.

L’Inra [Institut national de la recherche agronomique, NDLR] avance qu’on pourrait les réduire de 25 à 30% sans dommage sur la production agricole. »

Encore faut-il que les politiques l’encouragent.

Agriculture : Le Foll veut réduire l’usage des pesticides de 50 % d’ici à 2025

Le Point –

La précédente majorité avait fixé en 2008 un objectif de – 50 % d’ici à 2018, sauf que, depuis, l’utilisation de pesticides a encore augmenté d’au moins 5 %.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.
Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. © AFP PHOTO / JEAN-FRANCOIS MONIER

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, va présenter vendredi un plan visant à réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici à 2025 en s’appuyant notamment sur les distributeurs de produits phytosanitaires. « On va fixer l’objectif d’une baisse de 50 % en 2025, avec un palier intermédiaire de 25 % en 2020 », annonce le ministre dans un entretien dans Libération daté de vendredi.

Pour y parvenir, le ministre compte d’abord étendre le réseau de fermes pionnières sur le sujet qui ont « vu l’utilisation des pesticides baisser en moyenne de 12 % en 2013 », une performance notable quand on sait qu’en moyenne l’usage des pesticides a au contraire bondi de 9 % sur l’année. Ces fermes dites Dephy sont aujourd’hui environ 2 000. « On va porter le nombre de ces fermes à 3 000. Chacune entraînant dix exploitations autour d’elle, on parie sur l’effet tache d’huile », explique Stéphane Le Foll. Mais il souhaite également s’appuyer sur les distributeurs de produits phytosanitaires via la mise en place expérimentale de « certificats d’économie de produits phytosanitaires [CEPP] » qui les obligeront à « baisser de 20 % le nombre de doses utilisées sur cinq ans », sous peine d’une pénalité financière. Ainsi, « au lieu de vendre un produit, ceux-ci seront incités à vendre plus de services, c’est-à-dire apprendre aux agriculteurs à utiliser la juste quantité ou des techniques alternatives », poursuit le ministre.

En 2008, à l’issue du Grenelle de l’environnement, la précédente majorité avait bâti un plan de réduction des pesticides, baptisé Ecophyto, qui visait à réduire « si possible » de 50 % l’usage des produits phytosanitaires d’ici à 2018. Mais un rapport piloté par le député PS de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier, et remis le 23 décembre au Premier ministre Manuel Valls, a conclu à l’échec de ce plan. Car, entre 2009 et 2013, l’utilisation de pesticides a encore augmenté de 5 %.

Stéphane Le Foll veut réduire l’usage des pesticides de 50% d’ici 2025

Les agriculteurs vont-ils vraiment réussir à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici à 2025 ? C’est ce que souhaite le ministre de l’Agriculture, qui présente un nouveau plan de lutte vendredi 29 janvier, après l’échec du précédent. Il l’annonce dans un entretien publié dans Libération (abonné).

Pour y parvenir, le ministre compte d’abord étendre le réseau de fermes pionnières sur le sujet, qui ont « vu l’utilisation des pesticides baisser en moyenne de 12% en 2013″. Une performance notable quand on sait, qu’en moyenne, l’usage des pesticides a au contraire bondi de 9% sur l’année. Ces fermes dites « Dephy » sont aujourd’hui environ 2 000 dans l’Hexagone. « On va porter le nombre de ces fermes à 3 000. Chacune entraînant dix exploitations autour d’elle, on parie sur l’effet tache d’huile », explique Stéphane Le Foll.

Le plan Ecophyto, lancé en 2008, est un échec

Le ministre refixe donc un objectif de réduction chiffré, alors qu’il avait pris ses distances avec l’objectif fixé par la précédente majorité, arguant qu’il fallait changer les modèles de production plutôt que de poser des buts inatteignables. Le premier plan Ecophyto, lancé après le Grenelle de l’environnement en 2008, avait l’ambition de réduire « si possible » de 50% l’usage des pesticides d’ici à 2018. Mais il est loin d’y être parvenu puisque l’utilisation de produits chimiques en agriculture a au contraire progressé de 5% entre 2009 et 2013.

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Réactions (2)

sarko ol sarko ol
allons bon, encore un ministre qui fait dans le mi-cuit… c’est la mode !

axle munshine

« L’Inra [Institut national de la recherche agronomique, NDLR] avance qu’on pourrait les réduire de 25 à 30% sans dommage sur la production agricole. »
c’est faux , on pourrait tomber à quasiment 100%
ENCORE DES MECS PAYER A RIEN FICHE!

David  •   Normal, ils ne veut pas qu’on les utilise contre les insectes socialistes !

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